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Conférence De Presse   

Korn et ses retrouvailles


Korn a un passé un peu houleux avec le Hellfest, simplement à cause de l’annulation du groupe, due aux intempéries, lors de l’édition 2007 du, alors jeune, festival. L’événement avait suscité l’indignation de la communauté et même de l’organisation du festival. Il a fallu six ans pour que Korn soit reprogrammé à l’affiche ; ce n’est pas faute, de la part du groupe, d’avoir essayé d’y remettre les pieds. Ben Barbaud lui-même s’est dit qu’il fallait tourner la page et a reconnu les dysfonctionnements dont souffrait le festival à l’époque. En conférence de presse, Korn revient sur les événements de l’époque : « Nous sommes venus, le générateur a pris feu, la scène tombait en lambeau et nous n’avons pas eu le temps de nettoyer le bordel. Mais Slayer a pu le faire et a joué. Nous n’avons pas pu car les conditions de sécurité n’étaient pas bonnes pour que quiconque puisse jouer. Slayer l’a fait parce que… ce sont des durs. »

En tout cas cette édition 2013 devait marquer la réconciliation entre le groupe et le festival et définitivement enterrer cet épisode. Même si le temps capricieux du weekend aura pu donner de quoi imaginer une redite aux plus alarmistes, c’est au final un grand show de Korn, à l’image de celui du Sonisphere deux semaines plus tôt, avec une setlist de choix dont les festivaliers du Hellfest ont profité. Et il aurait été bien dommage de passer à côté !

En parlant de setlist, avec le retour de Brian « Head » Welch dans la famille on aurait pu croire que le groupe se concentrerait uniquement sur ses vieux tubes. Mais non, pas tout à fait, car Korn assume ses choix, ses expérimentations, en intégrant (a contrario d’un Morbid Angel qui, par exemple délaisse, sur scène ses titres orientés industriels) deux titres de leur album The Path Of Totality, album qui a créé la polémique en mêlant metal et dubstep. La conférence de presse était donc aussi l’occasion de revenir brièvement sur celui-ci. Un album largement initié par Jonathan Davis avec qui nous en avions déjà longuement parlé à la sortie de l’album. Selon ses musiciens, il s’agissait là d’une opportunité de travailler avec Skrillex, « c’était juste une expérience et Jonathan était à fond dedans, très passionné. »

Lorsqu’on leur demande quelles réactions ils ont perçus, ils sont lucides et ont conscience que le côté expérimental de l’album a divisé. Mais, en même temps, ils réaffirment que l’essence de Korn est aussi dans l’expérimentation et dans la marche en avant : « [Les réactions] sont mitigées. Nos plus grands fans nous ont suivi en quelque sorte. Chaque album que nous faisons est différent. Je crois que les gens savent que nous essayons toujours d’expérimenter et d’innover avec un son ou même un mouvement, je suppose. Certains fans l’ont apprécié, d’autres non, mais il est impossible de rendre tous les fans heureux car nous ne referons jamais le premier album. Nous essayons de faire en sorte que ce que nous faisons reste frais et créatif. »

Head, qui pourrait très bien avoir une vision différente de ses collègues, puisqu’il n’a pas participé à cet album, se range de leur côté et les défend : « Je n’étais pas sur Path Of Totality évidemment, mais ce que j’ai aimé c’est qu’ils sont arrivés en disant : ‘Hey, les gars, ceci sera l’un de nos albums les plus expérimentaux à ce jour.’ Et lorsque tu dis ça, immédiatement, ça divise les fans en deux, simplement parce que c’est quelque chose de neuf. Les gens ont parfois peur des nouvelles choses. Mais j’adore la façon avec laquelle vous avez débarqué avec ça, les mecs. C’était super, c’était un succès, je l’adore. »

