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Interview   

Kreator : Dieux du thrash


A trente-cinq ans de carrière dans le thrash, avec certes ses quelques écarts pas toujours compris, Kreator réussit l’exploit de s’offrir un nouvel élan à la fois créatif et populaire, comme a pu le démontrer l’album Phantom Antichrist et le cycle qui s’en est suivi. Alors il n’est pas étonnant de voir Mille Petrozza et sa bande revenir plus confiants que jamais, conservant sa dynamique mais ayant également pris le temps qu’il faut au milieu des tournées incessantes pour ne pas sortir un album à la hâte, mais au contraire, au moins maintenir la barre au niveau où ils l’avaient laissée.

Les sources d’inspirations de la tête pensante du groupe sont d’ailleurs loin d’être taries, comme le prouve ce nouvel album Gods Of Violence. Encore plus peaufiné, plus orchestré, basé sur les liens qu’entretiennent religions et violence, depuis la nuit des temps. Petrozza voulait faire un album qui puisse compter, et tout indique qu’il y est parvenu, même s’il a la modestie de laisser ce jugement aux autres et le temps faire son oeuvre.

Nous avons rencontré le chanteur, guitariste, et principal compositeur du groupe, afin de parler de ce nouvel album et de ses influences, avec un détour par la pop et les quelques expérimentations qui ont pu ponctuer la discographie du groupe, mais également des invités qui sont à l’oeuvre dans cet opus, de Dagobert à Fleshgod Apocalypse.

« Il est essentiel de sortir, vivre notre vie, être créatif et être productif sur des choses positives. C’est un pouvoir plus fort qu’être en deuil ou simplement se plaindre en déplorant que les choses vont mal. »

Radio Metal : Gods Of Violence sort cinq ans après Phantom Antichrist, et a pris trois ans à être finalisé. Pourquoi a-t-il fallu plus de temps cette fois pour concevoir l’album ?

Mille Petrozza (chant & guitare) : En gros, c’était le fait que nous avons énormément tourné pour Phantom Antichrist. Donc j’avais besoin de faire une pause après la tournée pour retrouver de l’inspiration. J’ai commencé à écrire dès que j’avais du temps libre, lorsque je n’étais pas sur la route, en retournant dans un petit studio dans lequel je travaille en Allemagne, et je n’ai pas arrêté d’écrire des trucs. Ensuite j’ai vécu avec cette musique pendant un petit moment et puis je suis retourné au studio. Petit à petit, j’ai écrit douze chansons que nous avons enregistrées et dix se sont retrouvées sur l’album, ou onze avec l’intro. Ouais, c’était un long processus mais nous avions besoin de faire cette pause, autrement, nous n’aurions pas… Je veux dire que tu as besoin d’inspiration lorsque tu es censé créer de la musique. Tu ne peux pas forcer ces choses simplement parce que tu dois écrire un nouvel album.

Lorsque tu as parlé pour la première fois de cet album, il y a environ un an et demi, tu as dit que tu avais des idées mais qu’il était important, comme tu viens de le suggérer, d’attendre le bon moment pour répéter et composer. Comment sais-tu lorsque c’est le bon moment de faire un album ?

Je dois l’admettre : tu ne le sais jamais, mais tu dois fixer une date butoir. Une fois que j’ai fixé une date butoir et que j’ai réservé le vrai studio, le studio avec Jens [Bogren], nous avons travaillé de façon plus intensive et plus régulièrement. Nous avons procédé de manière très old school, nous allions en répétitions trois fois par semaine et travaillions sur les arrangements des chansons en groupe. Donc ouais, les dates butoir, parfois ça aide, autrement nous aurions continué à composer pour l’album pendant encore deux ans ou quelque chose comme ça, si tu vois ce que je veux dire. Car nous voulons toujours peaufiner les choses et tout.

Est-ce que les trois années de conception pour cet album vous ont justement permis de peaufiner le résultat ?

