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Interview   

La géométrie de l’art selon Karnivool


En seulement deux albums, et en particulier avec le second Sound Awake, Karnivool a su attirer l’attention et créer l’excitation. Avec Asymmetry sorti cette année, les Australiens montent encore d’un cran, avec un opus bluffant de maîtrise et de créativité. Karnivool est ce que le metal progressif se doit d’être : artistiquement exigeant, intelligent mais pas nécessairement élitiste. Asymmetry laisse supposer, à l’instar de l’œuvre de Tool à qui ils sont souvent comparé, que l’on pourra s’attendre à être surpris et émerveillé par les œuvres futures de Karnivool.

Aussi abouti puisse être Asymmetry, sa conception et le fonctionnement du groupe montrent que ce dernier a encore de la marge pour s’améliorer. C’est ce que laisse entendre le guitariste et compositeur principal Andrew Goddard dans l’interview qui suit. Il avoue, par exemple, que le groupe devra améliorer son processus collaboratif et qu’ils commencent tout juste à « comprendre comment cela fonctionne et quelles sont les forces de chaque membre du groupe. » Un groupe éclairé donc, autant dans son art que sur lui-même, promit à un bel avenir.

On en parle avec Andrew Goddard ci-après.

« Chaque fois qu’on essaie de trouver un équilibre, ça rate. Il y a deux côtés à toute médaille, mais c’est là que l’on trouve la vraie beauté, dans l’asymétrie de tout ce qui nous entoure. »

Radio Metal : Comment expliques-tu, comme vous l’avez dit par le passé, que le groupe soit « perplexe » pendant le processus d’écriture, au point de n’avoir sorti que trois albums en quinze ans ?

Andrew Goddard (guitare) : Le processus d’écriture est une chose que nous ne comprenons pas totalement. Chaque fois que nous commençons à écrire une nouvelle chanson ou un nouvel album, nous nous lançons sans aucune règle, sans idée préconçue de ce que nous souhaitons faire. Chaque chanson est un combat. Il nous faut toujours beaucoup de temps pour construire les chansons, mais nous leur laissons volontairement ce temps de gestation. Parfois, il faut forcer les chansons à prendre forme, et parfois elles se créent naturellement.

Vous avez également déclaré que le groupe devait accélérer les choses et sortir des albums beaucoup plus souvent. Pourquoi ? Avez-vous peur que le public vous oublie entre deux disques ?

Non, ça ne nous fait pas peur. Ça peut être très frustrant, et nous savons que nous pouvons accélérer les choses si nous faisons un effort. Le problème est de réunir les gens dans un même lieu – notre chanteur habite à Melbourne, maintenant. Une autre raison qui fait que nous voudrions aller plus vite, c’est que plus nous prenons notre temps, plus ça nous coûte de l’argent. Nous sommes indépendants, nous n’avons pas de maison de disques pour prendre en charge les factures. Nous écrivons de la musique, et plus c’est long, plus nous dépensons d’argent dans l’affaire. En tant que groupe indépendant, nous devons travailler à côté pour avoir un salaire et payer le loyer. À chaque fois, notre budget est vraiment très serré et nous finissons par en payer le prix. C’est l’une des raisons. L’autre raison, c’est que, selon moi, la musique que nous écrivons le plus vite est souvent la meilleure, à quelques exceptions près. Le titre « Change » nous a pris six ans, et c’est l’un des exploits dont je suis le plus fier.

Le processus d’écriture et d’enregistrement étant si long et si difficile, êtes-vous satisfaits à 100 % de l’album que vous venez de réaliser, ou trouvez-vous toujours des détails qui auraient pu être améliorés ?

Nous trouvons des détails qui auraient pu être améliorés dans chaque album ! Nous ne sommes jamais totalement satisfaits. C’est comme si nous étions toujours dans le processus au lieu d’être arrivés au bout. Cette fois, il y a des choses dont je suis très fier et que je trouve très réussies, et des choses que je trouve ratées. Mais c’est la nature même d’un disque. Nous ne sommes jamais satisfaits à 100 %, mais ça signifie qu’il est possible de s’améliorer. Je pense que c’est comme ça que ça doit se passer quand on crée quelque chose. La satisfaction arrive plus tard. Aujourd’hui, je suis très fier de ce que nous avons créé, mais pendant une bonne année après la sortie, je ne peux pas m’empêcher de pointer du doigt des détails et dire : « On aurait pu faire ça mieux ». Maintenant, je peux apprécier notre travail pour ce qu’il est.

Comment définirais-tu le concept d’asymétrie présenté sur ce disque ?

