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Live Report   

John Milton n’aurait pas aimé


Suite au destin tragique de l’Élysée Montmartre, la venue de Paradise Lost à Paris a été décalée de quelques jours pour finalement avoir lieu le 3 avril au Bataclan, en compagnie de nos Parisiens à la musique orientale, Arkan. Une surprise de dernière minute autant pour nous que pour ce jeune groupe – d’après ce que nous entendons par ci, par là dans la salle.

Le groupe Ghost, originellement prévu en première partie de Paradise Lost, le 30 mars, n’ayant pu être à Paris pour cette nouvelle date, Arkan se retrouve précipité sur les planches afin de défendre son nouvel album Salam sur le point de sortir au moment de ce concert.

Nous nous promenons donc dans la salle avant le début des hostilités, entendant les quelques interrogations sur ce groupe parisien encore peu connu jouant en première partie de géants tels que Paradise Lost sur les planches d’une des plus grosses salles de Paris.


Artistes : Paradise LostArkan
Lieu : Paris
Date : 3 avril 2011
Salle : Le Bataclan

Les lumières s’éteignent et le sample d’intro d’Arkan, aux airs décidément très orientaux, entame ce concert, s’enchaînant sur des riffs de guitare au son massif et une grosse voix de death metal. Après quelques minutes, une jolie demoiselle de blanc vêtue arrive sur scène à notre surprise pour faire des vocalises sur les mêmes gammes arabisantes toujours très présentes chez Arkan.

Arkan vient défendre son nouvel album.

Si la musique est plutôt carrée, et le son tout à fait correct, la scénographie du groupe est minimaliste et l’éclairage carrément sous-exploité. En effet, il est surprenant dans une salle de cette taille d’assister à un concert éclairé de façon presque statique par des lumières jaunes et neutres rendant difficile de se transcender à travers un concert de metal. Le public sera donc très sceptique au début et aura beaucoup de mal à rentrer dedans.

Le groupe défendant son nouvel album, Salam, parviendra à nous le faire comprendre au long de son set lorsque la chanteuse du groupe nous répétera sur le même ton de voix avant chaque nouveau morceau cette même phrase parlant de « notre tout nouvel album, Salam »… Oui, merci, on avait compris la première fois. A la troisième répétition, ça commence à devenir lourd.

Malgré tout, la musique décidément rentre-dedans du groupe, à la composition intéressante, originale et à l’exécution tout à fait correcte parviendra à convaincre doucement de plus en plus de monde au fur et à mesure du concert. On remarquera par conséquent un niveau croissant de bruit du côté de la fosse entre les morceaux.

Un pari réussi, donc, de chauffer la salle avant l’arrivée de Paradise Lost, tout en défendant l’album à sortir. Avant leur dernier morceau, Florent Jannier, au chant, nous demandera de faire du bruit pour Paradise Lost, suite à quoi un spectateur du fond de la salle hurlera « Et pour l’Elysée Montmartre ! » qui sera vaguement repris par d’autres mais très peu entendu dans l’ensemble de la salle.

Setlist d’Arkan :

Origins
Inner Slaves
Tied Fates
Deus Vult
Groans In The Abyss
Lords Decline
Blind Devotion
Chaos Cypher

Nick Holmes (Paradise Lost)

L’attention se tourne désormais vers le fond de scène aux couleurs de l’album culte de Paradise Lost, Draconian Times. Comment ? Que fait la pochette d’un album sorti depuis seize ans en fond de scène d’une tournée actuelle de ce groupe ? Il se trouve que cette tournée prend place à l’occasion de la réédition de Draconian Times et la salle frémit d’avance car la rumeur laisse entendre que le groupe jouera l’album en intégralité ce soir.

Votre serviteur se doit de confesser qu’il connaissait peu Paradise Lost, bien que ce nom ne lui soit pas inconnu, loin de là. En assistant à une date d’un groupe de cette renommée, il s’attendait donc à un concert de folie et à un groupe maîtrisant parfaitement la scène à force de tourner pendant des années, ayant développé une véritable communication avec son public. Autant vous dire que votre serviteur fut très déçu.

Paradise Lost

Le groupe arrive sur scène entamant son premier morceau de façon froide et statique, et tandis que nous aurions pu croire que les musiciens avaient besoin de quelques minutes pour se mettre dans l’ambiance, ils passeront l’ensemble de leur set à leur place, le chanteur fermement accroché à son pied de micro, ne regardant le public qu’à contre cœur et parlant uniquement pour dire « maintenant on va jouer un morceau qui s’appelle… » avant de regarder sa setlist et y lire le titre du morceau suivant. Si musicalement c’est carré, globalement juste au niveau du chant – puis fatigué sur la fin – et avec un éclairage réussi par contraste avec celui d’Arkan, on y sent malgré tout un groupe fatigué et ne prenant aucun plaisir à être sur scène. Quel dommage !

