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Live Report   

La croisade de Therapy?


Il n’est pas impossible que beaucoup d’amateurs de metal qui sont tombés sous le charme de Therapy? dans les années 90, avec les deux albums magiques que sont Troublegum (1994) et Infernal Love (1995), ont pensé que le groupe a totalement perdu en inspiration au fil des années, incapable d’aller chercher des compositions au niveau des deux disques précités. Il faut dire que ces derniers ont à juste titre marqué les esprits par la dynamique rock/punchy présente sur les titres du premier et par le concept du second dont la variété et la finesse de composition sont remarquables.

Pour beaucoup Therapy? se résume donc à cela : deux albums marquants qui avaient été plébiscités à l’époque par MTV et puis plus rien, ou pas grand-chose. Pourtant le groupe d’Andy Cairns (chant/guitare) et Michael McKeegan (basse) a continué son petit bonhomme de chemin en sortant régulièrement des disques (neuf depuis 1994, tout de même) qui, s’ils n’égalent pas le caractère exceptionnel des deux pierres angulaires de la carrière des Irlandais, comportent malgré tout bon nombre de tubes. C’est surtout cela qu’aura souligné le concert donné à Annemasse par le trio le 28 janvier dernier.

Artistes : Therapy?Flesh Roxon
Date : 28 janvier 2016
Salle : Le Château Rouge
Ville : Annemasse

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La concentration de Neil Cooper (Therapy?, Hellfest 2014)

La soirée démarre avec Flesh Roxon qui partage un rock/punk énergique et efficace. Très appliqués, les musiciens donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont visiblement très heureux d’accompagner Therapy? sur sa tournée européenne car une bonne humeur se dégage de ce set. Le chanteur/guitariste Nicky Rothen n’y sera pas étranger car tout au long du set il n’aura cessé de faire des blagues en poussant le public à rentrer dans le concert. Il faut dire que ce dernier aura été assez timide ce soir, laissant un beau vide entre le groupe sur scène et lui-même pendant les premières minutes de ce show, ce qui forcera le frontman à demander à la foule de se rapprocher avec un succès mitigé. Musicalement, le groupe finlandais tabasse avec son mélange de metal et de psychobilly et c’est sous les applaudissements (un peu trop) polis que Flesh Roxon quitte la scène. A revoir en tête d’affiche !

Pendant que le groupe Happening joue dans la partie « club » de la salle, Andy Cairns est sur scène en train de préparer son matériel technique. On ne peut qu’avoir du respect face à ce musicien qui a l’instar de son compère de toujours Michael McKeegan continue contre vents et marées sa carrière malgré le déclin de notoriété de son groupe. En effet alors qu’il remplissait en France des salles de 1 500 personnes il y a vingt ans, Therapy? se produit aujourd’hui dans des jauges qui oscillent entre 200 et 500 personnes. Pourtant à voir sa minutie pré-concert et son investissement durant le show, on sent bien que la trajectoire du combo est finalement bien secondaire pour les protagonistes qui le font vivre.

L’important est en effet ailleurs : dans cette joie inaltérable de monter sur scène et dans cette chance incommensurable de se produire devant une audience qui aime ce que vous faîtes. Et au final, c’est vrai, quelle importance de le faire devant 100, 250 ou 10 000 personnes ? Pouvoir sortir des disques et jouer sur scène pour les promouvoir est la jouissance suprême du musicien, la base de ce pour quoi il fait ça (et souvent vit) et en tant que spectateur il est génial de voir ces gars-là toujours motivés après vingt-six ans de carrière… et quand même plus de deux millions d’albums vendus !

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Michael McKeegan toujours aussi actif (Therapy?, Hellfest 2014)

Le set de la formation irlandaise démarre sur le très bon « Still Hurts » qui lance idéalement ce concert qui comportera la bagatelle de vingt-trois titres, les compositions du combo étant souvent courtes et rentre-dedans. Disquiet, son dernier album en date, étant sorti l’année dernière il n’est pas étonnant de le voir à l’honneur puisque près d’un tiers de la setlist lui sera consacré. Si sept morceaux de Troublegum seront joués, Infernal Love sera uniquement mis en avant sur deux morceaux alors que le disque (qui fêtait ses vingt ans d’existence l’année dernière) avait été joué en intégralité quelques jours plus tôt au Royaume-Uni. Un choix surprenant même si, traditionnellement dans les shows du combo irlandais, Infernal Love est toujours nettement moins mis en avant que Troublegum.

Mais ne faisons pas les fines bouches d’autant plus que Disquiet, le quatorzième album du combo, passe bien l’épreuve du live sur la majorité de ces titres. Le réussi « Still Hurts » est une belle entrée en matière et on retiendra également la qualité de morceaux comme « Idiot Cousin », « Deathstimate » ou « Tides » qui montrent un Therapy? inspiré, accrocheur et efficace. Néanmoins un titre comme « Torment Sorrow Misery Strife » tombe lui dans l’écueil du pop/punk sans âme qui fait parfois partie des travers du combo sur ses disques de l’après-Infernal Love.

Malgré les années, le trio sur scène est toujours aussi concerné. Michael McKeegan continue de sautiller et de tourner sur lui-même comme un diablotin pendant que Neil Cooper fracasse sa batterie avec détermination et entrain. S’essayant parfois au français, Andy Cairns a quant à lui toujours la patate et fera bien rigoler le public en l’incitant par exemple à aller acheter du merch du groupe pour l’aider à payer les soins de son chien malade ! Un marketing larmoyant du plus bel effet. Toujours possédé quand il le faut (les yeux de fous du chanteur sur la reprise d’Hüsker Dü « Diane »), Andy Cairns aura distillé avec panache ses riffs fédérateurs et immédiatement accrocheurs.

Bénéficiant d’un son parfait, à l’instar de la première partie Flesh Roxon, Therapy? aura fait passer un message clair (sans le dire) lors de son concert à son public : « nous sommes là depuis longtemps et gardez en tête que nous serons encore avec vous pour un long moment ». Le château rouge ayant été pris d’assaut, la croisade des Irlandais peut donc se poursuivre. Et c’est tant mieux !

Santé à toi, Andy Cairns ! (Therapy?, Hellfest 2014)

Setlist :

Still Hurts
Isolation (reprise de Joy Division)
Die Laughing
Idiot Cousin
Turn
Torment Sorrow Misery Strife
Deathstimate
Stories
Words Fail Me
Misery
Helpless Still Lost
Trigger Inside
Tides
Insecurity
Nausea
Teethgrinder
Potato Junkie
Screamager
Rappels :
Diane (reprise d’Hüsker Dü)
Unbeliever
Meat Abstract
Knives
Nowhere

Live report : Amaury Blanc.
Photos : Nicolas Gricourt (Hellfest 2014).



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  • Vu quelques jours avant au pub irlandais à Paris, et même conclusion : Therapy? est toujours vivant et même plus! Un groupe qui envoie chier le music business et continue quoiqu’il advienne force le respect. Quand en plus les albums sont tous de qualité : chapeau!

    Petit point de désaccord, dans les albums suivants Trouble & Infernal, Suicide Pact…You First, High Anxiety & Disquiet sont largement au même niveau, voir supérieurs.

    Therapy? n’a jamais démérité et ce depuis leurs deux premiers EP.

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