ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

KMFDM : technologie je te hais, technologie je t’adore


KMFDM, un acronyme pour désigner l’un des plus anciens et prolifiques groupes de metal industriel. Cette année la formation menée par Sascha Konietzko trace sa route sans faiblir, fort d’un nouvel album, intitulé WTF?!, toujours aussi exemplaire dans sa qualité que dans la variété. Là est peut-être d’ailleurs le secret KMFDM : faire fi des modes et des règles, traverser les âges sans s’imposer de limite, là où d’autres trébuchent en les atteignant. D’ailleurs Sascha avoue lui même n’avoir jamais été très à l’aise avec l’étiquette de metal industriel. Il n’a en effet jamais fait que chercher à produire la musique telle qu’il l’entendait.

A contre-courant de ce que l’on imagine d’un groupe tel que KMFDM, Sascha s’avoue peu intéressé par la profusion actuelle des technologies. Il préfère en effet consacrer le plus clair de son temps à la musique elle-même, et notamment la création, plutôt qu’aux moyens – chaque jour plus perfectionnés – de la faire. Un sens des priorités qui, à n’en pas douter, contribue également à la longévité – près de trente ans – de ce groupe unique.

Le maître à penser de la formation, Sascha Konietzko lui-même, nous parle de tout ceci et plus encore, à la veille, littéralement, de sa tournée européenne.

Entretien.

« Si je fais quelque chose et que, un mois plus tard, je l’écoute et je ne suis pas complètement soufflé, alors je sais que ce n’est pas bon et qu’il faut que je retravaille dessus. »

Radio Metal : D’après ce que j’ai lu à propos de votre nouvel album, il vous a fallu treize mois pour le faire du début à la fin. Est-ce que tu peux expliquer le processus qui a conduit à cet album et pourquoi il vous a pris autant de temps ?

Sascha Konietzko : Le processus n’a pas été vraiment différent de ce qu’on a pu faire auparavant. Typiquement, ça se passe comme ça : je commence avec de petites idées pour chaque morceau et, avec le temps, elles se transforment en chansons. Une fois que j’ai quelque chose en route, je l’envoie à mon guitariste et à mon batteur en Floride, puis à Lucia [Cifarelli], et ils commencent à bosser dessus. Mais cette fois, ça tombait plutôt mal pour le reste du groupe parce qu’ils étaient souvent en tournée avec leurs projets respectifs, donc Lucia et moi avons fini par faire la plupart du travail tous seuls. Quand tu n’as pas de gens avec toi pour réagir à tes idées en permanence, tu passes ton temps à décortiquer tout ce que tu fais. Tu te demandes : « Tiens, je me demande si c’est vraiment bien ou si c’est juste que je suis dingue… » Tu commences à te remettre en question et ça prend un temps fou. Donc ce qu’on a fait, c’est qu’on a beaucoup retouché les choses. Par exemple, certaines paroles écrites pour une chanson ont été adaptées pour être celles d’une autre chanson. On a commencé certaines choses, puis on les a complètement refaites… Ça a pris beaucoup de temps mais on s’est aussi beaucoup amusé. Quand je dis que ça a pris un moment, ça ne veut pas dire que c’était une corvée ou un fardeau. C’était vraiment cool. Je savais que ça allait devenir de mieux en mieux.

Tu dis que vous avez fait beaucoup de modifications… Pourquoi as-tu ressenti le besoin de retravailler encore et encore les morceaux ? Est-ce que tu es un de ces artistes éternellement insatisfaits ?

Ce qu’il y a de sûr, c’est que je suis très attaché aux détails. Si je fais quelque chose et que, un mois plus tard, je l’écoute et je ne suis pas complètement soufflé, alors je sais que ce n’est pas bon et qu’il faut que je retravaille dessus. Je suis très critique par rapport à mon propre travail. Je suis très perfectionniste en ce qui concerne le mix final. Tout doit sonner parfaitement. Et je pense qu’avec WTF?!, on a vraiment fait un bon CD selon mes critères, parce que la dernière fois que je l’avais écouté, c’était quand on avait fait notre tournée aux États-Unis, mais lorsque je l’ai ré-écouté hier pour me rafraîchir la mémoire parce que, comme je l’ai dit, on part en tournée demain, je me suis dit : « Ouah, mec, ce truc est génial ! » J’en suis vraiment content [rire], d’autant plus que j’ai fait seul deux des chansons.

