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Interview   

Kopek : à la gloire de l’imperfection


Ce n’est pas une nouveauté, de plus en plus de groupes cherchent à retrouver l’essence de la composition de la musique des années 70, en écrivant à partir de jams, en choisissant de laisser les imperfections de l’interprétation et en se servant de la musique comme vecteur pour faire passer des messages. Kopek, trio de hard irlandais encore récemment inconnu au bataillon jusqu’à ce qu’ils soient repérés par Century Media Records, incarne cet état d’esprit.

Rencontre avec Brad Kinsella qui nous confirme qu’un Irlandais, vu la météo peu clémente du pays, ne peut que devenir artiste.

« Nous sommes beaucoup influencés par des artistes tels que les Beatles, John Lennon ou Bob Marley : ces gens faisaient passer des messages dans leurs chansons. Aujourd’hui, cette manière de composer a pratiquement disparu. La musique, c’est avant tout communiquer quelque chose : c’est ce que nous essayons de raviver, en quelque sorte. »

Radio Metal : Malgré votre récente signature sur Century Media Records et vos influences musicales, on vous connaît peu : peux-tu nous présenter Kopek ?

Brad Kinsella (basse) : Eh bien, nous sommes amis depuis longtemps : on a commencé à expérimenter et à développer notre créativité en composant des chansons çà et là, puis notre objectif a été de devenir de meilleurs musiciens. Le nom du groupe, Kopek, a été choisi car on trouvait qu’il sonnait bien. Nous avons écrit huit ou dix chansons puis nous sommes partis voyager autour du monde et avons eu la chance d’être repérés par un super label, Religion Music : on a enregistré l’album White Collar Lies et tourné aux États-Unis. Cette année, nous avons signé sur Century media Records et White Collar Lies va sortir dans toute l’Europe : on est très excités !

Certaines chansons de vos débuts se trouvent-elles sur White Collar Lies ?

C’est un mélange : la majorité des chansons de l’album ont été composées en studio et d’autres, quelques mois avant l’enregistrement. Certaines chansons datent des débuts, mais en grande majorité, les chansons sont toutes nouvelles.

Vous avez déclaré dans une interview, à propos de Century media Records : « Trouver autant de passion dans l’industrie musicale aujourd’hui est vraiment rare ». Considérant l’opinion négative qu’ont les fans de musique des labels, c’est plutôt rare d’entendre de tels propos !

Aujourd’hui, il est rare d’entendre de bons groupes. En effet, si un groupe ne cartonne pas dès son premier album, on n’en entendra plus jamais parler. Beaucoup de nos artistes favoris ont eu le temps et la chance de développer leur art et d’arriver à leur but disque après disque : voilà ce à quoi nous faisions allusion en disant cela.

« La perfection n’est pas de ce monde : la vie n’est pas parfaite, ainsi que ne l’est la nature. La musique se doit donc de représenter aussi cette imperfection. »

Vous êtes plutôt jeunes : comment avez-vous fait pour rejoindre Century Media Records ?

Je suppose que la chance nous a souri. Nous jouions depuis huit ans, avions joué aux États-Unis et obtenu un certain succès, donc je pense que le label s’est dit que nous serions un bon investissement. Comme je l’ai dit, tu dois être chanceux pour réussir. J’espère que cela va continuer : on est en Allemagne en ce moment et la réaction du public est super. Nous sommes aussi impatients d’aller jouer en France et partout en Europe.

La pochette de l’album montre une explosion nucléaire sortant d’un costume : que signifie ce symbole, serait-ce une sorte de message à l’encontre du capitalisme ?

Les chansons représentent tout ce dont nous avons parlé au travers de nos discussions ou répétitions. Je crois que les thèmes dont nous parlons sont communs à beaucoup de gens du monde entier : chacun réalise les erreurs qu’ont commises les banques et les politiciens. Tout ce que nous essayons de faire, c’est de nous donner, et à ces gens aussi, une sorte de tremplin et aussi, on l’espère, de les inspirer.

La chanson « Love Is Dead » est sur la B.O de Saw 3D : cela vous a-t-il aidé à être plus remarqués ?

Ce genre de choses aide, bien sûr. Certaines de chansons sont utilisées pour des programmes TV ou des films : ainsi, je ne pense pas qu’une seule chanson puisse vraiment t’aider. Chaque chanson aide le groupe à aller dans la bonne direction, en quelque sorte.

