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Live Report   

La conspiration dévoilée


Après un passage au Hellfest dimanche, Cavalera Conspiracy posait ses valises ce lundi 20 juin du côté du Bataclan de Paris pour défendre son nouvel album Blunt Force Trauma, accueilli de façon mitigée.

La réunion des frères Cavalera, de nombreuses années après leurs méfaits au sein de Sepultura attire toutefois les fans que l’on peut schématiquement diviser en deux clans : les nostalgiques des années 90, pour qui les Arise ou Beneath The Remains restent les pierres angulaires d’un certain metal et qui veulent reprendre une bonne claque par ces riffs assassins, et ceux qui attendent de voir ce que les années passées ont apporté au discours des frangins épaulés de nouveaux musiciens.

Si les attentes avaient été importantes vue l’excitation suscitée par cette réunion, les albums ne les avaient pas comblés. Après une setlist très variée au Hellfest, puisant dans les vieux Sepultura comme dans ses deux albums, on attend de voir comment Cour de Cassation défendra son nouveau bébé sur scène.

Artistes : Cavalera ConspiracyBaptized In BloodZuul FX
Lieu : Paris
Date : 20 juin 2011
Salle : Le Bataclan

C’est Zuul FX qui monte sur les planches dès 19h. Les affres du travail et des transports en commun ne me permettent pas de voir l’entrée sur scène de la bande de Steeve Petit mais dès mes premiers pas dans la salle, un constat s’impose : le groupe a décidé d’en découdre ce soir. Le son est puissant et plutôt bon, et les quatre musiciens se défoncent devant une foule très clairsemée.

Le groupe, comme Cavalera Conspiracy, a déjà tout donné à Clisson mais ils en ont sous le pied les bougres ! Steeve est particulièrement communicatif ce soir et adresse un petit mot entre chaque titre, comme une sorte de répit avec d’assener un nouvel uppercut musical. Un problème technique sur une intro et le déluge de décibels repart de plus belle. Un « I Hate You » au final apocalyptique qui voit le public se muer en cinquième membre du groupe et Zuul FX regagne les coulisses. La barre est déjà très haute!

Baptized In Blood est ce soir le groupe le plus méconnu sur l’affiche. Et les cinq zicos sont bien décidés à envoyer dans le passé cette méconnaissance en débutant par un titre résolument thrash. On peut dire, en voyant le titre du bassiste marqué « I love thrash », qu’on ne nous ment pas sur la marchandise ! Pas de round d’observation, ils tapent tout de suite là où ça fait mal !

Et pourtant, malgré un thrash puissant et mélodique, pas de pogo en vue. Le groupe se démène devant un public plutôt passif mais réceptif. Le set de ce soir est dédié à une des stars de Jackass, Ryan Dunn, mort la nuit précédente d’un accident de voiture (RM, au top de l’info !). « Up Shirt Down Skirts », « Go It Alone » poursuivent une campagne de destruction massive savamment orchestrée.

Premier concert de sa nouvelle tournée, premier concert en France, le groupe vit ici son baptême du feu (dans le sang?). Le public finit quand même par répondre aux appels du frontman Johl Fendley en entamant quelques timides pogos. Le groupe se retire après une trentaine de minutes de show, probablement fatigué après une belle débauche d’énergie. Pas sûr que sa fan-base ait grandi ce soir malgré un set efficace tant le public aura semblé peu réceptif. D’ailleurs, on n’hésiterait pas à appeler les flics du coin pour un contrôle antidopage du batteur et maltraitance manifeste de batterie : une telle pêche et une telle énergie ne sont vraiment pas humains…

Max Cavalera

Prêt de trente minutes d’attente et enfin arrive Cavalera Conspiracy. Les quatre musiciens joueront devant une salle loin d’être comble et un grand circle pit prendra place dans la fosse sans difficulté. C’est avec le dernier opus que le groupe ouvre les hostilités, avec « Warlord » et « Torture ». Le son est puissant mais clair et chaque instrument est parfaitement audible.

