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Studio Report   

Klone fait rêver avec un premier aperçu de sa prochaine oeuvre


Klone, voilà un groupe avec lequel on vous serine les oreilles depuis un certain temps. Depuis les débuts de Radio Metal à vrai dire, peu avant que ne sorte leur second opus All Seeing Eye et alors que votre serviteur avait été happé par la puissance et l’originalité de l’EP High Blood Pressure. Cinq ans qu’on vous dit que Klone risque bien d’être « the next big thing » à sortir de l’Hexagone. Et, très franchement, c’est avec une satisfaction non dissimulée que l’on observe le groupe progressivement monter les échelons et conquérir un public de plus en plus important. Black Days sorti il y a deux ans semble avoir été une étape importante, aidé par le label gage de qualité Season Of Mist, dans son gain de popularité. La maturité atteinte aujourd’hui après des débuts déjà remarquables semble porter ses fruits. On attend donc avec impatience la suite, tant le groupe semble être en effervescence créative, comme le prouve l’EP intitulé The Eye Of Needle offert l’année dernière en téléchargement gratuit.

Et vous savez quoi ? On vient tout juste de recevoir un message de Guillaume Bernard, guitariste-compositeur de Klone et fondateur de la Klonosphere, avec un petit lien comportant quatre mp3 tout frais, à peine sortis du studio d’enregistrement. C’est donc excités comme des puces que nous nous sommes enfilés ces petits bijoux dans les oreilles. Voilà donc notre ressenti à chaud, histoire de vous faire patienter et de vous préparer à un disque qui, rien qu’avec ces quatre titres, s’annonce déjà grand.

Rocket Smoke : Ambiance ténébreuse pour ce titre, introduit par une basse grinçante et hypnotique sur un rythme entraînant et quelques notes de guitares qui résonnent. Très vite, l’auditeur est happé par des riffs de guitares sous-accordées, inédits chez Klone jusqu’à présent. « Puissance » est un terme qui vient à l’esprit à l’écoute de ce titre écrasant. Même le chant de Yann Ligner retrouve la hargne qui avait été légèrement mise de côté sur Black Days (quelques petites gueulantes savamment placées font du bien par où elles passent !). Klone se fait accrocheur avec ses riffs jouissifs et son refrain puissant, pour autant, et paradoxalement, il ne perd pas sa richesse et sa complexité. Bien au contraire, ce « Rocket Smoke » est un vrai voyage à rebondissement grâce à ses progressions et son break au milieu… et ce en seulement 5 minutes et 42 secondes ! Après ce premier titre qui a tout pour plonger l’auditeur dans un état de transe, autant dire que l’excitation est à son comble et passer à la suite est difficile tellement l’envie de faire tourner ce « Rocket Smoke » en boucle à fond dans la hifi se fait pressante !

En studio (source photos : Guillaume Bernard)

The Void : On retrouve ici un Klone plus habituel, plus grungy même. Par ses variations, la musique sur ce titre donne le sentiment de respirer. Les couplets se partagent entre tension et décontraction tandis que les refrains jouent parfaitement leur rôle de paroxysme. La richesse des arrangements de guitare et synthé – qui ne sont pas sans évoquer ici la patte d’un Arjen Lucassen – contribuent sans aucun doute à cet effet. Et de respiration il est question lorsque l’on tombe sur ce break où les guitares crunchy sont seules pour un moment de latence sur un fond synthétique qui imite le souffle du vent qui expire et inspire.

Siren’s Song : C’est sous une ambiance énigmatique qu’évolue la première partie de ce chant des sirènes. Les discrets arrangements de guitares et saxophone en fond évoqueraient presque le sifflement des baleines, donnant de la matière musicale au thème évoqué par la chanson. Une chanson possédant par ailleurs un certain caractère « post-rock» à la The Ocean / Isis (ça tombe bien, pour rester dans la thématique, ils ont un album intitulé Ocean). A mi-chemin, les guitares créent une latence et mènent l’auditeur vers la seconde partie du titre qui progressivement monte en intensité. Florent Marcadet s’y donne d’ailleurs à cœur joie derrière les fûts !

The Dreamer’s Hideaway : Titre qui est pressenti pour prêter son nom à l’album. Pas confirmé pour le moment mais ce sera statué d’ici quelques jours. Toujours est-il que The Dreamer’s Hideaway se fait remarquer par des guitares énormes, lourdes et sacrément velues que ne renieraient pas les groupes de la nouvelle scène sludge / stoner (Baroness, Kylesa, Black Tusk, Torche ou même dans une certaine mesure Mastodon). Et Klone n’est pas à une surprise près puisque à mi-chemin la fournaise s’arrête abruptement pour changer radicalement d’esprit avec des accords aériens et une ambiance légère, emportée par une basse groovy rappelant les lignes d’un Pete Trewavas dans Transatlantic. A noter, un superbe solo de saxophone qui mériterait d’être rehaussé dans le mix, chose qui sera faite d’après Guillaume. Un titre donc en deux temps, proposant de fait une structure étonnante.

