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Interview   

Kontrust : un remue méninges explosif


Le mélange sonore que propose Kontrust paraît difficile à réaliser, tant le groupe se permet de piocher de manière très ouverte dans différentes influences, tout en se fixant pour objectif de produire une musique directe. Une musique qui nécessite de longues « sessions de remue méninges » visant à assembler des chansons en piochant dans une centaine d’ébauches comprenant des idées variées et implique de réussir à se concerter et se mettre d’accord au sein d’un groupe comprenant plus de membres que la moyenne des formations rock/metal plus traditionnelles. Cela étant dit, tous les choix artistiques du groupe, de la musique au look en passant par les textes, aussi fastidieux soient-ils à mettre en place, ont tous pour origine des idées spontanées.

Leur dernier album, Explositive, étant sorti il y a trois ans, le guitariste Mike Wolff a évoqué le recentrage dont le groupe avait fait preuve sur ce disque sans pour autant le prendre pour autre chose que ce qu’il est : une photographie de ce qu’est le combo à un instant T. C’était aussi l’occasion d’évoquer l’avenir et de l’interroger sur un éventuel prochain disque.

« Notre approche est toujours un peu chaotique [petit rire], avec beaucoup de discussions, parfois même quelques bagarres, mais à la fin ça a toujours du sens et ça paie. »

Radio Metal : Votre dernier album, Explositive, est sorti il y a trois ans maintenant. Quels retours avez-vous eu suite à ce disque au cours de ces trois années ?

Mike Wolff (guitare) : Des retours de toutes sortes ! Ces trois ans ont été très intenses pour nous. Nous avons donné beaucoup de concerts, une grande tournée découpée en plusieurs étapes, plusieurs mois au cours de ces trois dernières années. Nous avons eu de bonnes critiques, surtout par la presse étrangère qui a beaucoup aimé l’album car il semblerait que, pour notre style musical, nous soyons revenus un peu plus à nos racines que sur notre précédent disque, Second-Hand Wonderland, qui était très orienté pop, c’était quasiment un album pop en fait. Donc nous avons eu cette fois-ci de très bonnes réactions que ce soit de la part du public ou bien de notre fan base, tout le monde était content d’avoir un album un peu plus hard que le précédent. C’était donc un bon album pour nous, et celui que nous sommes en train d’écrire devrait sortir mi-2018 – ce n’est qu’une estimation assez approximative -, soit au début soit à la fin de l’été 2018, tout dépend de la vitesse à laquelle nous avancerons, et nous essayons aussi d’inclure dans ce nouvel album toutes nos influences, particulièrement celles que nous avons découvertes ici en France en jouant pendant six mois devant un nouveau public, ce qui a été franchement spectaculaire !

Maintenant que trois années se sont écoulées, que pensez-vous d’Explositive, avec plus de recul ?

Tu es toujours super fier lorsque tu sors un nouvel album mais à partir du moment où tu commences à travailler sur son successeur tu te dis : « Oh je dois vraiment faire mieux, je dois vraiment faire quelque chose de différent, je dois changer ça et ça et ça… » Du coup tu essaies toujours de te dépasser. Te dépasser pour créer quelque chose de nouveau, te dépasser pour franchir de nouvelles limites, du genre : « Comment Kontrust devrait sonner en 2018 ? Qu’ai-je envie de changer ? Qu’est-il bon de changer ? » D’après ce que nous avons déjà écrit jusqu’à présent, nous avons beaucoup de mélodies accrocheuses, très fortes ainsi que pas mal de percussions et éléments de batterie, cet album sera donc plus dans le style de Second-Hand Wonderland qui était un album pop un peu plus surproduit, ce que nous avons beaucoup aimé faire. Donc oui, en attendant, je dirais qu’Explositive était bon et que le prochain sera encore meilleur !

Il y a quelques années tu as déclaré que sur Explositive vous aviez voulu revenir à un style beaucoup plus direct mais sans pour autant perdre votre capacité à expérimenter différents sons et différents aspects. Dirais-tu que Kontrust c’est cette dualité entre jouer avec les sons tout en écrivant des morceaux énergiques ?

