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Interview   

John Diva : pour l’amour du rock


S’il s’agit là du premier album de John Diva And The Rockets Of Love, John Diva vit pour le rock depuis longtemps. C’est dès son enfance qu’il a découvert cette musique, mais aussi ce milieu avec ses protagonistes, avant de logiquement et passionnément choisir de devenir musicien lui-même. Mais avant de lancer ce projet sucré et lumineux, il a longtemps travaillé dans l’ombre, notamment en tant que compositeur.

Malgré sa grande expérience, c’est avec un enthousiasme presque enfantin qu’il nous parle de ce premier album. Peut-être est-ce sa personnalité, peut-être est-ce parce que c’est son premier projet personnel ambitieux, quoi qu’il en soit, cet enthousiasme est communicatif et donne envie de croire que le rock n’est pas mort. Et à l’instar d’un David Coverdale, côté romantisme, il en fait beaucoup, probablement trop, mais on n’y peut rien, on est sous le charme.

« Dans le temps, soit on était thrash metal, soit on était hair metal, et les deux n’allaient pas vraiment ensemble. Aujourd’hui, ce n’est plus aussi idéologique. Les gens peuvent écouter les deux. Ils peuvent aller à un concert de Slayer, et plus tard aller à une fête avec John Diva au Wacken, ça ne pose aucun problème. Je pense qu’il y a plus d’ouverture aujourd’hui. »

Radio Metal : En décrivant ton enfance, tu parles surtout de ta mère. Tu as déclaré : « J’ai été élevé par une mère qui travaillait comme une dingue et était encore plus dingue de rock […]. C’était une fan, une groupie, toujours à traîner dans les clubs. Mon enfance était une grande fête d’after show. » Etait-ce ces moments qui t’ont poussé à devenir un musicien de rock ?

John Diva (chant) : D’une certaine façon, oui, car évidemment, si je parle beaucoup de ma mère, c’est aussi parce que mon père n’était pas là. Donc je crois que j’étais quelqu’un qui cherchait à impressionner sa mère et voulait être très « mâle ». J’étais l’homme de la maison, même si je n’étais qu’un petit mec. Ma mère m’a élevé et a vraiment essayé de m’offrir le meilleur ; même si elle n’avait pas beaucoup d’argent, elle ne m’a jamais donné l’impression que je manquais de quelque chose. Avec tous ces musiciens et toutes ces fêtes autour de moi, et ma mère que je cherchais à impressionner en tant que fan de rock, il est devenu vite évident à mes yeux que ma vie serait consacrée à la musique. J’étais en plein dedans : là où d’autres gars avaient des pompiers en guise de père, moi je traînais avec des musiciens et des aspirants rock-stars. C’est devenu plus qu’un rêve, c’était vraiment un besoin irrépressible, c’était quelque chose qui me paraissait logique.

Cet album est-il dédié à ta mère ?

Peut-être que ce premier album l’est, d’une certaine façon. Evidemment, c’est bien plus que ça mais je lui dois énormément. Quand nous avons songé à faire un album, nous n’avions aucune idée du titre, nous pensions à plusieurs choses. Ça nous a vraiment posé problème parce que nous étions sous pression, nous n’avions pas beaucoup de temps, la maison de disques attendait pour lancer la promo. Nous n’arrêtions pas de réfléchir, et un jour, nous nous sommes rencontrés. Deux autres gars avaient la même idée, disant : « Tu as une citation très forte dans la chanson ‘Rock N’Roll Heaven’, tu dis : ‘Mama said rock is dead’. » Et j’avais la même idée. Donc, simultanément, trois d’entre nous ont eu la même idée, donc nous avons pensé que c’était un signe. Souvent, avec la créativité, tu crées quelque chose et, plus tard, ça devient logique, comme si c’était la seule solution. A l’instant où on a l’idée, elle peut ne pas sembler géniale, mais maintenant, oui, c’est une dédicace à ma mère, une dédicace au passé, à nos rêves, au rock n’ roll des années 80, et tout fait parfaitement sens, objectivement.

Ceci est votre premier album avec ce projet. Peux-tu nous parler de votre carrière dans la musique et le rock n’ roll avant ça ?

