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Live Report   

Kyuss Lives! surchauffe la fournaise du Bataclan


Est-il possible que quelqu’un finisse par agir contre cette chaleur phénoménale du Bataclan ou sommes-nous condamnés à fondre à chaque concert ? Car Kyuss Lives! et son desert rock n’avaient, de toute façon, pas besoin de cette atmosphère tropicale pour chauffer la salle.

A ce propos, le chanteur John Garcia fera quand même le signe symbolique, en milieu de set, de l’homme qui se tire une balle dans la tête (avec son pouce et son index) pour évoquer ce dysfonctionnement. Mais arrêtons de nous plaindre et comme vous avez été aimables aujourd’hui voici le live report de ce concert diablement… chaud.

Artistes : Kyuss Lives!Troy Torino
Lieu : Paris
Date : 25 juin 2011
Salle : Bataclan

Troy Torino

Après d’âpres discussions, nous avons finalement choisi de nous rendre au Bataclan pour Kyuss Lives! plutôt qu’à la soirée « Gay Pride Follivores » organisée à minuit dans la même salle. Nous tenons à préciser à ce sujet que ce choix a été soutenu par le groupe lui-même car son tour-bus a quitté les lieux au moment où la seconde soirée démarrait…

Vers 19h15, Troy Torino monte sur les planches pour balancer à nos oreilles son gros rock. Côté public, la mayonnaise prend naturellement et surtout très vite. Logique car les riffs du quintet stoner hollandais font plaisir et l’audience ne s’y trompe pas en réservant au groupe un très bel accueil. Décidément, cette soirée était vraiment destinée aux riffs de plomb.

Une super première partie

Bien entendu, précisons que les 1 350 personnes présentes ont fait le déplacement pour le combo qui a contribué à la création du stoner avec ce son poussiéreux si caractéristique : Kyuss. Mais l’on parlera plutôt ici de Kyuss Lives! car Josh Homme (guitare) ne participe pas à cette tournée et personne ne s’y trompera : Kyuss, c’est aussi Josh Homme. D’où le rajout de la mention « Lives! » pour éviter une mauvaise interprétation.

John Garcia est une icône

Mais pas seulement (et heureusement) car tous les fans de stoner qui se respectent vous diront que Nick Oliveri (basse), John Garcia (chant) et Brant Bjork (batterie) sont des légendes vivantes. Une appellation qui récompense les pionniers d’un style – un nombre incalculable de formations sont liées de très près aux membres (ou ex-membres) de Kyuss (Queens Of The Stone Age, Mondo Generator, Eagles Of Death Metal, Fu Manchu…) – qui ont créé avec leurs riffs lourds un terreau musical inépuisable pour énormément de groupes.

Bref, vous l’aurez compris, ce soir les individus qui foulent les planches du Bataclan sont des icônes et après leur très bon set du Hellfest, le public parisien en attendait beaucoup pour, au final, ne pas être déçu. Car Kyuss Lives! a réussi à surchauffer la fournaise du Bataclan, ce qui n’était pas une mince affaire… !

Comment ? Uniquement par la musique et le charisme.

Nick Oliveri

Car soyons honnêtes, avec Kyuss Lives! sur scène il ne se passe pas grand-chose et pourtant tout y est. La base d’une prestation scénique, c’est la musique. Et c’est cette vérité que le groupe a finalement rappelée en ce 25 juin. Les musiciens sont statiques et, mis à part les petits pas de danse et ondulations du frontman, quelques stroboscopes (très bien utilisés, convenons-en) et la surprise John Garcia qui, vers la fin de set, distribuera des bouteilles d’eau au public comme aux membres du service de sécurité avant d’aller communier grâce à eux avec les premiers rangs, nous n’aurons eu que peu de choses à nous mettre (visuellement) sous la dent.

Mais on s’en fiche car un set de Kyuss Lives! se ressent plus qu’il ne se voie et les lunettes noires de John Garcia corroborent, à ce titre, le propos… Il s’adresse avant tout au cœur et à l’esprit plutôt qu’aux yeux. C’est pour cette raison que ce groupe, en concert, fait probablement partie des artistes dont on doit bien connaître la discographie avant de payer son ticket d’entrée. Car les compos de Kyuss Lives! regorgent de subtilités qui nécessitent sans doute en amont l’apprentissage sur album pour une vibration live optimale.

Bruno Fevery

Parce qu’avec toutes ces notes noyées dans un son aussi gras et puissant, il paraît délicat pour le novice de savourer à sa juste valeur les nuances qui font le charme de Kyuss. Ainsi, un superbe morceau comme « 50 Million Year Trip (Downside Up) » résume l’ensemble de cette analyse car en live il revêt une dimension encore plus puissante sur le début du titre avant de proposer (encore) plus de temps à l’auditeur pour savourer sa longue partie atmosphérique… qui en devient d’autant plus orgasmique.

Kyuss Lives! ou l’art (musical) de la nuance. « Musical », précisions-le à nouveau. Car, à l’image de l’impact visuel, question communication, les zozos ne sont pas venus pour refaire le monde mais pour balancer du bon desert rock des familles. Du coup, si la musique de Kyuss n’est pas la plus violente qui existe, les pogos dans le pit deviennent furieux à partir du tiers du concert car les compos jouées en live parlent aux entrailles et créent d’elles-mêmes la communication physique.

Le vrai contraste de Kyuss Lives! se trouve avant tout sur ce point.

Ce monsieur joue bien de la basse

Kyuss Lives!, c’est le vent du sud qui rend fou, c’est le langage des cœurs et des corps, ce sont quatre mecs incroyablement talentueux – mention spéciale aux interprétations de Bruno Fevery à la guitare – qui envoient une setlist d’anthologie comme si de rien n’était, comme si c’était normal de faire vibrer son public en ne bougeant pas, ou si peu.

En bref, Kyuss Lives! est sur scène une force tranquille qui partage une chaleur musicale vraiment impressionnante.

Toi, tu as une sacrée classe !

Setlist Kyuss Lives! :

Spaceship Landing
Gardenia
Hurricane
Thumb
One Inch Man
Conan Troutman
Freedom Run
Asteroid
Supa Scoopa And Mighty Scoop
50 Million Year Trip (Downside Up)
Odyssey
Whitewater
El Rodeo
100 Degrees

Rappels :
Molten Universe
Green Machine

Photos : Julien Pérez



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  • Oui bravo, Texte tres juste, c’était pareil à Mérignac… sauf qu’ ils ont joué devant une salle moitié pleine.. Troy Torino etait la super surprise d’ un soir. Grosse soirée Stonner. Magnifique.

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  • bravo Doc pour ce beau report, on s’y croirait !! 😉
    Et bien joué de ne pas tomber dans la vanne facile avec le titre « 100 degrees », j’admire ta résistance à ce jeu de mot qui pourtant te tendait les bras, ca rend ce témoignage d’autant plus précieux !

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