Je dirais que tu as parfaitement répondu à cette question [rires]. Comme tu viens de le dire, et ce que j’ai également déjà déclaré, Explositive était plus un retour à nos racines, plus rentre-dedans, mais sans pour autant essayer de refaire quelque chose que nous avions déjà fait et qui avait marché ! Et cela a plutôt bien fonctionné. Je pense qu’avoir une nouvelle approche aide toujours. Ce que je veux dire c’est que je suis toujours le même musicien, je joue toujours avec le même groupe, donc Kontrust sera toujours Kontrust en quelque sorte. Néanmoins, étant donné que notre style musical nous permet d’être varié et d’essayer tout un tas de choses différentes, il est probable que nous ferons des trucs auxquels nous n’avons même pas encore pensé pour ce nouvel album. Il pourrait donc y avoir un son de batterie plus puissant, de grosses percussions et pourquoi pas quelque chose qui sonnerait vraiment épique. Mais il y aura toujours des chansons très solides et peut être même des trucs sur lesquels on pourra danser et peut-être des morceaux un peu mielleux ! J’appelle ça la « tambouille mystérieuse ».

Dirais-tu qu’Explositive a été une sorte de pierre angulaire pour le groupe et qu’il aura un impact sur le reste de votre carrière ?

Oh absolument ! Je pense que chaque album l’est. Peu importe que ce soit un bon ou un moins bon album, je crois que le plus important est de te dépasser et dépasser les limites. Quand tu sors un album il te définit à l’instant T. Explositive, il y a trois ans, représentait ce que nous pensions de nous-mêmes à cette période et maintenant ce sera bien évidemment différent car nous avons tous vécu d’autres expériences, nous avons donné beaucoup de concerts, en particulier dans de nouveaux pays, comme la France, donc nous allons incorporer tous ces nouveaux éléments dans notre travail et tâcher d’en faire une nouvelle étape dans notre carrière.

Combien de chansons avez-vous déjà écrit pour le nouvel album ?

Nous avons environ une centaine d’idées de morceaux. Ce ne sont pas des chansons entières mais des morceaux d’environ une minute. Nous avons une idée, nous avons un couplet et un refrain ou parfois juste un des deux et ensuite, après ce que nous appelons « les sessions remue-méninge » [petits rires], nous débutons la composition. Nous prenons donc toutes ces idées et voyons laquelle peut coller avec une autre, parfois même trois idées s’emboîteront, et puis il y a tout un tas d’idées que nous n’utiliserons finalement pas. Nous sommes actuellement en train d’expérimenter avec un maximum de matière, d’idées, sans se restreindre. Nous ne voulons pas seulement être un autre groupe de metal ou un autre groupe de rock. Kontrust a toujours eu ce son unique et bien défini, du genre : « Oh ils ont mis un paquet de musique là-dedans ! » Tu pourras entendre de l’électro, tu pourras entendre de l’euro dance, tu pourras entendre du metal, tu pourras entendre du rock… Tout ça mélangé dans une seule chanson.

« Je perds tout le temps mon pantalon sur scène ! […] Et puis tu transpires terriblement avec, donc après avoir joué trois dates tu commences à vraiment puer ! Mais tout ceci mis à part, c’est aussi très sympa de voir le sourire sur le visage des gens quand tu montes sur scène pour jouer du hard affublé de ce genre de truc. »

Guitares, basse et batterie mises à part, Kontrust possède également deux vocalistes et un percussionniste, ce que l’on ne voit pas beaucoup dans les groupes de rock et de metal. En quoi cela impacte l’alchimie, la manière d’écrire et l’énergie en concert par rapport à un line-up plus ordinaire ?

Bien sûr nous essayons de travailler avec tout ce que nous avons. Nous savons donc, par exemple, que les percussions sont très importantes pendant les concerts, simplement parce qu’elles apportent beaucoup de textures aux morceaux existants ! C’est la même chose avec les deux chanteurs. C’est important pour nous d’amener tout ça, ça nous différencie. Non pas que nous faisions tout ça pour être différent de façon calculée, c’est juste que ça se fait tout seul. Lorsque tu écris autant de musique que nous, il arrive un moment où tu te dis : « Ok mais il n’est pas forcé que ce ne soit que du metal. » Tout d’un coup, tu peux te retrouver avec un rythme de samba aux percussions et dessous, la batterie joue un beat metal super costaud, puis tu y ajoutes peut-être, je ne sais pas, un son de guitare à la Sepultura, et soudain tu te retrouves encore une fois avec un truc unique et très différent. Donc oui, notre approche est toujours un peu chaotique [petit rire], avec beaucoup de discussions, parfois même quelques bagarres, mais à la fin ça a toujours du sens et ça paie puisque nous sortons quelque chose d’unique et différent, et qui est toujours sympa à jouer live ainsi que bien perçu par le public qui, apparemment, nous aime bien parce que nous proposons toujours des trucs dingues ! [Rires]

En parlant de trucs dingues, le groupe est connu pour porter des Lederhosen (shorts Bavarois à bretelles, NDLR) et vous les portez depuis la vidéo de « Bomba ». qu’est-ce que ça représente pour vous ?

