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Live Report   

Judas Priest met le feu au Zénith de Paris


A l’occasion des 41 ans du premier album de Black Sabbath, on réalise à quel point le metal est une musique jeune mais qui pourtant commence à voir la fin des groupes qui l’ont forgé. Pendant que certains artistes se forment, se déforment et se reforment à n’en plus finir, d’autres groupes sont des piliers qui vont bientôt quitter le navire. Et alors qu’on n’imaginait pas Judas Priest sans K.K. Downing, la fraîcheur de Richie Faulkner est venue redonner un coup de fouet aux prestations live des anglais.

La bonne prestation du groupe au Hellfest a sûrement dû décider quelques fans à se rendre sur cette date parisienne car le Zenith était bien rempli pour un show d’une longueur honorable… mais surtout d’une puissance mémorable.

Artistes : Judas PriestDuff McKagan’s Loaded
Lieu : Paris
Date : 20 juin 2011
Salle : Zénith

Rob Halford

La soirée s’annonce pourtant moyenne avec la prestation du groupe Loaded, projet du bassiste Duff McKagan connu pour avoir joué pendant 13 ans avec Guns N’ Roses, puis avec Velvet Revolver (entre autres). On le retrouve ici à la guitare et au chant. Quelques fans du premier rang soutiennent avec ferveur la musique rock de Loaded mais dire que la sauce a du mal à prendre n’est qu’un moyen détourné pour exprimer l’ennui qu’a procuré cette première partie.

La sincérité du combo ne peut être remise en cause mais les riffs ont bien du mal à décoller. Le chant linéaire de Duff devient assez vite source d’exaspération. Loaded met l’énergie nécessaire à son rock dynamique, exprime son amour du public en français, se déhanche dans tous les sens, s’avance sur les enceintes pour chercher de l’enthousiasme mais malgré ces éléments positifs, les refrains ne captent pas l’attention. Même si cette dernière fut légèrement titillée pendant le reprise de « It’s So Easy » des Guns sur la fin de spectacle.

Durant l’interlude entre Loaded et Judas Priest, un énorme drapeau flanqué du terme “Epitaph” (huitième titre du second album de Judas Priest intitulé Sad Wings Of Destiny sorti en 1976) permet aux roadies d’installer une scène digne de ce nom ! C’est ainsi que dès le début du show on retrouve un écran vidéo en fond ainsi que des armatures metalliques recouvertes de tissus noirs décorés de chaînes en metal. Au milieu de ce décor trône le set de batterie. Le symbole de Judas Priest s’illuminera à plusieurs reprises à l’image des rampes de lumières situées au-dessus de la scène.

Classique mais efficace !

Richie Faulkner

Le set s’ouvre sur « Battle Hymn/Rapid Fire » après nous avoir fait patienté avec le célèbre « War Pig » de Black Sabbath. L’ambiance est déjà très chaude et le restera tout au long de la soirée. Rob Halford commence par un cri… halfordien donnant plus d’un indice sur la santé et la soif d’en découdre de Judas Priest ce soir. Rien de plus logique, alors, que de continuer par « Metal Gods » qui voit l’apparition des premiers slams dans la fosse. Avant d’entamer un « Heading Out To The Highway » qui avait disparu des setlists depuis quelques années, Rob Halford prend soin de nous informer que “The Priest Is Back”, au cas où on l’aurait oublié…

La confiance du chanteur est telle qu’il enlève ses lunettes (chose assez rare pour être signalée), rend visite à ses collègues pendant les soli et chante avec une classe impériale. Après « Heading Out To The Highway », le groupe s’en va quelques instants avant de revenir sur scène. Ce mouvement s’effectuera régulièrement durant la soirée, notamment durant les changements de tenue du chanteur. Après « Judas Rising » et « Starbreaker », Richie Faulkner et Glenn Tipton s’avancent sur la scène et jouent à l’unisson, avec le son caractéristique de Judas Priest, l’intro de « Victim Of Changes » qui reçoit d’ailleurs une ovation énorme.

