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Interview    Tribune   

Le journal d’Abbath : Gojira, la France, en tournée avec Morbid Angel et Hypocrisy…


Abbath est un sacré personnage, aussi fantasque qu’attachant. Mais c’est aussi un grand bavard avec énormément d’histoires à raconter, que ce soit sur sa vie ou celle de ses idoles. En bon passionné, il dévore toutes les biographies et s’est même constitué une collection impressionnante d’objets entreposés sur une étagère, allant d’une figurine parlante d’Al Pacino donnant ses célèbres répliques dans Scarface jusqu’à une chaussure de scène de Paul Stanley, à côté d’un mur où trône la fameuse hache d’Immortal.

Alors quand on se retrouve sur Skype avec un Abbath au confort chez lui, il faut se préparer à de longs bavardages, sans toujours grand rapport avec le sujet de départ : Abbath parle comme il pense. C’est ainsi qu’après notre dernier entretien réalisé en juin pour parler du nouvel album d’Abbath, Outstrider, nous nous sommes retrouvés avec près de quatre heures d’échanges en rab. Des « flux de conscience » tantôt drôles, tantôt introspectifs ou instructifs, avec quantité d’anecdotes. C’est ainsi que nous avons finalement décidé de les publier de manière brute, au discours direct, dans une série d’articles.

« Les mecs de Gojira sont vraiment cool. Je me souviens, nous avions fait une petite tournée européenne en 99, il y avait genre dix dates en France. Ils sont venus ouvrir pour nous, c’était avant qu’ils ne s’appellent Gojira ; ils s’appelaient Godzilla. Des mecs très sympas, extrêmement talentueux. Je leur ai dit : « Les gars, restez ensemble, quoi qu’il arrive, et il est clair que vous irez quelque part. » Je me souviens, nous avions un jour off et nous vivions tous… Je crois que c’était la maison familiale du chanteur-guitariste à la campagne, et ils nous ont fait à manger, on a bu du très bon vin, etc. Mais je ne les ai pas beaucoup écoutés, jusqu’à ce que je voie : « Wow, ils sont en train de grimper, ils ouvrent pour Metallica, c’est vraiment super ! » Il est clair que j’aimerais faire un concert avec eux. Je ne les ai pas vus en concert depuis l’époque Godzilla. J’ai entendu la musique et je me suis dit « wow », c’est tellement bon ! Ils méritent vraiment leur succès.

La France devrait être vraiment fière d’eux. La France a une place particulière dans mon cœur. Vous étiez les premiers à… Tu sais Hervé [Herbaut] d’Osmose et maintenant Michael Berberian… La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’est quand il est venu à l’un de nos concerts à Marseille en 98. C’était un jour où il faisait chaud et nous avons commencé à jouer au football sur le parking derrière la salle, et je me suis débrouillé pour lui casser la cheville. C’était notre première rencontre [petits rires]. C’est un homme d’affaires, c’est un professionnel, il est calme. Je lui ai aussi posé la question de la rivalité ou d’une quelconque animosité entre lui et Hervé d’Osmose, mais non, ils se respectent. Nous avons joué lors d’un festival il y a des années au O13 de Tilburg, et quelqu’un a frappé à la porte de ma chambre d’hôtel, et c’était Mika et Hervé ! Je me souviens aussi que nous avons joué au vieux Gibus [rires], j’ai des photos de cette soirée, à La Locomotive aussi…

Mais nous avons aussi joué à Lyon, je m’en souviens ! La dernière fois que nous avons joué là-bas, je crois que c’était en 2000, la tournée Damned In Black – je n’en suis pas sûr, c’est un peu flou dans mon esprit (en réalité, c’était en 2002, la tournée de l’album Sons Of Northern Darkness, NDLR). Je jouais, et après deux ou trois chansons, tout le public s’était reculé de plusieurs mètres et, devant, il y avait genre dix skinheads nazis. J’étais là : « Putain mais c’est quoi ce truc ? » Puis ils ont tous fait des saluts nazis, je me disais : « Bordel de merde… Reste calme, termine le concert. Je suis sûr que le reste des gens comprendront. » C’était déplaisant. Ils n’étaient pas hostiles, ils se disaient peut-être : « Ouais, Pure Holocaust… » C’est comme lorsque nous avons fait la première tournée en décembre en Europe avec Rotting Christ et Blasphemy, je me souviens que nous étions venus à Berlin jouer au Knaack club – c’était en fait là où Rammstein répétait avant. J’étais en coulisses, simplement à me détendre, à l’extérieur du bus… Car le bus que nous avions, c’était un miracle que nous ne nous soyons pas étouffés ou que nous ne soyons pas morts de froid là-dedans [rires]. Ou à la veille de Noël, en 93, nous avons été à une station-service sur l’autoroute, tout le monde avait la crève… A la fois, je ne changerais rien. Jamais je ne referais ces tournées mais je suis quand même content de les avoir faites !

