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Journaliste est un métier



Ici, à Radio Metal, on est « journaliste ». C’est-à-dire qu’on est journaliste…entre guillemets. Car nous sommes tous et toutes des journaleux en herbe, sans carte de presse. Les médias nous intéressent et sont au c?ur de notre activité.

Cependant nous sommes en apprentissage, et nous le serons toujours, car ce que beaucoup de gens ne comprennent pas c’est que journaliste est un métier comme un autre. Au même titre qu’électricien, éboueur ou professeur de philosophie.

Notre structure existe depuis avril 2007 et je suis conscient des évolutions que nous devons apporter pour progresser sur le contenu rédactionnel de RM. Et je sais aussi le chemin parcouru depuis le départ.

Récemment j’avais un dialogue par mail fort instructif avec Julie, photographe/reporter au sein de RM, à propos du journalisme. On parlait de censure, de passages coupés etc. C’était intéressant car ça m’a rappelé des choses fondamentales. J’aime bien bosser avec cette équipe de Radio Metal car ses membres ont de la personnalité et, pour beaucoup, un problème de fond avec l’autorité. Exactement comme moi en fait. Je m’explique…

J’ai un gros souci avec l’autorité. C’est-à-dire que, très concrètement, j’ai beaucoup de mal à supporter qu’on me dise non. Ce qui est, bien entendu, un énorme défaut. Un énorme défaut qui, d’ailleurs, m’a poussé à créer Radio Metal. Car les défauts, quand ils sont utilisés à bon escient, peuvent devenir des qualités. Et donc, à l’instar de mes collègues, quand j’écris quelque chose sur le site de Radio Metal : ça vient des tripes. En conséquence, je comprends tout à fait que quand des textes des membres de RM sont modifiés/corrigés/édulcorés voire supprimés, les rédacteurs de RM soient étonnés ou choqués.

Nous sommes des êtres humains.

Mais pour autant, et c’est le sujet, journaliste est un métier. Et même si chaque texte vient des tripes et du c?ur de chacun il faut des chefs et des décisions. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, unanimes ou pas, ça on s’en fiche. Il faut des décisions et un fil conducteur. Et ce fil conducteur est choisi par Spaceman, Metalo et moi. Point barre. Là s’arrête le débat de fond même si, sur la forme, ça reste malgré tout du subjectif.

Il y a des gens qui acceptent tout ceci et d’autres pas, ça c’est la liberté et le choix de chacun. Des membres de RM sont partis pour ce genre de raisons d’ailleurs. Par exemple, avec The Love Machine, on a eu entre lui et nous (Spaceman, Metalo et moi), des différences de points de vue sur des choses fondamentales. Pour autant ça n’a pas du tout altéré nos rapports et on est toujours contents de se voir ! Simplement, il y a certaines divergences normales et compréhensibles qui peuvent se créer. Notamment par rapport à la vision personnelle que l’on a du terme suivant : liberté.

De mon point de vue, je pense que même si on est dans un projet d’envergure où tout le monde se fait plaisir, il y a des contraintes qui émergent pour chacun. La logique du droit et du devoir en fait. Et donc, après c’est une question de libre arbitre. Et le truc c’est que tous ceux qui ont une expérience de la vie d’entreprise savent que l’on ne peut pas faire tout ce que l’on souhaite au sein d’une entreprise, c’est comme ça. Par rapport à cette problématique, beaucoup de soucis peuvent émerger.

Mais revenons au sujet. Pour parler en toute légitimité de journalisme, de médias ou encore de ligne éditoriale il faut avoir eu, ou avoir, des expériences là-dedans, dans ce monde particulier des médias. Et justement le « problème » du journalisme c’est que tout y est relié, de près ou de loin, ce qui fait que tout le monde a son avis dessus et pensent pouvoir faire du « journalisme ». Surtout dans un secteur comme le nôtre de passionnés. Pourtant si chacun a son avis sur ce « qu’est » ou « doit être » le « journalisme »…ce n’est pas à force d’avis que l’on avance. C’est grâce à des convictions, des choix et des décisions.