Rob et Richie

Cette partie du concert fait vraiment la part belle aux débuts du groupe, puisque avec « Never Satisfied », nous voilà sur les sentiers de Rocka Rolla, premier album studio des anglais (1974). C’est alors que l’on prend conscience de la chance que l’on a en 2011 de pouvoir encore voir ses morceaux sur scène, et surtout avec autant de plaisir ! Mais Judas Priest c’est aussi l’art des reprises et celle qui suit de Joan Baez n’a pas besoin d’explications pour justifier sa qualité originale. De nombreux téléphones portables s’élèvent dans le Zénith alors que Richie Faulkner joue les premières notes acoustiques de « Diamonds And Rust ». Un problème de son crée un léger flottement rapidement dissipé et le titre est interprété avec une profondeur indéniable.

Nous faisons à nouveau un saut dans le temps avec le morceau « Prophecy » tiré du dernier album studio du groupe, Nostradamus (2008). Rob Halford revêt une cap et un bâton reprenant la forme du symbole de Judas Priest et, tel un prédicateur, chante courbé tout le long du morceau. Côtés chansons accrocheuses mais complexes, nous ne sommes pas en reste avec « Nightcrawler » de l’album Painkiller (1991). Les slams reprennent de plus belle tandis qu’une grosse boule de feu s’expose en vidéo. Après cette déferlante de metal bien puissant, nous retrouvons le hit « Turbo Lover » sur lequel des effets de feu viendront se greffer durant le refrain. Glenn Tipton s’avance sur les enceintes et vient taper dans quelques mains, ce qui devait sûrement le démanger depuis un moment car on le voyait particulièrement souriant depuis le début du show !

Glenn Tipton

Mais l’intensité va encore monter d’un cran avec ce morceau que Rob Halford estime bien approprié à Paris : « Beyond The Realms of Death ». L’émotion progressive contenue dans ce titre est retranscrite avec une force poignante par tous les musiciens. Et il n’y a pas que les fans pour admirer ce nouveau duo de guitare. Pendant « The Sentinel », le chanteur reste sur le côté pour observer le duel de grattes, ce qui semble le ravir. Une intro au son d’un didgeridoo annonce « Blood Red Skies », un autre titre intense du prêtre Judas. La basse de Ian Hill va même jusqu’à faire trembler les gradins avant une autre reprise : The Green Manalishi (With The Two-Prong Crown de Fleetwood Mac. La réponse de l’audience est tellement bonne que le chanteur va même jusqu’à applaudir le public à la fin de ce titre taillé pour la scène et agrémenté de lasers verts durant le morceau.

La pochette de British Steel sorti en 1980 apparaît ensuite sur l’écran vidéo et la salle sait ce qu’il va se passer maintenant. Les 2 minutes 35 qui viennent ne sont que pur bonheur metallique et le morceau « Breaking The Law » est autant court qu’excellent. Surtout c’est la première partie d’un enchaînement tellement bon qu’on a des difficultés à le croire. Car après avoir surfé sur les vagues progressives de « Blood Red Skies », les reprises, l’essence de Judas avec « Breaking The Law » c’est bel et bien ce fantastique « Painkiller » qui débarque avec son intro du tonnerre pour littéralement A-TO-MI-SER le Zénith.

Affublé d’un manteau de cuir on ne peut plus metal Rob Halford, très en voix ce soir, est forcément attendu au tournant. Et le résultat est largement à la hauteur des espérances. Le chanteur se retrouve courbé, la tête sur les enceintes, et donne tout ce qu’il a ! Un moment qui marquera les premiers fans tout comme les plus jeunes ce soir. Il ne faut pas oublier non plus des soli restitués à merveille par Richie et sans perte de personnalité.