Le titre de l’album est une exclamation qui veut dire « what the fuck ?! » [en français : c’est quoi ce bordel ?!]. Ça exprime une idée de choc. Tu es choqué par quoi ?

Cet album, comme bien des albums auparavant, a eu plusieurs titres de travail, puis, à la fin, tu te dis simplement que le titre de travail ne convient plus vraiment. « What the fuck ?! », c’est juste quelque chose que je disais beaucoup quand je travaillais sur cet album, donc on a finalement décidé de l’appeler tout simplement WTF ?!. Ça convient parfaitement et ça colle bien à notre époque, je trouve. Quand tu allumes les infos, la seule chose qui te vient à l’esprit, c’est « what the fuck ?! » [rire].

La chanson « Panzerfaust » est chantée en italien. C’est une première pour le groupe. Apparemment, c’est un remake de « Lieberslied » qui apparaissait sur l’album Naïve, mais que peux-tu nous dire sur cette chanson ?

Ce n’est pas un remake, c’est juste une différente interprétation des paroles que j’avais écrites en allemand pour « Lieberslied » en 1989. Elles ont aussi été traduites et enregistrées en anglais, ce qui a donné la chanson « A Hole In The Wall ». Elles font partie de mes paroles préférées. Je voulais faire une chanson en italien. Ma première idée a été de faire une reprise d’une chanson italienne qui me plaît beaucoup. Ensuite, je me suis dit que ce serait bien plus cool de faire vraiment quelque chose en italien, j’ai donc fouillé dans les paroles que j’avais déjà écrites et celles-là me sont juste venues à l’esprit… Avec un ami italien, on les a traduites en italien de manière à ce qu’elles puissent toujours être chantées, ensuite j’ai enregistré une nouvelle version de cette idée. À vrai dire, c’est ma chanson préférée de tout l’album.

On dirait que tu aimes essayer différentes langues. Vous avez eu plusieurs langues étrangères dans vos chansons par le passé. Qu’est-ce qui t’intéresse dans le fait de chanter dans des langues différentes ?

Pour commencer, je suis bilingue. Je parle anglais aussi bien que je parle allemand. Quand on a formé KMFDM en 1984, on avait une chanteuse qui venait d’Indonésie, donc nos paroles étaient écrites à la fois en indonésien, en allemand et en anglais. On a toujours eu cette dimension internationale. Les différentes langues ont toujours été très intéressantes à mes yeux parce que je ne crois pas qu’une langue puisse être réduite à une fonction précise. En français, on peut faire du hard rock ou du rap comme on peut faire de la « chanson » [sic]. En italien, tu peux chanter des chansons d’amour, mais tu peux aussi faire des choses bien plus dark. J’ai découvert que le russe ne convenait pas très bien au rock indus [rire]. Je pense que c’est une chose importante pour KMFDM, je pense que c’est important pour mon travail de dépasser la barrière de la langue pour pouvoir toucher des gens qui, a priori, n’écouteraient pas de musique uniquement en anglais. C’est vraiment un stéréotype de dire que le rock doit toujours être en anglais. Certaines des chansons les plus rock que KMFDM ait jamais faites n’étaient pas en anglais.

« Je suis pour une liberté d’expression et d’information absolue et sans limite pour tout le monde. »

La chanson « Rebels In Control » a été écrite pour soutenir Wikileaks…

Non, non, ce n’est pas ça. Elle n’a pas été écrite pour soutenir Wikileaks. Elle a été écrite bien avant tout ça. Mais quand Julian Assange a été envoyé en prison, je me suis dit que c’était le moment de la sortir parce que je trouvais ça absolument scandaleux. Il y a dans les paroles de ce morceau des passages qui m’ont fait penser à cette situation, mais elle n’a pas été écrite dans l’intention de défendre Wikileaks, non. En gros, j’ai lancé un signal en faveur de la libération de Julian Assange. Il était toujours en prison quand la chanson est sortie. Ça a été un autre instant « what the fuck ! ».