Nous regarderons avec désarroi les fans inconditionnels du groupe headbanguer frénétiquement et hurlant les paroles, ayant probablement l’album mémorisé dans ses moindres détails et se le jouant de mémoire au fur et à mesure du concert. Il est véritablement décevant de voir un public réagir aussi bien à une prestation aussi froide et dénuée d’énergie, tandis qu’ils sont restés globalement statiques devant Arkan qui – pourtant – offre une musique nouvelle et originale, mais surtout en la délivrant avec la flamme d’une jeune groupe qui a encore tout à donner sur scène. Ce concert démontre sans le moindre doute possible que la réaction d’un public dépend plus du nombre de fans que de la qualité de la prestation.

Greg Mackintosh (Paradise Lost)

L’ensemble de Draconian Times achevé par le morceau « Jaded » – je me disais aussi qu’ils avaient l’air blasés – le groupe quittera la scène avant de revenir pour jouer quelques morceaux du reste de leur discographie, commençant par « Faith Divides Us – Death Unites Us ». Quelques morceaux avant de faire un deuxième rappel, finissant avec « As I Die », le premier morceau de la soirée à réellement être joué avec pèche. Dommage vu que c’est le dernier de la setlist. Le groupe quitte définitivement la scène sous les applaudissements du public tandis que nous demandons à quelques fans comment ils peuvent se satisfaire d’une prestation aussi froide, ce à quoi ils répondront que cela n’a rien d’étonnant de la part de Paradise Lost : les albums sont bons, mais le groupe est notoirement mauvais en concert. Ah ! C’est rassurant de savoir que ce n’était pas juste ce soir… Quoique.

Setlist de Paradise Lost :

Enchantment
Hallowed Land
The Last Time
Forever Failure
Once Solemn
Shadowkings
Elusive Cure
Year For Change
Shades of God
Hands of Reason
I See Your Face
Jaded

Faith Divides Us – Death Unites Us
True Belief
One Second
Say Just Words

The Rise Of Denial
As I Die

Photos : Julien Perez



Laisser un commentaire

  • c’est vrai que c’etait pas top comme concert. Dis moi Stan dans la file d’attente y’avait un blond au cheveux long avec un t shirt Radio Metal, etait ce toi ?

    [Reply]

    Stan

    Tout à fait monsieur!

  • Coucou Stan 🙂

    Bon j’y étais et j’ai kiffé ma race !

    Je ne suis pas un grand fan de PL , je connais surtout Faith… et le live anatomy of melancholy, que j’apprécie donc un paquet de morceau m’étaient inconnu. Et en fait je m’étais pas rendu compte que PL était aussi ‘Rock’.
    Sur l’attitude scénique, je rejoins phil et si le groupe est globalement statique Aron vivait les morceaux. Bon et puis c’est du metal gothique pas du Heavy speed ou du Thrash. Dans plus ou moins le même genre My dying bride bouge encore moins. Et le son était très bon.

    [Reply]

  • bloodydoll dit :

    des grand moments se concert serieux 🙂

    [Reply]

  • Paradise Lost, fidèle à lui même.
    En même temps, « notoirement mauvais », il ne faut pas exagérer non plus.

    [Reply]

  • ayant vu le groupe 3X en concert (2 en fest et 1 en salle), mon impression rejoint la tienne: PL en concert ça craint!
    s’ils n’aiment pas faire de scène, qu’ils restent dans leur studio! c’est insultant pour un fan de voir que le groupe qu’il adore n’en a rien à foutre de lui…

    [Reply]

    Je ne suis pas complètement d’accord là dessus, notamment grâce à un mec comme Aaron Aedy (guitare) que je trouve toujours agréable à voir sur scène tant il vit ses morceaux à 200%.

    38

    Entièrement d’accord avec Metal’o.
    Ce type est vraiment plaisant sur scène.
    Le problème, c’est plus Nick Holmes qui ne sait pas vraiment communiquer. Et le son qui n’est pas toujours terrible…

    Stan

    J’étais généralement du coté de Greg Mackintosh qui avait franchement l’entrain d’un cadavre de molusque tout au long du concert, mais j’ai aussi été regarder du coté d’Aaron Aedy et c’est vrai qu’il avait l’air un peu plus en forme. Enfin bon, il ne compensait pas non plus pour l’ensemble du groupe pour autant, malheureusement

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