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Interview   

John Garcia : « je suis en mission »


Lorsque nous l’avons joint par téléphone, John Garcia se préparait à partir pour plusieurs jours en camping dans les montagnes avec sa famille, pour profiter « d’un break bien mérité » nous dit-il. Il faut dire que ces derniers temps ont été mouvementés pour celui qui fut la voix de diverses formations stoner rock toutes plus excellentes les unes que les autres – Kyuss, Unida, Hermano et Slo Burn. Car après avoir bataillé pour remonter Kyuss, avec à la clef des actions en justice de la part de ses ex-collègues Josh Homme et Scott Reeder, puis finalement sorti un album sous le nom de Vista Chino, le voilà de retour avec son album solo, attendu depuis tant d’années et sur le successeur duquel il a déjà commencé à plancher – sans compter sa petite tournée avec Unida dont on a pu profiter au dernier Hellfest. Et il semblerait que tout le remue-ménage de l’épisode Kyuss Lives! lui ait donné envie de se recentrer sur lui-même, sur des choses simples mais importantes de la vie, comme sa famille mais aussi ces chansons qui traînaient dans un carton mais pour lesquelles il se passionnait. « Je suis en mission » nous répète-t-il sans cesse dans la seconde moitié de cette riche interview, se fixant l’objectif de son propre bonheur.

C’est un vrai généreux entretien que nous a accordé celui qui se définit comme un explorateur musical. Toujours sincère et passionné, parfois touchant, John Garcia nous parle dans un premier temps de cet album solo fraîchement sorti, puis nous laisse entrer, exposant diverses facettes de sa vie et de sa personnalité. Il y est question de sa relation avec « son désert » comme il aime l’appeler, de Josh Homme et de Scott Reeder, de son futur à court et long termes en solo mais aussi avec ses divers groupes ou autres, etc. Vous l’aurez compris, si vous appréciez cet artiste et sa musique, cette interview, bien que longue, est à savourer du début à la fin.

« C’est exactement ça ; tu as visé dans le mille. Tu as dit ‘explorer’. C’est ça Nicolas ! Tu y es ! Tu comprends ! »

Radio Metal : On t’a vu il y a quelques semaines avec Unida au Hellfest. N’était-ce pas un peu frustrant de jouer en même temps que Black Sabbath, dans la mesure où, je suppose, tu es un fan du groupe mais aussi la plupart de tes fans sont aussi certainement des fans de Black Sabbath ?

John Garcia (chant) : Ouais, tu sais, qu’est-ce que tu peux y faire ? Je voulais quitter la scène pour aller voir Black Sabbath [rires], si tu vois ce que je veux dire ? Mais, hey, j’ai joué en face de toutes sortes de foules, que ce soit cinq personnes, cinquante personnes, cinq cent personnes, cinq mille ou cinquante mille, et je prends toujours du plaisir à monter sur scène. L’année précédente, je crois que nous étions en même temps que Kiss, ou quelque chose comme ça, et l’année d’avant encore nous étions en même temps que Judas Priest. J’y suis donc habitué et j’aime le Hellfest, c’est un super environnement et on y voit beaucoup de très bons groupes, Black Sabbath étant l’un d’eux. C’est donc comme ça.

D’ailleurs, qu’est-ce qui te motive à faire encore de temps en temps des concerts avec Unida, dans la mesure où le groupe n’est pas très actif ?

Ouais, de temps en temps nous sortons la voiture du garage, pour ainsi dire, et partons sur la route pour de courtes tournées. Mais c’était juste une petite sortie pour dix concerts. Nous ne sommes pas… En fait on a sorti Coping With The Urban Coyote accompagné d’un album live, donc il y a eu un peu de promo pour ça. Et j’apprécie toujours de jouer avec Arthur (Seay) et Mike (Cancino) et partir sur les routes avec eux. Cette fois-ci nous avions Curt Christenson de Dixie Witch et c’était super de partager la scène avec lui. Il y avait comme un goût doux-amer car c’était presque comme une tournée d’adieu, pour ainsi dire, à cause du fait que désormais je me concentre véritablement sur mon album solo. Je ne prévois pas de faire un autre album d’Unida, de Vista Chino, de Hermano, de Slo Burn, de Kyuss Lives ou n’importe lequel de mes nombreux projets. Je ne compte pas faire ça. Je suis très heureux, Nicolas, de là où j’en suis, là maintenant, et le prochain album est déjà en route.

Tu as eu tant de groupes par le passé, pourquoi avoir voulu faire spécifiquement un album et un groupe solo ?

C’est une bonne question ! [Rires] Tu sais, j’avais une collection de chansons que j’ai conservées pendant tellement d’années. Ces chansons n’étaient pas des faces B ou des chutes d’albums, c’était des chansons qui m’étaient très personnelles, j’avais une relation très personnelle avec elles, elles me passionnaient. Et, franchement, Nicolas, j’en ai simplement eu marre de les regarder prendre la poussière dans une vieille boite en carton dans ma chambre. Depuis mes 18 ou 19 ans j’ai toujours voulu faire un album solo. Pourquoi maintenant ? Je ne sais pas. Je pense que c’était purement l’épuisement de devoir laisser ces chansons de côté et les regarder pendant tant d’années. Encore une fois, je voulais faire ça depuis des années et je suis très excité par ça. C’était simplement le moment. C’était le moment de le faire et de libérer ces chansons, leur donner la liberté qu’elles méritent. C’était l’idée principale derrière ça, leur donner leur liberté.