Ce n’est pas exactement un album concept. Nous trouvions que le titre « Asymmetry » résumait parfaitement le disque. L’asymétrie signifie des choses différentes selon les membres du groupe. Pour moi, c’est essayer de trouver un équilibre entre des choses très différentes : l’obscurité et la lumière, le heavy et l’atmosphérique, le masculin et le féminin. Ça peut même se retrouver au niveau de la production : l’équilibre entre l’analogique et le numérique, entre les sons traités et non traités, ce genre de choses. Chaque fois qu’on essaie de trouver un équilibre, ça rate. Il y a deux côtés à toute médaille, mais c’est là que l’on trouve la vraie beauté, dans l’asymétrie de tout ce qui nous entoure. Même les structures des chansons et de l’album sont assez asymétriques. C’est le sens général que ça a pour nous. Il peut aussi y avoir un lien avec les paroles, mais nous préférons rester ambigus et laisser l’auditeur tirer ses propres conclusions sur la musique.

Tu as déclaré que, au départ, la bipolarité pouvait être quelque chose de négatif car les choses avaient du mal à prendre forme. Comment as-tu réussi à en faire un élément positif dans le processus d’écriture ?

Il doit y avoir un certain… Enfin, je ne suis pas sûr qu’il doive y avoir quoi que ce soit, mais on dirait que c’est comme ça que nous travaillons aujourd’hui. J’aime la musique qui traduit une tension et un relâchement mais ce n’est jamais un processus facile. Je pense que la plus grande partie de la musique de Karnivool peut se résumer par le désir de surmonter les obstacles, de faire quelque chose de positif avec un truc négatif. Nous essayons de créer et de gérer des émotions et des sentiments avec notre musique. Beaucoup de gens pensent sans doute que la colère, le désespoir et ce genre d’émotions sont négatives mais je les trouve plutôt positives quand elles prennent une forme artistique. Pour moi, la musique est un exutoire. Je pense qu’une grande partie de la tension présente dans l’album vient du processus de création lui-même, parce que ce n’est jamais facile. Le chemin est parsemé d’obstacles et nous voulons que ça s’entende dans la musique.

La complexité de cet album était-elle intentionnelle, ou est-ce simplement le résultat du processus d’écriture ?

Ce n’était pas vraiment intentionnel. À vrai dire, j’étais plutôt porté sur la simplicité, sur l’art d’en faire plus avec moins. Nous l’avions déjà tenté par le passé mais ça ne fonctionne jamais ! Je pense que nous sommes complexes par nature et le processus est très compliqué en raison de la façon dont les idées nous viennent. Notre travail, c’est de les mettre en ordre et d’en faire une chanson tangible. Et parfois, la meilleure forme que nous arrivons à leur donner est complexe et nous nous retrouvons avec un album complexe. Mais ce n’était pas notre intention.

« Je pense qu’une grande partie de la tension présente dans l’album vient du processus de création lui-même. »

Tu étais le seul compositeur sur Themata, tandis que l’écriture de Sound Awake s’est faite de façon plus collaborative. Qu’en est-il cette fois ? As-tu le sentiment que les membres du groupe ont poussé leur collaboration au niveau supérieur ?

Oui, je pense. À certains égards, oui, et à d’autres, non. Une bonne partie de cet album a été écrite par moi-même et par notre bassiste, qui a écrit beaucoup de riffs. De mon côté, j’ai travaillé sur les structures et certaines parties de guitare. Beaucoup d’éléments viennent de sessions de jam de batterie et de basse. La collaboration complète s’est faite de façon très ponctuelle. Le groupe ne s’est pas souvent retrouvé en intégralité dans une pièce. La collaboration, c’est faire sur la durée. Je pense qu’il faudra améliorer ça à l’avenir. Mais chacun avait son rôle à jouer, nous sommes tous des rouages de la machinerie qu’est Karnivoool. C’est la deuxième fois que tous les membres du groupe collaborent. Nous commençons à comprendre comment cela fonctionne et quelles sont les forces de chaque membre du groupe. Je délègue certains rôles et je ne fais pas tout.

La grande expérience de Nick DiDia en termes de production était-elle un atout pour vous permettre de faire exactement ce que vous vouliez avec cet album ?