Oui, c’est toujours mieux d’avoir plus de temps mais d’un autre côté, parfois il faut des moments spontanés et c’est important d’y aller à l’instinct. Une fois que tu commences, certaines choses se produisent en raison de la date butoir, évidemment, et parfois des choses se produisent parce que le bon moment était là bien plus tôt. Je pense que composer pour un album pendant trois ans est suffisant. S’il n’y avait pas eu les tournées, l’album aurait été prêt deux ans après Phantom Antichrist, mais j’étais constamment en train de tourner ! Et les tournées prennent beaucoup d’énergie et de temps, c’est très chronophage. S’il n’y avait pas les tournées, nous sortirions un album tous les deux ans, mais [petits rires] c’est impossible avec la quantité de concerts que nous donnons. Et puis, non seulement tu dois te reposer, mais il faut aussi que tu trouves le bon état d’esprit.

Il y a quelques temps, tu as dit que tu voulais faire un album qui « compterait vraiment ». Dirais-tu que c’est ce que tu es parvenu à faire avec Gods Of Violence ?

Je pense que c’est aux gens de décider. L’avenir nous dira si oui ou non l’album résistera à l’assaut des années. Tout ce que nous pouvons faire, c’est offrir la musique aux gens et voir ce qu’il se passe.

D’après le communiqué de presse, les attaques de Paris de novembre 2015 t’ont fait réaliser qu’il devait y avoir un continuum de malveillance humaine, des temps anciens jusqu’à aujourd’hui. Quel impact ces événements ont-ils eu sur toi ?

C’était un impact très énergique parce que tu deviens furieux après ces événements, et tu te mets vraiment en colère, mais d’une façon où tu te dis que tu dois canaliser cette colère. Je pense que la mauvaise réaction serait d’aller se poser à la maison et ne rien faire parce que tu as peur de la prochaine attaque terroriste, ou le prochain truc horrible qui se produira dans ta vie. Pour moi, il est essentiel de sortir, vivre notre vie, être créatif et être productif sur des choses positives. Ca, pour moi, c’est un pouvoir plus fort que, disons, être en deuil ou simplement se plaindre en déplorant que les choses vont mal. Et il faut faire quelque chose contre ces forces conservatrices, ou même ces forces maniaques, qui essaient de gâcher le temps que tu as sur terre. Je pense que la créativité et l’art, en général, est vraiment, vraiment essentiel pour que je puisse rester sain d’esprit.

Sur la chanson « Gods Of Violence » tu associes des événements actuels à des récits de la mythologie grecque. Peux-tu nous en dire plus sur ces parallèles que tu fais ?

Lorsque j’ai commencé à écrire, j’essayais d’obtenir et créer un lien entre non seulement la mythologie grecque mais, pour ainsi dire, l’histoire de la violence, si tu vois ce que je veux dire. J’en suis arrivé à la conclusion que la violence, telle que nous la connaissons, fait partie de la nature humaine. C’est comme la gentillesse, c’est pareil, c’est juste l’autre face de la pièce de monnaie. Donc c’est dans nos gènes, c’est dans notre ADN, d’être violent, cruel et malfaisant. Je pense qu’il est difficile de nous sortir de ça, car nous sommes des animaux, tu sais, les humains sont aussi des animaux. Et si tu regardes le monde animal, il y a aussi beaucoup de choses comme ça qui se produisent, ce ne sont que des instincts, et pour pouvoir faire face à et contrôler nos instincts de tueurs, nous devons rafraîchir notre perception du monde, rafraichir la façon dont nous regardons les choses, mais ça peut prendre un peu de temps. Mais je pense que la seule façon de faire, c’est de penser de façon positive, de conserver un état d’esprit positif.

Penses-tu qu’il y ait plus que jamais beaucoup à apprendre de ces anciennes histoires mythologiques ?

Si tu regardes bien, chaque mythologie a déjà tout. L’esprit humain fonctionne d’une certaine façon et les mythologies, comme tous ces anciens contes à propos de dieux, de monstres, de personnages emblématiques et de héros, tout est là, et l’histoire parfois se répète. Je pense qu’il est vraiment évident que nous tournons en rond. Et apprendre… Je ne sais pas. Nous devrions pouvoir apprendre, mais je pense que ce n’est pas suffisant. C’est plus dur que ça n’y paraît, tu sais.

« Je me ficherais totalement de la religion si on n’essayait pas constamment de me l’imposer. […] Je préférerais parler d’autre chose de plus essentiel mais ça n’arrête pas de revenir sur le tapis et c’est absurde, si tu y réfléchis. »

Un titre de chanson comme « Satan Is Real » peut sonner cliché aux premiers abords mais qu’est-ce qu’il y a derrière ce titre ?