Ça faisait des années qu’on entendait parler de cet album solo. Pourquoi a-t-il pris tant de temps à être concrétisé ?

Quiconque me connaît sait que je n’aime pas rester en un même endroit pendant très longtemps. J’ai donc eu la période Kyuss, une toute petite période Slo Burn, une période Unida, une période Hermano… C’est super de partager la scène et créer avec ces mecs mais au cours de ma carrière j’ai rassemblé ce groupe de chansons et j’ai voulu les sortir. Maintenant est le moment parfait. Je ne sais pas si ça répond à la question mais, encore une fois, ça me passionnait. C’était ça ma motivation principale : la passion que j’avais pour ces chansons, la passion pour les jouer en concert et voir les gens ressentir ce que je ressens lorsque je monte sur scène pour les jouer.

Tu as dit que tu avais une relation très personnelle avec ces chansons ; peux-tu développer ce que tu entends par là ?

Tu sais… [Il réfléchit] C’est une bonne question. Ce sont des chansons qui me font ressentir quelque chose. Je suis un fan de musique. Je suis un fan de chansons. Je me fous de savoir si c’est Mötley Crüe ou Earth Wind And Fire. Si une chanson me fait ressentir quelque chose ou me renvoie à un dimanche d’été lorsque j’avais onze ans et que j’embrassais ma petite amie mexicaine derrière le pamplemoussier dans le jardin, c’est ça ce que je veux dire et ce que ça me fait ressentir. Si une chanson te touche et te fais dire : « Oh ! Putain de merde ! », si ça te renvoie à un certain endroit, si ça t’extirpe de cette longue journée de dur labeur où ton patron vient juste de finir de s’arracher la gorge à te crier dessus parce que tu avais merdé ou peu importe, si ça te renvoie en classe, si ça te renvoie à l’école, si ça te fait traverser un été, si c’est la bande son ou une partie de la bande son d’un été que tu n’oublieras jamais de toute ta vie, c’est ça ce que je veux dire. Lorsque je composais ces chansons avec mes co-compositeurs, j’avais ce genre de relation avec elles. C’est ce que j’entends par avoir une relation très personnelle et être passionné par elles. Elles me font ressentir des choses. Elles m’ont rendu heureux. Elles m’ont rendu triste. Elles m’ont même fait ressentir des choses que je n’avais jamais ressenties auparavant. C’est ce que je veux dire.

« S’il existe un manuel pour chanteur, je ne l’ai pas et je ne le veux pas. »

A un moment donné, ce groupe solo était supposé s’appeler Garcia Vs. Garcia, pourquoi avoir changé de nom ?

Garcia Vs. Garcia était devenu mon Chinese Democracy, si tu veux, et je n’arrêtais pas de le promouvoir et d’en parler disant : « Ouais, ça arrive bientôt ! Ça arrive bientôt ! Ça arrive bientôt ! » J’ai décidé que j’avais besoin d’un tout nouveau nom. C’était mon projet solo et Garcia Vs. Garcia c’était juste moi contre moi. Il y avait un combat constant pour essayer de pratiquer la médecine vétérinaire (ndlr : John a travaillé en tant que chirurgien et diagnosticien vétérinaire et est un passionné d’animaux), m’occuper de ma famille et faire de la musique. Et c’est toujours un peu un combat constant et ça implique une quantité incroyable de communication et d’organisation pour que tout soit en phase. Mais après tant d’années à le promouvoir ainsi, je n’ai jamais pu le sortir. J’ai donc dit : « Bon, je vais simplement appeler ça John Garcia et le sortir. Terminé ! » C’était donc plus par frustration que j’ai arrêté de l’appeler ainsi et puis voilà il est sorti !

Il y a tout un tas de musiciens invités sur cet album. Voulais-tu en faire plus qu’un simple album solo et réunir autour de toi certains de tes amis chers, comme en faire une sorte d’album familial ?

Non, tu sais, cet album, était très particulier dans son concept. Le concept, c’était de garder les choses simples. Nicolas, je ne cherchais pas à changer ou réinventer la face du rock’n’roll. Je cherchais à faire un album de rock simple et classique, avec des chansons qui me passionnaient. Donc, lorsque j’ai choisi ces musiciens, tous ont été minutieusement sélectionnés pour chacune des chansons sur lesquelles ils jouent. Et ces musiciens sont venus en faisant preuve d’autant de passion pour ces chansons que moi. Même les producteurs, Harper Hug et Trevor Whatever ! C’est un projet spécial. Tu as Robby Krieger (The Doors), Nick Oliveri (Mondo Generator, ex-Kyuss, ex-Queens Of The Stone Age), Tom Brayton, Marc Diamond (The Dwarves), Dave Angstrom (Hermano), Dandy Brown (Hermano), Chris Hale (Slo Burn), Damon Garrison (Slo Burn) et moi-même (ndlr: liste non exhaustive), tous dans une même pièce à différents moments. Mec, c’était excitant mais aussi très plaisant à faire les choses ainsi. Et encore une fois, j’accorde volontiers du mérite là où il y en a à accorder, et ces chansons n’auraient pas pu ressortir de la même manière sans cet incroyable groupe de musiciens. Donc, je les remercie et je leur dois énormément pour ce qu’ils ont fait sur cet album.

