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KNOTFEST // HELLFEST : fil rouge du jour zéro


Trois jours c’est bien. Quatre jours c’est mieux. Nous voilà en route pour la première édition française du Knotfest qui vient prolonger de 24 heures la grand-messe clissonnaise. Au programme des deux Mainstages, les seules scènes réquisitionnées pour l’occasion, Sick Of It All, Amaranthe, Ministry, Behemoth, Papa Roach, Powerwolf, Amon Amarth, Rob Zombie, Sabaton et bien sûr… Slipknot en maître de cérémonie. Une affiche plutôt  »grand public » mais hétéroclite qui a visiblement trouvé son public au vu du nombre de festivaliers ayant réservé leur sésame. En somme, une belle raison de se lever plus tôt en ce jeudi matin et de s’échauffer les esgourdes dans les règles de l’art.

15h27 : Il fait 54 °C dans la Clio, les M&M’s ont atteint leur point de fusion, on est bien.

16h37: Telle une armée de chenilles processionnaires, des centaines (milliers ?) de véhicules, pour la plupart remplis de houblon, se dirigent religieusement vers Clisson. Et clairement personne ne va passer le mur du son.

17h46 : « Welcome to Knotfest in the kingdom of Hellfest! » Ça y est, la grande valse saturée démarre officiellement avec Sick Of It All qui a sorti les bandanas et lance les hostilités de la toute première édition du Knotfest en Europe. Un combo hardcore bien ‘ricain pour lancer en toute violence les préliminaires devant un parterre rempli à moitié mais qui moshe déjà méchamment et dont le premier circle pit part dès le deuxième morceau. Des hymnes à base de « wooohooo », de la grosse basse (peut-être un peu trop d’ailleurs), des gens qui sautent et des riffs simples qui font guincher les casquettes à l’envers… avec beaucoup de fois les mots « shit » et « fuck » lâchés par Lou Koller. Bref, un concert classique de ceux qui font partie des patrons du hardcore new-yorkais. Une première dose de vitamines bienvenue pour un groupe culte de sa scène, qui ne suffira pas à réveiller le bébé dans le couffin sur scène (!!!), bien entendu protégé auditivement, Hardcore New York Family, toussa toussa… Le set se termine avec « Step Down » qui annonce donc la couleur pour la suite du festival.

18h09 : Sobrement vêtus, bassiste et guitaristes d’Amaranthe entrent dans le vif du sujet, suivis quelques instants plus tard par le trio vocal qui pose les premières notes. Précises et dotées chacune d’une tessiture bien identifiable, les trois voix marquent d’emblée les tympans. La fanbase placée dans les premiers rangs et les curieux un peu en retrait moshent ensemble dès le deuxième morceau et s’unifient dans d’amples mouvements capillaires. Elyze Rid gratifiera son audience d’une magnifique intro solo sur fond de piano / electro, rejointe ensuite à la tierce par son collègue puis par le public qui reprend le refrain en chœur. De plus en plus libérés au fur et à mesure du set, les musiciens finiront leur set devant une fosse bien fournie et pas tendre avec le pavé.

18h26 : Un accordéoniste se déchaîne sur la Hellstage. La vio-lence.

18h44 : « We’re gonna play some old stuff. » Il semblerait que Monsieur Jourgensen soit d’humeur nostalgique car il nous offre là un set retro, ne comportant aucun son récent de la discographie de Ministry. Avec évidement le classique « Just One Fix », ce set s’avère très énergique, sans emphase prog plus présente sur les deniers albums et sans aucun blabla de la part du frontman (qui descendra quelques bières, on ne se refait pas). Le pied de micro change, la scénographie change, avec notamment un gigantesque écran courbé entourant le groupe en haut de scène, le tout diffusant plusieurs extraits vidéo de clips ou de scènes de rue : le message politique est toujours bien mis en valeur. Seul hic : un frontman ne devrait pas s’attaquer à des solos de guitare qui n’avaient pas mérité ça. À noter, la présence de Paul d’Amour, bassiste originel de Tool qui a rejoint les rangs du groupe tout récemment. Un excellent set d’un groupe plus en forme que par le passé et qui n’est même pas tombé dans le cliché.

19h31 : Behemoth s’impose sans sommation ce début de soirée. Au milieu des jets de flammes millimétrés, le quatuor fait parler sa maîtrise et sa cohésion, tant sur le plan technique que sur sa performance scénique : les regards sinistres et froids des musiciens donnent d’autant plus de corps à leur musique implacable. Quelques mots du frontman sur l’affiche combinée Knotfest/Hellfest servent de ponctuation pour haranguer l’audience mais dans l’ensemble le groupe ne s’embarrasse pas d’une communication artificielle et préfère se concentrer sur l’exécution appliquée de son set. Le son est massif et équilibré même si le chant guttural se retrouve parfois noyé dans le magma des riffs antéchristiques. Quelques morceaux du dernier album sont de la partie mais globalement le set a été avant tout pensé pour être percutant. Les canines ensanglantées, Behemoth conclut sa prestation au milieu des flammes avec en bonus un vol plané d’une malheureuse Jackson qui avait rempli son office avec spectacle et efficacité.

