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Éditorial   

La fable du jeune groupe, du label et du réseau social


Il y a de cela à peine quelques heures, un de nos amis musiciens (qui, à ses heures, chevauche des licornes) venant d’enregistrer son premier EP avec son groupe, nous demandait conseil sur le meilleur moyen de le diffuser et enchaînait directement sur l’idée de le sortir sous format digipack. Tout de suite, nous le lui avons déconseillé : si un jour tu veux voir ton EP en format digipack, attend d’avoir un label pour s’occuper de ce genre de détails. Car pour le moment, ce qu’il faudra avant tout pour cet EP, c’est le montrer à des labels qui n’ont pas besoin de voir que les groupes ont du cash à cracher pour de l’accessoire, du cosmétique. Car, ce qui est sûr, c’est que les labels cherchent un groupe, un qui fait de la musique, une musique qui a du potentiel (que ce soit pour des raisons artistiques ou commerciales) et pas un qui a du potentiel pour claquer bêtement son argent et choisir le meilleur emballage de son disque au lieu d’utiliser son talent pour jouer et composer et jouer encore.

Ensuite, si on veut faire un beau package commercial, mieux vaut obtenir ça le moins cher possible (voire trouver un bon copain graphiste pour faire de beaux visuels, gratos si possible) car, de toute façon, au milieu des centaines de paquets reçus par un label – ou un média comme le nôtre qui a des sacs pleins de démos, d’EP, de premiers albums, de dossiers de presse encombrants taille A4 et on en passe – il a de grandes chances de passer inaperçu d’une façon ou d’une autre. Et puis, dans le sens inverse, c’est la musique qui prouvera que ça valait le coup de s’arrêter sur cette démo qui, extérieurement, ne payait pas de mine. Même si, bien sûr, un effort sur « l’identité visuel » vous rendra toujours plus remarquable qu’un autre dès le premier coup d’œil, du genre : « Hey, il est passé où ce CD avec des mecs en collants sur une licorne ?! Je voulais absolument l’écouter ce soir sur mon autoradio en rentrant chez moi ! »

Vous voyez ?

Malgré tout, il y a l’effet inverse, principalement engendré par les réseaux sociaux doublé de la dématérialisation du support musical : publier des liens sur les murs des labels ou de tout autres professionnels de la musique. Car vous obtiendrez exactement ce que Century Media Records explique dans un message publié sur sa page Facebook hier :

« A TOUS les groupes sans contrat : poster un lien vers votre musique sur notre timeline ou nous envoyer un message ici sur Facebook avec votre musique ne fera PAS en sorte que votre musique sera entendue. (gardez ça à l’esprit quand vous proposez votre musique à d’autres labels aussi). Nous souhaiterions avoir le temps de passer au crible tout ce qu’il y a ici et découvrir quelques perles parmi vous. Ceci dit, intéressez-vous à nos infos sur notre site pour vos propositions de démos. Continuez à travailler dur et NE LAISSEZ PAS les haineux vous barrer la route vers votre but ! »

Les réseaux sociaux, et Facebook en tête, ont changé la manière de communiquer pour les labels, comme pour les groupes eux-mêmes. Ils peuvent être en rapport direct avec leurs clients/fans qui peuvent être informés directement, sans avoir à chercher le site internet du groupe ou du label. Il suffit d’aimer telle ou telle page et si quelqu’un y publie quelque chose, le « follower » sera informé. C’est tellement pratique que de plus en plus de groupes désertent leurs propres sites internet pour se concentrer sur Facebook, voire Twitter, et cimenter ainsi une communauté. Mais Facebook a cette force de partage de son travail principalement dans ce sens : on forme sa propre galaxie de personnes intéressées par ce que vous faites, des personnes qui peuvent aimer voire partager votre travail pour peut-être faire grandir votre empire galactique. Mais vouloir conquérir une autre galaxie – ou simplement attirer son attention – en y posant votre adresse, ça ne marche pas. Sachant que la communauté Facebook, c’est bien. Mais la vraie communauté d’un artiste, elle se forge avant tout en live.

