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Live Report   

Korn ou le confort de l’habitude


Il s’est écoulé un peu plus d’une année depuis la dernière venue de Korn à la Rockhal. Cette grande et belle salle luxembourgeoise semble encore neuve mais accueille déjà les Californiens pour la quatrième fois depuis son ouverture en 2005 (dont le groupe était d’ailleurs l’un des premiers à fouler la scène). Mais en ce pluvieux mardi soir, on constate immédiatement que le public ne répondra pas autant présent que par le passé. L’habitude se serait-elle déjà installée chez les fans du coin ? La notoriété du groupe s’amenuiserait-elle ? Ou serait-ce tout simplement l’impact nocif du travail du lendemain ? C’est en se posant ces quelques questions que l’on entre dans la salle.

Soir de semaine oblige, les portes sont ouvertes à 19H et l’apéritif sonore est servi presque dans la foulée. Beyond The Black, groupe de metal symphonique originaire de Manheim en Allemagne, a été choisi pour s’en charger. Fort du succès (local) de ses deux premiers albums, le combo s’est vu proposer d’ouvrir cette soirée et il en est visiblement ravi ! Les Allemands prennent ainsi un plaisir certain à arpenter cette scène et à y défendre son deuxième album encore tout frais.

Artistes : KornBeyond The Black
Date : 31 mai 2016
Salle : Rockhal
Ville : Esch-Sur-Alzette [Luxembourg]

Jennifer Haben (Beyond The Black)

Les morceaux de la formation teutonne sont efficaces dans leur genre, structurés au plus simple et les refrains de Jennifer Haben sont entêtants. Un hommage sera rendu à Lemmy, puisque le groupe nous proposera une version piano de « Love Me Forever » de Motörhead. La sauce est assez bonne pour ne pas passer inaperçue, mais malgré une présence scénique digne de l’Eurovision, le grand-écart de styles que représente Korn et sa première partie semble un peu clouer sur place la grande majorité du public avide de « jump ». Et la durée du set n’arrangera rien tant il est bref.

Le concert se termine et ce petit moment de répit permet de constater à la vue des T-Shirts Korn portés par des fans allant du pré-pubère au quadragénaire, que le groupe traverse les âges et incarne une sorte de flambeau musical que l’on se transmet entre générations. « Petit moment de répit » car rapidement les premiers hurlements de joie du public se font entendre depuis l’intérieur. On y accoure donc et on se creuse une petite place dans la foule (pas très dense pour le coup) pour voir le groupe entrer en scène et lancer les premières notes de « Right Now ».

Jonathan Davis (Korn)

La première impression frappe alors : ce sera un show tout en sobriété, à l’image du simple logo géant Korn qui tient place derrière la scène. Le groupe semble également un peu fatigué ce soir. Mais c’est parti ! La foule est venue pour passer un bon moment (trop tranquille ?) avec les Californiens et elle le fait comprendre. Le show peine à démarrer tant du côté du public que de celui du groupe lui-même et ce malgré l’efficacité de son premier morceau et dès « Here To Stay / Somebody Someone » qui le suivent. S’en suit un « Narcissistic Cannibal » qui commence doucement à décoincer l’audience mais c’est sur le culte « Falling Away From Me » que l’euphorie se fait sérieusement sentir.

Jonathan Davis esquisse alors un premier sourire de satisfaction et lance un « Wouh » révélateur en voyant ses fans se réveiller : la fête commence pour de bon ! Le public hurle « Beating me down » sur le refrain et on voit apparaître les premiers slams. La première partie du concert se fera dans un rythme quelque peu saccadé par des interludes (un peu trop longs) entre chaque morceau mais le reste du concert se suivra dans un rythme beaucoup plus fluide, permettant à la foule de sombrer de plus en plus dans la folie musicale.

Le son est propre et puissant comme à l’habitude du groupe (et de la salle) mais manque tout de même d’un peu de volume. On prend par ailleurs toujours autant de plaisir à voir le frontman du groupe sortir sa cornemuse pour interpréter l’intro de « Shoots & Ladders ». Sur ce sujet le réarrangement de celle-ci en medley couplé à la reprise de « One » de Metallica plait très probablement aux metalleux pures-souches mais déçoit certains fans des premières heures du groupe qui aimeraient aussi entendre cette chanson en intégralité.

Fieldy (basse) toujours aussi concerné

Les tubes s’enchaînent malgré tout. Le groupe et l’auditoire reprennent ainsi leur souffle le temps du solo de batterie du talentueux Ray Luzier, seul membre de la formation n’étant pas issu du line-up original mais qui prouve y mériter définitivement sa place. Puis on repart avec « Twist », « Did My Time » et le (très très) efficace en live « Y’all Want A Single » avant de faire une pause sur la fin de la reprise de Pink Floyd : « Another Brick In The Wall ». Puis comme à son habitude, le groupe termine sur un rappel où il gratifiera le public de ses légendaires « Blind », « Got The Life » et « Freak On A Leash », avant de quitter la scène et saluer son audience. Un set peut-être un peu trop bref : la preuve étant que la foule reste sur place à la fin du show comme attendant un second retour du quintet californien.

Mais la soirée est bien finie, et il l’heure pour tout le monde de quitter calmement la salle et de retrouver son petit quotidien. Une venue calme du groupe en somme, laissant un public heureux (comme toujours) de voir un de ses groupes fétiches, bien qu’à moitié rassasié. On repartira de là avec un souvenir qui laisse un goût d’habitude. Une bonne habitude certes, mais une habitude quand même.

Setlist :

Right Now
Here To Stay
Somebody Someone
Narcissistic Cannibal
Falling Away From Me
Coming Undone
Shoots And Ladders/One (reprise de Metallica)
Hater
Alone I Break
Twist
Did My Time
Y’all Want A Single
Another Brick In The Wall (reprise de Pink Floyd)
Rappels :
4U
Blind
Got The Life
Freak On A Leash

Live report : Maxime Sadler.
Photos : Bénédicte Duval.

A voir également :

Galerie photos Korn.
Galerie photos Beyond The Black.



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