D’ailleurs, par le passé tu avais toi-même été invité par certains musiciens, et comme je l’ai dit tu as eu énormément de groupes. Donc, le fait de collaborer est-il quelque chose d’important pour toi, comme pour explorer autant d’alchimies que possible ?

C’est exactement ça ; tu as visé dans le mille. Tu as dit « explorer ». C’est ça Nicolas ! Tu y es ! Tu comprends ! Car tout est une question d’exploration ! C’est le fait d’être un explorateur ! S’il existe un manuel pour chanteur, je ne l’ai pas et je ne le veux pas. Pour moi, c’est ça le manuel, c’est le fait d’être un explorateur et prendre différentes tangentes et avenues, et composer et co-composer avec d’autres musiciens. Ça c’est mon truc. Regarde, je ne suis pas guitariste – je joue de la guitare de manière très primitive – alors j’ai donné mes idées à mes guitaristes, à ce très talentueux groupe de musiciens, et ils ont fait des chansons ce qu’elles sont ! Mais j’adore faire de l’exploration et avoir des défis. Je veux dire, bon dieu, regarde une chanson comme « Born Too Slow » de The Crystal Method (ndlr : issue de l’album Legion Of Boom, 2004), c’est un groupe de techno ! Lorsque Ken (D. Jordan) et Scott (Kirkland) de The Crystal Method sont venus à moi et ont dit : « Hey, on veut que tu chantes sur cette chanson », j’ai dit : « Est-ce que vous savez ce que je fais ? Est-ce que vous savez quel type de musique je joue ? Car ce n’est pas de la techno ! Ce n’est pas de la musique dance ! » Et ils ont dit : « Ouaip ! On sait exactement ce que c’est ! On sait ce que tu fais et on te veut toi ! » J’ai donc chanté sur la chanson intitulée « Born Too Slow », que j’ai co-écrite avec ces mecs, et six mois plus tard elle a remporté une récompense aux American Dance Music Awards pour le meilleur single de l’année. Et je suis là : « Wow ! Peut-être que je ne fais pas le bon genre de musique ! Peut-être que je vais faire de la dance ! » [Il éclate de rire] Je plaisante, évidemment, je plaisante… Mais voilà ce que c’est ! Pareil avec Arsenal ! Le groupe belge Arsenal (ndlr : John a collaboré sur leur album Lotuk de 2008). Regarde une chanson comme « Not A Man », ça c’était un gros challenge pour moi. J’aime quand je me retrouve face à ces défis. Donc, une fois de plus, cet album est le résultat direct de mon désir d’exploration et ça, tu l’as compris !

Est-ce d’ailleurs pourquoi tu veux te concentrer pendant un moment sur ton groupe solo, parce qu’il te donne davantage cette liberté d’explorer ?

Nicolas, il ne me donne pas seulement de cette liberté, c’est libérateur ! Je me sens libéré ! J’ai le sentiment qu’on m’a retiré mes chaînes ! Pas comme si [rires] mes autres groupes étaient des boulets attachés à mes pieds. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! Et, s’il te plaît, ne sors pas ceci de son contexte ! Mais, tu sais, d’une étrange manière, j’ai eu le sentiment de pouvoir faire ça et de pouvoir le faire par moi-même. Mon groupe live est super ; ils ont tous hâte de venir à Paris pour jouer en novembre. Les dates sont sur le point d’être postées sur ma page Facebook dans les quelques semaines à venir (ndlr : la date est tombée depuis peu et ce sera finalement le 2 décembre au Glazart). Encore une fois, la voiture Vista Chino est rangée au garage, tout comme les voitures Unida et Hermano. Je sors ma propre voiture pour un long et agréable voyage et je ne compte pas la garer de sitôt.

Parmi les invités présents sur l’album, il y a Robby Krieger, le guitariste des Doors et je crois savoir que les Doors ont eu une forte influence sur toi, peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

C’était une idée de mon producteur Harper Hug, lorsque je sélectionnais ces chansons. Il m’a regardé et a dit : « Écoute, c’est la seule piste acoustique sur cet album. Faisons-en quelque chose de spécial et j’y entends une guitare espagnole. » J’ai dit : « Harper, c’est une super idée. Qui connaitrais-tu pour jouer la guitare espagnole ? » Et il me dit : « Eh bien, je connais Robby Krieger… » Et j’étais là : « Est-ce que tu plaisantes ? » Et il a dit : « Non… Regarde, ne t’emballe pas trop. Allons vers lui, laisse-moi l’appeler. Laisse-moi lui passer la chanson et voir s’il l’aime bien. C’est la première partie du puzzle. S’il l’aime bien, alors c’est cool, et la pièce finale du puzzle serait : est-ce qu’il le ferait ? » A peine avons-nous parlé de ça que j’étais dans le studio à Glendale, en Californie, à enregistrer la chanson. On parle d’un moment monumental. C’est un moment que je n’oublierai jamais pendant le reste de ma vie. C’était l’un de ces moments. C’est ce que je ressens à propos de ça, à propos de ce qu’il a fait… C’est quoi ce que je ressens ? C’est un sentiment que je n’ai jamais eu avant ! Ce « Wow ! Putain de merde ! Qu’est-ce que c’est ? C’est phénoménal ! C’est génial ! » Mec, il a rendu cette chanson – sans parler de l’album entier – meilleure. Je remercie donc Harper, je remercie Robby, ce sont deux personnes absolument géniales. Je ne peux assez exprimer à quel point je les vénère.

