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Live Report   

Justice : La liberté du dancefloor


En 2007 un album vient secouer notre conception de la musique électronique et du rock. À l’origine de cela ? Deux Français, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, membres de Justice. Au fil des années, impossible de passer à côté de ce phénomène planétaire remplissant les salles du monde. À la sortie en 2016 de leur troisième disque intitulé Woman, on pouvait s’attendre à quelques dates. Mais c’est finalement une tournée mondiale qu’entame le duo. Évidemment, notre chère France n’est pas délaissée et le 14 octobre dernier, l’AccorHotels Arena de Paris affiche complet. Car pendant que Wardruna charme une Cigale sold-out et qu’Eisbrecher partage son metal indus au Trabendo, le concert de Justice est un événement rare auquel on se devait de se rendre.

Pour inciter le public à se trémousser, quatre compositeurs de musique électronique viendront mixer tour à tour devant l’audience pour un set total d’une heure.

Artistes : JusticeBusy PMydSebastiAnSurkin
Date : 14 octobre 2017
Salle : AccorHotels Arena
Ville : Paris (75)

Pedro Winter (aka Busy P) est le célèbre fondateur d’Ed Banger Records à qui l’on doit Mr. Oizo, Gerard Baste, le regretté DJ Mehdi, et bien d’autres artistes dont Justice. C’est donc lui qui ouvre ce soir le concert pendant plus d’une heure. Et il ne sera pas seul car trois de ses amis du label le rejoindront pour mixer tour à tour un peu plus de quinze minutes chacun. Au programme : Myd, Surkin et SebastiAn. Les fans du genre et les connaisseurs étaient donc très heureux de voir arriver cette brochette de luxe dans cette immense arène parisienne. Et ce temps de set sera l’occasion pour les quatre garçons de chauffer le public avec quelques exclusivités en provenance des EP’s à venir de chacun. Le public aura également droit à d’anciens sons et quelques extravagances comme le tube de The Buggles « Video Killed The Radio Star », ou encore le remix du « Killing In The Name » de Rage Against The Machine. On retiendra surtout le set de SebastiAn, toujours aussi plaisant à écouter qu’à vivre. L’ambiance est calme et sans prise de tête.

Busy P prend le temps de saluer les têtes qu’il connait du premier rang, de marcher de long en large sur la scène. Il va même chercher des bières, trinquer avec ses confrères, et se déhanche au rythme de ses artistes. Mais bien plus qu’une histoire de signature de contrat, c’est bien l’esprit familial d’Ed Banger Records qui se dégage de ce set où l’on peut sentir une atmosphère détendue. On sait malgré tout l’émotion qu’il aura d’ouvrir le set avec « Lettre à France » de Michel Polnareff, en hommage à DJ Mehdi… Mais l’ambiance était à la détente, à la fête et aux bras en l’air.

A 21h30, il est temps de laisser Justice entrer en scène pour nous dévoiler les spécialités de leur set pour cette tournée. Là où en 2012 le groupe jouait derrière une seule et même table de mixage ornée d’une croix, nous voici en 2017 dans leur cuisine. Jean-Michel Jarre serait fier d’eux en voyant la multitude de possibilité de leur set-up ! Gaspard et Xavier peuvent œuvrer librement et se déplacer autour de leurs instruments, aussi bien claviers que tables de mixage, avec en fond, lumineuse, leur célèbre croix chrétienne. Sans oublier les habituels murs d’amplis Marshall, servant de décor et qui seront ornés de lumières.

Le spectacle est en effet appuyé par des lumières rarement vu en concert. Une multitude de panneaux dans les airs enchaînent les paysages ou les intenses lumières. Un show visuel qui sera d’ailleurs principalement basé sur les stroboscopes et les contre jours sur le duo. De grands rayons sont projetés partout dans la salle et l’ambiance visuelle générale impressionne par sa diversité. Et évidemment le set est marqué par la setlist et les choix du duo. Car Justice ne se contente pas seulement de jouer les morceaux à la suite. Comme ils le disent eux-mêmes, le live est un moyen de donner une nouvelle vie à leur album, même si ce dernier vient de sortir. Les versions que vous allez voir durant leur concert n’ont rien à voir avec ce que le studio propose. Le show ouvre ainsi sur une longue introduction musicale avec des lumières épileptiques, le temps que les musiciens s’installent. Avant que le titre d’ouverture, « Safe And Sound » de leur dernier album Woman, n’ouvre le bal. Le tout est enchaîné avec leur grand tube « D.A.N.C.E. » incluant toujours des éléments du précédent morceau. Voilà le grand jeu des Français, mêler l’impossible et surprendre à chaque seconde son spectateur, tout en le plongeant dans une transe visuelle.

