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Live Report   

Klone révolutionne Bastille


Depuis la sortie de Black Days l’an dernier, Klone fait du bruit. S’établissant petit à petit comme un des groupes les plus intéressants de la scène française, la formation originaire de Poitiers nous offre des morceaux d’une subtilité rare dans le genre du metal, se rangeant aux côtés de Porcupine Tree ou de Tool dans un rock progressif lourd et massif.

En ce jeudi 20 octobre, ces derniers se sont produits à la Scène Bastille en compagnie de Crossing The Rubicon ainsi que des Franciliens de T.A.N.K. ayant gagné haut la main le droit d’assurer cette première partie lors d’un concours sur Facebook.

Ouvrant donc le bal, Think of A New Kind nous offre un death metal mélodique qui lui a déjà valu une certaine réputation de groupe féroce en pleine ascension. Cependant, le public n’est pas encore tout à fait au rendez-vous en ce début de soirée et, mis à part quelques fans du groupe au premier rang, les spectateurs resteront quelque peu en retrait. T.A.N.K. nous donne donc l’impression d’un léger manque de motivation, faisant montre d’une mise en place sans reproches mais sans réellement chercher à briser le quatrième mur. Notons cependant que la formation est bien solide, comportant un guitariste virtuose, un excellent batteur et un chanteur offrant cris saturés et chant clair tout à fait respectables. Ils terminent avec « It Bleeds Inside » avant de laisser la place à Crossing The Rubicon.


Artistes : KloneCrossing The RubiconT.A.N.K.
Date : 20 octobre 2011
Lieu : Paris
Salle : Scène Bastille

Dans une atmosphère plus punk, frisant par moment le stoner, les Parisiens de Crossing The Rubicon viennent de sortir un deuxième album et présentent un travail de composition particulièrement soigné pour le genre. Des riffs abrasifs dans des structures alambiquées avec changements de rythmes ingénieusement placés, leur prestation est malheureusement desservie par un son très brut, témoignant de la touche punk peut-être de trop.

Entre les morceaux, il est difficile de savoir si le groupe manque de charisme ou s’ils choisissent d’incarner des personnages de scène timides, néanmoins une première partie censée chauffer le public se doit de le faire avec sa musique mais aussi entre les morceaux. Certes, Daniel Chamorro (dit Cham) faisait ce soir-là ses débuts au poste de nouveau chanteur du groupe, mais il est difficile de sentir une envie de bouger lorsque la personne que nous avons en face de nous semble intimidée par son propre public. Certains riffs, notamment lors du dernier morceau, parviendront malgré tout à nous faire taper du pied en crescendo, mais la fin de leur set arrive avant que le public ne soit tout à fait près à accueillir Klone.

Klone : un éclairage minimal pour nous en mettre plus dans les oreilles que dans les yeux.

Pourtant, ces derniers nous attendent au tournant. Entamant leur set avec l’excellente « Immaculate Desire », il est clair que la puissance de ce groupe ne se limite pas à l’écoute des albums. Les textures planantes étant devenues la signature de Klone, nous nous sentons flotter tout au long de ce set tandis que les musiciens semblent nager tant leurs mouvements sont fluides, totalement immergés dans leur musique. « Empire Of Shame » avec son groove presque jazzy en transcendera plus d’un, malheureusement quelques problèmes techniques avec le micro de Yann Ligner couperont certaines paroles de « Spiral Down », heureusement suivie par une instrumentale « Closed Season » qui leur permettra de régler discrètement les soucis.

Ne faisant rien dans la démonstration, les musiciens de Klone ne se mettent pas particulièrement en avant. La musique parle d’elle-même, et quelle musique ! Si certains riffs de « The Spell Is Cast » rappellent du Pantera, tout est toujours fait dans la finesse et la subtilité, même lors des passages les plus agressifs. Leur tube « Give Up The Rest » en est d’ailleurs un autre exemple, enchaînant une intro particulièrement mélodique avec un riff lourd et palm-muté digne d’un Gojira, mais appuyé de façon particulièrement intéressante par la batterie. A tout moment, il y a quelque chose à écouter dans Klone, car rien n’est laissé au hasard. Les dix-sept minutes de « The Eye Of Needle », jouée pour la première fois en concert, concluent cette soirée et, si ce morceau démontre la maturité de composition du groupe, nous pouvons cependant remettre en question la pertinence d’un morceau aussi long en fin de set.

Klone

Une très belle prestation donc, malgré l’absence de certains excellents morceaux tels que « Hollow Way » ou la reprise de Björk « Army Of Me » qui avait été jouée au Hellfest. Nous ne pouvons qu’attendre la suite, car Klone sera certainement amené à jouer dans des salles bien plus grosses que la Scène Bastille : si l’atmosphère intimiste de la soirée était parfois agréable, il y avait clairement un décalage entre le talent de ce groupe et le cadre de ce concert.

Setlist de Klone :

Immaculate Desire
Promises
Rain Bird
Empire Of Shame
Spiral Down
Closed Season
The Spell Is Cast
Give Up The Rest
The Eye Of Needle (part 1)
The Eye Of Needle (part 2)

Photos : Julien Perez



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