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Interview   

Joey Jordison carbure à plein régime


Joey Jordison, la tête pensante rythmique de Slipknot, est un artiste insatiable de créativité, à l’image de Corey Taylor, le frontman des Neuf de Des Moines qui mène également la barque Stone Sour avec succès quand l’équipage Slipknot reste à quai. Après l’aventure Murderdolls en compagnie de Wednesday 13 qui s’est éteinte cette année, peut-être pour de bon, il a fallu que le batteur trouve un autre exutoire pour sa débordante envie de créer. C’est chose faite avec Scar The Martyr. Comme il s’attache à nous le rappeler dans l’interview qu’il nous a accordé, Scar The Martyr est une formation et non un projet, et loin de lui l’idée d’en faire un « super-groupe », même si la présence de Kris Norris de Darkest Hour ou de l’ex-Nine Inch Nails Chris Vrenna aurait pu induire certains en erreur.

Si Joey Jordison a voulu monter ce nouveau groupe, c’est avant tout pour faire de bonnes chansons. Et pour éviter au public l’impression de faire face à un « super-groupe », Joey a engagé un chanteur inconnu (peut-être plus pour très longtemps), Henry Derek, et avec lequel il a travaillé pour monter cette formation intensément metal aux relents industriels. Pas pour oublier Slipknot, qui reste la maison-mère du batteur, peu importent les événements, mais surtout pour que ses qualités de song-writer et de multi-instrumentiste trouvent un nouveau berceau et qu’il puisse écrire son histoire la plus personnelle et entière en tant que frontman, accompagné de musiciens taillés pour les titres qu’il a composé.

Et, soit dit en passant, au sujet de Slipknot, Jordison tient à rassurer les fans en affirmant qu’« il y a des nouveaux morceaux de Slipknot à l’horizon », « un tas de chansons » même, qu’ils travaillent « pour sortir un nouvel album » et que « c’est juste une question de temps » pour qu’il voit le jour.

« C’est comme cela que je l’entendais dans ma tête, c’est comme l’album que je voulais faire depuis longtemps. »

Radio Metal : Avec ce projet, vos influences viennent principalement de groupes industriels. Peux-tu nous en dire plus sur ce goût particulier que tu as pour la musique industrielle ?

Joey Jordison : Eh bien, je ne dirais pas que c’est totalement industriel, mais cela a certainement été une influence, c’est sûr. Alors, oui, c’est très apparent sur l’album. Cela fait longtemps que je suis dans ce style et s’il fallait que je fasse quelque chose en dehors de Slipknot, je voulais faire un autre groupe ou projet, peu importe comment tu appelles ça, que je n’avais jamais fait avant. Toutes les chansons que j’ai faites, avec Roadrunner United, les Murderdolls ou les groupes avec qui j’ai joué comme Rob Zombie, Korn ou Ministry, ils ont tous un style spécifique. Je voulais faire un projet qui allait dans un territoire musical que je n’avais pas déjà exploré totalement. Tu vois, je voulais faire quelque chose de stimulant. Alors quand j’ai commencé à écrire des riffs, au début, je n’allais pas dans cette direction, c’était seulement un album lourd très sombre avec beaucoup d’influences black metal. Et avec le temps, j’ai commencé à me concentrer plus sur les chansons et, après cela, je voulais beaucoup de claviers, parce que j’y ai apporté l’influence de Killing Joke, Skinny Puppy ou encore Tool. En gardant le tout très lourd, très orienté guitare et rentre-dedans.

Tu as écrit l’album tout seul, avec l’aide de Henry Derek. Penses-tu que sur les prochains albums, s’il y en a d’autres, les autres membres contribueront au processus d’écriture ?

Oui, c’est sûr, parce que Kris Norris de Darkest Hour, Jed Simon de Strapping Young Lad, Chris Vrenna de Nine Inch Nails et Tweaker… Tous ces gars-là sont venus sur l’album et ont fait… les guitaristes ont fait leurs solos, Chris a mis sa patte sur le disque, avec tous les claviers et les trucs comme ça… Pour ce qui est du processus d’écriture, sur le prochain disque, tous les gars seront impliqués.

Vois-tu Scar The Martyr comme un groupe ou comme un projet solo ?

Non, c’est un groupe, je n’aime pas faire des trucs qui sont seulement… Tu sais, juste une seule tronche. Si cela allait être un truc dans le genre, je n’aurais probablement pas pris des membres aussi importants, je crois que je le dirais comme ça. Je le ferais tout seul et je sortirais juste des albums sans tourner, je le ferais dans mon coin comme ça. Il se pourrait que je le fasse dans le futur, mais ceci est un groupe à part entière. Je veux dire : nous nous concentrons réellement à fond sur les chansons, ils sont vraiment dans cette idée et nous donnons tout sur cet album, c’est donc assurément un groupe pour tourner.

