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Live Report   

Koritni sue pour et avec nous


A l’occasion de la tournée de promotion du nouvel album de Koritni, Welcome To The Crossroads, le groupe était de passage à Lyon mardi 27 mars 2012. Le nom trouvé par la formation était « Sell Your Soul Tour », une fine marque de second degré qui n’était pas pour nous déplaire.

L’affiche dudit concert proposait trois groupes, Koritni et 4WD évoluant dans un registre similaire tandis que Karelia – qui commence petit à petit à s’émanciper de son statut de « Première partie officielle de Scorpions » – , en seconde position, constituait par conséquent une respiration musicale entre ces deux formations de hard rock/sleaze.

Artistes : KoritniKarelia4WD
Date : 27 mars 2012
Lieu : Lyon
Salle : Marché Gare

Le frontman de 4WD, qui porte le groupe à lui tout seul

Inconnus au bataillon, les Français de Four Wheel Drive (4WD) inaugurent la soirée avec un hard rock bluesy justement proche du registre de la tête d’affiche. Une musique se voulant par conséquent fédératrice et pêchue pour une prestation pourtant mollassonne. Si le chanteur-guitariste ne manque pas de prestance, ses deux compères guitariste et bassiste restent statiques et ne manifestent aucun effort pour transmettre au public une quelconque énergie. Ce qui ne rend pas service à des compositions efficaces bien que peu variées et qui mériteraient d’être exécutées avec plus de punch. Un réveil s’opère en fin de set, l’équipe finissant par se « lâcher » un peu plus.

Ce démarrage difficile mis à part, l’audience réagit bien et apprécie la musique du groupe et les interventions entre les titres du vocaliste, délicieusement cyniques et décalées.

La contribution de cet individu a fait de Karelia un groupe meilleur.

Quelques minutes plus tard et malgré le décalage musical par rapport à 4WD et Koritni, Karelia reçoit un accueil important et semble même jouer en terrain conquis : la fan-base se fait entendre à tel point qu’on en croirait que la moitié du public s’est déplacée pour les voir.

Si Karelia faisait déjà preuve d’une certaine prestance sur scène, voilà quelques mois que l’on perçoit un effort pour exploiter sur scène leur énergie et leur sens de l’humour. Un sens de l’humour que l’on connaît et qu’il aurait été dommage de ne pas mettre à profit. Les prises de parole du chanteur Matt Kleiber sont fédératrices et pleines de second degré et d’auto-dérision : « Oui, je sais, c’est un peu naze de rester sur scène pendant le solo de batterie mais il n’y a pas de place », « Voici une autre reprise (NDLR : ‘The Show Must Go On’ de Queen) à laquelle on n’aurait pas dû s’attaquer, vous avez le droit de nous lancer des tomates ». Une dernière intervention qui, pour la petite histoire, se retournera malheureusement de manière tragique contre le groupe. Un terroriste des pays de l’est utilisant comme couverture « journaliste pour un média rock/metal d’origine lyonnaise » profitera de l’occasion pour perpétrer un odieux attentat à la madeleine contre la personne du guitariste Samuel Clauss. Fin de la parenthèse.

La complicité au sein de la formation semble n’avoir jamais été aussi forte, les regards et les taquineries sont nombreuses. Une complicité qui génère naturellement une énergie et un plaisir à jouer communicatif, amplifié par un set percutant. Karelia a, en effet, à l’instar de sa prestation en première partie d’Edguy, choisi de réduire au maximum les temps morts en enchaînant le plus possible les titres. Même le solo de batterie de Fred Seiler – très efficace au demeurant, couplé à des samples de percussions orientales – s’insère parfaitement dans cette optique. Le retrait de quelques titres au profit de la dansante reprise de « Lift U Up » de Moby, du rock’n’roll « Keep Watch On Me » ou du punky « Attitude » (reprise des Misfits). Sur « Attitude » justement, un individu des plus sobres et des moins envahissants se sera d’ailleurs invité sur scène pour empêcher Samuel de jouer. Qui n’apprécierait pas ? « My TV Sucks », semi parodie de rap, présentée par un Matt grimé en rappeur bling-bling comme « un hommage à TF1 » aura un effet positif sur un public amusé dont le groupe aura su réveiller la fureur revendicatrice. Le titre en question avait divisé par le passé. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, le groupe ayant pris soin « d’annoncer la couleur » au préalable par quelques vannes. Une progression judicieuse, à l’image de ce set, nous montrant un Karelia de plus en plus convaincant dans un registre scénique plus percutant.

Koritni : « Mais où ai-je bien pu mettre cette guitare, nom de nom ? »

Nous vous parlions plus tôt de sens de l’humour. Koritni aussi en a, comme en témoigne le nom de la tournée : Sell Your Soul Tour (Vends ton âme). Un sens de l’auto-dérision qui pouvait donc laisser présager quelques vannes fines. Et elles étaient effectivement au rendez-vous. Car Lex Koritni, en plus d’avoir un charisme presque écrasant, sans pour autant être hautain, est un frontman particulièrement taquin, riant de sa propre incapacité à parler français alors que, de son propre aveu, sa petite amie est française. Entre autres blagues du style, il joue avec son public, annonçant : « Nous avons une chanson intitulée ‘Heaven Again' », puis, face aux réactions enthousiastes, répliquant (en mentant) : « Vous l’aimez bien ? Ça tombe bien, on ne va pas la jouer ! ».

Koritni se dépense pour et avec nous

Comme dit plus haut, ses compères ne sont pas pour autant mis en retrait et font preuve d’une énergie équivalente. Presque épuisante, même. Leur plaisir à être sur scène est communicatif, leur dépense d’énergie également. On bouge et on sue avec eux. Mention spéciale à la recrue française de cette tournée, le guitariste Manu Livertout dont l’éternel chapeau est on-ne-peut-plus à sa place dans ce contexte. Il est particulièrement en joie, le sourire en permanence aux lèvres et participant autant que possible aux chœurs. Dans un registre musical tout à fait équivalent, Koritni a ce soir marqué les esprits là où 4WD a fait office d’anecdote. Leur musique est-elle meilleure ? Peut-être, peut-être pas. Objectivement, bien que la comparaison n’ait pas grand intérêt étant donné la différence de contexte entre une première partie et une tête d’affiche, le show de Koritni a déjà pour lui d’être plus diversifié, notamment grâce au mini set acoustique s’intercalant à la mi-concert. Mais c’est surtout grâce à l’énergie naturelle générée par le plaisir qu’ils avaient à être sur scène que Koritni a produit une prestation immersive à laquelle, affinités ou pas, il était impossible de ne pas prendre part.

Setlist :

Down at the Crossroads
Dirty Letter
Game of Fools
Party’s Over
Not Your Man
Better Off Dead
Stab in the Back
Red Light Joint
155
Lost for Words
Got to Get You Into My Life

Set Acoustique :
Dance Mamma Dance
Sweet Home Chicago

Suite :
Emotional Audit
Highway Dream
Keep Me Breathing
Let’s Go Crazy
Let It Go
Under the Overpass

Rappel :
Heaven Again

Photos : Nicolas ‘Spaceman’ Gricourt

Galerie photos 4WD : lien.
Galerie photos Karelia : lien.
Galerie photos Koritni : lien.



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