Enchaîner un morceau entraînant tel que « DVNO » avec « Stress » (où les premiers pogos se déclenchent) est savoureux sous cette lumière très sombre. Toute la foule reprend en cœur « We Are Your Friends » ainsi que « Love S.O.S », un titre qui servira presque de leitmotiv au concert tant il reviendra durant la performance. Le groupe propose près d’1h20 de concert et lorsque l’on pensait que la fin était venue et que rien ne pouvait nous surprendre davantage, des lumières bleues apparaissent. Les têtes se tournent, se lèvent et l’on voit sur les balcons de l’arène française une scène réduite d’où une partie du rappel se fera ! De cet endroit partiront des lumières qui seront projetées dans toute la salle. Une ambiance bleutée propice au repos et aux belles images avec la sueur des mouvements de foules et des sauts dans les airs. Un dernier morceau sur la scène avant les adieux à Paris, montrant la générosité d’un show qui n’aura eu aucun temps mort, seulement des surprises à chaque minute. Cette soirée fut en tout cas un véritable plaisir pour les fans de redécouvrir la discographie du groupe sous un autre aspect.

À la fin du concert, le duo prendra le temps de rester sur scène pour saluer le public. Et tout en s’allumant une cigarette, Xavier marchera sur la foule, comme sur la mer. Bien plus qu’un simple symbole de croix, Justice est peut-être bien la révolution dont la musique électronique avait besoin. Un nouveau souffle venu faire trembler les clubs et stades de tous horizons. Plus globalement, on peut être fiers de la scène électronique française qui ne cesse de susciter la jalousie des autres pays. Daft Punk, Justice, Busy P, Mr. Oizo, Kavinsky, Perturbator, Carpenter Brut, Igorrr, Gesaffelstein, etc. : la scène électronique de notre pays est prolifique et lorsque l’on voit les nouveaux grands talents de demain, on n’est pas au bout de nos surprises.

Pour Pedro Winter, Justice est un mélange entre Kraftwerk et Metallica. Un parallèle parfaitement compréhensible pour qui vit l’intensité live du duo français. Entre instant dancefloor où tout le monde saute et se trémousse et morceau intense avec pogos à la clé, la barrière est fine. Le tout avec un jeu de lumière unique. Après un tel concert dans la chaleur, la bonne humeur et les décibels dans les oreilles, on comprend pourquoi les plus grandes salles du monde affichent désormais complet lorsque le nom de Justice se pose dessus.

Setlist Justice :

Safe And Sound
D.A.N.C.E.
Canon
Love S.O.S
Gensis
Phantom
Pleasure
Newjack
Civilization
Heavy Metal
DVNO
Stress
Love S.O.S
Alakazam!
Fire
Love S.O.S
Waters Of Nazareth
Phantom Pt.2
We Are Your Friends
Chorus
Audio, Video, Disco
Stop
Randy
D.A.N.C.E Part 2
Safe And Sound

Report et Photo 3 : Matthis Van der meulen
Photos 1, 2 et 4 : Nicolas Gricourt (25/05/2012 : Lyon / Halle Tony Garnier)



Laisser un commentaire

  • Injustice for all... dit :

    Caser « Metallica » dans un article ne suffit pas à justifier qu’il apparaisse sur un site de metal. Justice n’a strictement rien à voir avec ce style musical, ni dans le fond, ni par sa forme.
    Et encore moins avec Metallica.
    Ils ont un petit talent de mélodistes, c’est vrai.
    Petit.
    Mais ils ont visiblement un énorme poil dans la main, qui les empêche de devenir vraiment intéressants.
    Leurs meilleurs « chansons » sont sympas pendant 30 secondes (voire une minute), puis elles commencent à tourner en rond en répétant les mêmes phrases musicales sans la moindre variation ou presque.C’est le style qui veut ça ? Non. C’est le business qui veut ça : quand on fait de l’electro, pas besoin de bosser ou d’être génial pour vendre.
    Et en l’absence de paroles dignes d’intérêt, on s’ennuie ferme.

    A côté de ça, vous faites l’impasse systématique sur des groupes réellement metal qui brisent les barrières musicales depuis 25 ans (Waltari).

    Si vous voulez aborder des styles musicaux différents, et surprendre avec des groupes à priori incompatibles avec le métal, il y a des groupes vraiment créatifs, eux, et dont l’esprit est finalement très metal.
    Même dans le rap, si si !
    Essayez un groupe comme La Canaille, et vous verrez : La musique est écrite, et souvent jouée par un groupe de rock, le parolier est très loin de la débilité habituelle dans le hip hop français.
    Peu de groupes marient aussi bien le fond et la forme (par exemple sur leur excellent « La colère »).
    Et quand la musique est répétitive, les paroles sont assez fines, assez révoltées, ou assez touchantes, pour maintenir l’intérêt (« J’ai faim », « Le dragon », etc).

    https://m.youtube.com/watch?v=SVw2lqBMjAA
    https://m.youtube.com/watch?v=zpa1Jfo9zh4

    C’est d’un autre niveau que Justice.