Quatre titres – sur les dix prévus pour environ 55 minutes de musiques – qui promettent déjà énormément. D’après Guillaume il s’agit vraisemblablement des plus accrocheurs. D’autres sont dans une veine un peu plus progressive et sont plus audacieux encore. Chaque titre de l’album possède un univers unique, nous confiait le guitariste, ce qui est vérifié par ce que nous avons entendu. Fait qui semble également confirmer que cet album sera marqué par une grande diversité. Une diversité entretenue sur ces quatre titres par l’accordage en La grave de « Rocket Smoke » qui offre une couleur inédite au groupe, mais également les divers rebondissements qui jonchent la musique et la rendent captivante. Guillaume nous indique par ailleurs que cette volonté de varier les accordages vient d’une prise de recul par rapport aux compositions de Black Days qui étaient exclusivement interprétées en Ré et d’une continuité par rapport à la reprise de Björk (« Army Of Me ») qui avait vu Klone s’essayer à un accordage plus bas que d’habitude. Sachant que l’exercice a été en sus inspiré par le projet Step In Fluid sorti sur la Klonosphere et dans lequel officie Florent Marcadet, batteur de Klone, au côté du guitariste de Trepalium Harun Demiraslan, adepte de guitares sous-accordées. « On fait gaffe à ne pas trop tomber dans le côté riff trop jumpy, trop ‘cool’ » nous disait Guillaume, car il est clair que tenter de produire des riffs de guitare accordés très bas peut facilement amener dans le cliché de riffs à consonance neo-metal. « Rocket Smoke » prouve que Klone n’est pas tombé dans le piège en approchant cet accordage de manière créative – un peu à l’instar d’un Devin Townsend – et sans en abuser puisque trois titres seront concernés sur tout l’album.

L’un des autres éléments qui retiennent l’attention est la performance vocale de Yann. Beaucoup ont vu dans le chant de Black Days l’influence marquée du chanteur de Tool, James Maynard Keenan. A l’entendre parler et bien que ce groupe soit une influence avérée pour lui comme pour le reste du groupe, Guillaume semble avoir été exaspéré d’entendre la comparaison : « Quand tu l’entends dire cinquante fois, c’est un peu pénible ! » nous disait-il au téléphone. Ce serait mentir que de dire que cette influence est totalement absente de ces quatre titres mais un soin tout particulier semble avoir été apporté pour varier et moduler l’approche vocale. « Trois mois de prises de voix » ont été nécessaires, nous apprend Guillaume. Le résultat a gagné en contraste : tantôt plus propre, plus claire et mélodique, tantôt plus granuleuse voir hargneuse sans forcément revenir aux vocaux arrachés de High Blood Pressure ou All Seeying Eye. Une performance somme tout remarquable.

La production est sans doute ce qui frappe le plus dès les premières notes : puissante voire explosive par moments. Même si ce que nous avons écouté n’est pas le mixage définitif, Guillaume confirme qu’il s’agit bien là d’un premier jet de la production finale qui en comparaison gagnera en richesse et en subtilité au niveau des arrangements. Tant mieux car à l’écoute on devine certaines choses (saxophone, arrangements de guitare ou même du sitar sur la fin de ‘Siren’s Song’) qui mériteraient d’être davantage mis en valeur. La production était l’un des points de regret de Guillaume par rapport à Black Days, or il se dit aujourd’hui déjà très satisfait des premiers jets de production obtenus pour ce nouvel opus, voyant les principaux défauts reprochés à Black Days d’ores et déjà corrigés. Peut-être est-ce le résultat de l’approche originale de Franck Hueso, leur ingénieur son avec qui Klone avait pourtant déjà travaillé pour Black Days, qui, au lieu de mixer tout l’album puis le masteriser, découpe ces étapes par chanson. Le mastering ayant pour effet, en quelques sortes, de modifier le mixage, cela permet un travail plus précis avec un résultat final plus proche de celui visé.

Un petit mot sur l’ébauche d’artwork qui accompagne les titres que nous avons reçus. On y voit un homme bras tendus porté par une mouette. A titre de comparaison, l’esthétique conviendrait parfaitement à un groupe comme Porcupine Tree. Même si, encore une fois, il s’agit d’un premier jet, l’idée est en phase totale avec la sensation d’évasion que procure la musique que nous avons entendue.

Tout ceci sont nos impressions basées sur l’écoute de ces seuls quatre titres et un petit entretien que nous avons eu avec Guillaume Bernard par téléphone. Attendons d’entendre l’album au complet pour voir si nous pouvons confirmer ces impressions, mais notre sentiment, à l’heure actuelle, est que Klone s’apprête à frapper fort. Est-ce qu’il s’agira de l’album qui propulsera enfin Klone en orbite ? « Wait And See » comme on dit, mais, en se basant sur ces quatre titres, c’est bien parti !



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  • La fameuse mouette, ce serait pas un albatros ? Dans le même genre mais en plus gros, et symbole de voyage dans la littérature française… 🙂

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  • Bon je suis content d’avoir des nouvelles de ce très bon groupe, mais j’avoue avoir, pour ma part, été très déçu par « Black Days » et l’EP qui a suivi. J’ai eu l’impression d’avoir droit à une vraie régression après « All Seeing Eye » que j’avais adoré. Compos plus répétitives, saxophone aux abonnés absents, pareil pour la harpe (ou alors ils se font plus que rares), uniformisation de la musique entre un Prog’ qui tire en longueur et un côté Grunge qui volait la place au reste… Personnellement, je n’étais pas client du tout.
    Pour cette fois, j’attends personnellement plus de variété, d’instrumentations réjouissantes comme sur « All Seeing Eye » et des morceaux ayant chacun une identité forte. On verra…

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  • Arrêtez, vous n’avez pas le droit de me faire baver d’impatience à ce point ! 🙂
    Vivement leur prochain album !

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