Head qui, de manière inespérée, a été poussé à revenir dans le groupe après huit ans d’absence. Est-ce l’éloignement par rapport à son public qui lui pesait ou, tout simplement, le groupe qui lui manquait ? En décryptant ses paroles, il y a peut-être un peu des deux. Ça s’est passé le 5 mai 2012 au Carolina Rebellion Festival et Head a été invité à monter sur scène pour jouer le titre « Blind » : « Ce jour-là, je traînais. J’ai eu l’occasion de parler aux gars et j’ai rencontré Ray (Luzier) pour la première fois, c’était vraiment cool. Et ensuite j’ai regardé tous les autres groupes. J’ai regardé Five Finger Death Punch, Staind, Evanescence, etc. Et lorsque je regardais ces groupes, je pouvais sentir les émotions. Je regardais tous ces gens dans le public et je me suis dit : ‘C’est comme ma famille et je suis parti depuis trop longtemps.’ Korn était l’un de mes groupes préférés lorsque j’étais dedans et Jonathan était mon chanteur préféré ; et j’avais l’habitude de clamer que mon chanteur préféré était dans mon groupe et que j’étais si chanceux d’en faire partie. Je me disais donc que désormais j’allais les regarder. Ensuite, ils m’ont demandé de jouer avec eux et j’étais là : ‘Attends ! Je veux vous regarder, je ne veux pas jouer !’ Et ils m’ont dit : ‘Viens simplement jouer une chanson !’ Et j’ai dit ‘D’accord !’ C’est ainsi que ça devait se passer et ça faisait tellement de bien. J’avais le sentiment que quelque chose allait arriver bientôt donc… me voici. »

Munky donne son sentiment : « J’espérais chaque jour que ça allait arriver », avant de s’interrompre à cause de pitreries de Marcos Curiel, guitariste de P.O.D. présent dans l’assistance de la conférence. Head en profite pour livrer une anecdote : « En fait Marcos de P.O.D. est celui qui m’a amené à ce concert. Car je voyageais dans leur bus. C’est donc de leur faute si je suis ici là maintenant ! »

Fieldy, de son côté, s’amuse à rétablir la vérité en s’attribuant les mérites : « Je suis en quelque sorte l’instigateur, j’ai monté ça », dit-il, provoquant les railleries de ses collègues, et poursuit : « J’ai dit à notre tour-manager : ‘Hey, envoie la setlist sur le téléphone de Head’, ce qu’il a fait. J’ai donc demandé à Head : ‘Vas-tu faire les rappels avec nous ?’ Il était là : ‘Quoi ?! Quoi ?!’, complètement stressé. Il me demandait : ‘Est-ce que Munky et John le savent ?’ et je lui ai répondu que non. Je suis alors allé les voir pour le leur dire : ‘Head va faire une chanson avec nous !’ et ils étaient là : ‘Oh, ce sera cool.' »

« Tu veux de l’argent pour ça ? Tu veux être payé ? » lui lance Munky pour le charrier. « Je le veux oui ! Je prendrai des Francs » lui répond Fieldy.

Le retour de Head amène naturellement une autre question, celle du retour du batteur originel de la formation David Silveria qui s’est remis il y a peu à la musique. Mais le groupe reste assez vague, d’autant plus que Ray Luzier – présent à cette conférence – semble désormais bien intégré au groupe : « Je sais qu’il joue à nouveau de la musique. Je pense que tout le monde en est heureux car c’est un batteur très talentueux. C’est tout ce que je sais pour le moment. »

Après les retrouvailles, le temps est à un nouvel album, celui sur lequel les fans portent énormément d’espoir. Pas de titre pour le moment, ils devront statuer là-dessus ces prochains jours. Et alors, à quoi ressemblera-t-il ? Poursuivront-ils dans l’expérimentation dubstep ? « Non. Mais il y a des éléments. Nous avons Brian qui est de retour donc le cœur de Korn, côté écriture, est clairement là. Mais c’est assurément un album qui sonne très 2013 : c’est moderne mais avec un cœur old-school. Il possède des éléments provenant de partout : de l’électronique, du hardcore, du metal, tout. » Et les deux extraits que nous avons eu la chance d’entendre, les chansons « Pray For Me » et « Mass Hysteria » (avec un clin d’œil lancé par les Korn à Yann Heurtaux, guitariste du groupe français du même nom, présent dans la salle à ce moment-là), semblent confirmer qu’il ne s’agira ni d’un retour aux sources comme Korn III avait pu en quelque sorte l’être, ni une surenchère sur The Path Of Totality. Ce que nous avons entendu était un Korn davantage dans la ligné d’un Untouchable ou See You On The Other Side. Mais ce n’était que deux chansons, il reste donc difficile d’être catégorique.