Tu as enregistré la batterie, la basse et presque toutes les parties de guitare de cet album. Tu as quasiment tout fait sur cet album ! Pouvons-nous dire que c’est le truc le plus personnel que tu aies jamais fait ?

Oui, c’est sûr ! Absolument. Je veux dire : quand je m’y suis vraiment mis, l’écriture a été vraiment personnelle. C’est comme cela que je l’entendais dans ma tête, c’est comme l’album que je voulais faire depuis longtemps. Tu sais, je joue un rôle important dans les chansons de Slipknot, mais cela ne sonne comme du Slipknot que quand nous avons les neuf gars dessus ! Chacun amène son propre truc à la base des titres, c’est ce qui fait que Slipknot sonne si chaotique. Avec ce groupe, j’ai écrit la majeure partie des titres. Mais en même temps, j’avais besoin de claviers dessus, j’avais besoin de percussions, j’avais besoin de deux guitaristes lead, d’un chanteur qui soit polyvalent. Et ce qui en est ressorti est sacrément bon, mec, j’en suis super fier.

« Je voulais vraiment un son, je cherchais depuis un moment et je ne pouvais trouver personne qui convenait. Et j’aime le fait qu’il [Henry Dereck] ait faim, qu’il soit inconnu. »

Le nom du groupe a une connotation religieuse, à cause du terme « martyr ». Peux-tu nous en dire plus à propos de la signification du nom du groupe ?

Tu sais, je savais que j’aurais de nombreuses questions comme celle-là ! Mais en fait, c’est une sorte de jeu de mots, qui ne rentre pas trop dans les aspects religieux. Je le laisse en quelque sorte à l’appréciation des auditeurs parce que c’est un titre très pince-sans-rire.

A propos de votre chanteur, Henry Derek, tu as déclaré que tu ne voulais pas engager un chanteur connu, car tu ne voulais pas que ce projet soit vu comme un « super-groupe ». Peux-tu nous dire comment tu l’as rencontré et recruté ?

Oui, j’ai rencontré Henry via un ami commun. Tom de Gorgoroth, mais il y a aussi James Murphy (LCD Sound System), c’est comme cela que nous avons eu Chris. C’est donc des gars de la scène que nous connaissons depuis un moment, qui nous ont fait des genres de recommandations, car je n’avais jamais rencontré Chris avant. Henry est un type que j’ai trouvé grâce à un ami commun, je lui ai envoyé des démos et il est revenu vers moi avec quelque chose comme quatre titres. Et… j’ai été très surpris par ce que j’ai entendu parce que je ne m’attendais pas à cela, tu vois ? Cela a été au-delà de ce que je recherchais. Je veux dire : je voulais vraiment un son, je cherchais depuis un moment et je ne pouvais trouver personne qui convenait. Et j’aime le fait qu’il ait faim, qu’il soit inconnu, et son chant est incroyable. Et il colle parfaitement à la musique.

Tu as aussi déclaré, à propos de ce projet : « Je concentre mes efforts sur l’écriture des meilleures chansons possibles ». Penses-tu qu’aujourd’hui les groupes ont tendance à oublier cela et écrivent de la musique surtout pour satisfaire leur égo ?

Oui, exactement. Merci de dire cela en fait, car c’est la meilleure manière de le dire. Ce n’est pas un album de solos de batterie, ce que je pense que des gens penseront que ce sera… ou comme il y a deux guitaristes polyvalents, que ce soit… je ne sais pas, un truc de virtuoses ou quelque chose du genre. Mais non, tout tourne autour des chansons. Et autour de l’écriture de bons titres, quelque chose que le public peut s’approprier, quelque chose qui résonne dans ta tête ! C’était le but même de faire un projet. Les étincelles, c’est cool, mais non, nous sommes sur la même longueur d’onde, nous voulons faire des chansons. C’est ce qui me motive ! Des chansons que je peux croquer à pleine dent. Je n’aime pas les projets qui brillent, tu sais, quand il y a plein de solos et des trucs égocentriques sur un instrument ou des choses du genre. Il y a des sections de cela dans les chansons, seulement quand c’est nécessaire. Nous voulions quelque chose d’accrocheur, que les gens puissent s’approprier et s’y accrocher.

Pouvons-nous dire que ce projet est né d’une frustration de ne rien faire de nouveau avec Slipknot ?

Non, pas vraiment. Bien sûr que nous voulons tous… nous travaillons pour sortir un nouvel album de Slipknot, c’est pourquoi nous faisons des concerts en ce moment. Mais dans le temps libre que j’avais, j’avais besoin de faire de la musique, d’être créatif. Et je suis allé en studio, j’ai commencé à faire des démos d’un tas de chansons et c’est ensuite devenu comme un monstre à part entière qui a pris le dessus ! J’étais comme pris dans ce que j’avais créé, je ne pouvais pas arrêter. Alors, j’ai voulu du chant dessus, alors j’ai cherché pendant un moment et trouvé Henry, je lui ai envoyé des titres, il m’a renvoyé des démos. Et après je me suis dit que c’était bon, j’ai réservé un studio et il a commencé à écrire des chansons aussi, il me les a envoyées, j’en ai écrit d’autres que je lui ai renvoyé… Après cela, j’ai commencé à chercher des gens pour compléter le line-up, des personnes qui, je pensais, serviraient au mieux les titres. Et c’est comme cela que j’ai décidé de prendre Kris Norris, Jed Simon et Chris Vrenna.

