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Interview   

Kreator : plus que du thrash


Mille Petrozza n’aime pas s’ennuyer. Ni sur un album, ni d’albums en albums, d’où une constante recherche de diversité et – sans aller jusqu’à parler de renouvellement spectaculaire – de nouveauté sur les disques de Kreator. D’autant que Kreator est l’unique exutoire de Mille Petrozza. N’allez pas y voir pour autant une grande conceptualisation de la musique, Mille insiste sur le fait que le groupe ne réfléchit pas excessivement à ses albums, mais fait ce que la chanson nécessite.

Nous avons abordé avec lui le nouvel album Phantom Antichrist, un disque de thrash puissant, diversifié, mélodique et épique proposant, ponctuellement, quelques brèves réminiscences gothiques de l’album Endorama. Entre autres sujets, nous avons également discuté de ses opinions à propos de la crise financière et, sur un sujet plus musical, de sa relation avec le Big Four.

Interview.

« Parfois, je regrette que les groupes ne soient plus assez courageux pour essayer de nouvelles choses. »

Radio Metal : Que peux-tu nous dire sur la récente collaboration initiée avec Nuclear Blast ?

Mille Petrozza (chant) : Être chez Nuclear Blast nous facilite beaucoup les choses. Les gens qui travaillent là-bas sont de vrais professionnels. On les connaît depuis des années, avant même qu’ils ne travaillent pour Nuclear Blast ! C’est génial d’être sur ce label.

Sur ce nouvel album, on peut entendre plusieurs passages gothiques dans certains titres thrash. Je pense au début de « Your Heaven My Hell », à la fin de « The Few, The Proud, The Broken » ou au milieu de « From Blood Into Fire ». Ces passages rappellent fortement l’album Endorama. Êtes-vous nostalgiques de cette période créative de votre carrière ?

Ce qu’il y a de bien dans le fait de jouer pour Kreator à l’heure actuelle, c’est que nous avons une formidable discographie, très diversifiée. Nous avons des albums comme Endorama et des albums comme Extreme Agression ou Violent Revolution pour nous inspirer. Chaque fois que j’écris de la musique, j’écoute ce que nous avons fait avant. Parfois, une chanson exige tout simplement une partie lente. Ce n’est pas comme si nous la mettions là parce que nous sommes nostalgiques de ce que nous avons fait dans le passé. C’est simplement un élément que le titre exige, tu vois ce que je veux dire ?

Penses-tu qu’inclure des passages gothiques dans un album purement thrash soit ce dont le groupe avait besoin pour rendre cet album plus facile à écouter du début à la fin ?

C’est pour inclure un peu de variété. C’est le mot-clé. Parfois, je regrette que les groupes ne soient plus assez courageux pour essayer de nouvelles choses. Kreator a toujours essayé de nouvelles choses et, de cette façon, nous avons toujours réussi à faire en sorte que les choses soient intéressantes pour nous et pour nos fans. Ça reste frais, excitant. Je pense que c’est plus important que de réfléchir à ce que nous faisons. Les passages que tu as mentionnés sont là pour une bonne raison. La plupart des chansons et des parties qui les composent sont là pour soutenir les paroles.

À propos de cet album, vous avez déclaré que c’était le plus épique que vous ayez jamais fait. Penses-tu que ce soit lié au fait que vous avez inclus tous les aspects de la musique de Kreator dans cet album ?

Je pense, oui. Comme tu l’as dit, il y a pas mal de surprises. C’est un peu un grand huit émotionnel, si tu vois ce que je veux dire ! Attendez-vous à de l’inattendu en lançant le CD. Je trouve ça cool !

On retrouve des percussions avec un côté tribal sur « Civilization Collapse ». Est-ce important pour vous d’essayer de nouvelles choses, d’ajouter de nouveaux éléments à la musique ?

D’une certaine façon, oui. Je pense que c’est ce qui fait tout l’intérêt de la chose. Nous voulons continuer à trouver l’aventure rafraîchissante et excitante, c’est notre principal objectif. Nous voulons nous exprimer, c’est pour ça que nous faisons de la musique. Avoir la possibilité d’inclure de nouveaux éléments est à la fois très excitant et stimulant.

