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Chronique   

KK’s Priest – Sermons Of The Sinner


Presque dix ans que KK Downing ronge son frein. L’ancien guitariste légendaire de Judas Priest avait brusquement arrêté toute représentation suite à son départ de la formation en 2011, alors que celle-ci s’embarquait dans une tournée d’adieu. Depuis, Judas Priest a annulé son projet de retraite, tandis KK Downing espérait un retour au sein du groupe, la juste récompense de quarante ans de bons et loyaux services. Une attente vaine qui a réduit au silence le musicien pendant tout ce temps. Suite à la parution de son autobiographie en 2018, il est revenu discrètement en août 2019 avec Ross The Boss au Bloodstock Open Air, un contact avec le public renouvelé qui l’incite à récidiver quelques mois plus tard et à créer sa propre entité, KK’s Priest. KK Downing a un seul dessein : continuer de marquer de son empreinte la musique metal jusqu’à sa mort, peu importe le medium. Voici l’ampleur de la tâche de Sermons Of The Sinner.

KK Downing ne perçoit nullement Sermons Of The Sinner comme un nouveau départ, bien au contraire. Il est un prolongement logique et inévitable de sa carrière avec Judas Priest. Preuve d’une volonté d’ancrer ses acquis, KK’s Priest accueille l’ancien chanteur de Judas Priest Tim « Ripper » Owens. Il devait en outre employer les services d’une autre figure de Judas Priest – le batteur Les Binks – avant que ce dernier ne se blesse au poignet. Il y a une volonté très forte d’honorer la fin des seventies et le cœur des eighties, perçu comme la période glorieuse du heavy metal. L’incipit « Incarnation » se charge d’introduire cette théâtralité chargée de second degré avant d’embrayer sur le sustain vibrant qui ouvre « Hellfire Thunderbolt ». Craquements d’orage, vocalises aiguës, riffs cavaliers tout droit sortis d’un vieux CD sous boîtier plastique : personne ne peut reprocher à KK Downing son authenticité, gage d’un véritable cachet vintage. « Hellfire Thunderbolt » fait évidemment pleuvoir les soli endiablés et les mélodies fédératrices comme si KK Downing et A.J. Mills s’épanouissaient dans le formol. « Sermons Of The Sinner » introduit quant à lui des variations de tempo bienvenues ainsi qu’un véritable travail sur les lignes de basse, qui tranche avec le heavy inconditionnel de son prédécesseur. Cette recette faite d’accélérations, de soli et de riffs fédérateurs portés par la voix de Tim Owens est aussi datée qu’efficace. Il suffit d’évacuer la poussière.

Sermons Of The Sinner se réserve quelques instants exaltants à l’instar de « Raise Your Fists » qui honore cette science des leads galvanisateurs dans la veine d’un Iron Maiden du milieu des années 80. Le heavy comme il se doit de l’être, cheveux au vent, dos accolés et cuir qui frotte. « Hail For The Priest » permettra aux dévots les plus anciens de s’exercer sous la douche avec la ferveur d’un adolescent retrouvé. KK’s Priest accuse davantage le coup lorsqu’il emprunte des mid-tempo qui révèlent les rides de sa formule. « Brothers Of The Road », qui se voudrait dans la lignée d’un « You’ve Got Another Thing Comin’ », est une pièce archéologique qui peine à émouvoir et « Wild And Free » souffre d’une dynamique inégale, comme si KK’s Priest s’essoufflait au sein même de sa composition. Un écueil que KK’s Priest corrige grâce à sa conclusion épique de neuf minutes : « Return Of The Sentinel », suite de « The Sentinel » présent sur le cultissime Defenders Of The Faith (1984) de Judas Priest. « Return Of The Sentinel » présente tous les codes du heavy traditionnels, qu’il agrège parfaitement, de l’enchaînement des soli stéréo aux lignes héroïques de basse qui les amorcent. La cuvée de gala qui s’ouvre en prenant soin de ne pas émietter le bouchon quinquagénaire.

Sermons Of The Sinner est un album qui ne devrait plus exister, parce que les représentants de cette époque s’éteignent peu à peu. KK’s Priest repose évidemment sur une fibre nostalgique mais touche surtout par la volonté de KK Downing de ne jamais arrêter tant qu’il peut porter sa guitare. Malgré les imperfections et l’impression parfois de recyclage, l’âge n’a rien altéré de ses qualités et ce que KK’s Priest dévoile finalement, c’est l’une des raisons du succès intemporel de Judas Priest. Les registres déclinent, les chansons restent.

Clip vidéo de la chanson « Raise Your Fists » :

Clip vidéo de la chanson « Brothers Of The Road » :

Clip vidéo de la chanson « Sermons Of The Sinner » :

Clip vidéo de la chanson « Hellfire Thunderbolt » :

Album Sermons Of The Sinner, sortie le 1er octobre 2021 via Explorer1 Music Group/EX1 Records. Disponible à l’achat ici



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  • J’ai pas envie de dire du mal à propos d’un guitariste qui a bercé ma jeunesse avec Judas mais là, j’ai un peu mal à mon curé ( mauvais jeu de mots !) En démarrant l’écoute ( au casque bien sûr !) j’ai espéré me tromper, m’être fourvoyé mais hélas ce que je craignais s’est finalement produit : après une intro »grotesque »,les morceaux s’enchaînent sans qu’on s’en rende compte, avec ses riffs maigrichons pour ne pas dire pauvres, ses solis inconsistants et surtout cette voix qui m’a rappelé pourquoi j’avais détesté la période JP avec Owens ! Difficile d’admettre que KK n’a pas grand chose à nous proposer mais il faut se rendre à l’évidence, le génie créatif est resté chez le Priest originel… j’ai espéré ( jusqu’au bout !)que Return of the Sentinel avec ses quasi 9 minutes allait me réconcilier mais le dernier break acoustique des 3 dernières minutes m’a définitivement achevé,tout le monde n’a pas le talent d’un Maiden pour ce genre de morceau… sans vouloir en faire trop,je pense qu’il n’existe qu’un seul Priest, celui de Judas,le reste c’est un peu KK ( mauvais jeu de mots !)

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