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Interview   

Kai Hansen et Michael Kiske unis par les liens sacrés du heavy


Vous en avez rêvé, eux aussi. Et ils l’ont fait. Kai Hansen et Michael Kiske sont unis dans un même groupe avec la ferme intention d’en faire un projet solide dans le temps. Kai, le frontman de Gamma Ray, compte en tout cas s’investir tout autant dans ce nouveau groupe Unisonic que dans son projet principal, en alternant d’année en année. Compte tenu des goûts de Kiske, qui a pendant des années cherché à s’éloigner de la sphère metal, ce projet est probablement celui ayant le plus de chances de contenter ses fans de la première heure, frustrés par ce choix de carrière.

Après la mise en bouche que constituait l’EP Ignition, l’album éponyme sort à la fin du mois. Un album de heavy frais, inspiré et diversifié qui, sans révolutionner un genre qui a du mal à se renouveler, distille un sens de la mélodie et du riff heavy qui enthousiasment. Une formation qui repose avant tout sur ce duo qui fait rêver : la guitare de Kai Hansen et le chant de Michael Kiske. Un duo prestigieux pour tout amateur de heavy, dont Kai nous parle émerveillé, tant il le trouve évident, Michael étant, selon ses mots, son âme sœur musicale.

Interview.

« Il y avait trois [possibilités]. […] [Monter un] nouveau projet, c’était non : il y a trop de projets dans les tuyaux, le monde n’a pas besoin qu’on en lance un autre. L’arrivée de Michael dans Gamma Ray n’aurait eu aucun sens, car le groupe existe depuis vingt ans. Il est associé à ma voix et c’est trop metal pour Michael. La troisième option, le fait de m’associer à Unisonic, était la plus prometteuse. »

Radio Metal : On pourrait être tenté de qualifier Unisonic de « all-star band », mais cette collaboration entre Michael et toi semble si évidente et spontanée que cela n’a rien de tel…

Kai Hansen (guitare) : Non, ce n’était pas l’objectif, mais quel que soit le qualificatif qu’on donne au groupe, ça me va. Pour nous, ce n’est pas le plus important.

Comment t’est venue l’idée de jouer de la guitare sur cet album ? Est-ce dû à la tournée avec Avantasia et au fait d’avoir partagé la scène avec Michael ?

Oui, c’était exactement ça. Nous sommes arrivés à la conclusion que nous devions travailler ensemble pendant la tournée avec Avantasia. C’est là qu’on a commencé à évoquer l’idée. Comme nous ne savions pas comment la concrétiser, nous avons fait une liste de possibilités. Il y en avait trois : créer un nouveau projet, accueillir Michael chez Gamma Ray ou me joindre à Unisonic. Le nouveau projet, c’était non : il y a trop de projets dans les tuyaux, le monde n’a pas besoin qu’on en lance un autre. L’arrivée de Michael dans Gamma Ray n’aurait eu aucun sens, car le groupe existe depuis vingt ans. Il est associé à ma voix et c’est trop metal pour Michael. La troisième option, le fait de m’associer à Unisonic, était la plus prometteuse. Nous avons demandé aux autres gars si l’idée leur allait, j’ai appris à les connaître, nous avons jammé ensemble et nous avons fini par dire : « Voilà, c’est ça qu’on va faire ! »

« Il y a quelque chose qui nous fait dire que nous sommes faits l’un pour l’autre, musicalement parlant. »

Après toutes ces années, était-ce la première fois que tu envisageais de travailler avec lui ?

Non, ce n’était pas la première. L’idée m’a toujours trotté dans la tête. J’ai toujours trouvé dommage qu’il se cache dans sa cave et mène tous ces petits projets de là-bas. Mais j’ai fini par comprendre que c’était ce qu’il cherchait et qu’il n’était pas intéressé par autre chose. Il n’y avait aucune possibilité de collaboration alors je ne me suis pas posé la question.