Il y avait la tournée avec Morbid Angel : nous avions Hellhammer de Mayhem à la batterie sur cette tournée. Il y a eu parmi les histoires les plus dingues sur cette tournée ! A Hambourg, Hellhammer… Ils l’appellent Jackhammer parce qu’il s’était mis complètement minable avec du Jack Daniel dès le premier soir. Il était complètement bourré et il est venu dans le petit salon dans le bus en cherchant les toilettes, et il a ouvert la porte principale pendant que nous roulions sur l’autoroute. Demonaz l’a vu et l’a rattrapé ! Et aussi, nous n’étions encore jamais montés dans le bus et la première chose qu’il a faite, c’était de chier dans les toilettes, et nous étions là : « Putain, mais qui a chié dans les toilettes ?! » « Pas moi ! » [Rires] Tellement d’histoires… Lui et Pete Sandoval, ils se sont battus dans un hôtel à Hambourg. Tout le monde était parti dormir, mais je l’ai vu : Pete Sandoval était sur son dos et Hellhammer a fait genre « wouah » pour le dégager, et Peter a volé à l’autre bout de la pièce et a atterri le dos sur le bord d’une table, « boum ». Il était là [pleure de douleur]. Je me suis dit : « Merde ! On a foutu en l’air la tournée ! Oh non… » Nous avons appelé David Vincent, il est venu et l’a porté jusqu’à la chambre qu’il partageait avec lui, et nous avons dit : « Croisons les doigts. » Le lendemain, à deux heures de l’après-midi, Pete Sandoval est sorti du bus, prêt pour les balances, avec sa valise en cuir et ses pédales de batterie, et on était là : « Pourquoi est-ce qu’il… Il n’est pas censé être à l’hôpital ? » Il marchait comme si rien ne s’était passé ! [Rires] En fait, avant ça, il avait tout juste survécu à deux accidents de voiture. C’était celui qui se posait le plus souvent avec nous dans le bus. Nous étions les invités dans le bus. Erik [Rutan] et Trey [Azagthoth]… Michael Berberian m’a dit plus tard que Trey était un peu autiste et avait de gros problèmes avec la bibine. Mais bref, c’était une super tournée, c’était la tournée de Domination. Je regardais Pete Sandoval jouer tous les soirs. Dave Lombardo et Pete Sandoval, quels batteurs !

Puis il y a aussi quand nous avons tourné avec Hypocrisy. Il est clair que Peter [Tägtgren] était bourré tous les putains de jours. Quand il est chez lui ou en studio, il est fonctionnel, mais dès qu’il part en tournée, c’est dingue ! Il a presque fallu que je le porte sur scène à Brooklyn, je crois. Après la tournée que nous avons faite avec Hypocrisy en Europe, nous sommes allés directement à Charles De Gaulle, et à partir de là, nous avons pris l’avion pour JFK. Nous avons fait cette tournée avec Manowar. Peter et Hypocrisy étaient venus faire un concert, et nous avons volé avec un hélicoptère de tourisme. Nous avions bu toute la journée et ensuite nous avons volé en hélicoptère. Après ça, Peter ne pouvait pas bouger, il ne pouvait pas marcher. J’ai dû le porter à travers un passage secret pour l’amener sur scène [petits rires]. Il était là : « Ok, désolé les gars, je suis bourré. On va faire de notre mieux. » Mais tous les gars dans Hypocrisy sont cool. Marduk aussi, Morgan [Håkansson], des mecs sympas. La tournée que nous avons faite avec eux en 94, nous l’avons appelée le Sons Of Northern Darkness Tour. Je ne ressens jamais la moindre compétition avec les autres groupes. Je ne peux que me battre contre moi-même. Comme le dit le dicton : « Les gagnants se focalisent sur le fait de gagner. Les perdants se focalisent sur les gagnants. » »

Photo : Francisco Munoz.



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