« Je me sens libéré ! J’ai le sentiment qu’on m’a retiré mes chaînes ! Pas comme si [rires] mes autres groupes étaient des boulets attachés à mes pieds. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit ! Et, s’il te plaît, ne sors pas ceci de son contexte ! »

Il y a une animal sur la pochette de l’album – mais je ne suis pas sûr si c’est un cerf ou un bouc ou…

Ouais, tu as raison : ce n’est pas un bouc. C’est un mouflon d’Amérique. Il y a une énorme différence entre un bouc et un mouflon d’Amérique. Les mouflons d’Amérique sont indigènes d’où je vis. Je les vois tout le temps. Je suis très fier de mon désert, donc j’ai voulu avoir quelque chose qui vient d’ici. Je suis d’ici. Le mouflon d’Amérique est d’ici. La vaste route du désert… Nicolas, je dois conduire deux kilomètres et demi de route poussiéreuse pour arriver chez moi. C’est le résultat direct de ceci.

Mais dirais-tu que cet animal te représente ?

C’est une bonne question. Eh bien, laisse-moi te dire, Nicolas, l’illustration de l’album était tout aussi importante et j’étais tout aussi passionné à son propos que je l’étais pour la musique. Le gentleman qui a fait l’illustration, qui a dessiné ça pour moi, est un gars qui s’appelle Sam Young (ndlr : il vient de Melbourne en Australie). Il a réalisé cette illustration spécifiquement pour moi. Dans les cornes du mouflon d’Amérique il y a des cactus cholla, des fleurs de cactus cholla, de la verveine du désert… Je lui ai donné des idées spécifiques et donc il a illustré cette partie. La seconde partie est l’œuvre de Jared Conner qui vient d’Austin au Texas et qui a fait toute la mise en page. J’avais donc un artiste à un bout de la planète, un artiste à l’autre bout de la planète et ils ont travaillé ensemble pour faire cette incroyable pochette d’album pour moi. Mais le mouflon d’Amérique est indigène et je crois que c’est une parfaite représentation de moi et de ce que j’appelle « mon désert ». Donc, chapeau bas à eux, je dois leur rendre hommage. Ils sont juste d’incroyables artistes. Cela illustre bien le mouflon d’Amérique et à quel point cet animal est majestueux, et le fait de l’avoir transparent par-dessus une route désertique dégagée, je trouve que cela définit d’où je viens et à quel point cet album est personnel.

Tu as dit que tu avais déjà commencé l’écriture de ton prochain album solo. Est-ce qu’il sera dans la même veine ?

Ouais. Tu sais, je… [Il hésite] J’ai quelque chose de vraiment spécial en magasin pour ce prochain album. Je n’en ai même pas encore parlé à ma femme car je répétais la nuit dernière avec mon guitariste Ehren Groban et on a eu une super idée. J’ai dormi en y pensant et ce matin je trouve toujours que ce sera quelque chose de vraiment cool et spécial. Je ne peux pas encore lâcher l’information mais oui, le prochain album sera un album de rock mais il y a aura également l’implication de quelque chose de très spécial. Oui, ce sera dans la même veine [que mon premier album solo qui arrive bientôt], le même niveau de passion, le même amour et c’est en train de se faire.

As-tu l’intention de faire participer autant d’invités ?

J’ai eu un meeting avec ce guitariste suédois ce matin d’ailleurs et il m’a récemment envoyé une chanson et je l’ai vraiment aimé. Donc la collaboration a déjà commencé. Je n’imagine pas qu’il y aura autant d’invités sur ce prochain album que sur celui-ci. Je laisserai le groupe faire la majorité des chansons. [Le batteur] Greg Saenz, [le bassiste] Mike Pygmie, [le guitariste] Ehren Groban, c’est ça mon groupe désormais. Donc nous ferons la majorité de la musique nous-mêmes.

Et comment les as-tu choisis ?

