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Live Report   

JUDAS PRIEST AU ZENITH DE PARIS


Artistes : Judas PriestMegadethTestament
Lieu : Paris
Salle : Zénith
Date : 21-03-2009
Public : Sold-out

Vous Ă©tiez prĂ©sents samedi soir et vous avez envie de revivre cette soirĂ©e ?! Vous n’y Ă©tiez pas mais vous souhaitez quand mĂŞme savoir ce qui s’est passĂ© Porte de la Vilette ?! Radio Metal Ă©tait dans les parages pour vous faire partager l’un des Ă©vĂ©nements metal de l’annĂ©e.
Alors comme le dirait Mike Muir : « 1,2,3 : action ! »


La très grosse affiche !

Lorsque l’on croise autant de mĂ©talleux arborant fièrement leurs t-shirts fĂ©tiches dans les rues, lorsqu’aux abords de la salle on entend de si nombreux revendeurs de billets crier « Judas ! Judas ! Qui veut des places pour Judas ?! » : bref lorsque l’on constate le très grand nombre de personnes prĂ©sentes sur place dès la fin de l’après-midi, le constat est sans appel : ce soir, c’est du très lourd au ZĂ©nith de Paris !

Et en effet, en cette belle après-midi de Printemps (et oui on y est !), les anglais de Judas Priest sont de passage dans la capitale pour un concert qui s’annonce particulièrement intĂ©ressant. Comme mentionnĂ© ci-dessus, le prĂŞtre de Judas n’a pas jouĂ© en France (avec Rob Halford) depuis la tournĂ©e Painkiller. Autant vous dire que le concert de samedi dernier sonnait comme une libĂ©ration pour ceux qui n’avaient pas encore eu la chance de voir le Priest sur scène avec le divin chauve.


Mister Chuck Billy sur scène !

Mais surtout quelle affiche ! Le premier groupe Ă  se produire au ZĂ©nith de Paris est Testament. On attendait beaucoup de la prestation des californiens après la claque reçue au Hellfest 2008. En fait le show de samedi dernier a Ă©tĂ© sympathique sans ĂŞtre transcendant. Chuck Billy n’Ă©tait clairement pas aussi en forme que d’habitude. Chuck paraissait plus fatiguĂ© que de coutume et son dynamisme s’en est ressenti. Pour autant c’est toujours un sacrĂ© plaisir de le voir effectuer ses mimiques en mimant, par exemple, la possession d’une guitare ! Chuck Billy est l’une des figures de proue de notre style musical et sa voix reconnaissable entre mille est toujours aussi agrĂ©able Ă  Ă©couter.

Mais justement un Ă©norme bĂ©mol subsiste sur ce concert : le son. Le son pour la prestation de Testament fut beaucoup trop fort (ce sera le cas pour les trois groupes) et les couacs de types larsens ou baffles qui vrillent furent beaucoup trop nombreux. Vraiment dommage pour un groupe ayant une telle renommĂ©e. Dans cette optique, pourquoi infliger au public parisien des dĂ©cibels si Ă©levĂ©s ? Mise Ă  part la volontĂ© de gâcher le plaisir de l’auditeur…nous ne voyons pas trop l’objectif recherchĂ©. Mais ce qui est important, c’est que les zicos de la Bay Area ont bien assurĂ©. Mention spĂ©ciale Ă  l’Ă©norme batteur Paul Bostaph. A l’Ă©poque de Slayer, on a souvent critiquĂ© Paul pour son manque de technique. Pourtant lorsque l’on observe attentivement la prestation de Paul Bostaph samedi soir, on se rend compte que notre homme mĂ©lange habilement puissance et technique. En fait si Paul avait Ă©tĂ© critiquĂ© c’est parce que les gens faisaient la comparaison avec son prĂ©dĂ©cesseur. Normal : de la difficultĂ© de passer après Dave Lombardo.

