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Live Report   

KISS : Les légendes sont sacrément vivantes !


Quarante ans, ce n’est pas rien pour un groupe ! On dit que pour un homme, la quarantaine est l’âge où l’individu est en pleine possession de ses moyens. Ce principe s’applique-t-il à un groupe de rock composé de musiciens ayant largement dépassé la quarantaine ? En effet, Gene Simmons atteint les soixante-cinq, Paul Stanley les soixante-trois. Tous ne sont pas soixantenaires toutefois, Eric Singer a cinquante-sept ans et Tommy Thayer cinquante-cinq. La jeunesse en pleine action en quelque sorte !

En ouverture du Baiser, un jeune groupe…composé de vieux briscards. The Dead Daisies existe seulement depuis trois ans mais de John Corabi à Marco Mendoza, ses musiciens ont tous bien roulé leur bosse. Monster, le dernier opus de Kiss, commence un peu à dater (2012) mais cette tournée est surtout là pour célébrer quarante ans de carrière tandis que Revolucion, la dernière production du récent super groupe date de 2015. Voilà pour le contexte de cette soirée. Alors, entrez dans ce Zénith, vraiment bien rempli pour voir ce que toutes ces jeunes pousses ont encore à offrir.

Artistes : KISSThe Dead Daisies
Date : 16 juin 2015
Salle : Zénith
Ville : Paris [75]

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The Dead Daisies

20H précises, la soirée commence avec « Mexico » issu logiquement du dernier album des Dead Daisies. Plus original, continuer ensuite avec deux reprises. D’ailleurs, beaucoup de reprises seront jouées ce soir. Avec des titres comme « Hush » que Deep Purple a rendu célèbre ou encore « Helter Skelter » (un des tubes des Beatles), les fans seront sûrement plus en terrain familier qu’avec Howlin’Wolf, célèbre bluesman, référence de nombreux artistes. Pour le reste des morceaux joués, Revolucion se taille la part du lion.

Sur scène, John Corabi mène la troupe, indique qu’il s’agit de la première fois qu’il se produit à Paris de toute sa carrière. Marko Mendoza enchaîne les poses, il y a du look – Richard Fortus fait penser à Ron Wood des Rolling Stones – et une certaine attitude mais l’ensemble manque d’un brin de percussion même si le public reçoit le concert avec enthousiasme. Après quarante-cinq minutes syndicales de concert pour une première partie, dans des lumières…de première partie malheureusement, qui ne mettent pas la prestation en valeur, le Zénith est prêt à recevoir les héros du jour.

Setlist The Dead Daisies (source Setlist.fm) :

Mexico
Evil Is Goin’ On (reprise de Howlin’ Wolf)
Midnight Moses (reprise de The Sensational Alex Harvey Band)
Looking For The One
Devil Out Of Time
Make The Best Of It
Hush (reprise de Joe South)
Lock ‘n’ Load
With You And I
Face I Love
Helter Skelter (reprise de The Beatles)

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Paul prend la pose

Il est 21H10 quand ILS arrivent après la célèbre introduction, « You want the best and you’ve got the best, the hardest band in the the world, KIIIISS ! ». « Detroit Rock City », classique parmi les classiques, ouvre le bal. Et dès cette entame du concert, les fans peuvent apprécier la production : écrans en fond de scène qui reproduisent les images du concert et pyrotechnie. La suite est tout autant classique comme « Deuce » qui continue les hostilités et claque dans un Zénith aux anges. A ce moment du concert, les spectateurs peuvent se demander ce que fait Paul Stanley, invisible pour certains comme il est allongé au bord de la scène. En fait, le guitariste est en représentation devant les photographes, prenant la pose, langue tirée, médiator posée dessus. Professionnel jusqu’au bout de…la langue.

Les effets de scène sont déjà impressionnants et « Psycho Circus » continue dans les explosions et ramène les fans dans une époque bien plus récente du Baiser. A la fin du titre, Paul se lancera dans un premier échange avec le public, expliquant – un peu en français – qu’il ne parle pas bien français et que par conséquent, il parlera anglais ce soir, rappelant que quelques soirs auparavant, le groupe se produisait devant 85 000 personnes et mettant au défi Paris de montrer de quelle étoffe cette foule même plus modeste en taille est faite. Paul fera allusion à quelques artistes français, Johnny Hallyday, Maurice Chevalier, Charles Aznavour, Edith Piaf et lancera en français la Marseillaise expliquant qu’il l’a apprise plus jeune à l’école.

Sans vouloir ériger des chapelles entre les styles, il paraît peu probable que l’assistance de ce soir goûte les charmes des chanteurs français que Paul a cités. Quant à la Marseillaise, un brin démagogique, non ? Dans tous les cas, le Zénith piqué dans son for intérieur patriotique repend l’hymne national à l’unisson. Bavard, Paul continue son discours, demandant combien de spectateurs n’ont jamais vu KISS, promettant une nuit mémorable car « let me tell you something : KISS is in town ».

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KISS est en ville !

Avec un « Creatures Of The Night » de toute beauté et KISS qui s’affiche en grandes lettres lumineuses en fond de scène, soutenu par de nombreuses explosions, Paul pourrait bien avoir raison ! « You are crazy people » dit le chanteur qui se tient devant le public, faisant chanter le côté droit puis le côté gauche dans une sympathique compétition. Les spectateurs s’en donnent à coeur joie ! Arrive ensuite « I Love It Loud » chanté par Gene Simmons, embelli de jeux de lumières assez réussis renforcés de lasers. Le public reprend les « hey, hey, hey, hey, hey » qui ponctuent le morceau. Un superbe « War Machine » continue l’exploration de l’album Creatures Of The Night avec force pyrotechnie. A propos de flammes, Gene jouera les cracheurs de feu et plantera son pic sur scène. Et effectivement, ceux qui n’ont encore jamais vu KISS en prennent plein les yeux pour un soir qui pour l’instant promet d’être étonnant. Les autres doivent savourer un spectacle impressionnant d’un groupe plutôt en forme, avec ses rituels sans lesquels KISS ne serait pas KISS.