Ehren Groban joue sur une bonne partie de l’album et il joue aussi dans un groupe de la région qui s’appelle War Drum. Je voulais quelqu’un qui soit – et encore j’en reviens à ce mot – aussi excité et passionné que moi à propos de ce projet. Si j’avais demandé à quelqu’un et que la réponse était : « Ouais, tu sais… Je ne sais pas, je dois… » Je suis là : « OK, terminé. » C’est tout ce que tu as besoin décider. C’est tout. Ehren était donc là et s’est vraiment impliqué. Il voulait en faire partie. Mike Pygmie voulait également en faire partie, tout comme Greg Saenz, il voulait vraiment faire ça. Ils étaient passionnés par ça. Et tu sais quoi, Nicolas ? Voici un autre élément de réponse, la partie la plus importante : ils sont tous du coin. Ils sont tous de ce désert. Je n’ai personne de Tombouctou qui joue de la putain de guitare – pardonne mon langage. J’ai personne à faire venir en avion et je n’ai pas à prendre l’avion pour aller je ne sais où ! Nous sommes tous d’ici et nous répétons à Palm Springs. Nous avons répété hier soir ! Je peux partir de chez moi et y être en vingt minutes. Je peux les appeler et dire : « J’ai ce riff, que fais-tu samedi soir ? Oh, tu as un concert avec ton autre groupe War Drum ? D’accord, cool, j’irais vous voir jouer et ensuite allons à la salle de répète. Qu’en penses-tu ? Ouais ? OK, on se voit là-bas ! » Et le fait qu’ils soient tous des locaux et que nous pouvons travailler de manière rapprochée ensemble a beaucoup joué. C’est un petit désert et tous les musiciens se connaissent plus ou moins, je les ai donc contactés et nous avons fait des auditions. Nous avons essayé différents batteurs. Et Mike, Ehren et Greg avaient cette passion, l’énergie et le niveau d’engagement, et ils voulaient le faire. C’était donc important.

Est-ce un peu comme revenir à tes racines, à la manière dont vous faisiez de la musique aux débuts de Kyuss par exemple ?

Pas vraiment. C’est une toute nouvelle entreprise. C’est quelque chose qui possède une énergie totalement différente. Ça me passionne davantage parce que c’est mon propre truc et que je me mets moi-même sous le microscope. C’est quelque chose de neuf et de frais et je veux que ça reste ainsi. J’aime le sentiment que ça me procure, car c’est inhabituel. C’est un territoire inexploré pour moi et j’aime vraiment ça. Encore une fois, j’en reviens à ce mot : « libéré ». Je le ressens !

Je parlais plutôt du fait que tes musiciens sont tous des locaux et que c’était plus facile pour le groupe, comme ça l’était probablement aux débuts de Kyuss…

Oh, ouais, tu as raison ! Absolument ! A cent pour cent. Même dans Vista Chino nous devions faire venir Bruno (Fevery) en avion depuis Bruxelles ; il devait aller d’Anvers à Bruxelles et ensuite de Bruxelles à Los Angeles et ensuite de Los Angeles à Palm Springs. C’est quelque chose et nous ne l’avions que pour un temps limité. Parfois j’allais dans le studio d’un ami et il y avait un groupe qui y répétait et, honnêtement, j’étais un peu jaloux ; j’étais là : « Je veux répéter ! Je veux un groupe pour répéter ! Ça me manque ! Ça me manque de répéter régulièrement. » Ça fait donc du bien d’avoir ces gars ici.

« Je regarde le désert et je vois la vie ! Le vide est ce qui le rend si plein d’émotion et de beauté ! »

Tu es l’un des plus grands représentants du genre que l’on appelle désormais le desert rock. Mais que mets-tu, toi-même, derrière ce terme ? Qu’est-ce que cette musique symbolise pour toi ?

Le desert rock, le stoner rock, peu importe le type de rock tu veux appeler ça – personnellement, j’appelle ça du stoner rock – je l’ai adopté ! J’en suis venu à accepter le terme « stoner rock ». Il y a eu un moment dans ma vie où je n’aimais pas ce mot, mais j’ai appris à l’adopter et je suis fier de la manière dont les gens veulent appeler ça ! Encore une fois, mets-y l’étiquette qui te chante. Comment je me sens par rapport à ça ? Je suis chanceux de toujours avoir des gens qui me suivent, à mon âge et où j’en suis dans ma carrière. Je suis reconnaissant par rapport au fait que j’ai toujours des soutiens, des gens qui achètent encore des albums et viennent me voir sur scène, peu importe avec quel groupe je joue. J’ai de la chance ! Voilà à quoi ça se résume. Je ne réfléchis pas trop au sujet des termes « desert rock » ou « stoner rock ». Nicolas, j’ai dit ça des centaines de fois mais ce qui est important pour moi, là tout de suite dans ma vie, c’est d’être un père et un mari et ce petit voyage dans les montagnes que moi et ma famille nous préparons à faire pour les trois prochains jours, pour nous déconnecter ; j’attends ça avec impatience depuis très, très longtemps. Ce sont les choses qui, je pense, sont importantes pour moi et je ne m’assois pas pour évaluer les différences entre le stoner rock et le desert rock ou le rock’n’roll ou qui a créé ceci, car je vais te dire : nous n’avons pas créé ceci. Nous avons marché dans les pas de groupes comme Cactus, Buffalo, Leaf Hound, Deep Purple… Oh, et en voici un pour toi, que dis-tu de Black Sabbath ? Ceux-ci sont les véritables initiateurs, les véritables instigateurs, les véritables racines du desert rock ou du stoner rock. Ça a simplement sauté quelques générations et nous sommes un autre de ces groupes qui font partie de cette scène. Et ça perdure encore grâce à des groupes comme Kyuss, Monster Magnet, Fu Manchu… Donc, hey, nous n’en sommes qu’une partie !