Peut-on dire que vous vous lassez facilement et que c’est la raison pour laquelle vous essayez de vous renouveler à chaque album ?

On se contente d’être des musiciens. On est créatifs !

Vous n’avez pas expérimenté avec la musique de manière franche depuis Endorama. Est-ce parce que vous vous sentez limités par ce que le public attend de la part de Kreator ou bien est-ce parce que vous n’avez simplement pas ressenti le besoin d’expérimenter à un tel niveau depuis ?

On ne réfléchit pas vraiment à tout ça. Quand j’écris de la musique, je me concentre sur la chanson. Je ne pense pas à ça. Nous avons une énorme fan-base, et beaucoup de nos fans attendent des albums très… Comment dire ? Très brutaux. Ils espèrent retrouver tous les éléments caractéristiques de Kreator sur un album. De notre côté, on espère ne pas s’ennuyer ! C’est toujours un mélange intéressant. Jouer dans Kreator est très excitant, car nous pouvons faire ce que nous voulons.

« Beaucoup de journalistes allemands ont critiqué la Grèce, ont parlé d’un pays détruit et se sont moqués de lui au lieu de le soutenir. Je pensais que toute l’idée de l’Union Européenne était de s’entraider. »

Tu as affirmé que tu n’étais pas le genre de personne à sortir un projet solo et que tout ce que tu créais, tu le sortais sous le nom de Kreator. Cette déclaration était destinée à justifier les albums Endorama et Outcast. Peux-tu nous expliquer où, selon toi, se situe le problème dans le fait de sortir un album solo ?

(soupir et rires) Bonne question ! Je comprends ce que tu veux dire. Si j’avais le temps, je l’envisagerais. Mais je n’ai pas le temps, parce que je suis également le principal compositeur de Kreator. Mon ami Tobi [Sammett], de Edguy, participe à deux groupes : Edguy et Avantasia. Je me demande parfois comment il fait. Il fait tellement de choses en même temps… Moi, je n’y arrive pas. J’essaie, mais… Je ne suis pas paresseux mais je donne tout ce que j’ai à Kreator.

Tu as d’ailleurs participé à une chanson d’Edguy. J’ai un jour demandé à Tobias s’il serait envisageable de le voir participer à une chanson de Kreator, mais il a répondu que les fans de Kreator détesteraient l’idée ! Quelle est ton opinion à ce sujet ?

Je ne sais pas si nos fans apprécieraient mais, d’un autre côté, je ne suis pas sûr que les fans de Tobi aient apprécié que j’apparaisse sur son album ! Je ne sais pas, il faudrait que ça colle parfaitement… J’adore Tobi, c’est un très bon ami. Et en fait, c’est une bonne idée ! On le fera peut-être un jour ! (rires)

Tu t’es toujours montré très cynique envers l’humanité et tu es également connu pour ton orientation politique à gauche. J’imagine que ce qui se passe actuellement dans le monde, et plus particulièrement en Europe, doit alimenter les paroles que tu écris. Je pense par exemple à un titre comme « Civilization Collapse »…

Oui, cette chanson a été inspirée par la situation grecque actuelle. La Grèce traverse une grave crise financière, mais n’importe quel autre pays européen pourrait être touché. Beaucoup de journalistes allemands ont critiqué la Grèce, ont parlé d’un pays détruit et se sont moqués de lui au lieu de le soutenir. Je pensais que toute l’idée de l’Union Européenne était de s’entraider. Comme tu l’as dit, cette époque m’inspire beaucoup pour mes chansons.

« Ce que vous voyez d’un point de vue étranger est très différent de la réalité en Allemagne. C’est de la propagande, ne mordez pas à l’hameçon ! »

En France, nos hommes politiques soulignent souvent le succès de l’Allemagne face à la crise. Toi qui es Allemand et qui t’intéresses à la politique, qu’en penses-tu ? L’Allemagne est-elle un bon exemple à suivre ?

Certainement pas ! Ce que vous voyez d’un point de vue étranger est très différent de la réalité en Allemagne. C’est de la propagande, ne mordez pas à l’hameçon ! Ce n’est pas vrai. En Allemagne, beaucoup de gens travaillent pour seulement un euro de l’heure, alors ne croyez pas à tout ça. Le chômage est très élevé en Allemagne. On prétend le contraire parce que beaucoup de gens très diplômés ont des boulots qui paient un euro de l’heure. Rien que pour ça, il ne faut pas croire à la propagande.

