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Live Report   

L’ambition discographique est-elle soluble dans la prestation live?


Artistes : Vanden PlasSpheric Universe Expericence
Date : 12 février 2011
Lieu : Paris
Salle : Le Divan Du Monde

La question mérite d’être posée tant le doute est permis. Nombreuses sont les interviews qui nous révèlent que l’enregistrement de l’album a nécessité 752 caisses claires différentes, 37 accordages de guitare et 312 prises pour arriver au résultat voulu. Les concept-albums ne sont pas en reste avec, plus que pour tout autre album, le besoin de veiller à chaque détail, chaque son, pour que l’auditeur soit complètement immergé dans l’histoire. Si sur album le résultat peut prendre des dimensions incroyables, quid du live ? C’est bien sur scène que tout ce qui a été composé doit s’exprimer le plus pleinement et être transcendé, alors pourquoi une telle débauche de moyens si cela ne peut pas être retranscrit en concert ? Si certains groupes, comme Dream Theater ou Porcupine Tree, ont les moyens de se doter notamment d’écrans pour transformer leur musique en une véritable expérience sensorielle, d’autres ne les ont pas. Et faute de moyens, il faut avoir des idées…

La venue de Vanden Plas au Divan du monde ce samedi 12 février est une excellente occasion de trouver quelques réponses à cette interrogation. Le groupe allemand est l’archétype du groupe ambitieux : délivrant un metal progressif teinté de heavy, il nous a livré ces dernières années des concept-albums d’envergure. Le dernier en date, The Seraphic Clockwork, nous raconte l’histoire d’un homme vivant à Rome au XVIe siècle et transporté en l’an 33 à Jérusalem pour être confronté au sort que Dieu lui réserve. Un album riche, massif, fourmillant de détails, jusqu’à l’indigestion selon certaines critiques… Tout le mystère de ce concert est donc de savoir comment les Allemands vont pouvoir retranscrire les émotions de cet album dans la petite salle parisienne, aux côtés de l’autre concept, Christ O, et des classiques du groupe, « Iodic Rain » en tête.

Spheric Universe Experience

L’ouverture des portes à 19 heures est un peu chaotique, la faute à un service d’ordre qui fait rentrer le public au compte-goutte, ce qui en oblige une bonne partie à commencer le concert depuis la rue… Qu’importe, tout le monde est entré à la fin de la première chanson de Spheric Universe Experience. Le choix de la première partie est ici judicieux puisque les Français, qui s’apprêtent à sortir leur quatrième album, officient dans un style proche de Vanden plas et permet de lancer la soirée sur les chapeaux de roue.

Spheric Universe Experience

Les morceaux s’enchaînent à vitesse grand V, multipliant les parties instrumentales aussi épiques que variées, mêlant diverses influences. Les musiciens s’éclatent en se réservant chacun son moment de gloire. Mais le premier morceau marque aussi plus tristement ce qu’on pourrait appeler « la solitude du chanteur de prog ». On a tous en tête, avec une petite larme à l’œil, ces images de James Labrie agitant son tambourin en faisant des « ouh-ouh », pendant que ses potes de Dream Theater se lancent dans les massives parties instrumentales de « Learning To Live » ou « A Change Of Season ». Alors que faire quand on est exclusivement chanteur dans un groupe de prog et que nos potes se lancent dans un petit instrumental de douze minutes ? Franck nous propose plusieurs réponses : aller faire chier ses collègues, boire une bière sur le côté de la scène, voire traverser la fosse pour aller discuter avec l’ingé son. Andy Kuntz ajoutera à cette liste de belles démonstrations de air guitare et de air clavier.

Le concert passe très vite, malgré un public un peu timide mais attentif. La soirée est donc lancée et bien lancée pour l’arrivée de Vanden plas.

Torsten Reichert (Vanden Plas)

Quelques minutes pour changer de plateau, et une intro grandiloquente digne du Seigneur des Anneaux annonce le moment de savoir comment The Seraphic Clockwork sera présenté ce soir. La réponse vient dès les premières minutes du concert puisque le groupe décide de ne pas reprendre en totalité ou en medley l’album, mais de faire sa setlist selon une autre logique. En effet, le groupe ne s’est plus produit en France depuis de nombreuses années et décide de faire un vaste tour de sa discographie (six albums depuis 1994) en allant même puiser dans The God Thing (1997) pour un « Rainmaker » efficace en rappel. Les extraits de Far Off Grace côtoient ceux de Christ O pour le plus grand plaisir d’une foule très éclectique, allant de la mèche Justin Bieber aux cheveux blancs en passant par les tatouages.

Andy Kuntz a la pêche (Vanden Plas)

Andy Kuntz a la pêche et fait le show à côté d’un Stefan Lill tout aussi en forme. Les autres musiciens restent plus sobres et concentrés sur leurs instruments. Le groupe se démène et ne fait aucune impasse, alternant les morceaux épiques avec les passages plus intimistes pour varier les plaisirs. Et, surtout, le groupe fait preuve d’une vraie générosité. Andy n’hésite pas à parler en français presque sans accent à plusieurs reprises ou à écarter Stefan pour que le public puisse bien voir Gunter derrière ses claviers. Les morceaux défilent et on ne voit pas l’heure passer. Pas de temps mort, pas de fioritures mais un concert carré techniquement avec cette petite touche en plus venue du cœur, qui laisse de beaux souvenirs à ceux qui ont eu la chance d’être là.

Stefan Lill (Vanden Plas)

Le combo prend vraiment plaisir à être sur scène et se défonce comme s’il venait de sortir son premier album. Cette flamme et cette envie de bien faire laissent vraiment admiratif et permet de se plonger tout entier dans ce concert et d’en sortir comblé, avec la banane.

Alors finalement, comment on défend un concept-album ambitieux avec seulement un backdrop et deux grands posters sur les côtés de la scène ? Eh bien, en fait, après avoir vécu un concert aussi intense, on s’en fout un peu !

Setlist de Vanden Plas :

– I Can See
– Into the Sun
– Holes In The Sky
– Silently
– Iodic Rain
– Rush of Silence
– Far Off Grace
– Quicksilver
– Cold Wind
– Frequency
– Soul Survives
– Scar of an Angel
– Postcard to God

Rappels :
– Christ O
– Rainmaker

Photos : Olivier Gestin



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  • Intense …le mot est faible . J’ai eu la chance d’y assister accoudée à la scène ! A 47 ans, je fais peut être partie des cheveux blancs, mais j’avais quand même fait 250km pour en prendre plein le coeur ! merci encore pour cette générosité, cette simplicité et ce talent.

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