Paul fait vraiment le boulot et envoie la sauce sur album comme en live. De toute façon toute l’Ă©quipe de Radio Metal vous conseille l’Ă©coute de The Formation Of Damnation, le dernier Testament. Cet album est une très bonne livraison pour les amateurs de thrash mĂ©lodique. Des compos comme « More Than Meets The Eye » sont rentre-dedans et accrochent directement l’auditeur. En live, ça passe d’autant plus que le « ohohoho » peut ĂŞtre repris par le public ! Au bout de 45 minutes de show, les amĂ©ricains quittent la scène et laisse la place Ă  leurs compatriotes de Megadeth. Bon concert des Testament mais des bĂ©mols trop importants pour savourer au maximum la prestation du combo.

Un entracte de vingt minutes et Megadeth dĂ©boule sur scène ! Très rapidement on note que le concert de Megadeth sera un niveau au-dessus de Testament. La set-list de Megadeth est aux petits oignons avec un dĂ©but sur « Washington Is Next » et des enchaĂ®nement Ă©normes tirĂ©s de la longue carrière du groupe. « Wake Up Dead » extrait du grand « Peace Sells…But Who’s Buying ? » recueille l’adhĂ©sion d’un public qui se dĂ©chaĂ®nera littĂ©ralement sur « A Tout Le Monde ». Cette chanson, dont le texte du refrain en français a d’ailleurs Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par Phil Pestilence (ex-journaliste de metal ayant travaillĂ© pendant de nombreuses annĂ©es Ă  Hard Rock magazine et proche de Dave Mustaine), constitue vraiment un moment Ă  part du show. Un instant partagĂ© et savourĂ© par le public, qui reprend par coeur les paroles, et par Dave Mustaine qui a Ă©voquĂ© Ă  de nombreuses reprises le grand plaisir d’interprĂ©ter ce titre devant ses fans français. On assiste donc Ă  une vraie communion entre le chanteur et le public sur ce morceau facile d’accès au niveau de la musique et très Ă©mouvant sur les paroles qui traitent du suicide. Ce moment Ă©tait d’ailleurs assez Ă©tonnant : comme une sorte de fraternitĂ© joyeuse par la musique mais sombre, aussi, par les paroles.


Dave Mustaine (Megadeth) live.

Contrairement Ă  ce que beacoup peuvent penser, le Megadeth d’aujourd’hui n’est pas que Dave Mustaine. James Lomenzo Ă  la basse est toujours aussi agrĂ©able Ă  voir. Souriant et sympathique, James fait vraiment partie de ces personnalitĂ©s que l’on aime voir sur scène car on sait que l’on passera un bon moment. Un peu comme Chuck Billy (malgrĂ© sa performance en demi teinte du soir-mĂŞme) ou Glenn Tipton du Priest, James mĂ©lange dynamisme et jeu avec le public. D’ailleurs, de ce cĂ´tĂ© lĂ , Dave Mustaine se dĂ©brouille Ă©galement très bien. Pourtant Dieu sait si cela n’est pas chose aisĂ©e que d’ĂŞtre dĂ©monstratif tout en jouant et chantant en mĂŞme temps ! Mais Dave Mustaine a de l’expĂ©rience et sa gestuelle est, malgrĂ© tout, très prĂ©sente dans son jeu de scène. En effet la musique de Megadeth, souvent composĂ©e de riffs syncopĂ©s, permet Ă  Dave de ne pas perpĂ©tuellement garder ses mains sur son instrument. Ainsi il est souvent dans le mime et la parodie de ses paroles qui, comme chacun sait, sont pleines de second degrĂ©. Ce qui facilite d’ailleurs leur reprĂ©sentations physiques drĂ´latiques.

