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Nouvelles Du Front   

La fête des pères « God Bless Ozzy Osbourne »


God Bless Ozzy Osbourne, le « rockumentaire » consacré à vous-savez-qui, réalisé par Mike Fleiss et Mike Piscitelli, et produit par son propre fils Jack Osbourne, sortira chez Eagle Vision (Eagle Rock Entertainment) le 15 novembre.

Bien sûr, depuis que nous avions appris l’existence de ce projet, nous nous étions demandé ce qu’un tel documentaire allait pouvoir apporter à la foultitude de documents déjà à notre disposition pour mieux connaître le Mad Man. Entre toutes les monographies sur notre homme, sur Black Sabbath, toutes les biographies plus ou moins officielles et l’autobiographie d’Ozzy lui-même, et sans compter tout ce qu’on peut trouver comme informations sur internet, qu’est-ce qu’un tel documentaire allait bien pouvoir nous apprendre que nous ne savions déjà ?

On nous promet des « images totalement inédites », mais, là encore, nous nous demandons depuis longtemps ce qu’on aurait pu nous cacher ; surtout depuis le show de télé-réalité The Osbournes qui nous laissait tout de même guère de mystère… Car, en fait « d’images inédites », si l’on excepte ce qui, bien sûr, a été filmé pour les besoins du film, nous avons surtout quelques photos (la plupart des images live se trouvant très facilement sur des sites de vidéos en streaming) que nous n’avions sans doute jamais vues (certaines montrant Ozzy dans nombre de ses délires et clowneries), dont celles qu’Ozzy nous montre sur la table de son salon comme Mamie nous ouvrant son album de famille pour nous montrer des clichés de sa mère, de son père, de ses sœurs mais aussi quelques souvenirs plus moches de ses (nombreuses) années de dérives.

Mais, en réalité, ce n’est pas dans les archives qu’il faut chercher le principal intérêt de ce film. Le fan d’Ozzy ou de Black Sabbath étant sans doute la cible première d’une telle production, celui-ci doit déjà être bien instruit de l’histoire du groupe et du personnage. Par conséquent, toutes les parties « historiques », retraçant tout le chemin parcouru depuis le plus bas niveau de l’échelle à Aston, dans la banlieue de Birmingham, au succès international faisant de lui une véritable icône pop, devrait surtout apporter du neuf à qui n’a jamais ouvert une seule bio ou consulté la moindre page Wikipédia sur nos principaux protagonistes. Et là, encore, les différents points de l’histoire sont assez brièvement évoqués. Par exemple, on ne comprend qu’à moitié pourquoi Ozzy a fait de la prison à 18 ans ; et la mort de Randy Rhoads, même s’il est clair dans le documentaire qu’il s’agît d’une tragédie, les causes exactes de sa mort (un accident d’avion, c’est tout ce qu’on nous dit) y sont assez floues.

En fait, tout le côté biographique n’est là que pour construire son sujet autour d’une colonne vertébrale temporelle, le but de Jack Osbourne en initiant ce projet étant surtout de montrer John Michael Osbourne : l’homme, l’époux, le père, au-delà du du « type le plus déjanté du monde du rock’n’roll » (comme le décrit à un moment un journaliste), du show-man, du personnage médiatique qui a « mangé la tête d’une chauve-souris » et qui était constamment défoncé dans « The Osbournes ». Et c’est en fait la partie la plus intéressante car on y voit un être peu sûr de lui mais, surtout, qui a compris à presque soixante ans à se débarrasser de ses démons en apprenant que ce qu’il avait surtout manqué dans sa vie, c’était d’être un père.

Premier trailer du film du temps où il devait s’intituler « Wreckage Of My Past ».

Ainsi, on ne peut réprimer un sentiment d’empathie quand on le voit gêné de ne pas se souvenir de la date de naissance (« 71, 72 ? Il faudra que je vérifie… ») de sa première fille, née de son premier mariage ; quand il nous explique que c’est après que Jack a réussi avant lui à devenir sobre et lui a dit que tout ce dont il a toujours manqué, c’était d’un père (recevant ces mots en pleine figure), qu’il a reçu ce choc, cette impulsion nécessaire pour décrocher définitivement de tout ce qui l’empoisonnait ; et quand on voit Kelly au bord des larmes en racontant qu’elle avait vu, avec la sobriété de son père, ce pour quoi elle avait toujours prié s’exaucer.

En guise « d’inédit », on y voit aussi une épouse aimante d’un mari aimé – loin de l’image de bulldog qu’on peut avoir de Sharon Osbourne – malgré tout ce qu’il lui a fait subir pendant plus de vingt ans. Encore la preuve d’un mariage étrange mais exemplaire puisqu’on apprendra dans les bonus que son assistant est même venu lui demander des conseils sur la réussite d’un mariage. On a aussi droit à quelque chose de très exceptionnel : le témoignage d’Aimee, première fille de Sharon et Ozzy, toujours restée loin des projecteurs et des caméras. Au chapitre des témoignages, on notera en outre celui de l’ex-Beatles Paul McCartney, idole d’Ozzy, qui vient expliquer en quoi l’arrivée de Black Sabbath dans les années 70 avait changé la musique.

En termes de bonus sur le DVD, la moitié est à peu près dispensable. La « fin alternative » sonne comme une épitaphe qu’il ne sera bon de ressortir qu’à sa mort. Sa prise de bec avec le réal’ est tout à fait inutile et le voir dans son home studio ne pourrait intéresser qu’une émission type « Du Côté de Chez Vous ». Il y a tout de même la scène coupée intitulée « TV and Viagra » qui, bien que guère utile encore, nous aura certainement bien fait rire.

Mais, dans le prolongement du thème développé dans le film, l’interview en bonus du père et du fils et la scène coupée où on voit Ozzy au bord des larmes en parlant de Randy Rhoads sont certainement ce qui ajoute un plus au contenu du DVD car « God Bless Ozzy Osbourne » vient nous montrer le côté humain et fragile d’un homme qui est un héros pour des milliers de personnes et qui aurait dû mourir mille fois de ses excès.

Contrairement aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, nous ne connaitrons pas de sortie en France dans les salles de cinéma de ce film mais, pour deux fois le prix d’un billet, et même s’il n’atteint pas la qualité d’un autre documentaire sur un des grands survivants du metal, « Lemmy », ce DVD (ou Blu-Ray) ne devrait pas faire tache dans votre vidéothèque et vous devriez pouvoir le ressortir de temps en temps, ne serait-ce qu’au cas où vous auriez besoin de prouver à quelqu’un que, non, Ozzy n’est pas ce dingue qui a bouffé la tête d’une chauve-souris.

Animalement vôtre.



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  • il y a une version doublée en français ou seulement sous-titrée ?

    [Reply]

    Seulement de la VO sous-titrée. Sur ce genre de production, le doublage est généralement collé par dessus les voix d’origine et le résultat n’est pas toujours heureux.

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