Les spectateurs saluent à grand renfort d’applaudissements le titre suivant, « Do You Love Me ». Sur l’écran défilent des images de toutes les époques, avec ou sans maquillage, et dans lesquelles les fans peuvent voir tous les musiciens. Comme par exemple, Vinnie Vincent. Clin d’oeil sympathique à la carrière du groupe et aux artistes qui y ont contribué. Paul, toujours bavard, introduit ‘Hell Or Hallelujah’ du dernier album Monster, en s’interrogeant sur le temps qu’il faut à un titre pour qu’il devienne un classique. Et le concert continue, doté d’un gros son et d’une scène assez énorme. En attend-on moins de KISS, rois de la démesure ? Tommy Thayer ira de son solo, jouera avec le public et le classique « Calling Dr. Love » démarrera avec une introduction de toute beauté, dans une pénombre rehaussée de lasers. Le final est énorme explosant de rais de lumières blanches. Le titre remporte logiquement un gros succès auprès du public.

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Gene en grande forme

« From 1983, some of you ain’t born » explique Paul, chef de la communication kissienne, avant de rappeler que les fans ne les ont jamais laissés tomber depuis 1976. Le groupe lance ensuite un « Lick It Up » magistral avec flammes, lasers et jet de fumée ou encore plateforme qui s’élève et sur laquelle Tommy et Paul se postent. Quelle claque pour ce titre de l’époque où KISS avait fait sensation en tombant pour la première fois les maquillages ! Et plus de trente ans plus tard, masques ou non, le titre n’a pas pris une ride.

Visuellement, les Américains proposent un spectacle assez énorme. Ce qui explique un prix de places positionné dans une fourchette haute ? En attendant la réponse, Gene se place au milieu de la scène, éclairé de vert, attaquant un solo de basse. Dans son dos, se devinent des câbles. Le bassiste crache du sang, prend un air vraiment méchant et…s’envole d’un coup pour atterrir sur une plateforme en hauteur, enfumée, pour un « God Of Thunder » poisseux à souhait ! A voir Gene, perché là-haut, on se dit que KISS peut encore en démontrer à encore pas mal de monde. Gros succès pour ce titre.

Paul s’adresse au Zénith une nouvelle fois expliquant en substance qu’il veut être avec les fans, qu’il peut le faire mais que les fans doivent l’inviter. « I count to three and you sing my name as loud as you can ! ». Evidemment, l’assistance répond présente pour cet exercice qui caresse forcément l’ego du chanteur dans le sens du poil. Et Paul de s’accrocher à une perche pour traverser la salle et atterrir sur la console son pour interpréter les deux prochains titres. Une boule à facettes viendra donner un sympathique air de discothèque à la salle parisienne. Côté public c’est l’ovation ! Grand moment live entre Paul et ses fans. Pendant ce temps, une des guitares de Paul rejoint la scène sous bonne escorte. En effet, le technicien qui la ramène est encadré par plusieurs membres de la sécurité. L’affaire est sérieuse !

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Eric Singer à l’oeuvre

Paul revient sur scène toujours par la voie des airs et « Black Diamond » conclut cette première partie de concert avec des images de la prestation retransmise en noir et blanc sur l’écran en fond de scène. Le titre se termine avec de bruyantes explosions ! Après que le groupe a posé pour une photo souvenir, « Shout It Loud » démarre les rappels avant que « I Was Made For Lovin You » ne soit accueilli par les applaudissements nourris d’un Zénith qui exulte. Le déluge – le mot n’est pas exagéré – de confettis qui accompagne « Rock And Roll All Nite » donne des airs de fiesta au concert qui se termine avec Paul et Tommy aux avant-postes au-dessus du public, chacun au bout d’une espèce de bras qui s’est déployé de la scène. Au fond, la batterie d’Eric Singer est surélevée. Le final est à l’avenant, sous les explosions, les flammes et un feu d’artifice !

Il est 23H quand la fête prend fin. Fête ? Orgie plutôt servie par d’excellents titres piochés dans différentes époques, retranscris ce soir avec qualité et bénéficiant d’une production impressionnante. A quarante ans, le groupe a toujours quelque chose à montrer et ses musiciens, plus ou moins soixantenaires, sont toujours tout à fait dans le coup ! Les légendes sont toujours bien vivantes ! Et avec Ace Frehley se produisant quelques jours plus tôt dans le cadre plus intimiste du Forum de Vauréal, les fans franciliens de KISS auront eu de quoi se gaver pour les années à venir.

Setlist Kiss :

Detroit Rock City
Deuce
Psycho Circus
Creatures Of The Night
I Love It Loud
War Machine
Do You Love Me
Hell or Hallelujah
Calling Dr. Love
Lick It Up
God Of Thunder
Cold Gin
Love Gun
Black Diamond

Rappels :

Shout It Out Loud
I Was Made For Lovin’ You
Rock And Roll All Nite
God Gave Rock ‘n’ Roll To You II

Live report et Photos : Lost.



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  • Tous les échos que j’ai eu sont unanimes, le concert était dantesque! Je regrette vraiment de ne pas y être allé, freiné par le prix.
    La prochaine fois, je casse ma tirelire…

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