Mais toi-même, est-ce que tu soutiens tout ça ?

Je suis pour une liberté d’expression et d’information absolue et sans limite pour tout le monde, oui.

Tu penses donc que toutes les informations qui sont pour le moment privées et confidentielles devraient être rendues publiques ?

Absolument, parce que les personnes qui produisent et accumulent ce genre d’informations sont, pour la plupart, élues démocratiquement. Elles représentent le peuple, donc si elles font quelque chose de foireux dans le dos des gens qui les ont mis au pouvoir, alors le public a le droit de savoir.

Tu es donc pour un gouvernement ouvert.

Complètement. Les erreurs du passé ne peuvent pas être effacées, donc, tant qu’à faire, autant qu’on le sache. Comme on dit, l’information, c’est le pouvoir. C’est plus de pouvoir pour le peuple.

La chanson « Vive La Mort! » est à nouveau une chanson dans laquelle tu t’exprimes contre les religions organisées. Est-ce que tu peux expliquer plus précisément ta position sur la question ?

Les religions organisées sont la source de toutes les mauvaises choses qui arrivent de nos jours et de toutes les mauvaises choses qui sont arrivées dans l’Histoire. Je crois fermement que tout le monde devrait être libre de croire en ce qu’il veut. Mais dès que ça tient du christianisme hystérique, radical et sans foi ou des mouvements islamistes extrémistes, ça devient simplement quelque chose qui répand la mort et la tragédie dans le monde entier. C’est une chose terrible. Je suis autant contre le Pape que je suis contre les islamistes de ce genre. Ils prêchent la haine, la destruction, l’intolérance, l’oppression des femmes, ce genre de choses. Ce sont des conneries. On est seulement quelques personnes qui se trouvent à vivre sur cette planète. C’est un truc extraordinaire, merveilleux. Ce serait vraiment dommage qu’on ne comprenne pas ça vite… La religion en soi, c’est une bonne chose, que tu appelles ça religion, spiritualité… Je n’ai aucun problème avec le fait que les gens se rassemblent en des communautés partageant les mêmes croyances. La chose à laquelle je suis complètement opposé, c’est l’aspect missionnaire des religions organisées. C’est d’une manière et pas d’une autre. « C’est de notre manière, ou c’est la mort » : les Croisades, la Croisade des Albigeois dans le Sud de la France où les Cathares ont été tués par centaines de milliers… Toute forme de religion organisée qui a une dimension missionnaire nous ment. C’est destructeur, inhumain et contre-productif, vraiment.

Il y a plusieurs invités sur WTF?!, dont Sebastian Komor. Comment s’est passé ta collaboration avec eux, et comment se sont-elles mises en place ?

Sebastian et moi sommes en contact depuis pas mal d’années, à faire ceci et cela ensemble, des petits projets… Il m’a demandé de chanter sur une chanson de son dernier album avec Komor Kommando, je lui ai donc demandé de travailler avec moi parce que j’adore ce qu’il fait. Il arrive à faire des choses qui me parlent vraiment. Je lui demande toujours : « Mais comment tu fais ça ? Comment tu arrives à faire ce son avec ce truc ? », et quand j’essaie, je n’y arrive pas, je lui ai donc simplement demandé : « Eh, tu peux me faire une ou deux choses sur batterie ? Donne-lui ce son, j’adore ça », et il l’a fait ! Il habite au Canada et, en ce moment, j’habite en Allemagne, et, tous les deux, trois mois, on échange quelque chose. Donc, c’était cool ! C’est un mec génial.

OK. Et pour les autres invités ?

Bill Rieflin est un très vieil ami à moi. Il a souvent collaboré avec KMFDM pendant toutes ces années. Je suis entré en contact avec Koichi Fukuda de Static-X par l’intermédiaire d’un remix qu’il a fait pour l’album de remix de KMFDM intitulé Krief. J’ai vraiment aimé ce qu’il a fait du morceau qu’il a remixé, je l’ai trouvé vraiment bien, j’ai donc pris contact avec lui et je lui ai dit : « Qu’est-ce que tu penserais d’une collaboration sur une chanson de notre nouvel album ? », et il a été très content de le faire.