Pendant cette tournée avec Avantasia, tu as eu l’occasion de jouer avec de nombreux musiciens différents. Qu’y avait-il de si spécial entre toi et Michael ?

Je ne sais pas de quoi il s’agit exactement. Quand on était sur scène, c’était… Ce n’était pas seulement de la nostalgie. En partie, oui, mais j’avais aussi l’impression que nous étions liés d’une certaine façon. Il y a quelque chose qui nous fait dire que nous sommes faits l’un pour l’autre, musicalement parlant. C’est logique que je joue de la guitare et qu’il chante. Cette combinaison a quelque chose de très cool. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer ; c’est comme ça, c’est tout.

« Nous ne nous contentons pas de faire revivre le passé avec ce groupe. Nous faisons quelque chose de neuf et c’est très agréable. C’est parti pour durer. »

Penses-tu que cette expérience soit simplement nostalgique ou qu’elle puisse durer des années ?

Ce n’est pas seulement de la nostalgie, il y a beaucoup plus que ça. Nous ne nous contentons pas de faire revivre le passé avec ce groupe. Nous faisons quelque chose de neuf et c’est très agréable. C’est parti pour durer.

N’as-tu pas été tenté de chanter sur l’album ?

J’ai chanté sur plusieurs démos, pour poser les lignes vocales. Ça me suffit. Je participe aussi beaucoup aux chœurs et aux harmonies secondaires. Mais je reste en arrière. Sur certains passages, Michael m’a dit : « Tu devrais chanter là-dessus, ça colle mieux à ta voix ». Je lui répondais systématiquement : « Non, ça va, fais-le, je chante suffisamment dans Gamma Ray ! » Je suis satisfait de la fermer et de jouer de la guitare.

À propos de ce premier album, tu as déclaré : « Je définis notre style comme une variété plus pêchue de hard rock, à la fois flexible et diversifié, mais aussi homogène ». Penses-tu qu’à l’heure actuelle, les albums de rock et de metal manquent de diversité ?

Oui, beaucoup, je crois. Ça peut être une bonne comme une mauvaise chose. C’est assez difficile. Certains de mes albums préférés n’ont pas la moindre diversité, dans le sens où ils comptent une seule et même ligne directrice. D’autres sont extrêmement diversifiés, comme tous les albums de Queen, par exemple. Je pense que nous travaillons davantage dans cette optique. Nous essayons de tabler sur la diversité, mais de ne pas avoir l’air idiot en le faisant. Je dirais que nous avons réussi à associer des styles différents dans notre musique tout en restant crédibles.

Ce processus d’écriture a-t-il été spontané ou vous êtes-vous dit : « Nous devons écrire un album varié, avec de nombreuses émotions et de nombreux styles différents » ?

Pas du tout. Nous avons pris ce qui venait. Si c’est une bonne idée, alors c’est une bonne idée. Le reste n’a pas d’importance. Nous n’avions aucune restriction. Bon, on a peut-être quand même essayé d’éviter le techno-jazz ! Mais en matière de rock, tout était permis. Il n’y avait aucune restriction, ni aucun plan à suivre.

« Il n’est jamais trop tard pour commencer quelque chose. On peut même apprendre à jouer du piano quand on a 60 ans. »

Au regard des titres des chansons, on dirait que cet album raconte votre histoire. Le titre « Never Too Late » veut-il dire qu’il n’était pas trop tard pour fonder un projet comme celui-ci et travailler avec Michael ?