Et avez-vous utilisé tous les titres que vous avez écrits à cette époque pour Scar The Martyr ?

Il y a encore des chansons ! Oui, il y en a plus, mais nous ne les avons pas encore enregistrées, je ne sais pas combien il y en a. Peut-être sept ? Elles sont vraiment bonnes aussi.

Est-ce que toutes ces chansons seront utilisées pour Scar The Martyr ou bien en garderas-tu quelques-unes pour Slipknot ?

Non, j’ai un tas de chansons de Slipknot écrites. Je fais cela tout le temps. Il y a un tas de chansons écrites pour Slipknot, c’est juste une question de temps pour que nous les sortions.

« Quoi qu’il arrive, Slipknot est mon projet principal. »

Que peux-tu nous dire de ces titres qui ont été écrits mais pas encore enregistrés pour Slipknot et Scar The Martyr ?

En fait, nous n’avions plus assez de temps pour le projet Scar The Martyr. Nous avions déjà dix-neuf titres, ce qui était déjà plus qu’assez. Alors nous avons voulu en garder pour le futur, nous avons continué à écrire jusqu’à ce que nous soyons littéralement obligés d’arrêter. Nous sommes tout le temps en train d’écrire et nous écrivons encore plus maintenant, tu vois, on se pose et on prend les guitares… J’essaie tout le temps d’écrire au moins un squelette de chanson par semaine quand je suis à la maison, en faisant des maquettes avec un petit enregistreur. Ou même avec mon téléphone, pour enregistrer des riffs… Du coup, j’ai une pléthore de riffs pour travailler sur de nouveaux titres. Même chose avec Slipknot, nous avons un tas de chansons, mais maintenant, la priorité est de sortir cet album, le soutenir en tournée et, en même temps, nous ferons sûrement des concerts de Slipknot également.

Il y aura donc une tournée avec Scar The Martyr ?

Oui, il y aura une tournée (ndlr : une tournée américaine est en cours avec Danzig).

Y a-t-il des concerts déjà planifiés ?

Non, pour le moment nous avons presque fini le mixage de l’album, donc ce sera peut-être pour la fin de cette année ou autour de cette époque.

Corey Taylor semble se concentrer plus sur Stone Sour, de même que toi avec Scar The Martyr et tu sembles très enthousiaste à ce propos. Peut-on dire d’une certaine manière que c’est maintenant ton projet principal et que Slipknot n’est plus qu’un projet secondaire ?

Non, je ne dirais jamais que Slipknot est mon second projet ou passe au second plan. Quoi qu’il arrive, Slipknot est mon projet principal.

As-tu une dernière chose à nous dire ?

Merci à tous les fans et à tous ceux qui lisent cette interview. Il y a des nouveaux morceaux de Slipknot à l’horizon, et tenez-vous au courant de la sortie du Scar The Martyr ! Merci pour votre soutien !

Interview réalisée par téléphone le mercredi 26 juin 2013
Introduction d’Amphisbaena
Retranscription et traduction : Amphisbaena

Site internet officiel de Scar The Martyr : scarthemartyr.com

Album Scar The Martyr, sortie le 1er octobre 2013 chez Roadrunner Records



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  • Le James Murphy dont il parle, est-ce qu’il s’agirait pas plutôt de celui qui a joué dans Death, Obituary, Testament… que de celui de LCD Soundsystem (et boss du label DFA)? Ca me parait plus raccord!

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  • Ce projet me rappelle beaucoup « Divine Heresy », un des groupe de Dino Cazares :

    une association de noms qui claquent, de musiciens talentueux, jouant des compos aux gros riffs super downtunés, une production hyper clean, et un chant qui tiens le haut du pavé…mais ça manque un peu de personnalité.

    Ca me rappelle aussi le Roadrunner United, où les grands noms de l’écurie se rencontraient le temps d’un album. Cazares et Jordison étaient d’ailleurs tous deux capitaines d’équipe et montraient d’autres cordes à leurs arcs.

    En tous cas Jordison est un gars bourré de ressources pour chapeauter un truc comme ça, après les Murderdolls qui était enterré et Slipknot encore en sommeil.

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  • Ca a l’air cool 🙂

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  • 9a à l’air cool 🙂

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  • Ca ressemble à mort à Sybreed en fait

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  • http://www.youtube.com/watch?v=OBp9jgIHIuk Un petit aperçu de son nouveau groupe.

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