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Live Report   

Judas Priest : perdu sans Glenn ?


Judas Priest en 2019, c’est quoi ? Un Rob Halford senior dont on peut penser que la voix a été malmenée par le temps, une paire légendaire de guitaristes hors jeu (K.K Downing depuis 2011 avant la tournée Epitath, Glenn Tipton, plus récemment pour raison de santé) ? Certes Firepower a été plutôt bien accueilli mais un album peut-il légitimer une tournée de ce qui pourrait s’apparenter à un groupe hommage à Judas Priest ? Judas Priest sans un couple magique de guitaristes est-il toujours Judas Priest ?

Questions essentielles – irrévérencieuses, diraient certains – dont vous trouverez les réponses en lisant la suite évidemment. Encore un peu de patience toutefois, car Disconnected, groupe français, officie en première partie.

Au fait, l’affiche montre Glenn. Mais ce soir, il ne sera que sur l’affiche.

Artistes : Judas PriestDisconnected
Date : 27 Janvier 2019
Salle : Zénith
Ville : Paris [75]

Disconnected ouvre donc la soirée, et s’il ne fallait retenir qu’un mot de leur prestation, cela serait « heureux » ! Ivan Pavlakovic, imposant chanteur, n’aura de cesse de dire son plaisir d’être ici, en ouverture de Judas. Il remerciera les fans d’être ouverts, car Ivan considère leur musique assez différente de celle de Judas. Les originaires de Troyes, leur album White Colossus sous le bras, défendent crânement leur chance, offrant une entrée en matière très honnête et une prestation scénique sans temps mort, poussés par Ivan qui assure son rôle de meneur avec brio !

Disconnected : HEUREUX

Peu avant 20h00, les bandes du « War Pigs » de Black Sabbath résonnent dans la salle parisienne. La fosse est bien remplie, les gradins comptent quelques trous mais le Zénith est en grande configuration, preuve que les fans du Priest sont toujours là. L’énorme rideau tombe ou plutôt est aspiré dans une cavité installée sur scène. La rapidité et l’efficacité de l’aspiration, vue de près, sont bluffantes. Il est important de s’émerveiller de petites choses.

« Firepower » ouvre le bal et le plus enlevé « Running Wild » qui suit finit de faire entrer tout le monde dans la fête, qui sera belle, arrêtons le suspens tout de suite ! Tellement de bons morceaux, une scène plus que joliment habillée et un groupe toujours efficace auront largement réjoui le Zénith. A juste titre. Nous parlions de beaux morceaux ? Le magnifique « Sinner » fait plaisir à entendre. Pareil pour l’incisif « Lightning To Strike ». Vous avez remarqué ? Vous avez voyagé dans le temps avec le Priest qui vous a ramené au milieu des années soixante-dix – « The Ripper » est issu de Sad Wings Of Destiny sorti en 1976 – et vous n’avez pas senti de titre daté, marqué par le temps. Le propos est toujours d’actualité quarante après, et anciens et nouveaux titres offrent une belle cohésion.

Les deux guitaristes se présentent au milieu de la scène tandis que sur l’écran, un soleil se lève sur un cactus, des motards mangent du bitume sur les routes américaines. « Desert Plains » nous emmène de l’autre côté de l’Atlantique.

Metal God indétrônable

« No Surrender » est accompagné d’images du groupe en répétition avec Glenn Tipton. Sur scène, la voix pèche un peu. Voir Glenn sur l’écran rappelle combien sa présence manque sur scène. Pas forcément musicalement mais surtout scéniquement. Andy Sneap ne dégage pas le même charisme ; certes la place n’est pas aisée à occuper et il doit probablement prendre ses marques mais le duo de guitaristes, marque de fabrique du Priest, est malmené. D’autant que Richie a lui repris le flambeau avec brio, multipliant les poses de « guitar hero » avec classe et naturel. Il est un homme fort du combo anglais. Et a été intégré par les fans qui applaudissent à son invitation.

« Turbo Lover » dont la pochette de l’album est affichée sur les écrans suit et montre ô combien le jeune guitariste est intégré quand, agenouillé sur scène, Rob vient se placer à ses côtés. On dirait presque que le « Metal God » adoube Richie. Passage de flambeau entre générations ! Quant à « Turbo Lover », parfaitement exécuté, même si Rob laisse astucieusement le refrain au Zénith, il remporte un gros succès !

Richie impérial !

Rob n’oublie pas de communiquer avec les fans, indiquant qu’il est content de les voir, indiquant son plaisir d’être à Paris. Et profite de « Killing Machine » pour faire chanter quelques vocalises, « oooohh, oooh » et autres classiques « yeah ! yeah ! » à un public qui répond présent. Beau moment de partage ! Le titre bénéficie de jolis visuels et d’effets de fumée qui régalent les yeux autant que le morceau régale les oreilles. « Killing Machine » ? Les anciens et les experts se rappellent que ce titre n’a pas été joué depuis… 1978 !

« The Green Manalishi (With the Two Pronged Crown) » avec ses têtes vertes qui ornent l’écran reçoit un vif accueil de la part des spectateurs, qui tapent des mains, scandent des « hey ! hey ! », reprennent le refrain, les « oh ! oh ! oh ! ». Là aussi, on peut sentir que Rob laisse les fans faire le boulot. Et finalement pourquoi pas, puisque tout le monde y trouve son compte. Surtout que le hurlement final montre que la voix peut toujours déchirer les tympans. Gros succès pour ce classique ! « When The Night Comes Down », éclairé de bleu et de rouge, bénéficie de cet effet spécial, très prisé il fut un temps, de la fumée qui avance en nappe au sol. Vu des gradins, cela a une sacrée allure.

