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Song For The Deaf   

La Dispute : l’art de se faire de nouveaux amis


A chaque jour sa découverte, ou presque. Cela étant dit, il n’y a rien de surprenant ! Dans l’immensité du monde metal et par ses diverses branches, voire pire encore, dans la vaste et infinie étendue musicale, il est obligé qu’avec, soit un peu de curiosité, soit par véritable recherche ou alors par pur hasard, de tomber sur quelque chose – un artiste, un groupe – qui vous fasse poser vos fesses là où vous le pouvez en vous disant : « là je tiens un truc ! ».

C’est à peu de chose près ce qu’il s’est passé avec La Dispute. La nuance étant que votre serviteur était déjà assis quand il a découvert cette formation américaine au nom pourtant bien de chez nous. Plus qu’un nom bien français puisque inspiré de l’écrivain Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (ou Marivaux, seulement), La Dispute c’est une formation qui croise l’essence de MOPA (My Own Private Alaska) au blues, au screamo et au rock progressif. C’est un cri de douleur, c’est de l’intensité et c’est de la musicalité. Le constat est irrévocable ! Alors si Rooms Of The House, son nouvel et troisième album, n’arrivera que le 18 mars prochain, les oreilles sont disposées à le recevoir après avoir jubilé, au plus haut point, à l’écoute de Somewhere At The Bottom Of The River Between Vega And Altair, sorti en 2008. Une vraie découverte !

La Dispute est un groupe complexe dans sa musique : jazzy, bluesy et foncièrement metal. La formation à la large discographie (depuis Vancouver, premier opus sorti en 2006, ils ont aussi étalé leur art sur de nombreux EP et split-discs) aborde sa musique de manière très humaine. Le quintet explique d’ailleurs sa vision de celle-ci de la sorte : « La Dispute c’est cinq proches amis qui ont une ferme passion pour le concept de musique et d’art comme un moyen de se faire de nouveaux amis. En conséquence, La Dispute fait (ou s’efforce de faire) une musique qui est à la fois artistique, technique et qui s’engage émotionnellement dans l’espoir d’établir des connexions légitimes avec Tout et toutes les personnes intéressées. » Une bien belle approche artistique, cela va sans dire. Surpassant l’habituelle vision d’un artiste jouant avant toute chose pour sa propre personne. Ici, l’art est vecteur d’échange ce qui explique, en partie, la richesse du langage musical de La Dispute.

Car l’une des autres vocations de La Dispute c’est « d’encourager le dialogue entre les personnes ». Un désir matérialisé ici par le chant screamé, parfois parlé, de Jordan Dreyer. Le tout devient très vite personnel. Et bien qu’alambiquée, la musique arrive à toucher un large public. A l’instar, en quelque sorte, d’un Tool qui parle aux amoureux de musiques rock plus alternatives tout autant qu’il parle aux non-initiés, sans parler des métalleux. D’ailleurs, l’esprit de Tool est bien présent dans les plans de guitares (assurés par les deux très bons Kevin Whittemore et Chad Sterenberg). Il suffit pour cela d’écouter la seconde moitié de « The Last Lost Continent » (titre de douze minutes) pour le ressentir de plein fouet.

Cependant, de ce côté du monde, sur ce Vieux Continent, les jeunes Américains souffrent d’une sous-popularité et sont donc rares en Europe. Ce qui est regrettable. Étant donné que pour la formation il y a une chose importante, un autre pan de la musique à ne surtout pas sous-estimer : l’expérience scénique. En effet, « La Dispute porte également une ferme passion pour la pertinence d’une prestation live, à la fois pour les groupes concernés et pour les personnes présentes » ajoutant qu’il est essentiel de voir venir « des étrangers ensemble en dépit de leurs différences pour célébrer une chose importante et précieuse et qui ne doit en aucun cas être tenue pour acquise. » Ainsi, le public français pourra faire l’expérience de tout cela par lui-même, au soir du 13 mai prochain, à la Flèche d’Or de Paris. Autrement, il sera toujours possible de passer par l’Usine de Genève, en Suisse, le 12 du même mois. Et sinon, un petit tour sur le Bandcamp du groupe pourra vous offrir, gratuitement ou pour 2 dollars, de quoi vous en mettre dans les oreilles pour les mois à venir.



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