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Live Report   

Kvelertak, la fraîcheur envahit Paris


Un vent frais venant du Nord a soufflé ce vendredi soir sur le Glazart. Très souvent une terre de découverte idéale pour le public parisien, cette salle parisienne est également un terrain de jeu propice pour les groupes souhaitant conquérir l’audience parisienne sans affronter le risque financier trop important de plus grandes salles de la capitale.

Avec son décor qui se situe entre le club underground associatif et la salle parisienne tendance, sa capacité raisonnable mais suffisamment grande (600 personnes au maximum) lui permet d’accueillir des affiches de qualité, telle que celle qui était présentée ce soir, réunissant un panel scandinave alléchant : le Hard-Rock prog d’El Doom and The Born Electric, les poids lourds du stoner scandinave Truckfighters et l’un des jeunes groupes les plus « bankable » du moment : Kvelertak. Le public d’ailleurs, s’il est venu clairement en majorité voir les jeunes Norvégiens, s’est aussi déplacé dans une bonne proportion pour voir les Truckfighters, et la fosse s’est trouvée constituée de deux publics un poil différents lors des deux concerts.

Artistes : KvelertakTruckfightersEl Doom And The Born Electric
Date : 15 mars 2013
Salle : Glazart
Ville : Paris

Mais c’est El Doom And The Born Electric qui a l’honneur d’ouvrir cette belle soirée qui s’annonce. Le heavy rock 70’s des Norvégiens est plutôt facile d’accès et permet au public de rentrer tranquillement dans le vif du sujet. Leurs titres aux influences Southern Rock sont moulés dans des structures progressives, avec des breaks plus modernes et quelques longueurs psychédéliques, le tout interprété par des Norvégiens au look cow-boy. Le chanteur n’a pas la langue dans sa poche, n’hésitant pas à faire rire le public avec quelques blagues un peu salaces entre les titres, preuve qu’on se sent déjà bien dans ce Glazart même en ce tout début de soirée.

Truckfighters, c’est au poil pour envoyer la fumée.

La salle se garnit progressivement, et quand les Truckfighters vont arriver, celle-ci sera presque comble. Car beaucoup sont venus voir le mur de son développé par ce trio Desert Rock infernal, qui évolue entre un stoner rock à la Kyuss et Fu Manchu plutôt traditionnel et un metal progressif massif. Mais c’est sans parler de l’énergie live quasi punk des Suédois, torses nus presque d’entrée, et qui ne s’économisent pas une seconde pendant un set de trois quarts d’heure qui aura semblé bien trop court au public parisien qui en redemande plutôt deux fois qu’une. La décharge sonore développée par le trio est à la fois hypnotique et ultra-énergique, deux effets plutôt difficiles à rassembler dans le même univers, mais un exercice que les Suédois accomplissent sans peine, opposant harmoniques et passages de basse dans les aigus à des riffs lourds qui suent le Rock’n Roll. A revoir sans hésiter au Hellfest cette année, et dans l’attente d’un successeur à l’album Mania, sorti il y a déjà quatre ans.

A voir la scène relativement petite du Glazart, on se demande comment les six furieux de Kvelertak vont tous trouver leur place dans un espace aussi réduit. Eux ne se posent pas la question et débarquent comme des furies dans une ambiance survoltée, avec un public très impatient de les voir s’exprimer scéniquement, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Meir qui les voit ouvrir encore plus grand leur univers musical. Et puis si la scène est trop petite, ce n’est pas un problème, car le chanteur slamme déjà dans le public dès le deuxième titre de la soirée. Pas de round d’échauffement, le public chante dès le début, ou plutôt fredonne des phrases sonnant comme ce qu’ils entendent, puisque rappelons que Kvelertak chante majoritairement en norvégien. Mais seule l’intention compte, et Kvelertak compte bien partager ce moment au maximum avec son public, qui le lui rend de la meilleure des manières, pogotant en continu tout au long du show, applaudissant et haranguant les musiciens, qui vont tour à tour, grimper sur les enceintes, slammer encore et toujours, dans un état d’esprit d’une fraîcheur étonnante.

Kvelertak : la chaleur nordique.

L’univers musical des Norvégiens est définitivement taillé pour la scène, avec leurs riffs groovy qui contrebalancent quelques blasts venus du Black Metal pour accroître la violence du propos, comme sur le nouveau titre « Spring Fra Livet » qui va introduire les débats de la soirée. Les trois guitares prennent tout leur sens sur scène, avec deux lourdes guitares rythmiques et une mélodique. Si une majorité des titres joués ce soir viennent du premier album éponyme, les nouvelles chansons intègrent déjà considérablement la setlist du groupe, comme le très Punk « Bruane Brenn » au refrain imparable, et le plus complexe « Nekrokosmos » qui illustre bien l’un des nouveaux propos musicaux développés par Kvelertak, à savoir des morceaux plus longs laissant la place à des émoluments progressifs. Et cela offre quelques moments de calme entre les violences répétées distillées par le groupe qui va loin sans ménager une seconde sa monture, achevant la soirée en revenant sur scène avec le titre « Kvelertak » issu du nouvel album qui va sans conteste devenir un classique de fin de concert du groupe, permettant au public de scander leur nom, joué avant le final « Utrydd dei Svake » qui fait durer le plaisir dans une émotion intense et fera suer les dernières gouttes de sueur d’un public parisien épuisé mais heureux. Et ce public sera invité à envahir la scène pour les derniers moments de musique, les musiciens réussissant l’exploit de continuer à jouer avec des dizaines de personnes sur scène.

Kvelertak a mis Paris à ses pieds.

Avec de telles attentions pour son public, et une énergie Live aussi bouillonnante, il apparaît comme évident que la prochaine étape parisienne de Kvelertak ne passera pas par le Glazart mais par une salle d’une taille au-dessus. Car si le groupe crée beaucoup de buzz, leur popularité grandissante est justifiée par les efforts qu’ils déploient pour que les différents publics dans le monde les adoptent. Et au vu de la réaction du public parisien à cette occasion, les efforts ne semblent pas vains. Leur démarche est riche, fraîche, sans concession ni barrière stylistique. L’avenir de ces six furieux du Grand Nord paraît ainsi chaque jour un peu plus doré.

Setlist :

Spring fra livet
Mjød
Fossegrim
Ulvetid
Bruane Brenn
Nekrokosmos
Sjøhyenar (Havets herrer)
Evig Vandrar
Nekroskop
Månelyst
Offernatt
Blodtørst

Rappels:
Kvelertak
Utrydd dei svake

Photos : Julien Perez

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Galerie photos du set de Truckfighters
Galerie photos du concert de Kvelertak



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