Ta musique est beaucoup associée aux paysages du désert californien. Mais à quel point ce paysage et cet environnement a été inspirant pour toi ? Tu as mentionné plus tôt à quel point c’est important pour toi…

Oui, ça l’est et je suis très fier de mon désert, mais je vais te dire quelque chose : s’il y a un vide dans ton cœur, dans tes entrailles, et qu’il a besoin d’être comblé, peu importe où tu es ou bien où tu vis, tu trouveras un moyen de le combler. Que ce soit au sud de Londres ou le sud de la France ou les déserts australiens ou en Corée du Sud, peu importe où, si tu as ce vide, tu trouveras le moyen de le combler. Pour moi, le désert c’est mon chez-moi, je suis né et j’ai été élevé ici – en fait je suis né dans le désert d’Arizona mais je ne me souviens pas y avoir vécu, je me souviens juste avoir grandi ici dans la vallée de Coachella. J’ai écrit en dehors de ce désert, j’ai écrit dans une chambre d’hôtel en Australie, j’ai écrit dans un hôtel à Paris auparavant. Tu écris des idées dès que tu te sens inspiré. La route est un bon endroit pour écrire, mais j’écris la majorité exactement là où je suis là maintenant, dans ma chambre, sur mon bureau, en train de regarder le désert. Je suis très à mon aise ici. Quelle part de ceci fait partie du son ? Je crois qu’il n’y en a aucune. C’est ma vision et mon opinion personnelle. C’est ce que c’est et je n’essaie pas d’être là à donner une vision plus romantique du désert qu’il ne l’est en réalité. C’est le désert ! Certaines personnes viennent ici et y voit de la beauté. Certaines personnes viennent ici et disent : « Bon, qu’est-ce qu’il y a ici ? Il n’y a rien ici ! Je ne comprends pas tout le côté mystique qu’on donne au désert ! Je pars ! » « Parfait ! Dégage et ne reviens pas ! On ne veut pas de toi de toute façon ! » [Rires] Et je pense ça gentiment ! Mais c’est vrai, dans le haut désert les gens veulent qu’on les laisse tranquille ! Ils ne veulent pas voir débarquer des étrangers dans le désert. Et on voit beaucoup ça, on voit beaucoup de producteurs, de réalisateurs et des gens d’Hollywood venir ici et dire qu’ils ont trouvé le désert ou peu importe. Des gens viennent ici et ne voient rien ; moi, je regarde le désert et je vois la vie ! Le vide est ce qui le rend si plein d’émotion et de beauté ! C’est ce que les gens ne voient pas lorsqu’ils viennent dans le désert, ils ne comprennent pas. Mais quelle proportion de ceci est rattachée à la musique ? Tu sais, très peu.

Tu as parfois une manière à la fois très émouvante et paisible, presque méditative, d’approcher ta musique et te comporter sur scène, si ça a un quelconque sens pour toi de m’entendre dire ça. D’où te viennent cette émotion et cette quiétude ?

[Il hésite puis se met à rire] Je ne sais pas Nicolas ! C’est une bonne question… Tu sais, hey, je suis encore très peu habitué à répondre à des questions qui me poussent à me demander « D’où est-ce que ça vient, vraiment ?! » Et je ne reste pas là à me dire : « Je me demande d’où je canalise toute cette passion ! » [Rires] Je ne me pose pas ces questions, mais, tu sais, c’est l’amour de la musique ! J’apprécie toujours sincèrement monter sur scène et jouer et partager la scène avec ces supers musiciens. Je suis béni et très chanceux. Je tiens Ian Astbury de The Cult pour responsable d’une bonne part de cette passion. C’est mon idole, je n’ai pas peur de l’admettre. C’est un super chanteur et compositeur. D’une étrange manière, il est aussi mon professeur, sans qu’il le sache. Il m’inspire donc beaucoup.

Peace (ndlr : « paix » en Français) est d’ailleurs le nom de l’album de Vista Chino. Est-ce un mot qui en fait résume ta personnalité et ce que tu recherches ?

Ouais, à l’époque, lorsque nous l’avons sorti, c’est ce que nous voulions. C’est ce que l’on veut. C’est tout ce que l’on veut. Avec tout ce que nous avions traversé, le fait de voir cet album sortir au bout du tunnel, c’était exactement ça : c’était la paix. C’était donc un nom très adapté pour cet album.

Ces dernières années tu as essayé de reformer Kyuss, ce qui a mené au final à la création de Vista Chino. Mais es-tu déçu que Josh Homme n’ait jamais voulu en faire partie, empêchant une vraie réunion de Kyuss de se produire ?

