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Chronique   

John Garcia – John Garcia


Près de trente ans après le début de sa carrière, on ne présente plus John Garcia, dont la célèbre voix émaille l’histoire du stoner rock depuis la fin des années 1980. Après avoir officié dans pas moins de six groupes différents (Kyuss, Unida, Hermano…), celui-ci choisit, en cette année 2014, la période estivale pour enfin délivrer son premier album solo qu’il prépare depuis des années, sobrement intitulé John Garcia, et sur lequel son timbre soul et haut perché retentit à nouveau.

Quoi de neuf, alors, sous le soleil du desert rock ? Bien peu de chose, à dire vrai. Dès les premières secondes de « My Mind », les fans de Garcia seront rassurés : la guitare est tranchante et « fuzzée » pour cette entrée en matière radicalement stoner. La suite de l’album est, en grande partie, une confirmation : le frontman de Kyuss n’a pas changé et continue sa quête d’un son solaire et psychédélique parfait pour accompagner une traversée de l’Ouest américain à cheval. En effet, on ne remarque pas sur ce disque de rupture musicale avec ce qui a fait le style de John Garcia par le passé, à savoir rythmiques hypnotiques et endiablés, grosses basses, envolées vocales impressionnantes et désinvolture classieuse. On alterne ici entre morceaux pêchus remuant la poussière (« Saddleback », « Flower »…) et chansons plus calmes et audacieuses, le tout dans une bonne dose de groove, lorgnant, dans les sonorités, vers les frontières du rock et du sludge (« Argleben », « Confusion »…) : finalement, les fameux cocktails utilisés pour Kyuss ou Unida semblent avoir été recyclés une fois encore.

Doit-on pour autant blâmer John Garcia ? N’est-ce pas ainsi simplement parce que l’individu reste aujourd’hui l’un des plus sérieux représentants de ce stoner originel ? Que ce genre lui coule dans les veines, « passionné » comme il se dit par son désert californien où il réside encore aujourd’hui ? On peut effectivement louer la longévité et l’intégrité du chanteur, qui offre avec sa clique d’amis – l’album regorge d’invités pour l’aider dans sa création, comme Danko Jones, Nick Oliveri ou les anciens Slo Burn – un album des plus sincère, authentique, qui lui ressemble jusqu’au bout des ongles et sent bon le sable chaud et les arbres de Josué.

Par ailleurs, sur « Her Bullets Energy », en guise de clôture, John Garcia convoque un soutien de poids en la personne de Robby Krieger, guitariste du mythique groupe The Doors et au nouveau studio duquel – le Horse Latitudes de Los Angeles – l’album fut le premier enregistré, pour une chanson intégralement acoustique. Seule vraie surprise de l’opus, mais surprise de poids. Cette conclusion, que l’on aurait pu s’imaginer comme un grand moment de psychédélisme, retentit plutôt comme une ballade rock bluesy, mélancolique et toute en sensibilité – elle n’aurait pas dénoté sur l’un des derniers albums d’Opeth. Elle ancre en tout cas l’ensemble de l’opus dans une logique plus rock que metal et d’exploration de ses multiples facettes.

« A 20 ans, la musique est un plaisir insouciant. A 40, elle devient malheureusement du business », déclarait John Garcia en 2011. Que l’on se rassure, car ce dernier continue son œuvre avec sérieux et passion, et semble justement ne surtout pas vouloir subordonner son identité et sa musique aux lois du marché.

Voir la vidéo du titre « My Mind » :

Album John Garcia, sortie le 25 juillet 2014 chez Napalm Records.



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