20h36 : Nos « nu-metalleux » ont largement évolué depuis la sortie d’Infest en 2000. Avouons-le, cet album a fait l’effet d’une bombe dans la sphère metal. Grosse énergie, riffs efficaces, tubes planétaires synonymes d’hymnes pour les 15-30 ans de l’époque, bref… Les membres de Papa Roach viennent aujourd’hui défendre leur dernier album, Who Do You Trust?. C’est avec une savoureuse chemise seyante guépard que Jacoby Shaddix, chanteur énervé et encore plus chargé de Guronsan qu’à la belle époque, démarre avec « Last Resort ». L’énergie du temps passé resurgit pendant plusieurs morceaux. Ils sont là! Bien présents ! Ça déroule sur le nouvel album, ça bifurque vers les méga-tubes. Les fans sont surpris, les autres sont enchantés. L’émotion redescend vers la moitié du set. Peut-être un chouilla trop pop, nu, pop papa roaché. Mais le frontman fait participer le public… et c’est reparti de plus belle. La fosse est hypnotisée, le sourire aux lèvres, une main toujours levée, la nuque vibrante… Ça groove ! Pensée à Chris Cornell et énorme hommage à Keith Flint de Prodigy vers 20h15 avec une magnifique reprise pleine d’émotion de « Firestarter » qui embraye sur « Getting Away With Murder ». La foule est ailleurs et Papa Roach répand toujours un p#### de bonheur autour de lui.

21h24 : Un concert de Powerwolf est toujours un événement en soi. Les Allemands ne s’en cachent pas, tout dans leur musique est taillé pour une expérience live qui flirte avec le kitsch, celui qu’on apprécie, un univers de contes obscurs et de bêtes monstrueuses, narré avec la fougue digne d’un des porte-étendards du power metal. The Sacrament Of Sin, dernier album en date, n’a pas altéré la tradition thématique de Powerwolf. L’espace d’une heure, le Knotfest devient l’antre de bardes survitaminés. Déguisements d’ébène et maquillage gris, le show de Powerwolf répond à une tradition allemande de grandiloquence et d’extraversion. Même les micros ont l’apparence d’immenses croix destinées à laver du loup-garou et purger du démon. La formation n’a pas traîné à rentrer dans le lard des festivaliers qui ne peuvent que déplorer un excès de basse (en dépit de l’absence de bassiste !). La voix du frontman est toutefois impressionnante de netteté, à l’instar des leads de guitare. Si l’on peut devenir allergique au trop-plein d’artifices propre au genre, force est de constater que la communion se fait très facilement : de l’efficacité des chœurs en concert… Cerise sur le gâteau, Attila s’exprime dans un français parfait. Il incite la foule à se déchaîner sur les accents « folk » des chansons et à reprendre ses lignes vocales, quitte à transformer le tout en musique de fête champêtre. La complicité entre les membres est tout de suite flagrante, chacun s’amuse à mimer les soli des autres pour former un grand et joyeux bordel organisé. Dommage que le frontman invective les femmes en mimant la forme de leur poitrine. Du mauvais goût bon enfant qui fait partie du folklore, mais du mauvais goût tout de même. Quoi qu’il en soit, Powerwolf réalise une prestation pratiquement parfaite sur le plan technique et scénique où tout le monde répond à l’unisson. Une véritable célébration du heavy à tête de loup.

22h24 : Après un beau Bataclan hier à Paris, l’équipe de Rob Zombie est présente au Knotfest ! Et Monsieur Zombie ne semble pas avoir perdu sa voix, pourtant souvent à court de souffle lors de ses concerts. Des vidéos comme s’il en pleuvait, un John 5 toujours aussi impressionnant, Piggy D. toujours aussi souriant et Ginger Fish toujours aussi taré. Et Sheri Moon qui pope en backstage… Le set démarre fort et enchaîne les tubes avec « Meet The Creeper », puis « Superbeast », « Living Dead Girl », « More Human Than Human » (avec son habituel bain de foule), « Get High », « Dead City Radio And The New Gods Of Supertown », suivi d’une reprise des Beatles sur « Helter Skelter » (repris habituellement avec le copain Manson), « Get Your Boots On! », « Well, Everybody’s Fucking In A U.F.O. » (avec des ballons géants de partout circulant à travers la foule). Un beau freakshow avec plein de couleurs partout, des musiciens atypiques sous le soleil couchant et les flammes naissantes. Le public aura même droit à « Blitzkrieg Bop ». Avant le rappel, une courte bande-annonce passe sur les écrans pour annoncer 3 From Hell, le prochain film de Rob Zombie. Un peu de pub ne fait jamais de mal. Le rappel se fera évidemment sur « Dragula ». Tout le monde crie « Zombie », Zombie crie « Hellfest », tout le monde est content, surtout nous.