[Petits rires] J’ai ressenti la même chose lorsque j’ai considéré ce titre pour la première fois. Mais ça parle de la pertinence de la religion en 2016. Selon moi, lorsque je grandissais dans les années 80, ayant été adolescent dans les années 80 ou dans ma vingtaine plus tard dans les années 90, je me disais : « Ok, viendra un moment, dans quelques années, où tout ce sujet religieux disparaitra parce que les gens sont en train de se réveiller, et il y a d’autres choses dont nous nous soucions qui sont plus importantes que ces vieilles façons de penser, ces attitudes soumises basées sur du fantasme et des contes de fées. » Et étant en 2016, ou 2015 lorsque j’ai écrit « Satan Is Real », je me disais : « Ça n’est pas arrivé ! Nous sommes toujours coincés dans ces vieilles façons de voir le monde. » Et ceci m’a poussé à écrire les paroles de « Satan Is Real ».

Dans les paroles de cet album, et plus généralement dans toute ta carrière, la violence et la religion sont liés. Penses-tu que la religion soit inséparable de la violence ?

Je ne le pense pas. Je pense que c’est dans l’esprit humain que ça devient une façon de… Je veux dire que la religion n’est pas forcément malfaisante. Je me ficherais totalement de la religion si on n’essayait pas constamment de me l’imposer. C’est comme : « Ok, il y a une attaque terroriste, pourquoi ? Qu’est-ce que les terroristes veulent ? » « Oh, ils se battent pour un monde meilleur en tuant et se faisant exploser. » Et ça, c’est directement lié à la religion. Je ne sais pas pourquoi mais c’est ainsi, c’est un fait. Je préférerais parler d’autre chose de plus essentiel mais ça n’arrête pas de revenir sur le tapis et c’est absurde, si tu y réfléchis.

Certaines chansons mentionnent des guerres mondiales et des régimes totalitaires. Penses-tu que nous soyons au bord d’une nouvelle guerre mondiale ?

C’est déjà en train de se produire. Mais de façon presque plus effrayante, si tu y réfléchis, car ça peut arriver n’importe où, n’importe quand. On l’a vu au Bataclan l’an dernier. Je ne sais pas ce qui est pire : être sous la menace constante d’aliénés qui font tout exploser sans que tu ne t’y attendes ou avoir une véritable guerre mondiale. Je pense qu’on ne devrait pas être esclaves de leurs idéologies tordues, car c’est ce qu’ils veulent. Les terroristes et les aliénés, ils veulent qu’on vive dans la peur, et on ne devrait pas vivre dans la peur. C’est dur, mais on ne devrait pas. On devrait se battre contre ça. Je veux dire que si quelqu’un veut se faire exploser et que tu es à côté de lui, tu ne peux rien y faire, mais alors, qu’il en soit ainsi et c’est le destin, je suppose. Mais tant que ça ne t’arrive pas, tu ne devrais pas avoir peur du monde, car plus de quatre-vingt-dix pour cent de ce qui va t’arriver sera super, positif et merveilleux. Le 0,01 pour cent restant pourrait t’arriver mais ce n’est pas forcé.

La chanson épique de plus de sept minutes « Death Becomes My Light » parle d’une expérience de mort imminente. Est-ce quelque chose que tu as toi-même vécu ?

Heureusement, non [petits rires]. Je n’ai pas vécu d’expérience de mort imminente. J’ai une fois été dans une situation où j’ai presque eu l’impression que « oh ça aurait pu être la fin » mais je nageais et j’ai été emporté par une vague, et après elle m’a emmené ailleurs, genre à deux ou trois cent mètres de là où j’étais et j’étais sous l’eau et… Ce n’était pas forcément une expérience de mort imminente mais je pensais… Tu sais, l’idée derrière la chanson, c’est : il y avait cette personne qui a eu cette expérience de mort imminente, et ça arrive souvent, lorsque tu parles aux gens qui en ont vécu une vraie, et non pas comme celle que j’ai vécu, ils veulent raconter à leurs amis ce qu’ils ont vu et tout le monde est là : « Ouais ! Bon, revenons à Facebook. » Tu vois ce que je veux dire ? Du coup, ils ne peuvent pas se faire entendre parce que pour les gens, la mort est toujours quelque chose qui ne leur arrivera pas. Ça ne leur arrivera pas parce qu’ils ne vont pas en faire l’expérience pendant qu’ils sont en vie. En gros, ils ont raison, ça ne leur arrivera pas mais il faut être conscient, il faut prendre conscience que notre temps sur Terre est compté.

