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Judas Priest, les défenseurs de la loi


Un jour, le Doc m’a dit « la vidéo où tu joues de la batterie ne me parle pas, j’y connais rien en batterie. Joue-moi plutôt l’intro de « Painkiller », là on verra si tu sais jouer ».

Et il avait raison le bougre : Judas Priest est une sorte de maître-étalon du heavy metal et « Painkiller » son témoignage. Tout ce morceau transpire le metal : batteur qui martèle ses fûts, soli de gratteux qui n’en finissent plus, un chanteur criant toute sa rage… Le hit metal du début des années 90 !

Toutefois, commencer par cet album c’est un peu prendre l’histoire à l’envers : quand Painkiller (l’album) sort, en 1991, Rob Halford s’apprête en effet à quitter le groupe… C’est pourquoi la lecture de cette biographie sur Judas Priest : « Les défenseurs de la foi » de Neil Daniels s’impose à tous ceux qui s’intéresse à l’histoire de ce groupe mythique.


Judas Priest est un vieux groupe de heavy metal, « très » vieux même. Si par mégarde il est parfois associé à la New Wave Of British Heavy Metal (Iron Maiden, Diamon Head et consorts), il n’en est rien. Judas Priest est beaucoup plus ancien : il est le chaînon manquant entre Black Sabbath et tous ces groupes british du début des années 80.

Cet ouvrage est extrêmement complet, le fan ultime sera ravi de la première à la dernière page. On peut ainsi apprendre que la première mouture du groupe, qui n’a aucun point commun avec l’actuelle, a émergé en 1969 avec un certain Al Atkins aux commandes ! Le premier membre connu du groupe, K. K., n’arrivera qu’un an plus tard après avoir essuyé un premier refus pour intégrer le groupe l’année précédente.

La biographie suit l’évolution du groupe, presque au jour le jour, du milieu des années 60 jusqu’au retour de Rob Halford. L’auteur a mené une véritable enquête pour faire témoigner un maximum de personnes qui ont eu un rapport avec le groupe. Tout le monde y passe : anciens membres, les groupes de première partie, les roadies, les producteurs… Tout le monde en fait… sauf le groupe lui-même. Neil Daniels explique dans son introduction au sujet de ce dernier point que le groupe et son management ne veulent pas de ce livre.

Dommage de ne pas avoir leurs témoignages ; leur participation aurait pu être une réelle valeur ajoutée. Et même si la biographie est écrite par un fan, les moments peu glorieux et les passages gênant ne seront pas passés sous silence. L’auteur, malgré son admiration plus que palpable, va toujours tenter de rester objectif dans sa manière de raconter l’histoire de Judas Priest.

La genèse et l’ascension d’un groupe est toujours une histoire passionnante et ce livre ne fait pas exception. C’est aussi le témoignage d’une époque, même de plusieurs époques, le groupe traversant près de quatre (!) décennies musicales ! Le livre ne néglige aucune période, et surtout pas les premiers temps. L’histoire du groupe entre la fin des années 60 et les années 70 est parfaitement documentée. De même, les épisodes célèbres qui ont fait parler du groupe (suicide de deux fans, condamnation de Dave Holland pour tentative de viol et agression sexuelle, coming out de Rob Halford…) sont bien expliqués et permettent de savoir ce qu’il s’est réellement passé. L’auteur s’attache à décrire un groupe humain, sympa avec son public et ses premières parties, faisant parfois des erreurs et bataillant pour survivre dans les années 90.

La lecture de ce livre est conseillée bien évidemment aux fans du combo mais aussi aux fans de metal curieux de mieux saisir sa genèse. A la fin du livre, en annexe, on trouve les récapitulatifs de tous les line-up qu’a connu le groupe (treize !), de tous (ou presque) leurs concerts, des membres passés, de la discographie des différents membres, des formations célèbres ayant fait les premières parties et bien d’autres choses encore ! La somme ultime !

Néanmoins il faut préciser que cet ouvrage est plus une monographie, un ouvrage de référence, un complet historique du groupe. Même si ce livre est intéressant et riche, il est donc loin des biographies « fun » de Motley Crüe ou Ozzy Osbourne. Mais à l’heure où le groupe annonce une tournée d’adieu, donc à l’heure du bilan, la lecture de cette biographie, sortie chez Camion Blanc, éditeur-référence en matière d’ouvrages rock’n’roll en langue française, tombe à pic !



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