Vous êtes un trio : vos chansons sont issues de jams et d’improvisations. C’est une sorte de manière « old school » de jouer du rock. Quand on regarde vos influences, on sent que vous êtes vraiment fans des années 70 et de la spontanéité de la musique de cette époque : est-ce juste de penser cela ?

Oui, très juste. Tout était une question de spontanéité et des idéaux ou raisons qui poussaient les gens à composer. Nous sommes beaucoup influencés par des artistes tels que les Beatles, John Lennon ou Bob Marley : ces gens faisaient passer des messages dans leurs chansons. Aujourd’hui, cette manière de composer a pratiquement disparu. La musique, c’est avant tout communiquer quelque chose : c’est ce que nous essayons de raviver, en quelque sorte.

Peut-on s’attendre à des jams sur scène ?

Eh bien, peut-être pas sur cette tournée. En ce moment, nous effectuons la promotion de notre album, nous allons donc jouer les morceaux de celui-ci en restant concentrés. L’année prochaine, peut-être, lorsque nous jouerons du nouveau matériel.

On peut voir de plus en plus de groupes, à l’heure actuelle, choisir de revenir à cette manière « old school » de composer. Comment expliques-tu cela ? Penses-tu que les musiciens sont allés trop loin en matière de technologie ou de perfection ?

Je crois, oui. La perfection n’est pas de ce monde : la vie n’est pas parfaite, ainsi que ne l’est la nature. La musique se doit donc de représenter aussi cette imperfection. La même chose est arrivé dans les années 80 : tout était tellement saturé de pop et de claviers que rien ne sonnait vrai. Et puis, Nirvana est arrivé et tout a changé. C’est rafraîchissant de voir que beaucoup de groupes reviennent à cette manière de composer.

« A la sortie d’un album, les gens viennent te voir en disant qu’ils ont aimé et une relation d’ordre spirituelle s’établit entre eux et toi : tu as trouvé des personnes pensant et ressentant la même chose que toi. »

Vous êtes irlandais et dans votre biographie, il est écrit que dans votre pays, il pleut tous les jours, 24h/24, ce qui vous donne du temps pour composer. Avez-vous déjà pensé à quitter l’Irlande pour un pays plus ensoleillé ?

Eh bien, si nous avions fait cela, nous n’aurions jamais composer de bonnes chansons ! (rires) On aime la pluie, tu sais !

Tu as dit que l’Irlande avait produit beaucoup d’artistes à cause du mauvais temps. Cela veut-il dire qu’un musicien a besoin d’une mauvaise météo pour être inspiré ?

Je crois qu’un temps noir et la pluie peuvent te pousser à aller plus loin dans l’expression de ton art. Le soleil ou le beau temps peuvent t’inspirer, mais généralement les chansons qui te touchent au plus profond de toi naissent lorsque tu te sens triste. C’est aussi la raison pour laquelle, je crois, l’Irlande a engendré tant de grands artistes, et ce dans tous les domaines artistiques.

Il est écrit dans votre biographie également que la musique doit être « un échappatoire vis-à-vis de la réalité » : cela veut-il dire qu’un artiste doit nécessairement se sentir étranger au monde qui l’entoure ?

Peut-être. Je pense qu’un artiste cherche toujours une sorte de communion d’esprit avec l’autre et c’est ce qu’il fait lorsqu’il compose une chanson. Il y a toujours une idée, un sentiment que tu cherches à partager. Par exemple, à la sortie d’un album, les gens viennent te voir en disant qu’ils ont aimé et une relation d’ordre spirituelle s’établit entre eux et toi : tu as trouvé des personnes pensant et ressentant la même chose que toi. Pour nous artistes, c’est très important.

Beaucoup de gens en France pensent que les Irlandais sont énervants car ils peuvent jouer de plusieurs instruments à la fois ! (rires) Tu peux confirmer cela ? (rires)

Eh bien, non ! Je peux jouer de la guitare, de la basse mais je ne suis pas un multi-instrumentiste. Il est vrai que les gens qui jouent de la folk en Irlande peuvent jouer de plusieurs instruments, mais je pense qu’en Europe, il y a beaucoup de talent aussi : on voyage depuis quelques semaines sur le contient et on a rencontré des musiciens vraiment doués ! Je ne sous-estimerais pas la créativité des Français : je suis persuadé qu’il existe beaucoup de gens doués dans ton pays.

Interview réalisée le 25 septembre 2012 par téléphone
Retranscription et traduction : Jean Martinez – Traduction(s) Net

Site internet officiel de Kopek : www.kopekofficial.com



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