« J’ai un téléphone portable. Ce téléphone n’a pas d’appareil photo, il n’a pas de jeu, il ne sert qu’à une chose : passer des coups de fil. […] J’aime les téléphones où le combiné est attaché par un fil et où on doit composer le numéro avec un seul doigt [rire]. »

KMFDM existe depuis vingt-sept ans. Est-ce que tu penses que sa longévité tient du fait que vous faites votre truc sans vous préoccuper des fans ?

Oui, complètement. D’une part c’est pour ça, et ça vient aussi du fait que KMFDM a eu de grands succès pendant ces années sans que ça n’entame notre état d’esprit. Ça repose sur l’espèce de statut de groupe culte que les fans nous ont donné et ça repose sur la liberté absolue que j’ai de faire ce que je veux parce que je ne dépends contractuellement de personne. Je n’ai pas à faire ceci ou à sortir cela. Si je veux sortir un disque demain, je le fais, si je ne veux pas, je ne le fais pas.

Je suppose que KMFDM, comme la plupart des groupes d’indus, se repose beaucoup sur la technologie. Or cette technologie a énormément évolué durant les vingt, trente dernières années. Comment cela a-t-il influencé ta manière de faire de la musique ?

Avant tout, ce qui a principalement changé durant les vingt dernières années, c’est que travailler avec cette technologie est devenu abordable. Quand j’ai commencé, à l’époque, tout ce qui était électronique coûtait une fortune. C’était tellement cher que je ne pouvais même pas ne serait-ce que rêver d’avoir mon propre synthétiseur. Un sampler coûtait quelque chose comme 6000, 8000 deutschemarks. C’était impossible d’avoir quelque chose comme ça. De nos jours, tu achètes un Mac portable à 800 euros et tu as ton propre studio sur tes genoux. En plus, à l’époque, on devait aller en studio, les studios étaient eux aussi très chers et ça voulait dire qu’il fallait se dépêcher. Le temps passait très vite, il fallait donc finir les choses rapidement pour espérer pouvoir tout faire. C’était bien mais, en même temps, c’était vraiment néfaste pour le processus créatif. Au fil du temps, j’ai pu, tout d’abord, ne plus avoir besoin d’aller au studio parce que j’en avais un chez moi. Puis, par la suite, j’ai pu le réduire suffisamment pour qu’il devienne transportable. Maintenant, j’ai tout ce que j’avais quand j’avais un grand studio d’enregistrement et plus encore, et j’ai plus de place chez moi ! Je peux faire des disques, prendre tout le temps du monde pour bidouiller tout ça et l’amener à un stade de perfection sans avoir personne en train de regarder par dessus mon épaule, et ça ne me coûte pas plus cher.

Penses-tu que ta musique est tellement liée à la technologie qu’elle aurait sonné différemment aujourd’hui si cette évolution technologique n’avait pas eu lieu ?

Je pense que, pour l’essentiel, j’aurais fait les choses avec la même approche. Rien n’a changé dans notre approche, dans la manière dont on fait ou dont je fais de la musique. Le truc, c’est que je n’utilise pas de logiciel, de synthétiseurs, de trucs comme ça. Je travaille grâce à une plate-forme avec laquelle j’ai mes habitudes et mes propres méthodes pour faire des sons et les bruitages. Elles n’ont pas beaucoup changé depuis ce que je faisais au début des années 90. Je ne cours pas après les derniers gadgets, si c’est ce que tu voulais savoir. Je n’aime pas les choses pré-programmées, je travaille surtout avec des synthés des années 70/80. Il y a très peu d’écrans dans mon studio.

La musique de KMFDM est sans doute l’une des plus variées dans le genre industriel. Est-ce que tu te considères comme un fan de metal indus ou plus largement comme un mélomane ?