Le groupe quitte la scène et le piano de « Guardians » résonne dans la salle. Richie revient ainsi que le reste du groupe, Rob en tête paré de son long manteau d’argent aux manches à franges. « Rising From Ruins » suit évidemment, d’une puissance… « priestienne ». Les images du robot et des flammes telles que sur la pochette du dernier album renforcent l’impact du titre. Et que dire de la batterie qui mitraille derrière ! Seul effet carton-pâte du concert, l’espèce d’épée que Rob brandit à la fin de ce morceau. Dans tous les cas, ce titre remporte lui aussi un gros succès et montre que la dernière production du groupe est bien accueillie. Elle ne truste pour autant pas le concert qui pioche dans le classique, l’album British Steel étant le mieux représenté. Les productions plus récentes comme Angel Of Retribution ou Redeemer Of Souls sont les grandes perdantes de cette soirée !

Andy Sneap, trop en retrait

« Freewheel Burning », dopé, suit avec des images en négatif de voiture à fond les ballons sur des autoroutes. La voix pèche un peu aussi et le public prend la main, chantant le refrain. Scott Travis martèle ses fûts. Impressionnant ! Rob maintient – s’il en était besoin – son public en éveil, le faisant chanter encore et toujours. Même schéma sur « You’ve Got Another Thing Comin' » où les fans applaudissent le morceau, soutenu par des images en noir et blanc représentant des ouvriers, des ouvrières, des images de fonderie. Le morceau se termine sur les vocalises du Zénith dans un fracas de sons de guitare et de batterie. Sur un déluge de Judas à pleine puissance ! La pochette de l’album « Killing Machine » apparaît sur les écrans et, rapidement, le Zénith entend vrombir un moteur. Et Rob d’arriver sur le classique gros cube Harley Davidson et le groupe de lancer « Hell Bent For Leather ».

Vient ensuite un moment sympa où Scott Travis s’adresse au public, disant quelques mots sur leur récente tournée en Asie et disant, en substance, qu’il n’y a pas meilleur endroit que Paris pour démarrer une tournée européenne ! Allez, soyons crédules et n’imaginons pas que le batteur aurait dit la même chose pour une autre ville. Scott demande au Zénith quel est le prochain titre que celui-ci veut entendre. Et les spectateurs de répondre d’une seule voix « Painkiller ». Mais comment cette unanimité est-elle possible ? Sûrement que la présence de la pochette de l’album sur les écrans qui habillent le fond de scène les aura guidés dans leur choix. Le morceau est un régal ! Des images de Glenn apparaissent à l’écran pendant le solo comme s’il le jouait. Émouvant. Par contre les images filmées en direct et mixées avec un effet indéfinissable ne sont pas du meilleur goût. Les hurlements finaux terminent cette tuerie qui reçoit une énorme ovation !

Scott Travis impressionnant

Tout au long de ce concert, le public a montré sa ferveur en chantant refrains et autres vocalises. Et quel titre du Priest se prête magnifiquement au soutien vocal des fans ? « The Hellion » qui débarque en introduction de « Electric Eye » et de son œil satellite qui apparaît sur l’écran, angoissant instrument d’un totalitarisme… imaginaire ? Sans temps mort, « Metal Gods », paré de rouge et de rais jaunes qui balayent une foule qui chante encore et toujours, entame le final du concert issu de British Steel. « Breaking the what ? » demande Rob en introduction de « Breaking The Law », et « Living After Midnight » de clore une très belle prestation non sans que le public ait été invité une dernière fois à donner de la voix sur le refrain.

Mais Ian Hill dans tout ça ? LE membre fondateur toujours présent, pourquoi ne pas en parler ? L’homme est discret comme à son habitude, dans son coin de scène, secouant sa basse et assurant l’assise rythmique, et se fond finalement dans le spectacle.

Ian Hill a toujours été là

Pour répondre aux questions de l’introduction, oui, Judas peut toujours tourner, la tête haute sans tomber dans l’hommage pathétique. Que ceux qui en doutaient gardent à l’esprit que « Priest will be back » comme le rappelait le dernier écran de la soirée ; une chance de se faire pardonner leurs péchés auprès du « Metal God ». Oui, le temps a malmené la voix de Rob, mais, à bientôt 70 ans, il reste un grand chanteur malgré tout. Effectivement, le Priest perd un peu de sa superbe sans un duo de guitaristes qui assure le spectacle. Mais vous l’aurez compris en lisant les lignes précédentes, Rob et sa troupe savent encore assurer un spectacle et donner un plaisir immense, contraints comme nous tous de s’adapter aux aléas de la vie !

setlist Judas Priest :

Intro Bande War Pigs (titre de Black Sabbath)

Firepower
Running Wild
Grinder
Sinner
The Ripper
Lightning Strike
Desert Plains
No Surrender
Turbo Lover
Killing Machine
The Green Manalishi (With the Two Pronged Crown) (reprise de Fleetwood Mac)
When The Night Comes Down
Guardians
Rising From Ruins
Freewheel Burning
You’ve Got Another Thing Comin’
Hell Bent for Leather
Painkiller
The Hellion / Electric Eye
Metal Gods
Breaking the Law
Living After Midnight

(Outro Bande) We Are the Champions (titre de Queen)



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