Le titre « Sweating Bullets » est le parfait symbole de cet Ă©tat de fait avec un Dave qui se met (fictivement bien sĂ»r) un pistolet sur la tĂŞte quand il ne fait pas le signe de la dĂ©capitation. Chris Broderick, Ă©nième guitariste de Megadeth, est quand Ă  lui plus rĂ©servĂ©, ce qui ne nuit pas Ă  son jeu et Ă  ses solis très bien maĂ®trisĂ©s. MalgrĂ© cela, son jeu de scène reste assez stĂ©rĂ©otypĂ© par rapport Ă  ceux de Dave et James. Mais ce qui prime est la musique, et lĂ  les hits sont de sortis. « Hangar 18″, « Skin O’ My Teeth », « Symphony Of Destruction » et « Holy War » pour terminer le spectacle : tous les classiques Ă©taient prĂ©sents samedi dernier. A noter Ă©galement le très bon « She Wolf » extrait de l’album Crytpic Writings. Megadeth c’est aussi l’art d’effectuer plusieurs solis de très hautes volĂ©es au cours d’une mĂŞme chanson. La très bonne set-list sur ce concert n’a fait que renforcer ce constat. Pas Ă©tonnant alors que la bande Ă  Dave Mustaine ait recoltĂ©e, au bout d’une heure de show, un vĂ©ritable triomphe de la part du public. Un très bon concert.

SupĂ©rieur Ă  la prestation de Testament par le comportement des musiciens, la set-list et le son proposĂ©, la performance de Megadeth a Ă©tĂ© d’une grande qualitĂ©. « Et le Priest dans tout ça ? » me direz-vous. Il est 21h20 lorsque Scott Travis, le batteur du groupe accompagnĂ© de ses acolytes foulent les planches du ZĂ©nith sur une intro qui monte en rĂ©gime. Derrière les musiciens, le visage de Nostradamus observe la foule impatiente que nous sommes avec ses yeux de feu. C’Ă©tait prĂ©visible : l’utilisation du dĂ©cor allait ĂŞtre plus importante pour Judas Priest que pour les autres groupes. Car le Priest sur scène : c’est un spectacle !


Rob Halford : bonne prestation !

Les quatre musiciens de Judas Priest sont sur scène alors que la voix du Metal God, Rob Halford of course, rĂ©sonne dans le ZĂ©nith. Mais oĂą est-il ? Mi Dark Vador mi chevalier de l’apocalypse ,Rob Halford est en fait vĂ©tĂ» des pieds jusqu’Ă  la tĂŞte d’un acoutrement noir avec des paillettes brillantes du plus bel effet ! DĂ©guisĂ© en noir et placĂ© en haut de la scène, c’est pour ça que l’on ne l’avait pas vu ! Au bout de quelques secondes Rob retire son casque et dĂ©voile au public son crâne rasĂ© que Laurent Blanc n’aurait pas manquĂ© d’embrasser si il avait Ă©tĂ© prĂ©sent ce soir ! Descendant les marches lentement, Rob a une voix affutĂ©e et met bien en scène son personnage. Bien sĂ»r le Metal God fait dans le théâtre avec des tenues excentriques ou, plus tard, au volant d’une moto (!) mais l’on sent, malgrĂ© cela, une personnalitĂ© naturelle qui n’aura de cesse de remercier le public tout au long du show. Rob ira d’ailleurs, c’est Ă  signaler, taper dans les mains de son public pendant les rappels. Dave Mustaine avait longuement remerciĂ© le public Ă©galement.


Le très sympathique Glenn Tipton !

On retrouve ce cĂ´tĂ© naturel chez le guitariste Glenn Tipton qui, lui aussi, sourit beaucoup au public et n’hĂ©site pas Ă  jouer avec lui Ă  la manière de Rob Halford. MĂŞme si on ne les connaĂ®t pas, lorsque l’on voit les membres de Judas Priest sur scène, on les sent spontanĂ©s, authentiques avec une pointe d’humour anglais ! CĂ´tĂ© musique, les classiques sont au rendez-vous mais lĂ  oĂą Megadeth n’hĂ©site pas Ă  mettre en avant quelques originalitĂ©s sur la set-list, le Priest a tendance Ă  se contenter des « bons vieux morceaux heavy » qui ne sont pas forcĂ©ment les meilleurs. Messieurs quid du terrible « Nostradamus » extrait de votre dernier opus ?!