Yeaaaaaah

Et comme si ce n’était pas assez, à peine les premières notes du morceau suivant jouées, l’écran parsemé d’éclairs est recouvert par un drapeau reprenant les formes d’un œil avec un trou circulaire à la place de l’iris, ce qui donne le ton pour « Electric Eye ». Il n’y a jamais assez de metal avec Judas Priest, et lorsque Rob Halford fait chauffer le moteur de la Harley, certains exultent véritablement de joie au moment où « Hell Bent for Leather » est interprété. Tout l’esprit de Judas est là, et cet enchaînement de classique n’est pas terminé avec « You’ve Got Another Thing Comin' ». On retrouve des effets de feu sur ce classique de Screaming For Vengeance (1982), et le public se manifeste fortement. Richie Faulkner reprend le solo avec le feeling qu’il faut tout en respectant l’original. Ce titre a sans doute des allures de prédiction ce soir, et bien qu’il ne soit pas tout à fait minuit, le public a droit à « Living After Midnight », qui n’est pas forcément joué sur toutes les dates de cette tournée Epitaph. Le refrain est repris d’une seule voix et le groupe semble prendre autant de plaisir que les fans.

Un show bien rodé, des artifices efficaces en nombre et en qualité, une setlist solide sans oublier une motivation à toute épreuve du combo et de son public ont su magnifier cette soirée inoubliable. 41 ans après sa première démo – les chiffres sont parfois plein de symbole – et à la suite de centaines et centaines de shows, Judas Priest est encore capable de donner des concerts puissants et intenses. Alors que le groupe sait la fin proche, il en profite plus que jamais. De quoi ravir les fans les plus exigeants qui sont pour la grande majorité repartis le sourire aux lèvres, le metal horn incrusté dans les muscles de la main.

Merci messieurs !

Setlist Judas Priest :

Battle Hymn / Rapid Fire
Metal Gods
Heading Out To The Highway
Judas Rising
Starbreaker
Victim Of Changes
Never Satisfied
Diamonds & Rust
Dawn Of Creation / Prophecy
Night Crawler
Turbo Lover
Beyond The Realms Of Death
The Sentinel
Blood Red Skies
The Green Manalishi (With the Two-Pronged Crown)
Breaking The Law
Painkiller
The Hellion / Electric Eye
Hell Bent For Leather
You’ve Got Another Thing Comin’
Living After Midnight

Photos : Olivier Gestin.



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  • Ah et bien, merci pour cette chronique ! C’est marrant, les chroniques du concert au Zénith sont toute dithyrambiques, alors que celles du hellfest, un poil plus contrastées. Peut être parceque le zénith n’était fréquenté que par des fanboys purs et durs (en effet on concoit mal que Loaded ait pu attirer qui que ce soit, ça s’est vérifié).
    Moi j’étais au Zénith aussi, malgré quelques déceptions mais qui n’ont pas à voir avec la prestation du groupe (mes critiques concerneraient plutôt le son , celui de Glenn, et celui de la sono; et aussi la Setlist qui a réemployé trop de morceaux déjà joués depuis la reformation) , j’ai apprécié de les voir une toute dernière fois dans une forme aussi convaincante. Mieux qu’en 2009 ? très discutable. J’avais adoré 2009 pour l’originalité de la setlist. Halford était sans doute un poil plus en voix (en fait il a surtout plus crié, ça doit être ce que les gens disent « en voix »; mais pour moi il était toujours un poil limite niveau souffle coupant ou abrégeant certaines lignes de chant avec une voix atone), ce qui en soi est un petit miracle, car si on devait se fier à la logique, il ne pouvait que décliner. Rappelons une chose : chaque chanson de Priest est une performance à part entière ; aucune n’est évidente à chanter, chacune est exigeante niveau souffle et niveau vocal, avec des notes hautes et basses etc … Alors faire ça à 60 ans +, c’est y pas beau ???
    Sur le chapitre comparaison avec 2009, j’ai trouvé Glenn quand même fatigué et surtout, maintenant, il nage dans son fute rouge !!! Mais il assure toujours avec ses petites menottes, c’est l’essentiel, et puis après tout, c’est lui le plus vieux du groupe (63 ans) D’ailleurs à propos de Glenn, c’est lui qui joue le solo principal original de you’ve got another thing, pas Ritchie (cf petite confusion dans la chronique. Le solo de Ritchie, joué sur ce morceau est un ajout, d’ailleurs bien dispensable (aucun apport à la construction du morceau, bourrativité du style), à l’instar de l’autre variante qui a consisté à rajouter un solo après celui de Glenn sur Hell bent for leather.
    Mais quel râleur je fais ! Oui mais c’est aussi parceque je n’ai pas eu la setlist de mes rêves ! Car des moments forts il y en a eu , et parmi ceux là, je citerais : Blood red skies (alors là le solo de Ritchie reprend parfaitement celui de KK et il l’interprète de manière sublime, bravo !) , the Sentinel, et Night Crawleer, soit des chansons qu’on avait pas entendues depuis longtemps en live, voire pas du tout pour blood red skies.
    Enfin je ne regrette pas du tout de les avoir vus, c’était bien fameux et aussi généreux. Bravo les pépés-métal !!!

