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Live Report   

La générosité de Raven est plus forte que le poids des années


thLa Maroquinerie nous propose en ce dernier jour d’été un drôle de plateau. D’un côté, des Anglais très mecs, anciennes gloires des années d’éclosion de la NWOBHM œuvrant dans une musique marquée années 80 forcément ; ils en étaient partie intégrante. De l’autre côté, une toute récente pousse française, composée de quatre jeunes femmes au look « plus années 80 tu meurs » proposant un heavy-metal directement issu de ces années 80. Femmes du XXI° siècle au vu de leur jeunesse reconverties en femmes des années 80 épousant un style hors de leur génération. Femmes assez en vue puisqu’aperçues dans un Rock Hard récent ou encore dans le hors-série AC/DC des Inrocks.

Entre testostérone et féminité, vieux briscards et jeunettes, où penchera le cœur du public ? Entrez donc dans La Maroquinerie avec nous pour découvrir la réponse à cette question essentielle !

Artistes : RavenFuries
Date : 22 septembre 2015
Salle : La Maroquinerie
Ville : Paris [75]

A l’arrivée près de la salle de la rue Boyer, la constatation est vite faite : la foule des grands jours ne s’est pas déplacée. Concurrence de Venom Inc / Vader le même soir ? Allez savoir. Pas forcément évident pour les Françaises qui démarrent leur concert à 19H30 devant un parterre vide. Au niveau look, les filles n’ont rien à envier ni à Judas Priest, ni à Mötley Crüe (des débuts). Vintage ? Daté ? A vous de choisir.

L’apparence est sujet d’étonnement ? Penchons-nous sur la musique, essentielle finalement. Franchement ? Là aussi, le bât blesse. Hyper entendu et peu enlevé. « La guerrière », le dernier titre, est le plus intéressant avec un chant agréable. Pour le reste, ce que proposent les Furies est trop marqué par leurs influences. Revendiquées à 100% puisque les filles jouent quelques reprises. Judas Priest, Mötley Crüe, Warlock. A la Fête de la Musique, aucun problème pour écouter des groupes reprendre des classiques. Mais en première partie à La Maroquinerie ? Moyen.

Au niveau attitude scénique, il y a une volonté évidente de bien faire. Peut-être leur manque d’expérience se ressent-il mais au moins Lynda Basstarde essaie de créer un échange avec le public qui est tout à fait réceptif et fait honneur aux filles. Quand Lynda fera remarquer que cela manque de bière, un fan lui tendra son verre dont elle boira une gorgée. Preuve de l’ambiance bon enfant qui règne ce soir.

Au bout de quarante-cinq minutes, les filles quittent la scène laissant un public plutôt satisfait de leur prestation. Ce qui reste le plus important malgré tout.

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Femmes des années 80 !

Après trente minutes d’attente, les Anglais investissent la place. La première impression est poussive. Même le percutant « All For One » manque d’allant. La voix est un peu à la peine. « Rock Till You Drop » qui suit offre tout de même un bon moment d’échange avec le public avant que Mark n’attaque un de ses premiers solos.

Sur scène les deux frères Gallagher se démènent et malgré un certain manque de percussion, la fosse peu remplie reste tout à fait mobilisée et apprécie la générosité de Mark et John.
Les morceaux continuent, Mark pose un nouveau solo suivi des applaudissements du public alors que la batterie se joint un temps à la guitare. « Mind Over Metal » offre un nouveau classique issu de 1983 et de l’album All For One.

Une légère pause après ce titre permet au public de montrer sa ferveur. En effet des « Raven ! Raven ! » sont criés par les fans tandis que le groupe revient avec « Into The Jaws Of Death » et son rythme scandé plutôt intéressant avant de ne revenir dans la discographie très récente avec « It’s Not What You Got » extrait du dernier opus ExtermiNation. John s’adressera ensuite au public pour parler merchandising. Il explique que les fans pourront y trouver des CDs, des DVDs, des sous-vêtements usagés, un préservatif à peu près propre et évidemment le dernier album du groupe mais aussi celui de Joe Hasselvander qui a produit une œuvre en solo. « Tank Tread (The Blood Runs Red) » reprend le cours des titres et montre que même si la voix de John n’est pas très assurée ce soir, il reste toujours très performant dans les hurlements !

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Les frères Gallagher

Si l’on peut trouver à redire sur la qualité d’exécution des morceaux, en revanche, l’implication des musiciens est irréprochable. John et Mark croiseront leur manche d’instruments dans une espèce de combat et maintenant John est descendu dans la fosse, au plus près des fans. Belle attitude.

Il est 22h00 comme la pause intervient et que Mark présente son frère John avec une certaine fierté, John qui entame les rappels par un solo de basse qui sera l’occasion de jouer avec le public, de le faire chanter. Bien sympathique moment. Mark revient dans le dos de son frère, gratouille un peu sa basse, rejoint par Joe qui se bouche les oreilles, faisant mine d’être dérangé par ce vacarme ! Mais John n’en a cure qui fait à nouveau chanter le public toujours bien présent.

« Break The Chain » conclue presque la soirée puisque le groupe se lance dans un bien sympathique medley dans lequel on pourra trouver – entre autres – « Dog Eat Dog » d’AC/DC, « Pretty Vacant » des Sex Pistols ou encore « Symptom Of The Universe » de Black Sabbath. « Are you with us Paris ? » demande Mark “C’mon, this is not England, Belgium ! C’mon Paris ! This is not Lyon, Marseille” plaisante-t-il encore. Indéniablement, les Anglais ne se prennent pas au sérieux, balançant leur athletic rock avec sincérité et envie. A tel point qu’à ce moment-là du concert, nous croirions presque qu’ils ne vont jamais s’arrêter.

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All For One !

Il est 22h20 quand le spectacle s’arrête et que finalement, malgré le son, le poids des années, Raven à force de sueur et de générosité aura réussi à conquérir le public qui de toute façon était acquis à sa cause.

Live report et photos : Lost.

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Galerie photos Raven.



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