Le journalisme ce n’est pas le rédacteur qui sort quelque chose qui est mis en ligne directement. C’est un simple texte soumis à validation et à publication. Et ça change tout. Le journaliste n’est pas tout puissant. Il soumet son texte à l’autorité. Et l’autorité ici, à Radio Metal, est composée de trois personnes : Spaceman, Metalo et moi. Qu’on le veuille ou non. Et, ici comme ailleurs, la légitimité c’est l’expérience. Par exemple un média d’envergure a un directeur, un directeur de la rédaction, un (généralement une) secrétaire de rédaction et c’est toute cette alchimie, cette mayonnaise, qui fait que les choses sont cohérentes et tournent positivement. C’est en tout cas, ici, ce qu’on recherche dans notre professionnalisation quotidienne.

On ne peut pas tout savoir sur tous les sujets. Moi, par exemple, il y a beaucoup de sujets que je ne maîtrise pas dans la vie parce que je suis un gars un peu con ! Et quand parfois on m’emmène sur des terrains que je ne connais pas, alors je ferme ma grande gueule et j’écoute. Même si, naturellement, j’aime bien l’ouvrir. Conséquence : j’essaye d’écouter…

Car il y a deux questions à ne jamais oublier quand on évoque le travail dans Radio Metal et, plus généralement, la démarche journalistique :

De quoi parle-t-on et quelle expérience ai-je du domaine que j’évoque ?

Pour être/devenir un bon journaliste, et c’est peut-être l’un des principes de base, je crois qu’il faut apprendre à mettre son égo de côté en gardant à l’esprit que, sur certains sujets, il y a des avis qui paraissent simplement plus légitimes que d’autres. Que l’avis en question soit juste ou faux d’ailleurs, là n’est pas le souci.

Il faut des choix et des décisions car le monde de l’entreprise c’est du concret en permanence. Trancher, au risque de déplaire, voilà mon quotidien.

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  • « Non…vous ne me ferez pas lâcher. » et continue comme ça !
    Tu as bien raison et ce que tu appelles ego est, pour moi, la foi car, dans ma petite tête, ego a une connotation négative, mais sur le fond à 200% en phase avec toi. Evidemment, c’est toi le boss 😉

    [Reply]

  • Amaury / RM dit :

    Lost je suis avec toi sur bien des points mais je te réponds juste sur un : l’ego. On ne fait rien sans rien et il faut bien des fois, je le crois, avoir l’ego de se dire « putain on va le faire là où tant de gens sont tombés, n’ont pas réussi etc. » Là il faut de l’ego mais c’est positif.

    Le fait de ne pas aimer qu’on me dise non c’est pas que je suis un mec a fort ego. Je peux t’assurer que le fait de bosser en équipe m’a, justement, amené à mettre mon ego de côté. Et Dieu sait si c’est peut-être encore plus dur pour moi car pendant si longtemps où j’étais seul dans rm (d’octobre 2005 et dépot de la marque jusqu’à la rencontre du staff et démarrage en avril 2007), je n’avais que moi comme référent.

    Très maigre comme référence, n’est-ce pas ? 🙂

    http://www.radiometal.com/article/la-premiere-demarche,5/fr

    C’est seulement après où tout s’est décanté et où le rapport humain m’a fait adoucir la manière dont j’ai envisagé rm au début par mon parcours forcément brutal, comme beaucoup de création d’entreprise.

    Aujourd’hui les choses ont changé mais demeure en moi une très grande dose de colère et de résistance face au monde extérieur que j’ai d’ailleurs toujours autant envie de bouleverser à coup de pelle (radio)métallique. Et je crois que beaucoup de personnes partagent notre manière de faire et notre action.

    Bref j’arrête pas de dire aux membres rm qu’il faut savoir mettre son ego de côté mais je sais que c’est dur, nous sommes humains encore une fois. Et c’est valable pour moi aussi, ça ne se discute pas.

    De toute façon à partir du moment où j’ai décide de ne pas m’arrêter, et ce dès le début de rm, quand j’étais seul et sans expérience dans rien, je n’ai eu qu’une idée en tête et dans les tripes pour le coup :

    « Non…vous ne me ferez pas lâcher. »

    Oui…j’aime pas qu’on me dise…non. 🙂

    [Reply]