J’ai toujours été proche de la musique. Evidemment, j’ai eu plein de groupes qui n’ont pas été très loin. J’ai été compositeur pour plusieurs groupes, y compris des groupes d’une certaine importance de la région de Los Angeles, et pareil pour les autres membres du groupe. Lee Stingray, le batteur, a tourné avec un groupe baptisé Beasto Blanco, avec le bassiste d’Alice Cooper. C’est d’ailleurs comme ça que nous nous sommes rencontrés : nous étions à une fête chez Alice à Phoenix, en Arizona, et j’étais encore en train de chercher un batteur, et j’ai vu ce mec à l’autre bout de la pièce et je me suis dit : « Ce gars est carrément cool ! Je veux le rencontrer. » Je me suis dit qu’il ne le savait pas encore mais qu’il allait être le batteur de mon nouveau groupe. Nous étions là, nous tournions, nous composions, nous avons eu différents groupes avant John Diva. Nous avons trouvé l’art, la puissance et l’énergie que nous recherchions tous durant toutes ces années. Et depuis lors, nous fonçons droit devant nous.

Tu as composé pour différents artistes. Qu’est-ce que ça fait de composer des chansons pour son propre projet après avoir passé autant d’années à composer pour les autres ?

C’est juste super. On en revient à ce que je disais sur Mama Said Rock Is Dead, c’est un album très personnel, d’une certaine façon. Il y a plein d’histoires que j’ai vécues, plein de sentiments, plein de désirs… Evidemment, quand on monte sur scène pour jouer ses propres chansons et voir les fans les chanter, ça procure une émotion indescriptible tellement elle est belle. Le fait de sortir cet album et d’avoir plein de retours positifs à travers le monde nous rend vraiment heureux aujourd’hui.

Comment abordais-tu la composition de musique pour d’autres musiciens ?

Il y a deux façons d’aborder ça, quand la maison de disques t’appelle et dit : « On a besoin d’une nouvelle chanson pour Whitesnake » ou quelque chose comme ça. Tu peux vraiment t’immerger dans l’univers du groupe, redevenir un fan et vraiment essayer de faire ça directement pour le groupe qui a besoin d’une chanson. Et puis il y a une autre approche : tu entres en contact avec tes sentiments profonds et essayes vraiment de créer une émotion. J’ai surtout fait ça. Evidemment, j’ai aussi fait le boulot où quelqu’un disait : « Ce groupe a besoin d’une power ballade. » Mais je composais tout le temps, j’avais toujours un énorme répertoire de chansons et d’idées. D’une certaine façon, aujourd’hui c’est différent, mais je n’ai jamais vraiment changé ma façon de composer entre avant et aujourd’hui, car ça a toujours été personnel. J’ai toujours mis quelque chose de très personnel dans mes chansons.

« L’époque actuelle s’assombrit vraiment, partout dans le monde […], et ceci me rappelle aussi un petit peu les années 80 quand le monde était confronté à de gros conflits. Je ne crois pas que ce soit une coïncidence si une musique très décadente, évoquant les bonnes choses de la vie, le fait de vivre à cent pour cent sans penser au lendemain, revient en force aujourd’hui. »

Tu arrives à mettre ta propre touche dans les chansons, peu importe qu’elles soient pour toi ou pour d’autres artistes ?

Il me semble, oui. Au final, composer une chanson, c’est une part importante, mais d’un autre côté, tout dépend aussi du groupe, du son, du producteur. Je le vois vraiment avec The Rockets Of Love aujourd’hui, car nous jouons en tant que groupe live depuis bien avant de faire cet album. Quand nous avons été en studio pour la première fois, nous étions un petit peu nerveux à l’idée d’entendre comment nous sonnerions sur un album, car c’est toujours deux choses différentes. Tu le sais, si tu écoutes un album et ensuite tu vas voir le groupe en live, ou l’inverse, si tu vois le groupe en live et ensuite tu écoutes l’album, les sensations sont différentes et parfois ça peut même décevoir, et c’est ce qui nous stressait. Mais le premier jour quand nous avons commencé à enregistrer, nous avions de la musique vraiment solide, un son qui était solide, et je disais toujours : « Voilà comment nous pourrions sonner », vu que nous n’avions jamais fait d’album ensemble avant. Il faut que je mentionne Michael Voss, qui s’est chargé de la production et qui a fait un boulot formidable. D’une certaine façon, c’était le sixième membre du groupe, car il a d’emblée parfaitement compris comment mixer le son et comment créer quelque chose qui donnait l’impression de venir des années 80, qui sonnait années 80, mais avec le punch de la musique actuelle.