L’album sortira le 24 septembre prochain, vraisemblablement en indépendant, et le groupe compte bien tourner pour le défendre, pendant « 18 ou 24 mois », et aimerait revenir en Amérique du Sud, ainsi qu’en Asie, au Japon, en Australie et en Afrique du Sud.



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  • Moi j’ai vu Korn en concert au sonisphere 2013 , franchement c’était le meilleur concert que j’ai vu pour l’instant jonnathan était super bien en forme et les musiciens aussi et si ils refons un album qui va bientôt sortir sa va être qu’ellque chose je pense et korn sont revenu dans qu’elque chose de plus à eux ,il sont plus métal.En tout cas moi j’attend comme tout le monde le nouvelle album avec impasiance

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  • Autant j’ai pu comprendre l’engouement pour RATM, Machine Head, Biohazard, Rammstein et Marilyn Manson dans les 90’s, autant pour Korn je n’ai jamais trop compris. Musicalement, c’est quand même assez insipide, il n’y a pas de chanson, de mélodie, de refrain qu’on retient particulièrement. Et sur scène, qu’est-ce qu’on s’ennuie !!! J’ai eu l’occasion de les voir au Rock am Ring il y a quelques années, puis en 1ère partie de Ozzy Osbourne en 2010 et à chaque fois je me suis emmerdé comme un rat.

    Pour moi, Korn représente bien le déclin du métal americain, son nivellement par le bas depuis 20 ans, le politiquement correct du metal, son absence de subversion, d’insolence, d’audace, son émasculation. C’est simple, quand on voit des mecs comme James Hetfield (Metallica), Dave Mustaine (Megadeth), Tom Araya (Slayer), Bruce Dickinson (Iron Maiden), Rob Halfort (Judas Priest), Lemmy Kilmister (Motorhead), Ozzy Osbourne; on se dit: « Waow, voilà des mecs qui ont du charisme, qui en imposent et qui savent donner des frissons, la chair de poule ». Par contre, quand on voit Jonathan Davis se donner en spectacle, on a limite envie de lui apporter un paquet de mouchoirs et de le consoler, voire lui flanquer des paires de baffes tellement il nous les brise en donnant avec ses pitoyables airs larmoyants l’impression de porter sur ses épaules tous les malheurs du monde. Jonathan Davis a autant de charisme qu’une huitre pas fraiche.

    Dans 25-30 ans, qu’est-ce qu’on retiendra de Korn, à part le fait qu’ils ont été à l’origine d’un mouvement peu productif et exclusivement destiné à un public de pré-ados(le néo-metal) ? Le plus abérrant, dans l’histoire, c’est que Korn affiche 20 ans de carrière alors qu’il y a 30-35 ans, ce genre de groupe n’aurait jamais dépassé le stade du 1er album. Peut-être qu’ils prolongent leur existence car ils ont peur de tomber aux oubliettes (car le jour où Korn splittera, ce sera dans l’indifférence générale, les fans de la 1ère heure ayant été voir ailleurs entre-temps).
    Bref, Korn= poubelle.

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  • Carpenter dit :

    « Ce que nous avons entendu était un Korn davantage dans la ligné d’un Untouchable ou See You On The Other Side. »

    C’est bon ça !

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  • Gregdevil666 dit :

    C’est bon de lire des news comme ça…

    Tellement l’habitude de voir « untel quitte X » etc…
    J’ai décroché KoRn depuis SYOTOS, mais là, du fait du retour de Head j’attends cette album avec espoir et impatiente.

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  • Game-system dit :

    Très content que Head ait si bien réintégré le groupe. J’attends avec impatience leur prochain album, j’espère qu’il sera plus brute et que l’incroyable son de guitare de Head sera mis en avant.

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