L’artiste de pop indé Dagobert apparaît sur l’album. Peux-tu nous parler de cette surprenante collaboration ?

C’est un bon ami à moi et il m’a inspiré le titre de « Satan Is Real » et a écrit le petit poème pour la chanson « Fallen Brother », donc je lui ai demandé d’enregistrer le poème pour moi. En gros, la raison pour laquelle il est sur l’album est parce que c’est un bon ami et je respecte son art, et je trouve vraiment que c’est un super artiste. Ce n’est pas un metalleux dans sa musique mais c’est assurément, pour ma part, l’un des musiciens les plus inspirants que je connaisse. Chaque fois que nous passons tu temps ensemble, nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde.

D’ailleurs, je sais que tu es assez ouvert musicalement. Du coup, quelle est ta relation aux autres formes de musique, comme la pop ?

Oh, j’adore la pop ! J’adore plein de genres de musique. Il y a certaines formes de musique que je n’écoute pas tout le temps mais je les respecte quand même, mais la pop est clairement l’un de mes styles préférés, tout comme le hardcore punk et la dark wave, la musique électronique et tant d’autres. Tout dépend du moment de la journée et de mon humeur.

Vous avez aussi collaboré sur cet album avec Fleshgod Apocalypse pour les parties orchestrales. Cherchais-tu à donner une stature épique et dramatique à cet album ?

Ouais. C’est une extension de Phantom Antichrist. Phantom Antichrist avait déjà un peu ça, et nous voulions creuser davantage et c’est pourquoi nous avons collaboré avec des musiciens invités. Nous avons eu une fille de douze ans qui a joué de la harpe pour nous également… [Petits rires] Donc c’est un peu une question d’expérimenter au milieu de ce qui était déjà là. Tout ce que nous avons ajouté à la musique… Tu sais, lorsque j’ai composé « Apocalypticon », qui est l’intro de l’album, j’avais en tête ce qui était censé se passer mais je ne suis pas un très bon compositeur classique, je n’en ai pas les compétences. Donc j’ai demandé à Jens Bogren et il m’a suggéré le groupe Fleshgod Apocalypse. Je les ai donc contactés et ça a bien fonctionné. Chaque musicien invité que tu entends sur l’album est là parce que ça fonctionne, et ce n’était pas planifié. Ce n’était pas comme : « Oh, on a besoin d’inviter des musiciens. » Ca s’est fait naturellement.

« Oh, j’adore la pop ! J’adore plein de genres de musique. Il y a certaines formes de musique que je n’écoute pas tout le temps mais je les respecte quand même, mais la pop est clairement l’un de mes styles préférés. »

Comme tu l’as mentionné, il y a Tekla-Li Wadensten qui a douze ans et qui joue de la harpe sur « Gods Of Violence », mais il y a aussi Boris Peifer qui joue de la cornemuse sur « Hail To The Hordes ». Comment vous êtes-vous retrouvés à les impliquer dans cet album ?

La fille de douze ans est quelqu’un que Jens, notre producteur, a amené. C’est une suédoise qu’il connaît. Boris Peifer est dans le groupe In Extremo. Nous sommes amis. Tu sais, tous les gens qui… Excepté Fleshgod Apocalype, car nous ne les connaissions pas personnellement, mais Dagobert et Boris sont des amis de la maison, de la famille Kreator.

Après Endorama et jusqu’à Hordes Of Chaos, vous avez fait trois albums à fond thrash metal, et avec Phantom Antichrist, vous avez commencé à inclure à nouveau des éléments plus ouverts, et là, vous continuez sur cette lancée avec Gods Of Violence. Penses-tu avoir trouvé le bon équilibre maintenant entre le style thrash metal classique de Kreator et tes envies d’explorer d’autres territoires ?

Tu vois, c’est un discours intéressant parce que, ce que tu viens de mentionner, je n’avais jamais vu les choses ainsi mais tu as absolument raison ! C’est intéressant parce que tu as mentionné Endorama jusqu’à Hordes Of Chaos et à partir de Phantom Antichrist, nous avons un peu ajouté des parties qui étaient déjà presque sur Endorama mais sous une tournure différente. Absolument, ouais. Je suis d’accord, assurément !