Le nom du projet est John Diva & The Rockets Of Love. Vu que tu es le personnage principal de ce projet, comment décrirais-tu le rôle des Rockets, tes musiciens ?

Ça fait longtemps que je les connais. J’ai rencontré J.J. Love, qui est un guitariste mexicain, au lycée. Nous avons essayé de monter des groupes, nous étions des gamins qui agissaient en toute liberté, sans famille stable à la maison, donc nous faisions toutes les choses qu’on fait quand on est des rockeurs fous. Donc ça date de longtemps avec lui. Un peu plus tard, à l’époque du lycée et de la fac, nous avons rencontré Snake Rocket, qui à ce moment-là me donnait l’impression d’être un enfoiré arrogant, car il avait tout le matos que nous ne pouvions pas nous payer, et il avait un autre groupe. Nous essayions de voir lequel de nos groupes était le plus cool, jusqu’à ce que nous disions : « Hey, le truc le plus cool serait de joindre nos forces et monter un truc ensemble », et c’était ça The Rockets Of Love, Snake Rocket et J.J. Love, les deux guitaristes. Et, comme je l’ai dit plus tôt, à une fête chez Alice Cooper, j’ai rencontré Lee Stingray, et quand je lui ai demandé de rejoindre le groupe, il a dit : « D’accord, mais je vais amener mon propre bassiste. Normalement, je déteste les bassistes, mais j’en ai un que j’aime beaucoup. » Il a donc amené Remmie Martin. Ce groupe est vraiment solide, il est très important pour moi. Je n’ai pas envie de faire ça en solo. C’est un vrai groupe. C’est très important qu’ils soient à mes côtés, sur scène, afin de créer la puissance que nous délivrons.

Vous avez eu l’occasion de jouer au Wacken Open Air à plusieurs reprises avant même d’avoir sorti votre premier album. Ce festival est réputé pour être le festival de hard rock et metal le plus emblématique. J’imagine qu’il n’y a pas meilleure occasion de rencontrer le public qu’on vise. Peux-tu nous parler de cette opportunité que vous avez eue ?

Grâce à un ami qui est aussi promoteur, nous sommes rentrés très tôt en contact avec l’équipe du Wacken. Ils ont de toute évidence vu quelque chose en nous, ils ont vu ce qui pouvait se passer. Ils nous ont invités trois fois avant que l’album ne sorte ! C’était une super expérience, car les fans de rock n’ roll, surtout en Allemagne je suppose, sont très loyaux. Depuis que nous avons joué là-bas, nous avons vraiment augmenté le nombre de gens qui nous suivaient. Nous avons beaucoup joué en Europe, et surtout en Allemagne, grâce à ça, surtout dans les environs de Hambourg, car beaucoup de gens du coin vont au Wacken, et ils nous suivent, ils ont même créé un fan club. Et bien sûr, nous pouvions tester notre son face à un vrai grand public heavy metal. En général, à Wacken, il y a surtout les trucs vraiment heavy, alors que nous étions plus du côté d’un hair metal plus léger, et je n’aurais pas honte de dire que depuis lors, le hair metal ou le glam metal revient un peu plus à Wacken. Depuis, ils ont invité Europe, Dokken, Mr. Big, Steel Panther évidemment… Donc le style que nous jouons prend une plus grande place à Wacken depuis ces dernières années. Donc je pense qu’une partie de la communauté metal a vraiment envie de revenir au bon vieux rock n’ roll, au côté marrant du rock.

D’un autre côté, est-ce que l’aspect heavy des groupes qui se produisent généralement au Wacken a pu t’inspirer ?

Pas vraiment, pour être honnête. C’était plus, je pense, que plein de gens dans le festival étaient agréablement surpris de constater qu’ils aiment toujours les T-shirts roses et Whitesnake, ce genre de choses. Tous ceux à qui on parle de ça, y compris des fans de Slayer, diraient : « Ouais, c’est avec ça que j’ai commencé, ce sont mes racines. Quand j’étais gamin, j’écoutais le rock de Los Angeles. » Nous sommes donc venus là-bas avec un gros amour-propre, car nous savions que si on nous en donnait la chance, nous assurerions, nous pourrions répandre une jolie énergie, et ça fonctionnerait très bien. Car, tu sais, dans le temps, soit on était thrash metal, soit on était hair metal, et les deux n’allaient pas vraiment ensemble. Aujourd’hui, ce n’est plus aussi idéologique. Les gens peuvent écouter les deux. Ils peuvent aller à un concert de Slayer, et plus tard aller à une fête avec John Diva au Wacken, ça ne pose aucun problème. Je pense qu’il y a plus d’ouverture aujourd’hui.