[Rires] Ok, voilà l’histoire derrière tout ça. C’est assez drôle d’ailleurs. Quand nous avons fait « Bomba » en 2009 il s’est passé deux trucs. Nous étions complètement fauchés, le groupe n’avait pas d’argent du tout, donc nous nous sommes dit : « Quel est le clip le moins cher que nous pouvons faire ? » Puis nous nous sommes dits également : « Vous savez quoi ? On vit tous à la campagne dans les Alpes, alors filmons quelque chose ici. » En Autriche et en Allemagne, évidemment, le Schlager (musique populaire du Nord de l’Europe, NDLR) et la musique folklorique et traditionnelle sont très, très importants. Tout le monde met ce style de vêtements traditionnels et chantent des chansons très joyeuses. Donc nous avons pris cette idée et filmé notre vidéo. Si tu coupes le son, ça ressemble à une de ces joyeuses chansons folkloriques, mais si tu remets le son, tout le monde est surpris parce qu’en fait c’est un groupe de hard rock ! C’est ainsi que ça a commencé. Et « Bomba » a été le premier morceau qui a vraiment bien marché pour nous. D’un seul coup les gens se sont mis à parler du groupe en disant « le groupe de rock qui porte des Lederhosen en faisant les fous. » A la base, porter ces Lederhosen n’était prévu qu’une fois, pour cette vidéo, et pour la suivante, nous pensions faire autre chose. Ce que nous avons fait et personne n’a aimé ! C’est assez similaire à l’affaire d’Eddie avec Iron Maiden, quand ils ont essayé de supprimer Eddie, le monstre. Mais ça pas marché, les gens n’ont pas aimé, et ils ont dû le faire revenir. C’est la même chose pour nous et les Lederhosen : nous avons essayé de ne plus les porter parce que pour nous c’était juste pour un clip mais nous avons réalisé que nos fans aimaient ça, ils adorent ces trucs ! Au début, nous ne portions les Lederhosen que pour une ou deux chansons pendant nos concerts, la plupart du temps au moment du rappel, et puis nous nous sommes dit « Vous savez quoi ? On s’en fout, on les porte pour tout le concert ! » Et les gens sont devenus dingues ! Ils ont commencé à venir à nos concerts habillés avec leur propres vêtements traditionnels. Donc oui, ça nous colle à la peau, c’est notre marque de fabrique.

Est-ce confortable de jouer sur scène avec ces pantalons ?

[Éclat de rire] Je perds tout le temps mon pantalon sur scène ! Pour une raison étrange ils n’ont pas les meilleures bretelles, elles sont trop lâches, et donc après chaque chanson je suis obligé de les remonter. Et puis tu transpires terriblement avec, donc après avoir joué trois dates tu commences à vraiment puer ! Mais tout ceci mis à part, c’est aussi très sympa de voir le sourire sur le visage des gens quand tu montes sur scène pour jouer du hard affublé de ce genre de truc. Les gens adorent et c’est tout ce qui nous importe. Si nous pouvons donner à notre public quelque chose qu’il aime, qu’il va apprécier, ça nous rend heureux et c’est pour ça que nous sommes là ! Pas seulement pour composer de la musique mais également pour divertir le public qui aime notre musique. Et s’il aime nos Lederhosen, alors nous jouerons en Lederhosen !

Vos paroles sont principalement en anglais bien que l’allemand et les langues slaves soient parfois incorporées dans vos morceaux. Comment choisissez-vous la langue des chansons lorsque vous composez ?

Encore une fois, ce n’est pas fait intentionnellement. En général, lorsque nous commençons à poser des paroles sur notre musique, nous avons d’abord des lignes de chant phonétiques. Ça signifie qu’il n’y a pas encore de mots, juste des « lalalala » ou « bababababa » ou autre, de façon à avoir la mélodie de base que nous pouvons travailler avec les autres instruments. A un moment, il y a deux albums de ça, nous nous sommes dit que ça pourrait être amusant d’essayer, si quelque chose sonnait mieux en espagnol ou en anglais ou en allemand, de le mettre dans nos morceaux et de mélanger le tout. Mais tout dépend aussi du riff de guitare que tu as, de la ligne de basse ou du rythme de la batterie, on choisit la langue qui colle le mieux. Pour nous, il n’est pas nécessaire que ce soit en anglais. Nous sommes assez flexibles sur ça aussi.

Interview réalisée par téléphone le 23 octobre 2017 par Philippe Sliwa.
Retranscription & traduction : Nathalie Holic.

Site officiel de Kontrust: www.kontrust.info.

Acheter l’album Explositive.



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