Ce que connaît Century Media, nous le connaissons aussi : parce que nous sommes un média, qui plus est qui diffuse de la musique, nous voyons chaque jour des gens nous envoyer des messages sur notre page Facebook, publier leurs vidéos ou leurs liens vers leur propre page Facebook ou autres et nous n’avons pas le temps pour ça. Si un label, dont c’est en partie le travail de découvrir des groupes (en plus de s’occuper de ceux qu’ils ont déjà dans leur écurie), n’a pas le temps de fouiller là-dedans, alors nous encore moins. Et pourtant nous aimerions aussi. Parfois nous trouvons 10 minutes dans un mois mais vraiment, vraiment pas plus. Comme Century Media, si un groupe veut qu’on s’intéresse à lui, il y a tout ce qu’il faut comme info sur notre site : une rubrique « Contact » et une autre « Ton groupe sur Radio Metal ». Et nous nous intéressons à tous nos e-mails. Par ailleurs, si en plus vous envoyez un vrai courrier, on passe tous les jours à la boîte aux lettres. Comme le label.

Et si vous avez besoin d’autres conseils, prenez ceux de ce blog de Let It Burn Records avec 10 choses à savoir dans votre quête de label comme :

– Ne pas se précipiter : avant d’envoyer quoi que ce soit demandez-vous s’il est bien temps d’envoyer votre musique ? Est-elle suffisamment travaillée ? N’envoyez pas de versions brutes. C’est d’ailleurs ce qu’on craint de trouver à chaque fois dans les liens que vous envoyez sur Facebook (combien de vidéo filmées dans sa chambre avec une webcam et un son trop saturé ?) et c’est pour ça qu’on se passe d’aller voir ce que c’est. Est-ce que vous vous êtes construit votre propre image ? Et surtout est-ce que c’est le bon label pour vous (en termes de genre et en termes de taille).

– Personnalisez votre recherche en évitant le copier-coller dans vos demandes : pas le même courrier « cher madame, monsieur » à tout le monde, même dans une maison de disques, les gens aiment être traités comme des individus. Renseignez-vous donc (autant que possible) sur la personne que vous voulez contacter exactement et en même temps assurez-vous que vous ciblez la bonne personne dans la bonne entreprise.

– Même si, nous, plus haut, disions à peu près le contraire : ne sous-estimez pas le visuel, un qui vous représente vraiment et réalisé par un vrai graphiste, pas seulement votre pote qui se débrouille bien avec photoshop. Mais n’y passez pas trop de temps, vous êtes musiciens avant tout.

– N’envoyez pas des tonnes de courriers ou d’e-mails – sur un internet, on appellerait ça du flooding – pour savoir si votre musique a plu. Si un label n’a pas pris le temps de vous répondre, c’est généralement parce que vous ne l’intéressez pas et qu’il a autre chose à faire, comme trouver un groupe qui l’intéresse… Tentez donc votre chance ailleurs ou retournez bosser vos compos.

– Et si malgré tout vous souhaitez quand même débourser pour du matériel promo avec une douzaine de flyers où vous posez dans douze positions différentes, un livret 24 pages avec votre bio (qui tient sur tant de pages, on s’en doute) et l’avis de vos potes zicos du coin, dites-vous que pas de promo vaut mieux que d’avoir de la musique basique…

Pour conclure le mieux est encore de vous rappeler les mots de Joe Duplantier de Gojira : « Ce que je conseille, c’est de vraiment arrêter toutes les guignolades, c’est à dire arrêter de penser au marketing, à la coupe de cheveux et aux tatouages et, à la place, se concentrer sur son instrument. […] Le conseil que je leur donnerais serait de ne pas trop conceptualiser la recette du succès mais surtout de travailler, de monter sur scène et de foncer tête baissée. Il faut croire en sa musique et ne pas perdre de vue que tout est possible, parce que c’est vrai, tout est possible ! »



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  • C’est très bien de faire un article de la sorte, le monde de la zic , c’est une vrai jungle, faut avancer à la machette . Heureusement que parfois il y a des éclaireurs comme vous qui balisent le chemins de bons conseils .

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  • Très bon article! 😀 Vos conseils sont intéressants, même si je ne suis pas musicien et que je ne le deviendrais pas. Si j’osais dire -pis je l’ose en fait- je pense que le combat d’un musicien est similaire à celui d’un auteur de littérature pour faire connaitre ses oeuvres.

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