Le public n’est également pas en reste et la chaleur monte d’un cran avant même que soit passé le premier titre. Le groupe joue bien, est très carré, mais quelque chose cloche un peu dans l’attitude. Non pas du côté d’Igor ou de Mark qui malmènent leurs instruments avec un talent certain. Non pas du côté du barbu bassiste affectueusement surnommé Raspoutine ; il fait le job efficacement, sans fantaisie et est-ce qu’on lui en demande plus dans un groupe marqué par deux énormes individualités ?

Un p’tit café Max ?

Non, c’est plus Max qui inquiète. Le regard absent, les premiers titres débités sans réelle conviction dans la voix… On pourrait presque croire qu’il est là sans en avoir vraiment eu le choix. Sa guitare servirait presque plus de décoration que d’instrument. Certes, la voix est là, puissante, mais la hargne qui la marquait jadis n’est ce soir présente que par intermittence. Est-il toujours comme ça ? Son manque d’implication est le gros bémol d’une soirée plutôt réussie pourtant.

Mark Rizzo (Cavalera Conspiracy)

Les titres du nouvel opus se mêlent à ceux du premier avec bonheur et le tout passe bien l’épreuve de la scène. Quelques « vieilleries sepulturesques » viennent agrémenter le tout, dont notamment un enchaînement « Refuse/Resist » – « Territory » qui nous met tous a genoux. Mark Rizzo enquille les moments de bravoure et sert le poing à chaque fin de chanson, comme un sportif qui gagnerait son match. Igor place sa frappe pachydermique comme un métronome. Cette première partie de concert est forte, efficace. Le public en prend plein les dents mais en redemande – et toujours malgré un Max un peu éteint.

Puis vient la dernière partie du set, plus marqué par les surprises (qui n’en sont – pour certaines – plus vraiment). Max semble enfin se réveiller pour s’offrir un petit plaisir en reprenant un peu de Black Sabbath. Ensuite, la fratrie de Cavalera Conspiracy s’élargit, le temps d’un titre, aux enfants, puisque les postes de batteur et de second guitariste sont subtilises par les Cavalera Juniors pour un « Cockroaches » de Nailbomb. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la relève est assurée ! Un délire punk avec le « Six Pack » de Black Flag, un « Roots Bloody Roots » chanté avec un Steeve Petit qui prend visiblement du plaisir à être aux côtés des légendes brésiliennes, et puis s’en va.

On l’appelle Raspoutine

Au final, le show des frangins Cavalera aura été double : une première partie très carrée, articulée essentiellement autour de Inflikted et de Blunt Force Trauma, et une seconde partie plus décousue, où les sorties de scène étaient fréquentes, prenant même parfois l’air d’une répétition pendant laquelle on se demande ce qu’on va jouer ensuite. Malheureusement, on aurait aimé voir un Max à la hauteur des attentes au niveau vocal et de l’énergie et non pas un frontman mou donnant l’impression de se trainer comme une âme en peine sur la scène.

On sort de la salle quand même ravi d’avoir assisté à trois bons concerts. Mais la prochaine fois, un petit geste pour Max : pensez au Guronsan !

Setlist de Cavalera Conspiracy :

Warlord
Torture
Inflikted
Thrasher
Sanctuary
Terrorize
Refuse Resist
Territory
Ghengis Khan
Killing inside
Blunt Force Trauma
Ultra Violent
Doom Of All Fires
Troops of Doom
Black Ark
Desperate Cry
Propaganda
Target
Cockroaches
Six Pack
Attitude
Roots

Photos : Julien Perez

Petit cadeau bonus… « Parisien ! » (photo : Gaël Morel)



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  • La salle n’éatait pas comble…ils étaient peut-être tous au Zénith pour la tournée d’au-revoir (pas d’adieu puisqu’ils referont des concerts mais pas autant…) du Priest. Dommage que deux groupes de cet intérêt soit programmé le même soir…

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  • alors comme ça on parle du concert de cavalera consiracy mais on parle même pas du concert d’Amon Amarth qui a eu lieux extactement dans la même salle ^^

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