Cet album a tout l’air d’une déclaration d’amour pour le classic rock des années 80, aussi bien du côté des paroles que de la musique. Plus généralement, qu’est-ce que cette musique représente pour toi ?

Ouais, c’est quelque chose de très fort. Ce matin, je me suis réveillé sur « I Remember You » de Skid Row – c’est en mode aléatoire. Ça me fait du bien, ça me rappelle la bonne époque, la liberté, l’évasion, les premières histoires d’amour, les étés sans fin… Ce sont probablement les associations que beaucoup de gens font. Je n’ai pas envie de paraître politique, mais l’époque actuelle s’assombrit vraiment, partout dans le monde, y compris en Europe – vous rencontrez soudainement de gros problèmes d’ordre social –, et ceci me rappelle aussi un petit peu les années 80 quand le monde était confronté à de gros conflits. Je ne crois pas que ce soit une coïncidence si une musique très décadente, évoquant les bonnes choses de la vie, le fait de vivre à cent pour cent sans penser au lendemain, revient en force aujourd’hui. Ça nous a libérés moi et mon groupe, et quand je vois les gens venir à nos concerts, je pense que c’est pareil, c’est comme une famille, on se rassemble, on va à la fête et on oublie ce qui se passe dehors.

« C’est magnifique de regarder ou croiser quelqu’un dans la rue et de tomber amoureux pendant un instant, et ensuite de nouveau perdre cette personne dans la foule. Ceci est quelque chose qui m’inspire depuis que je suis adolescent. »

L’un des thèmes de l’album et de ta carrière est l’amour. Comment l’amour t’inspire-t-il ?

Il m’inspire tous les jours. Je viens de me balader dans les rues ensoleillées de Paris, et si je ne suis pas en train de regarder mon iPhone – car il faut vraiment que j’arrête d’être accro à ça –, j’essaye juste de regarder les rues et, évidemment, je recherche les filles. C’est quelque chose que je fais depuis que j’ai douze ou treize ans, et je ne peux toujours pas m’arrêter de le faire. Et si je parle à mon père, c’est pareil, il ne peut pas s’arrêter. C’est donc une énergie qu’on a en nous, et je crois que les dames ressentent la même chose. Je trouve que c’est magnifique de regarder ou croiser quelqu’un dans la rue et de tomber amoureux pendant un instant, et ensuite de nouveau perdre cette personne dans la foule. Ceci est quelque chose qui m’inspire depuis que je suis adolescent. Je trouve ça vraiment agréable. On peut choisir de tomber amoureux des gens, de sourire, de flirter ou pas. Je suis quelqu’un de très ouvert à cet égard. Ceci m’a fait vivre plein de belles expériences dans ma vie. Ça peut faire mon bonheur pour la journée. Je peux créer plein de bonnes ondes avec des étrangers. Honnêtement, pour moi, l’amour est la clé d’une bonne vie. Ça peut être romantique, ça peut être pour une minute, ça peut être sauvage, ça peut être sexuel, mais l’amour doit toujours être autour de moi.

Te sens-tu proche de quelqu’un comme David Coverdale de Whitesnake, qui chante constamment sur l’amour et admet que même lorsqu’il essaye de ne pas le faire, il finit toujours par écrire à ce sujet ?

Ouais. Je veux dire que David Coverdale est un chanteur extraordinaire. J’ai grandi avec Deep Purple et, évidemment, Whitesnake était important, surtout en 87. J’aurais aimé qu’il revienne au blues aujourd’hui, car je pense que c’est vraiment ce qui lui conviendrait. Mais ouais, c’est un grand féru d’amour, et il a écrit de grandes chansons d’amour. C’est une énergie qui est beaucoup liée à la musique que nous faisons. Il m’arrive probablement la même chose : dès que je commence à écrire des chansons pour The Rockets Of Love, ça parle toujours d’amour. Je n’arrive pas à penser à autre chose. C’est l’énergie de ma musique, vraiment !