N’est-ce pas un peu difficile avec la communauté thrash metal de leur faire accepter certaines directions musicales ?

[Rires] La communauté thrash metal est très ouverte d’esprit, j’espère [rires]. Si ce n’est pas le cas, peut-être qu’ils devraient écouter d’autres groupes. Mais tu sais, nous sommes très enracinés dans la communauté thrash metal. Mais pour moi, c’est avant tout du metal. Le metal, c’est le truc principal. Et je pense que Kreator a toujours été metal. Parfois plus mélodique, parfois plus ci, parfois plus ça, mais ça a toujours été metal dans Kreator, à cent pour cent.

Penses-tu parfois que tu sois allé trop loin sur des albums comme Endorama ou Renewal qui avaient reçu accueil mitigé à l’époque ou bien regrettes-tu que la nature plus expérimentale de ces albums ait été rejetée ?

Non ! C’était nécessaire, et c’était quelque chose que nous ressentions à l’époque. Ça fait partie de notre histoire, une part très importante même. Parfois même plus importante que certains des albums thrash metal que nous avons faits dans les années 90. Par exemple, Cause For Conflict n’est, à mon avis, pas un album tellement important. Pour ma part, c’est mon… pas celui que j’aime le moins mais c’est clairement celui qui a eu le moins d’impact.

« Hail To The Hordes » est « une chanson contre la superficialité et pour se serrer les coudes dans les moments difficiles. » A quoi tient la longévité de Kreator, et plus spécifiquement ce line-up qui a maintenant quinze ans ?

Le respect. Le respect pour la personne avec qui tu travailles et pour la personne qui se bat à tes côtés, pour ainsi dire. Je pense que c’est à peu près tout. Je veux dire que, bien sûr, nous ne sommes pas des hommes parfaits. Les êtres humains ne sont simplement pas parfaits. Je pense qu’il est essentiel de respecter les imperfections des uns et des autres.

Tu as déclaré qu’il « faut être honnête les uns avec les autres, on ne devrait pas éviter les conflits et on doit pouvoir mettre son égo de côté de temps en temps. » Comment gérez-vous les conflits dans ce groupe ?

En abordant ça de façon mature. Être dans un groupe c’est comme être dans une relation [de couple] mais avec quatre personnes, ce qui est dur. As-tu déjà essayé d’entretenir une relation avec quatre personnes ? Non [rires]. Tu ne devrais pas parce que c’est dur ! Il y a donc du bon et du mauvais. D’un côté, vous êtes une équipe et vous vous aidez, d’un autre côté, c’est genre : « Oh, putain… » J’aurais aimé que ce soit plus facile et je ne veux pas… Parfois tu évites les discussions, parfois tu dis juste : « Ok, c’est comme ça. » Ce n’est pas facile. Mais c’est faisable et la plupart du temps on s’amuse.

Tu as récemment travaillé sur une trilogie en vidéo avec la société de production Grupa13 pour ce nouvel album. A propos de cette trilogie, tu as récemment déclaré que « le scénario est lié au concept de notre album et le premier clip représente la naissance du démon Kreator. » Peux-tu nous en dire plus sur cette histoire ?

C’est lié au concept du mal qui prend vie et de cet ancien sacrifice, pour ainsi dire, et puis ça part au moyen âge où la prochaine partie aura lieu, et puis ça arrive dans le monde moderne, l’époque moderne. C’est juste censé montrer à quel point ces forces obscures, pour ainsi dire, représentées par le démon, sont présentes à travers toute l’Histoire.

A propos de la tournée qui va commencer en février, tu as dit que vous avez travaillé sur de nouvelles idées pour les concerts et que ce sera « spectaculaire ». A quoi peut-on s’attendre ?

De la spectacularité ! [Rires] Nous avons des effets visuels en trois dimensions. Nous travaillons avec des images d’œuvres artistiques passées et actuelles, liées à l’histoire du groupe ou aux derniers clips vidéo que nous faisons. Donc tout aura du sens lorsque vous le verrez en live. Tout le truc va prendre vie. La musique sera soutenue par du visuel.

Interview réalisée en face à face le 20 novembre 2016 par Aline Meyer.
Fiche de questions : Philippe Sliwa.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Kreator : kreator-terrorzone.de

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