Ouais, à un moment donné j’étais déçu, mais maintenant je m’en fous, tout simplement. Ça ne vaut pas le temps et l’énergie dépensés. Encore une fois, je suis bien plus soucieux de quel type d’appât je vais utiliser lorsque je vais emmener mes enfants pêcher ce weekend. Je n’y réfléchis simplement pas tant que ça, je pense davantage à ma famille, ma femme et ma vie à la maison. Et je suis en mission. Nicolas, je suis en mission pour avoir affaire à zéro drame. Si je vois un drame venir, je me retourne et je détale. Je ne veux rien avoir à faire dans une situation où tu as un gars d’un côté de la barrière, un autre gars de l’autre côté de la barrière, et les deux tiennent des bâtons et se donnent des coups. Tape, tape, tape, comme s’ils étaient dans une cour d’école primaire. Je ne veux rien de ça. Ils peuvent l’avoir. Ils peuvent tout avoir. La vie est trop courte. John Garcia a des choses plus importantes à se soucier que des choses totalement absurdes comme celles-ci. Donc, ça, je n’y réfléchis clairement pas trop.

« De ce que j’en sais, je pourrais faire un album de polka sous l’eau si c’est là où me porte mon cœur ! »

Et d’ailleurs, quelle est actuellement ta relation avec Josh ?

Il n’y en a aucune. Tu sais, Nicolas, je lui souhaite le meilleur. Je souhaite le meilleur à Josh Homme et Scott Reeder ! Je leur souhaite des vies longues, fantastiques et prospères ! Je ne veux rien d’autre que le meilleur pour eux. C’est tout. Et je le pense vraiment ! Je laisse ceux qui sont partis partir, je laisse aller et… Hey, tu ne sais jamais ce qui pourra se passer dans le futur ! Je suis très chanceux d’avoir partagé la scène avec Josh et Scott, j’apprécie ça. Ce qui m’a un peu blessé, c’est ma relation avec Scott Reeder. Scott et moi étions très proches. Donc ça, ça m’a un peu blessé et fait mal. De toute ma vie, Scott Reeder est le meilleur bassiste avec lequel j’ai joué. Et il est l’un des meilleurs bassistes au monde. Et dans notre amitié, nous étions très proches ; nous avions pris l’habitude de trainer ensemble en permanence. J’allais chez lui chaque jour pendant des années. Mais parfois les gens prennent des routes séparées et ceci en est le résultat direct. Peut-être qu’un jour nous pourrons retrouver cette relation, mais il fait son truc, je fais mon truc. Et encore une fois, je suis en mission. Ma mission c’est : zéro drame, liberté, famille. C’est tout. C’est ça ma mission. Et Nicolas, devine quoi : devine qui est vraiment heureux maintenant ? Devine qui a vraiment, vraiment, véritablement affaire à zéro drame ? Moi. Mec, que je suis heureux ! J’ai deux merveilleux enfants, j’ai la meilleure femme que le genre humain ait connu [rires] et, tu sais, ceci est une période spéciale. C’est une période monumentale pour moi et je veux que ça dure pendant très longtemps. C’est super ! Ça a été tellement super d’en arriver à ce stade et d’enfin sortir l’album solo. Les gens savent que je suis passionné par ça – c’est un mot qui revient en permanence, mais c’est vrai ! Lorsque je passe la moitié de ma journée à parler à la presse comme hier, je me rends compte d’une bonne part de tout ceci lorsque les gens me posent ces questions pour savoir ce qui me motive, où j’en suis dans ma vie, si je suis heureux, pour savoir ceci ou pour savoir cela… Je suis là : « Wow ! » J’ai vraiment besoin de réfléchir à certaines de ces choses car je n’ai pas l’habitude de rester là à soupeser tout ça. [Au lieu de ça] je joue à des jeux de Lego et j’assemble des Legos avec mon fils. Voilà où j’ai ma tête. Et le fait d’aller en répétition le soir et faire du barbecue et aller nager et me préparer pour aller camper… C’est ce qui me permet de rester concentré sur l’essentiel ! Tout le reste est secondaire et je suis simplement chanceux d’en faire partie. Je suis encore chanceux d’être en train de parler à quelqu’un de presque totalement et complètement étranger à l’autre bout de cette ligne à propos de quelque chose que j’ai récemment créé. Ça m’épate !

Tu as dit que tu souhaitais te concentrer sur ton groupe solo et je crois avoir lu que les gars de Vista Chino, Unida et Hermano voulaient tous faire de nouveaux albums, mais que tu as refusé pour pouvoir te concentrer sur ton groupe solo, mais ne sont-ils pas en fait frustrés par ceci ?