    [Reply]

    Mr Claude

    Comme tout media, Radio Metal a une ligne éditoriale.
    Et elle peut ne pas plaire tous les jours. Mais elle peut aussi surprendre.
    J’aime Radio Nostalgie, mais ça me gave d’entendre du Johnny non stop sur ses ondes, sans répit. Pourtant j’aime bien Johnny.

    J’adore voir Justice dans ces colonnes.
    Je ne connais que l’album Video/Disco. Tu mets un groupe de heavy, une vraie batterie et de la fuzz, qui joue les mêmes compos, tu as un groupe de métal.
    Ca envoie du bois sévère!

    Justice pour la musique!

    Injustice for all...

    Pour ton parallèle avec Radio Nostalgie : Johnny a commencé sa carrière avant la médiatisation des Beatles, il a donc bien plus sa place sur radio nostalgie qu’un groupe comme Justice ici.

    Je persiste : Justice n’a strictement rien de métallique, ni dans la forme, ni sur le fond.
    C’est de l’électro, et de l’électro ultra commerciale.

    Mets un groupe de heavy, une vraie batterie et de la fuzz, ça deviendra de l’électro commerciale jouée par un groupe de heavy.

    C’est arrivé avec Madonna, les Spice girls, ou même avec le générique de d’Au pays de Candy (dont j’ai une version jouée par de groupe de metal), ça n’en fait des artistes de metal. Et là, ce n’était même pas joué par un groupe de metal.

    Qu’on aime Justice… bon, ok, chacun ses goûts.
    Mais une critique de Justice sur une radio « métal », c’est un peu comme des fraises Tagada dans un cassoulet : ça va pas ensemble, même si on aime les bonbons.

    Ce n’est pas une question d’ouverture d’esprit : Igorrr fait le grand écart entre plusieurs styles, Waltari aussi (sauf que pour eux c’est le black out ici), sans parler des débuts de Faith no More, et c’est super.
    Ils ont bien une composante heavy voire plus.

    Et si on veut ouvrir sur d’autres styles, très bien, mais sur un site comme celui ci il faudrait au moins chercher des artistes dont la démarche soit un peu rock’n’roll !
    C’est pour ça que je parlais de La Canaille.
    C’est du rap (fusion, quand même), mais ils auraient bien plus leur place sur un site de ce genre.

    Mr Claude

    OUi je comprends, tu es le genre à argumenter sans relache.
    Ta critique est constructive et j’aime ça.
    Mais regarde l’Alpha et l’Omega:

    J’ai juste donné mon avis en commençant par « Comme tout media, Radio Metal a une ligne éditoriale »
    Radio Metal est un média libre, libre de faire ce qu’elle veut.
    C’est comme pour un groupe, il n’appartient pas à ses fans ou à ses auditeurs. Il va et cherche où il veut.

    Pour ce qui est de Justice, apparament on ne sera pas d’accord, et je respecte ton point de vue.

  • Injustice for all dit :

    Pourquoi avez vous censuré mon post ?
    Il n’avait pourtant rien d’injurieux ni de déplacé…

    [Reply]

    Spaceman

    Es-tu sûr que tu n’as pas fait de fausse manip en le publiant ? Car je ne vois pas de trace de précédent post de ta part. Tu peux essayer de le re-poster si tu le souhaite.

  • Je veux bien être ouvert d’esprit et comprendre qu’il n’y a pas que le metal dans la vie mais Justice sur Radio Metal, quel est le sens ??? Ca n’a aucun intérêt pourquoi pas Sabaton dans un média d’électro ou de house ? Ce n’est pas du sectarisme c’est juste un peu de bon sens … Un chro d’un concert de Justice il y a fort à parier que l’immense majorité ici s’en foutent royalement, alors qu’il y a plein de concert metal récent à chroniquer et pas des moindres (la tournée de reformation d’Helloween par exemple pu encore la toyrne Artic Circle avec Omnium Gtaherun et Skálmöld)

    [Reply]

    Øttø Rail

    Argh le t9 m’a joué quelques tours désolé pour les coquilles :p

  • Sergeï "Cercueil" Poète dit :

    Qu’est-ce que ça vient foutre sur Radio Metal ?!

    [Reply]

    Tom Rushmore

    C’est trop bien Justice :p

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