Même la biographie accompagnant l’album met l’accent sur l’amour. Tu es décrit comme un « adonis » et un « coureur de jupons »…

Bon, c’est du discours promotionnel [rires], mais disons que j’aime les dames, et j’ai l’impression que les dames m’aiment, mais dans le bon sens, c’est-à-dire que je ne vais pas en profiter. J’aime les femmes à fort caractère, les amazones, les femmes matures. J’aime les femmes qui me fascinent, qui sont un miracle à mes yeux. C’est toujours ce jeu entre deux personnes sur un pied d’égalité. Je ne peux pas m’en empêcher.

Vu que l’album s’intitule Mama Said Rock Is Dead, est-il une réponse à tous ceux qui pensent que le rock est mort ?

Ouais. En fait, il y a cette petite histoire à propos de ma mère. Elle a éclaté en sanglots un jour, c’était probablement une peine de cœur, mais je ne l’avais pas vraiment compris, et je me souviens de cette scène quand j’étais en plein dans le processus de composition pour l’album. Elle est venue à la maison et j’étais probablement sur le point de partir aux répétitions avec ma guitare, elle était très triste et elle a dit : « Johnny, ne perds pas ton temps avec le rock n’ roll, c’est mort pour moi. » J’avais l’impression d’aller chez le thérapeute et de me souvenir des moments clés de ma vie. Evidemment, je voulais lui démontrer qu’elle avait tort. Le rock est mort plein de fois, mais si on sort, je n’ai pas l’impression qu’il soit mort, car il semble tellement vivant. On croise littéralement des gens entre vingt et cinquante ans. Donc cette musique combine les générations. Il y a les générations d’origine et puis il y a les nouvelles générations qui veulent vivre ça, qui veulent ressentir cette énergie. Je me fiche de la nouvelle tendance, tout ce que je sais, c’est que c’est une énergie forte qui existe depuis longtemps, et qui continuera d’exister pendant encore longtemps. Donc pour moi, le rock n’est pas mort, c’est quelque chose qui au contraire nous fait sentir vivants.

Pourtant, même des rock-stars emblématiques comme Gene Simmons ont pu dire que le rock était mort, pas parce qu’il n’y avait pas de groupe, mais parce que c’est bien plus dur aujourd’hui pour les nouveaux groupes de rock de faire carrière.

D’un côté, il se peut qu’il ait raison, mais d’un autre côté, il faut voir les gens qui vont aux concerts. On vit dans un monde digital, on a tout via internet, mais on ne peut pas avoir les mêmes sensations. Tu te poses avec deux ou trois gars, et tu dis : « Hey, j’ai un truc cool sur YouTube. » Et un autre dit : « Moi aussi j’ai un truc cool, je vais te montrer ! » Vous faites ça pendant deux heures, au début c’est très marrant, mais au bout d’un moment… Enfin, moi je me sens vraiment vide après, car j’ai été avec des amis et j’ai partagé une expérience, mais au final, nous ne faisions que regarder la télé, et ça me donne l’impression de n’avoir rien vécu. Internet c’est mort pour moi. Je trouve que c’est mieux d’aller voir des gens. Internet n’existe pas depuis autant d’années. Il faut sortir, il faut agir en adulte avec le digital et voir que tous les téléphones portables et toutes les machines vont nous tuer de l’intérieur, vraiment. Je ressens une forte volonté chez les gens moyens de sortir, de se rassembler, d’être ensemble, de se sentir les uns les autres, d’aller à des spectacles et des concerts. Je suis convaincu que nous allons connaître un grand retour du rock n’ roll, un grand retour des gros concerts, de quelque chose qu’on ne peut contrôler, que tout le monde ne peut pas partager, genre : « Voilà un spectacle sympa. Je vais y aller. Je serai seulement une parmi deux cents personnes qui seront présentes. Ce sera spécial. » Je pense qu’on va revivre ça.

As-tu le sentiment d’être en mission pour raviver la foi dans le rock n’ roll, que certains ont peut-être perdue ?

Tout d’abord, je suis en mission pour moi-même. Ceci est moi, c’est quelque chose qui me rend heureux. Et à travers ça, j’ai l’impression de rendre d’autres gens heureux. Je partage une énergie et j’ai l’impression que les gens aiment cette énergie et veulent y prendre part. Ça devient une mission, d’une certaine façon, mais je ne suis pas un missionnaire, je ne suis pas religieux. Je fais ça principalement pour moi, pour mon groupe et pour nos fans. Si les gens veulent y prendre part, je suis très content de les y convier.

Interview réalisée par téléphone le 11 mars 2019 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Adrien Cabiran.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de John Diva : johndiva.com

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