Eh bien, je ne… [Rires] Je sais qu’Arthur et Mike ne le sont pas. Je viens de voir Arthur il y a quelques jours… Ils sont patients avec moi. Ils sont patients avec leur chanteur ! Pareil avec Dave Angstrom. Dandy (Brown) et Dave vont se retrouver dans les mois prochains. Dandy va venir au Colorado et ils vont commencer le processus d’écriture pour le prochain album. Je leur ai dit : « Hey, écoutez les mecs, ça va prendre un moment… » Et ça semble totalement leur aller. Ils savent que lorsque je serai prêt, [s’ils le sont aussi], alors super. Mais s’ils ne sont pas prêts, alors il faudra que je me mette en retrait et que je trouve autre chose à faire. Je passe très rapidement d’une chose à l’autre et ils m’ont beaucoup soutenu. Si j’en venais à dire : « Hey, Mike et Arthur, j’aimerais vraiment me poser et faire un autre album avec vous les gars, est-ce qu’on peut commencer à travailler ? » Ils me diront oui ou non. J’espère qu’il y a plus de chances qu’ils disent oui. Pareil avec Hermano. Je ne sais pas pour Vista Chino. Je ne sais pas si ça arrivera à nouveau un jour. Là tout de suite, Nicolas, j’en doute. C’était un projet très particulier… Mais c’était aussi un autre de mes projets. Je veux dire qu’il y a Kyuss, il y a Slo Burn, il y a Unida, il y a Hermano, il y a le projet solo, il y a Vista Chino… Bon Dieu, dans combien de groupes est-ce que j’ai joué au cours de ma vie ?! Certaines personnes pourraient penser que je dilue ma carrière. Je m’en fous. Où est le manuel qui dit que tu as besoin d’être dans un projet et un seul ? Et s’il y a un manuel, je l’ai balancé par la fenêtre il y a très longtemps ! « Eh bien, tu te prostitues ! » « Qu’est-ce tu veux dire par je me prostitue ? Tu veux dire que tu penses que je me prostitue ! Moi, je vais où mon cœur et mes tripes me disent d’aller. Donc, pendant que tu te ronges tant… » – tu sais, en parlant à cet autre journaliste, pas toi – « …Pendant que tu te ronges tant à penser que je me prostitue, tu as besoin du drame, ou du soi disant drame dans ma vie pour rendre la tienne plus complète ? Est-ce que c’est ça ? Car ce n’est pas le sentiment que j’ai ! » « Ouais, mais c’est le cas John, tu te prostitues, tu ne le vois simplement pas comme ça. » « Tu le vois comme ça. Je ne le vois pas comme ça. » Et une fois de plus, s’il y a un manuel qui me dit que j’ai besoin d’être dans un groupe ou dans deux groupes ou dans trois groupes ou dans cent groupes, je l’ai balancé par la fenêtre il y a bien longtemps. Je vais où mon cœur et mes tripes me disent d’aller et je continuerais à faire ça, et pour moi, tout est une question d’être explorateur. Ceci est le résultat direct de où ma vie m’emmène. Je m’ennuie si je reste à un seul et même endroit ! J’ai eu une carrière fertile ! J’en suis reconnaissant ! Je pourrais bien commencer dix autres groupes ! Qui sait ? Nicolas, de ce que j’en sais, je pourrais faire un album de polka sous l’eau si c’est là où me porte mon cœur ! Mais, encore une fois, je suis en mission, là tout de suite. Ma mission, c’est zéro drame, me libérer et continuer avec ce super compositeur avec lequel je travaille en ce moment, Ehren Groban, mon guitariste. J’ai beaucoup de choses en réserve et c’est une période excitante pour moi. Désolé pour la longue réponse !

[Rires] Aucun problème ! Beaucoup de gens se posent des questions au sujet de cet album d’Unida dénommé The Great Divde (mais aussi connu sous le nom de For The Working Man) qui n’est jamais sorti. Est-il prévu qu’il sorte un jour ?

J’aimerais ! J’aimerais vraiment ! Evidemment, ça impliquerait que Scott Reeder et moi communiquions (ndlr : Scott a joué la basse sur cet album). Il ne faut jamais dire jamais ! J’aimerais sortir cet album. Nous verrons. Je ne sais pas. Encore une fois, j’ai des choses plus importantes à m’occuper. Là tout de suite, encore une fois, j’en reviens à ce mot : « mission ». Il n’y a plus de place pour remplir mon emploi du temps. Mon emploi du temps est plein pour l’instant. Ça commence un tout petit peu à prendre le pas sur mon temps de famille mais il ne faut pas que je laisse cet animal trop hors de contrôle, il faut donc que j’attache les rênes et que je dise : « Wow, wow, wow, wow ! Calme-toi un peu John ! Ne néglige pas les choses importantes. » Donc j’essaie de me concentrer sur ce qui est important.

Pour finir, tes collègues de Slo Burn ont fondé un nouveau groupe dénommé Brave Black Sea, as-tu écouté leur album ?

Je l’ai écouté ! Et je viens juste de les inviter à ouvrir pour la soirée de sortie de mon album ici dans le désert. Je suis resté en contact avec Chris Hales, d’ailleurs il joue sur mon album ! Je suis resté en contact avec Damon Garrison, d’ailleurs il joue sur mon album ! Et bien sûr, mon vieux pote, pour qui j’ai un énorme respect, Alfredo Hernandez. Donc j’aimerais vraiment les voir et j’ai entendu leur musique, je trouve que c’est très savoureux et très créatif. Je suis fan ! Donc ouais, je les ai entendus, ça sonne familier, ce sont mes amis et je les soutiens.

Interview téléphonique réalisée les 18 et 19 juillet 2014 par Spaceman.
Retranscription, traduction, introduction et fiche de questions : Spaceman.

Page Facebook officielle de John Garcia : www.facebook.com/JohnGarciaOfficial



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  • J’adore ce gars ! 🙂 Encore un excelent interview !
    Prêt pour le Glaz’Art \o/

    Par contre je suis attristé quand j elis « Je ne sais pas pour Vista Chino. Je ne sais pas si ça arrivera à nouveau un jour »

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  • J’apprécie cette artiste, et je lui tire mon chapeau.

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