Oui, l’étiquette « indus » ne m’a jamais vraiment convenu. Elle a commencé à être utilisée en 1989 quand nous sommes arrivés aux États-Unis. Les gens se sont mis à appeler ça de la musique indus alors que j’ai toujours cru que la musique indus, c’était Throbbing Grittle, SPK, ce genre de chose. Mais apparemment, cette étiquette de « rock indus » s’est répandue dans le monde entier. Cela dit, ce n’est pas ça du tout, les racines de KMFDM. Au début, on faisait beaucoup de dub reggae ou des choses comme ça où la guitare était beaucoup moins importante. C’est seulement à la fin des années 80/début des années 90 qu’il y a eu une sorte de mélange et qu’on s’est retrouvé à être comparé à des groupes comme Ministry. Je n’ai jamais considéré KMFDM comme appartenant à quelque genre ou style spécifique que ce soit. Ce n’est pas évident de dire ce qu’est KMFDM, mais je pense que c’est aussi ça qui explique notre longévité.

Tu as évoqué par le passé ton attachement aux objets physiques, que ce soient les disques ou les livres. Comment vis-tu le fait que le format digital remplace peu à peu ces formats physiques ?

Je crois que, peu à peu, je suis juste en train de me retirer de cet afflux de nouvelles technologies. Et plus ça va, plus je pense que c’est le cas. Certains jours, je n’ai même pas envie de regarder mes e-mails. C’est tellement chiant, c’est toujours la même chose [rire]. Je reçois des tonnes de mails par jours, et seulement, quoi, douze sont de vrais messages. Le reste, ce ne sont que des histoires de femmes russes, de viagra, « augmentez la taille de votre pénis », « empêchez votre chien d’aboyer » et ce genre de conneries [rire]. Pour tout te dire, j’ai un téléphone portable. Ce téléphone n’a pas d’appareil photo, il n’a pas de jeu, il ne sert qu’à une chose : passer des coups de fil. C’est tout ce que j’attends d’un téléphone. Je ne me balade pas avec un iPhone ou un Blackberry, ça ne m’intéresse pas. J’aime les téléphone où le combiné est attaché par un fil et où on doit composer le numéro avec un seul doigt [rire].

C’est loin de l’idée que les gens se font d’un musicien de metal indus ! Ils s’imaginent que vous êtes très au courant des avancées technologiques, mais visiblement, ce n’est pas le cas…

C’est simplement que ça devient une spirale tellement rapide… Dans les années 80/90, quand j’ai eu un ordinateur Apple pour la première fois, on avait un nouveau logiciel tous les deux ans, maintenant, il y a des mises à jour toutes les semaines ! C’est « I-ceci », « I-cela »… Mais, honnêtement, mes journées ne font que 24 heures, on n’a jamais suffisamment de temps, et je ne vais pas le perdre à courir après des mises à jours ou le dernier gadget. J’aime faire de la musique, j’aime passer du temps avec ma famille, c’est ce genre de choses qui me rend heureux. Chacun son truc. Je comprends totalement et je partage cette fascination pour les progrès technologiques. C’est simplement que certaines de ces choses, de ces gadgets sont de plus en plus inutiles. En plus, je ne suis vraiment pas du genre à lire les « manuels d’utilisation » [sic], je déteste ça.

La famille KMFDM au Hellfest !

J’ai lu que tu menais une vie plutôt solitaire. Est-ce que c’est la musique qui t’isole ou est-ce que c’est un choix personnel ?

Je pense que c’est un peu les deux. Puisque je ne sors pas beaucoup, j’ai beaucoup de temps pour travailler et j’adore travailler beaucoup, ceci explique donc cela. J’ai beaucoup d’amis, comme tout le monde, je connais beaucoup de monde, j’ai quelques très bons amis et j’aime beaucoup passer du temps avec eux, mais je n’aime pas sortir dans des bars pour parler de la pluie et du beau temps… Je ne cours pas après une carrière ou quoi que ce soit du genre. Je ne fonctionne pas par réseau.

Au Hellfest, en 2009, je t’ai vu avec Lucia et votre fille. Est-ce que vous l’emmenez toujours en tournée avec vous ?

Oui ! On voyage avec elle depuis qu’elle est de ce monde. Elle a déjà été dans seize ou dix-sept pays !

Et comment le fait d’être devenu père a fait évolué les idées que tu mets dans tes paroles ou ta manière de penser ?