Que peux-tu nous dire à propos de la vidéo de « Phantom Antichrist » qui sera diffusée sur la toile le 3 mai ?

C’est une vidéo très apocalyptique, réalisée par les membres de Grupa 13, un groupe de gens très sympathiques et très créatifs. Ils nous ont aidés à réaliser notre vision d’un monde moribond. C’est une vidéo intéressante, je pense que vous allez l’apprécier.

Vous avez réalisé une reprise du « Number Of The Beast » d’Iron Maiden, un titre repris par tous les artistes de la planète. Ma question est simple : pourquoi ?!

(rires) Nous avons eu exactement cette conversation au sein du groupe. Je me suis d’abord demandé : « Pourquoi joue-t-on cette chanson ? C’est quoi, notre problème ? Pourquoi fait-on ça ? » Nous avons enregistré les bases en studio, puis nous sommes passés à l’enregistrement des guitares, et nous nous sommes dit que, finalement, ça ne sonnait pas si mal. Nous n’étions pas du tout sûrs de nous quand nous avons enregistré cette chanson, je peux te le dire. Mais je pense que nous avons réalisé une version qui sonne comme Kreator jouant Iron Maiden sans chercher à être Iron Maiden, si tu vois ce que je veux dire. C’est ça qui la rend intéressante. Il n’y a rien de pire que d’essayer de copier l’original. Ça ne marche jamais.

« Sans eux, Kreator ne serait pas là. Ce que j’ai pu dire à propos de mon groupe balayant tout ce que le Big Four avait réalisé au fil des années, c’était de la pure provocation. »

Ces derniers temps, on parle beaucoup du Big Four. Es-tu contrarié qu’on ne parle pas autant du Big Three du thrash allemand ?

(rires) Non, pas du tout ! Comme tu l’as dit, il m’arrive d’être très cynique mais je suis simplement content pour les gens qui ont eu la chance de voir le Big Four. Ce n’est pas mon cas parce que je n’étais pas chez moi quand ils ont joué dans ma ville. Metallica, Slayer, Anthrax et Megadeth, ces groupes sont des légendes. Sans eux, Kreator ne serait pas là. Ce que j’ai pu dire à propos de mon groupe balayant tout ce que le Big Four avait réalisé au fil des années, c’était de la pure provocation.

Les trois grands noms du thrash allemand sont sans doute tout aussi importants dans l’histoire du thrash metal. Pourriez-vous envisager des concerts avec ces trois groupes, un de ces jours ?

Un jour, je l’espère, oui. J’adorerais. Mais le problème est de trouver le temps. Trois groupes, trois managements, trois egos différents… Mais c’est principalement une question de calendrier. On en a parlé tellement souvent, j’espère qu’on finira par le faire un de ces jours.

Interview réalisée par Metal’O Phil le 20 avril 2012 par téléphone

Questions : Spaceman et Metal’O Phil

Retranscription et traduction : Saff’

Site Internet de Kreator : kreator-terrorzone.de

Album : Phantom Antichrist, sortie le 1er juin 2012 via Nuclear Blast Records



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  • Tu vas gueuler, c sur .Tu vas gueuler les nouveaux refrains ou futur hymnes du nouveau KREATOR.Tu vas voir , tu vas les adoptés direct…commme « United in hate » = we are legion… « civilisation collapse » « from flood to fire » « death to your world » = diiiiiiie, »phantom antichrist »=leaving trail of blood and sand « your heaven ,my hell » + les anciens « imposible brutality » + »murder fantasy » (i want to kill you) etc….

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  • Etant un gros fan de Kreator je suis impatient de voir ce que ça va donné surtout avec ce que j’ai pu lire dans cet interview !
    Je m’imagine déjà en concert à gueuler « PHANTOM !! ANTICHRIST !! \m/ »

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  • Je sens la petite tuerie moi avec cet album!!!

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  • Inspiré d’Endorama? Je sens que je vais l’aimer cet album! Le titre éponyme est déjà très bon!

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