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Chronique   

Killswitch Engage – Atonement


À nouveau Killswitch Engage a dû batailler ferme pour livrer un nouvel opus. Incarnate (2016) avait confirmé le succès des Américains (6e dans le Billboard), l’une des formations de metalcore ayant le plus de notoriété aujourd’hui. À l’instar d’Incarnate justement, Atonement est né grâce à la résilience du frontman Jesse Leach qui a dû subir une intervention chirurgicale à la gorge et supporter trois mois de rééducation vocale afin d’être capable de parler correctement et évidemment de chanter. S’y ajoute le syndrome de la page blanche : il a fallu plus de deux ans au groupe pour finaliser Atonement, leur premier album sur leur nouveau label Metal Blade Records. Killswitch Engage est parvenu à surmonter ces péripéties pour livrer un opus en accord avec sa philosophie : mêler un aspect mélodique et immédiat de sa musique avec une volonté cathartique. Atonement voit simplement Killswitch Engage affûter ses lames.

En soi, difficile de faire plus honnête qu’Atonement : les membres du groupe ne se cachent pas de leur volonté de jouer avant tout pour le plaisir et rien de plus. La production est assurée au studio du guitariste Adam Dutkiewicz et soyons francs : Atonement paraît être un Incarnate 2.0 au premier abord (et au second à vrai dire). Guitares ultra-propres, section rythmique standardisée et toujours ce soin académique porté à l’alternance voix claire/hurlée de Jesse Leach. « Unleashed », titre qui relate le côté bestial et sombre de l’humain, laisse toutefois entrevoir une approche plus agressive de la part de Killswitch Engage. Évidemment les refrains mélodiques et entraînants sont toujours de mise, mais la tonalité se veut plus sombre, et le riffing et l’assise rythmique plus frontaux. Le growl guttural, la vitesse et la résurgence d’influences thrash de « The Signal Fire », qui accueille l’ancien chanteur du groupe Howard Jones, entérinent le constat : Atonement est un tantinet plus brutal. « The Signal Fire » profite d’un pont hardcore (soft mais tout de même) dans la plus pure tradition du genre. Plus que jamais, la dichotomie de la musique de Killswitch Engage est le véritable dessein des compositions : l’agressivité finit toujours par servir les élancées de Jesse Leach sur les refrains. « The Crownless King », laissant là encore transparaître une fibre thrash, est le symbole de la hargne présente sur Atonement, la voix de Chuck Billy de Testament se prête au jeu pour un résultat viscéral.

Killswitch Engage perd légèrement en conviction lorsqu’il décide de revenir à des arrangements plus « FM ». « Us Against The World » et « I Can’t Be The Only One » mettent en exergue les aspects les plus stéréotypés du metalcore commercial : mélodies de guitares mielleuses, riffs édulcorés et lignes vocales convenues. Mis en parallèle avec la débauche d’énergie sur « Bite The Hand That Feeds » (dont le final clôt l’album sur un ralentissement massif) et la progression dynamique, assurée par un batteur s’en donnant à cœur joie (blast-beat y compris), de « As Sure As The Sun Will Rise », les aspects plus nuancés de la musique d’Atonement peinent à retenir l’attention. Seul « I Am Broken Too », avec son riffing rock US pleinement assumé, justement sans utiliser l’artifice metal à outrance, remplit son office dans ce registre. Il y a pourtant bien davantage de sentiments à travers les vociférations de « Know Your Enemy » et ce riff heavy, groovy à souhait…

Atonement n’a pas tout à fait le même équilibre que son prédécesseur, les contrastes sont moins fins et un déséquilibre qualitatif entre les titres les plus violents et ceux plus accessibles transparaît au terme de plusieurs écoutes. Néanmoins, Atonement reste dans la droite lignée d’Incarnate : parfois mieux poli, parfois plus grossier. Killswitch Engage l’avait déclaré dès le début : il ne voulait rien réinventer. Mission accomplie : Atonement reste au standard de qualité que désire le groupe, suffisamment élevé pour s’accorder avec son statut de grosse machine. On peut toujours déplorer que l’exaltant soit moins ponctuel, mais ce serait vraiment jouer avec les détails…

Chanson « I Am Broken Too » en écoute :

Chanson « Unleashed » en écoute :

Album Atonement, sortie le 16 août 2019 via Metal Blade. Disponible à l’achat ici



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