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  • j’etais au hellfest (3 jours) et je me suis enchainée Priest le lundi (c’etait prevu depuis belle lurette) et je dois dire que la presttion du hellfest qui etait pas mal du tout, ne m’annonçait pas avoir un tel show le lendemain. je les ai vu en 2009 avec testament et megadeth, et le show de lundi dernier etait bien au dessus !
    une voix de dingue, une peche, 2h15 de live c’etait magique.

    je mets les liens de mes videos si ça interesse :

    http://www.youtube.com/watch?v=Sq410ozb1EQ (the sentinel)
    http://www.youtube.com/watch?v=lX3s2lP_DWs&feature=related (electric eye)
    http://www.youtube.com/watch?v=5uZxygdZyBs&feature=related (turbo lover)
    http://www.youtube.com/watch?v=_mw8ybC9Mgo&feature=related (blood red skies)
    http://www.youtube.com/watch?v=kgEmJ0WzcUk (rapid fire)

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  • eh beh!! ça avait l’air bien mieux qu’au Hellfest!
    la setlist déchire, il manquait pas mal de titre le WE dernier

    par contre, la conne santé du Priest… faut vraiment être fanboy pour y croire. le groupe est fatigué, et Rob n’arrive plus à rien au chant! il ne fait qu’éructer, à tel point qu’on dirait du chant black…

    Il était vraiment temps d’arêter les grosses tournées, ils seront peut-être moins à la rammasse sur de petites dates pontuelles

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  • Ce concert était magnifique. A force de gueuler les refrains, j’ai manqué de m’évanouir plusieurs fois, la chaleur dans la fosse était intense. Je suis heureux. Le groupe a été bien meilleur que leur dernier passage au Zénith en 2009, bien que j’avais également très apprécié ce concert. Le nouveau guitariste est excellent, le groupe a retrouvé une fraicheur dans leur jeu. J’étais sur le cul lorsque j’ai entendu qu’il jouait Blood Red Skies… peut être le morceau le plus complexe à chanter pour Rob. Bien que la version studio soit inégalable en terme de performance, Rob Halford a assuré comme un pro.

    RESPECT à Judas Priest. Une soirée orgasmique. J’ai envie de chialer de bonheur.

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  • AHHHHH j’ai hâte d’être au Wacken, surtout si ils jouent les mêmes musiques! Cet enchaînement est incroyable :
    Beyond The Realms Of Death
    The Sentinel
    Blood Red Skies
    The Green Manalishi (With the Two-Pronged Crown)
    Breaking The Law
    Painkiller
    The Hellion / Electric Eye
    Hell Bent For Leather

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  • vraiment dommage , j aurai bien enchainé hellfest/zenith , mais trop crevé , je prie pour qu ils repassent en france un jour

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  • ils sont trop forts. On cromprends ce qu’est l’esprit et l’essence du heavy metal avec ces types. RESPECT TOTAL. keep the faith

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  • Génial ! Ce témoignage de la bonne santé du Priest est de bonne augure pour leur tournée. J’ai hâte de les voir sur Berlin début Août !

    Rien que pour entendre « Victim of Changes »…

    The Priest never dies ! \m/

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