Quand bien mĂŞme, les classiques que sont « Breaking The Law », « Rock Hard Ride Free » ou « Painkiller » font l’effet de vĂ©ritables bombes heavy dans le zĂ©nith parisien. Et que dire de  » Between The Hammer and The Anvil » ?! Un moment grandiose oĂą Rob Halford montre toute l’Ă©tendue de son talent. Il faut dire que nous avons la chance de voir devant nous l’une des icĂ´nes, l’un des plus grands chanteurs de l’Histoire du heavy metal. Mais les bons chanteurs peuvent, eux aussi, avoir des mauvaises passes. Ca arrive mĂŞme au meilleur…et ce fut le cas samedi soir pour Rob !


Rob Halford est un mythe…malgrĂ© tout !

A de nombreuses reprises, Rob se fait seconder par des samples mais Ă  la limite ce n’est pas le problème. Le vrai souci sur la voix de Mister Halford vient du fait que parfois il est plus dans le hurlement que dans le chant. « Ca a Ă©tĂ© toujours le cas ? » me direz-vous. Et bien pas du tout. Si l’on prend des titres comme « Painkiller » ou « Between The Hammer and The Anvil » on peut logiquement Ă©tablir des comparaisons car ces morceaux sont extrĂŞmement mĂ©lodiques et très chantĂ©s. Jamais, sur album, Rob hurle et/ou a une voix dĂ©sagrĂ©able malgrĂ© sa tonalitĂ© aigĂĽe bien particulière. Pourtant samedi ce fut clairement le cas sur certains passages. DĂ©jĂ  que le son Ă©tait trop fort sur les trois groupes : alors si en plus vous rajoutez un Rob Halford qui hurle de toutes ses tripes avec un sacrĂ© Ă©cho…vous imaginez le topo ! Le titre « Painkiller » a, dans cette optique, Ă©tĂ© littĂ©ralement sabordĂ© par le Metal God car (allez savoir pourquoi ?) Rob est restĂ© courbĂ© avec les yeux fixĂ©s sur le sol tout au long du morceau. Surprenant et dĂ©solant : surtout quand vous vous dĂ®tes que cette chanson est un des hymnes de Judas Priest. Rob a chantĂ© ce titre avec une voix qui faisait clairement penser au timbre d’un Dani Filth. Choquant et indaptĂ©.


Bon concert des Judas Priest !

Outre ce constat, Rob a une sacrĂ©e prĂ©sence et il n’en rajoute pas trop malgrĂ© ses apparats. Son attitude ressemble, c’est le thème de la soirĂ©e, au prophète. Rob chante d’ailleurs très souvent les yeux fermĂ©s, ce qui renforce ce cĂ´tĂ© charismatique. Mais mise Ă  part Glenn (très drĂ´le lorsqu’il joue au mec dĂ©tachĂ© !) qui bouge pas mal, KK Downing et surtout Ian Hill sont plus effacĂ©s. Par contre, Scott Travis est d’une formidable dextĂ©ritĂ© s’ingĂ©niant tout au long du concert a faire tourner les baguettes entre ses doigts ou Ă  les jeter Ă  cinq mètres du sol pour les rĂ©cupĂ©rer ensuite : quelle performance ! Toisant le public du haut de son estrade, Scott a clairement assurĂ© le spectacle.

Bref vous l’avez compris, le concert de Judas Priest fut un bon moment malgrĂ© les quelques approximations de Rob Halford. Le light show de Judas Ă©tait le plus travaillĂ© des trois prestations et on peut noter Ă©galement des efforts sur le spectacle (drapeau de toutes sortes ( dont français!) sorti par le père Halford, logo Judas Priest se renouvelant selon les chansons, le Metal God disparaissant et rĂ©apparaissant dans les estrades etc.).

Et puis, reconnaissons-le, jouĂ© «Living After Midnight» issu de British Steel dans un des derniers rappels : n’est-ce pas une sacrĂ©e preuve de bon goĂ»t ?



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