[rires] J’ai déjà entendu ça, les gens posent beaucoup cette question. Personnellement, quand j’ai écrit cette chanson, je ne pensais pas à ça. Il s’agit plus du sentiment général d’inutilité qu’on ressent quand on reste assis à ne rien faire, parce qu’on ne sait pas du tout à quoi s’occuper. On se dit que ce qu’on pourrait faire ne sert à rien, voire qu’on est soi-même inutile, parce qu’on se contente d’attendre que les choses se passent. Ça parle de cette petite voix qui te dit : « Eh, mec, bouge ton cul ! Fais quelque chose ! Ce n’est pas en restant assis là que tu arriveras à quelque chose ! » Il n’est jamais trop tard pour commencer quelque chose. On peut même apprendre à jouer du piano quand on a 60 ans, ou quelque chose comme ça.

De quoi parle la chanson « I’ve Tried » ? A quel échec fait-elle allusion ?

Les paroles ont été écrites par Dennis [Ward, basse]. Je pense que ça évoque ces situations où on se dit : « J’ai essayé de faire les choses bien », que ce soit à propos des relations que l’on a dans sa vie ou des choses que l’on fait. On ne reçoit pas toujours d’éloges quand on essaie. Des fois, on essaie et on échoue quand même, les choses ne se passent pas comme on voudrait. Mais, au moins, on a essayé.

Quand cela arrive, qu’après avoir fait tous les efforts possibles pour réussir quelque chose et après avoir malgré tout échoué, comment se relever ?

[rires] On y réfléchit et on le met par écrit ! C’est comme la plupart des choses que l’on a dans la tête et que l’on peut exprimer au travers de paroles. Il y a de nombreuses façons d’évacuer les choses.

Votre premier EP s’intitule Ignition. Est-ce une façon pour vous, et surtout pour Michael Kiske, de dire que ce groupe est un nouveau départ ?

Oui. Le mot « ignition », l’allumage, décrit l’étincelle qui permet de lancer les choses. C’est parfaitement logique, je trouve.

Avez-vous l’intention de tourner avec Unisonic ?

Oui, bien sûr. Il me semble que la tournée commence en mai en Amérique du Sud. Nous avons quelques festivals prévus en été et on recommence après. Par exemple, nous avons été invités au Hellfest récemment. Après l’été, nous irons au Japon et nous avons prévu une tournée qui passera dans toute l’Europe. On ne va pas s’ennuyer !

Comment comptes-tu mener de front Unisonic et Gamma Ray ?

Pour l’instant, tout se passe bien. Il n’y a aucun problème, étant donné que Gamma Ray a été mis de côté pour un petit moment. Je ferai en sorte de mettre la priorité sur Gamma Ray une année sur deux, et l’année suivante, ce sera Unisonic. Je pense qu’on peut s’en sortir comme ça.

Tu as déclaré que le prochain album de Gamma Ray sortirait en janvier 2013. As-tu déjà des chansons de prêtes ?

J’ai des idées. Je n’ai encore rien terminé, mais j’ai déjà beaucoup d’idées. Je pense que ça rendra bien !

As-tu quelque chose de spécial à dire sur ces titres pour l’instant ?

Tout ce que je fais est spécial ! [rires]

Dernière question. Des commentaires sur la grande nouvelle du jour, qui concerne les 18 ans que fête aujourd’hui Justin Bieber ?

Je m’en fiche complètement ! [rires}

Interview réalisée le jeudi 1er mars 2012 par téléphone
Retranscription et traduction : Saff’

Site Internet d’Unisonic : www.unisonic.de
Site Internet de Gamma Ray : www.gammaray.org

Album d’Unisonic : Unisonic, sortie le 30 mars 2012



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  • raskholnikov dit :

    En revanche le nom du groupe c’est moyen, j’arrive pas à m’empêcher de penser à un hérisson bleu qui cours dans l’herbe. 😀

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  • aaah Kiske dans Gamma Ray ça aurait fait rêvé quand même!
    mais bon, Unisonic, c’est déjà une bonne chose. moi qui suis fan des 2 gugus depuis les Keepers, je suis bien heureux de ces retrouvailles!
    et l’EP est super!

    [Reply]

  • C’est délicieux.
    On se croirait presque à l’époque « Keeper »

    [Reply]

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