  • @Amaury : C’est-à-dire que, très concrètement, j’ai beaucoup de mal à supporter qu’on me dise non : Euh, ce n’est pas un problème de rapport à l’autorité mais d’ego. Et je le dis amicalement, n’en doutez pas. Je connais aussi.
    @Amaury : il faut des chefs et des décisions : Complètement d’accord et les bons chefs prennent de bonnes décisions. Et une bonne décision ne fait pas l’unanimité. Mais qu’est-ce qu’une bonne décision dans une entreprise ? Celle qui remplira les poches des actionnaires ? Donnera plus de pouvoir d’achat aux employés ?
    @Amaury : nous sommes en apprentissage, et nous le serons toujours : sauf que quand tu as de l’expérience dans ton domaine, tu apprends moins et te sers plus du bagage acquis…et tu gagnes plus 😉
    @Amaury : car ses membres ont de la personnalité et, pour beaucoup, un problème de fond avec l’autorité : pas forcément un problème avec l’autorité. Partout, une force supérieure te dicte tes actes. Même Muse ou Metallica ont un public qui les porte. Donc, pour ma part, je dirai plus une propension à ne pas se laisser faire sans rien dire, à refuser l’arbitraire. C’est peut-être aussi pour cela que nous aimons le métal.
    @Amaury : si tu parles d’entreprise, d’autorité, d’instance de décision, tu dois aussi parler de contrat, droit du travail et là, putain, ça fait chier !
    @Tous : Vivement que cela dure longtemps avec des passionnés et cet équilibre précaire entre fans, amateurisme, qualité mais professionnalisme dans nos restitutions et notre perception extérieure. Le jour où il faudra signer un contrat sera bien triste ! En effet, je suis attaché à ma liberté actuelle de dire non, je ne peux pas couvrir ce concert…Et j’adore ce côté « start-up ». Putain, cela sera chiant quand Amaury sera à la tête d’une multinationale des médias et que nous serons contractuellement obligés de couvrir, je ne sais pas moi, de la varietoch pourrie.
    @Amaury : Ca vient des tripes et du c?ur : Oui et non. Pour ma part, si je rédige un report, j’essaie le plus possible d’objectiver pour ne pas casser quelque chose que j’aurai été le seul à ne pas aimer ou encenser un truc qui m’aurait trop fait plaisir. Mais, c’est dur !!! Et c’est à mon sens être professionnel que d’essayer de faire ça. C’est ce que je dois aux lecteurs qui se foutent pas mal de mes goûts et couleurs Mais peut-être que je me goure complètement et tant pis, je prends du plaisir à cette aventure…bien plus que dans mon entreprise !

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  • Le livre « Sur la télévision (et le champ journalistique) » de Bourdieu est très intéressant sur la question.

    Avis à qui se sent comme moi, tel « un gars un peu con »…

    😉

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  • Le Duc / RM dit :

    C’est là tout le débat… Faut-il rendre compte de manière froide, technique, quitte à ne pas apprécier réellement ce que l’on voit ? Ou bien faire partager son enthousiasme ou sa déception face à quelque chose qu’on aime ou qu’on déteste ?

    Le professionnalisme a ses limites chez RM, et c’est normal. Aucun d’entre nous ne sort d’une école de journalisme, n’est formaté (enfin je crois…).

    Ce que j’aime dans RM, c’est qu’il y a tous les styles, tous les avis, et tous les ressentis. Il n’y a qu’à lire les dossiers portant sur plusieurs concerts d’une même tournée (Rammstein, Metallica, Ministry…). On a tous notre façon d’écrire, de ressentir, de vivre les évènements.

    La différence, l’anti-conformisme dont nous faisons preuve peut passer pour de l’inexpérience ou du foutage de gueule. Chez RM c’est le sel de l’aventure et notre moteur. Je crois.

    Comme d’hab’, j’dis ça… j’dis rien…

    😉

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  • Metal'o Phil / RM dit :

    Argument intéressant de la part de Christophe Barbier et je comprends tout à fait ce point de vue !

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  • Hier, sur France Info, j’entendais une interview de Christophe Barbier, directeur de la rédaction à l’Express, qui affirmait que journaliste n’était pas un métier, du moins au sens traditionnel du terme parce que le journalisme devait revêtir un côté artisanal, passionné, pour garder son ouverture sur les choses, ne pas tomber dans une certaine forme de routine ou de suffisance.
    Certains diront sans doute que c’est plus un argument pour excuser parfois l’incompétence flagrante voire même crasse dont certains journaleux font preuve (ne vous sentez pas visé à RM), mais j’aime à croire qu’un peu d’artisanat est plutôt une preuve d’humanité !

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