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Nouvelles Du Front   

La chanteuse oubliée


Le nom de My Ruin vous dit-il quelque chose ? Ce groupe est très peu médiatisé dans nos contrées, d’ailleurs, il en est de même aux States, leur propre patrie. Malgré l’indifférence des trois quarts du public metal, le groupe continue pourtant courageusement son petit bonhomme de chemin en sortant au mois d’août prochain leur huitième album, intitulé Ghosts And Good Stories.



A quoi cela ressemble My Ruin ? Des riffs bien gras et bien lourds, très rock’n’roll et pourtant bien métalliques à la fois. On pourrait placer le combo entre le mouvement southern rock qui pue l’huile de vidange et la sueur à plein nez et du Motörhead. D’ailleurs en parlant du groupe anglais, on pourra noter au passage que Mick Murphy (guitare) a une légère ressemblance physique avec Lemmy. Pour résumer en deux adjectifs l’aspect purement musical de My Ruin : virilité et machisme. Et là, le chant arrive et laisse tout le monde sur le cul. Une « douce » voix féminine, une frêle demoiselle qui nous balance au visage toute sa rage et sa hargne. Voilà où se situe l’originalité du groupe: l’opposition entre la musique « pour les mecs, les vrais » et le chant féminin.

Après écoute d’un de leur album, vous vous direz certainement : « c’est bien gentillet mais c’est un peu répétitif ». Mais après tout, un groupe comme Slayer nous a bien servi la même recette pendant des années et regardez ce que la bande à Kerry King est devenue. Mais pour le cas de My Ruin, nous vous invitons à regarder en profondeur. Dans un premier temps, c’est un bon metal lourd et gras qui fait toujours du bien là où il passe pour s’assurer un bon moment fun « léger ». Mais d’un autre côté, portez votre attention sur le chant. Tairrie B., la vocaliste, vocifère, expie toute sa colère, comme si sa vie en dépendait ou comme si c’était sa dernière chance de le faire. Une interprétation « réelle » qui est dictée par son c?ur. N’est-ce pas une des choses que l’on attend le plus pour une chanteuse?

Vous l’aurez compris, la « Miss B. » est un élément clé du groupe. Il est vrai que lorsque l’on voit des chanteuses telles qu’Angela Gossow (Arch Enemy), on pourrait croire que la prestance de Tairrie n’a rien d’original et peut être reléguée au second plan. Pourtant, lorsque l’on regarde l’histoire, la brune tatouée officie dans le metal depuis 1993, époque où Arch Enemy n’existait même pas puisque le groupe allemand ne s’est formé que 2 ans plus tard. Pourtant, nous vous avions dit que My Ruin avait débuté en 1999. C’est donc dans un autre groupe que Miss B. s’est faite connaître, un groupe que vous connaissez peut-être, Manhole dont le nom a muté en Tura Santana pour des raisons juridiques.



C’était dans un tout autre registre vocal que la chanteuse officiait à l’époque. En effet, Manhole était un groupe de rap/metal. Style très peu usité à cette époque puisque les seuls représentants réellement connus étaient Body Count et Rage Against The Machine. Les vocaux de Manhole étaient rappées avec des hurlements ponctuels à l’instar d’un Zach De La Rocha (RATM). Une grande nouveauté pour le côté féminin du metal donc.

A cette époque, les figures féminines dans le panorama du rock étaient surtout réunies dans le mouvement rock féministe avec des formations telles que L7, The Breeders ou encore Le Tigre. Manhole était donc hors sujet. On en conclut donc que Tairrie B. est une pionnière dans le monde du metal et l’une des premières à utiliser des vocaux hurlés, même si ils n’étaient présents que ponctuellement. C’était une situation très délicate dans laquelle Miss B. s’était fourrée à la formation de Manhole : « Tout le monde disait que j’étais cinglée. Ils disaient que je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était d’être dans un groupe. Même mon copain et mes amis me demandaient toujours ce que je ferais dans un groupe de metal ».

C’est donc dans ce milieu fermé et entièrement masculin que la belle a évolué et a réussi à s’imposer. Belle preuve de courage. En temps que précurseur, l’influence qu’elle a apportée au public a fait que d’autres demoiselles se sont lancées elles aussi dans l’aventure. Fait des plus étranges est lorsque l’on regarde des interviews sur des vocalistes de la scène metal actuelle, il n’est nullement question de Tairrie B. au niveau influence. Même s’il ne s’agit pas d’une chanteuse exceptionnelle au niveau technique, sa démarche fait qu’elle mériterait d’être nommée.



Un nom injustement oublié. Pourtant, nous le répétons, même si ses capacités techniques sont bien inférieures à certaines, sa sincérité dans son interprétation et le fait qu’elle ait pris les devants pour s’imposer dans un milieu où l’on ne voulait pas d’elle font qu’elle reste une figure incontournable dans le milieu metal.

Un nom qu’il ne faudra plus oublier à partir d’aujourd’hui.



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  • Spaceman / RM dit :

    Seb, tu ne confond pas avec Skew Siskin qui était en première partie de Motörhead à Lyon, à la Halle Tony Garnier, en 2007?

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  • J’aime bien ce groupe, je connais depuis assez longtemps. Il me semble les avoir vu en première partie de Motorhead il y a quelques années a Lyon !

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  • wah je m’attendais a une voix du genre de lacuna coil. quelle surprise

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  • Eh bien, il y a son registre rap qu’elle utilisait dans Manhole et dans les premiers My Ruin… Après, j’avoue que ce qui donne le côté répétitif de leur musique est bel et bien dû au manque de registre vocal. Après, je connais pas mal de « groupes metal à chanteuse », ce qui fait que ce serait clairement mentir de dire qu’elle a de la technique. Par contre, d’un autre côté j’arrive vraiment à sentir le feeling dans sa voix, qu’elle y croit, ce qui change considérablement la donne (d’autres chanteuses qui ont une technique remarquable devraient en prendre de la graine). Malgré ce défaut technique, il y a du potentiel chez cette fille et la musique de My Ruin est bien agréable à écouter de temps à autre selon moi ^^

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  • C’est assez sympas, mais le manque de nuance dans sa voix me gène. Ca casse un peu la dynamique de l’ensemble.

    Dommage car son timbre est pas désagréable à côté de ça. Je m’attendais à bien pire avec les concessions faites dans l’article sur sa technicité. Faudrait juste qu’elle essaie de développer un autre registre ou apprenne a apporter des nuances au sien.

    Sinon, un lien myspace directement dans l’article pourrait être cool aussi 🙂

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