Je crois que j’ai eu beaucoup de temps pour me préparer à devenir père et ça ne m’a pas changé tant que ça. Bien entendu, ce n’est pas pareil : il faut avoir un troisième œil pour veiller sur son enfant en permanence, il faut toujours faire gaffe à ce que tout aille bien, à ne rien faire de dangereux ou de dingue, ce genre de chose. En dehors de ça, au niveau de mon état d’esprit, rien n’a changé. Je ne crois pas.

En avril, tu as sorti un EP avec ton projet solo intitulé OK•ZTEIN•OK. Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans ce projet ?

Quand j’en ai eu fini avec l’album WTF?!, j’avais encore plein d’idées sur le feu, je me suis donc dit qu’il fallait que je batte le fer tant qu’il était chaud et que j’en profite pour en réaliser certaines. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai sorti ça.

Tu as aussi déclaré que toi et Tim Sköld aviez prévu de faire une suite à votre collaboration de 2009. Où en est ce projet actuellement ?

Actuellement, c’est au point mort. Il n’y a rien eu de nouveau depuis. Je suis très occupé en ce moment et Sköld a l’air de l’être aussi. Il vient de sortir quelque chose avec d’autres mecs scandinaves. En fait, ça fait un moment qu’on ne s’est pas parlé, mais c’est normal. Lui et moi, on est vraiment très proches et dingues quand on travaille ensemble, puis, après, on ne se parle plus pendant quelques années jusqu’à ce que le cycle recommence.

Tim Sköld semble avoir eu un rôle-clé dans l’histoire de KMFDM. Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de travailler avec lui ?

Je ne dirais pas qu’il a eu un rôle-clé… Il a fait une chanson sur l’album Symbols, puis tous les deux on a fait entièrement Adios, et ensuite il a contribué à quelques chansons d’Attack. Après, il est parti avec Marilyn Manson pendant sept ans. Je ne dirais donc pas qu’il a eu un rôle-clé mais, bien évidemment, il a eu son rôle à jouer à l’époque. Bien sûr, on a aussi fait MDFMK ensemble. C’est un peu comme si on avait pris le train en route ensemble et qu’on y était resté pour quelques années ; ensuite, il a eu une autre opportunité professionnelle et il s’y est jeté corps et âme.

Est-ce que tu as déjà songé à ce qu’il fasse partie du groupe à nouveau ?

Là, maintenant, ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour, non. Quand on a fait Skold VS KMFDM, je lui ai dit : « Hé, ça te dirait de venir en tournée avec nous pour faire deux, trois trucs ? » et il m’a juste répondu qu’il ne voulait plus se retrouver dans un tour-bus. Chacun son truc…

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter, peut-être au sujet de votre tournée à venir en Europe ?

Oh, j’ai hâte de reprendre la route demain. Tous mes bagages sont prêts, je n’ai plus qu’à m’occuper de quelques petits détails par-ci, par-là. Demain matin, je vais tout envoyer à l’entrepôt et demain après-midi le tour-bus va venir nous prendre et on sera parti. Les autres membres du groupe sont dans l’avion qui va de Seattle à New York en ce moment, et demain matin, ils seront là !

Ils vivent tous aux États-Unis ?

Certains d’entre eux, enfin, la plupart d’entre eux à vrai dire. Jules [Hodgson] et Steve [White] vivent à Seattle, et Andy [Selway] habite en Floride. William est aussi à Seattle et Lucia et moi, on habite ici.

Ce n’est pas compliqué de travailler avec des gens qui vivent à l’autre bout du monde ?

Non, ça coûte seulement très cher [rire]. Il faut juste espérer qu’il n’y ait pas un volcan qui entre en éruption en Islande ou quelque chose comme ça. En tout cas, pas avant demain matin !

Vous avez eu des soucis quand ce volcan s’est réveillé ?

Non, encore heureux ! C’est arrivé à un moment où on n’était pas en voyage, Dieu merci. Ce genre de chose peut complètement gâcher une tournée.

Interview réalisée le dimanche 23 octobre 2011 par phoner
Traduction et Retranscription : Chloé

Site Internet KMFDM : www.kmfdm.net



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Rival Sons + MNNQNS @ Cenon
    Slider
  • 1/3