23h47 : Sans surprise au vu du nombre de logos du groupe repérés sur des T-shirts depuis l’ouverture des portes, c’est devant une foule bien dense qu’Amon Amarth attaque son set. Le batteur Jocke Wallgren domine la scène au milieu d’un casque à cornes du plus bel effet, tandis que Johan Hegg, très en voix et toujours chaleureux sous ses dehors de Viking, arpente la scène en long et en large et chauffe un public qui en a à peine besoin. Le nouvel album, Berserker, est représenté par « Crack The Sky » et son riff si caractéristique, mais le groupe fait surtout la part belle au reste de sa discographie. Côté scénographie, on est gâtés : outre le traditionnel toast à la corne à boire ouvrant « Raise Your Horns », de grandes runes enflammées accompagnent « Guardians Of Asgard », une paire de Vikings viennent se taper dessus à intervalles réguliers et Jormungand sort des flots pour « Twilight Of The Thunder God ». Les Suédois n’ont pas usurpé leur réputation de showmen et le public semble plus que satisfait de la prestation.

01h45 : L’hydre à neuf têtes apparaît à 23h30 sur la Mainstage 1, faisant tomber leur backdrop de protection floqué Slipknot. Et d’emblée… quelle énergie déployée ! Après avoir enchaîné trois titres (« People=Shit », « (sic) », « Get This »), Corey demande à la fosse de s’écarter afin qu’un festivalier puisse se relever ! Après lui avoir demandé si cela allait, et eu comme réponse un « oui », Corey hurle un « s*ck my mother-f*cking-d*ck » en guise de retour. Pourquoi pas. S’ensuit une petite pause durant laquelle Corey clame au nom de tous ses plus chaleureux remerciements pour ce premier Knotfest en France. Et visiblement il souhaite le marquer au fer rouge avec ses acolytes. Le nouveau single « Unsainted » est jouée de manière très rapide, de manière quasi mystique. Corey demande au public son « ta-ta-ta » pour lancer « Custer »… Ce que le public ne suivra pas, provoquant un rire nerveux chez le chanteur juste avant de lancer celle-ci. Si l’on peut douter de l’apport des deux gratteux sur le son-album, autant en live, en communion avec Jay, c’est une autre histoire. Les deux guitaristes sont très en forme ce soir et on souligne la belle prestation de Vman qui aura un son plutôt correct à la basse sur l’ensemble du set. Corey, en véritable frontman, remercie les artistes qui l’auront accompagné en cette journée, le Hellfest et son organisation, et bien sûr les nombreux festivaliers ayant répondu présents. Le set se termine par le premier « Spit it Out » d’un Knotfest sur le sol européen, et par le sulfureux « Surfacing ».

02h07 : Pas évident, comme le fait remarquer d’entrée de jeu le frontman Joakim Brodén, de passer après la tête d’affiche. Et pourtant, le public est encore bien au rendez-vous, à un point qui semble étonner le groupe. Niveau mise en scène, Sabaton a sorti l’artillerie lourde, avec pyros, tank, sacs de sable et même un chœur d’hommes, présent sur une bonne partie du set. Toute la discographie du groupe est bien représentée, de Primo Victoria au petit niveau même pas sorti, et les musiciens s’en donnent à cœur joie. Les guitaristes Tommy Johansson et Chris Rörland font les pitres, Brodén se donne à 200 % derrière ses lunettes d’aviateur et le bassiste Pär Sundstrom court comme à son habitude dans tous les sens. Le groupe est à la fête, le public aussi, et même si la foule se fait plus clairsemée passé 2h du matin, Sabaton aura réussi son pari de boucler le Knotfest en beauté. Chapeau.



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  • Je garde behemoth… Le sérieux de slipknot… Zombie toujours rock and roll décadent… Et amaranthe, plus bullshit tu meurs !

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  • Slipknot n a pas joué metabolic. Il y a eu prosthetics.

    [Reply]

  • « Corey demande au public son « ta-ta-ta » pour lancer Custer… Ce que le public ne suivra pas (qui savait sûrement à quoi s’attendre de sa part), et provoque un rire nerveux chez le chanteur juste avant de lancer celle-ci »

    >>> Si quelqu’un pouvait me donner une explication, ça serait sympa ?
    Bien cordialement.

    [Reply]

    RM

    C’est reformulé. 😉

    Rififi

    En fait, j’avais souhaité avoir une explication sur le fait que le public ne suive pas le ta-ta-ta. Que fait / dit Corey ?

    Schlipack

    Il imite le riff d’entrée de la chanson « Custer » sur un rythme plus lent d’abord pour voir si la foule reconnait. Ce qui n’a pas été le cas de grand monde à priori.

  • Behemoth obséquieux ? Êtes-vous certains de ce que vous avez écrit ?

    [Reply]

    RM

    En effet, mauvais adjectif ! On voulait dire sinistre / funeste. C’est corrigé.

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