Oui. La principale raison pour laquelle nous avons fait appel à Nick, c’est que nous voulions vraiment essayer quelque chose de différent par rapport à nos expériences passées avec Forrester Savell. Nous adorons le travail que nous avons fait avec Forrester, mais nous pensions qu’il était temps de passer à autre chose. L’idée de bosser avec Nick s’est présentée au milieu de l’an dernier. C’était une des options qui se présentaient à nous. Il avait quitté les États-Unis pour Byron Bay, où il s’occupait à temps plein du 301 Studio, connu pour sa pièce d’enregistrement pour batterie. Nous sommes allés lui rendre visite et ça nous a paru logique. Nous sommes très satisfaits du résultat. Le son est beaucoup plus organique et brut que sur nos albums précédents. Il nous a vraiment aidés à prendre des décisions, plutôt que de passer des heures sur des détails. Parfois, à force de tout remettre en question, nous devenons notre pire ennemi. Nous avions simplement besoin qu’il nous dise : « C’est bon, faites comme ça et continuez à avancer ». Donc oui, nous sommes très satisfaits de la façon dont les choses ont tourné. C’est exactement ce que nous voulions, un son plus proche d’un groupe réuni dans une pièce.

Les parties vocales et la grande diversité du chant de Ian sont impressionnantes. Comment crée-t-il ses lignes de chant ?

Ian est un chanteur très spontané. Parfois, ça vient d’une session de jam avec tout le groupe. Nous enregistrons tout ce que nous faisons, toutes nos jams, et nous gardons les enregistrements sur ordinateur, sous le projet dont nous nous occupons actuellement. Si ça ne fait pas partie d’un projet, si c’est de la jam pour le plaisir, ça va dans le dossier « Divers ». Quand nous estimons qu’il y a peut-être quelque chose à sauver dans une jam, on va le chercher dans le dossier. Parfois, nous le réécoutons du début et nous voyons ce qui se passe. Mais la plupart du temps, c’est juste Ian et moi dans une pièce. J’enregistre quelque chose, puis je lui tends le micro et je lui dis : « Fais quelques essais là-dessus ». Et il le fait. C’est généralement très spontané, il ne faut que quelques prises. Nous travaillons ensemble, je lui dis quand j’ai apprécié et nous brodons là-dessus. C’est comme un canal qui circule à travers lui. Généralement, ce ne sont pas les paroles qui comptent, mais la sonorité des mots et la direction dans laquelle la musique l’entraîne. La plupart du temps, il y a déjà une ambiance, une atmosphère dans la musique. Il sait instinctivement où emmener les mélodies et nous nous basons là-dessus. Ce sont souvent la mélodie et les paroles qui donnent une perspective à la chanson. Ian n’est pas là souvent, mais quand il l’est, nous travaillons énormément avec lui. Il nous laisse des indices qui nous donnent une idée de la direction que doit prendre la chanson. Des fois, c’est un peu l’œuf et la poule entre la musique et le chant.

On retrouve sur Asymmetry des parties vocales plus agressives qui renvoient à l’époque de Themata. Vos deux premiers albums étaient assez différents. Dirais-tu que, d’une certaine façon, Asymmetry est le point de convergence de ces différences ?

Je pense que le chant agressif est très différent des parties agressives de Themata. Ça vient de quelque chose de très différent, selon moi. En fait, c’est notre bassiste qui est monté au créneau en termes de chant agressif. Des influences comme Converge, Neurosis… On retrouve un peu l’essence de ces groupes-là. Pour nous, ce n’est pas quelque chose qui doit absolument être là. C’est un peu comme un grand nettoyage de printemps : nous ne nous considérons pas comme un groupe de metal ; le metal n’est qu’une de nos influences. Je pense qu’il s’agit davantage d’une influence punk rock qu’autre chose. Jon s’est mis en avant, nous ne savions même pas qu’il avait une voix comme ça. « The Refusal » est devenue l’une de mes chansons de Karnivool préférées, j’adore la jouer sur scène. Ça paraissait naturel.

Votre musique est très introspective et cela se ressent dans certaines structures et mélodies très spéciales. Pendant l’écriture, gardez-vous à l’esprit l’accessibilité de votre musique pour le public ou prenez-vous les choses comme elles viennent ?

Ce n’est jamais vraiment un critère. Je ne me demande jamais si un public plus large va apprécier. Bien entendu, nous ne souhaitons pas nous aliéner les gens, mais nous pensons seulement à nous faire plaisir, à écrire la musique que nous aimons et que nous avons envie de jouer. Généralement, ça implique de nous mettre à l’épreuve. Tout ce que nous cherchons, c’est à nous renouveler en tant que groupe, à ne pas nous répéter et à faire quelque chose de neuf et d’enthousiasmant. En ce qui concerne l’accessibilité, nous nous disons que nous ne devons pas y penser. Si le public apprécie, tant mieux. Nous avons le sentiment d’être allé dans la bonne direction jusqu’à présent, ce que nous faisons a l’air de fonctionner. Le plus accessible, ce sont les paroles. Le public a l’air de s’identifier à ça. Mais, tu sais, j’écoute aussi de la pop. Je n’ai aucun problème avec la simplicité, certaines de mes chansons préférées sont simples. Nous faisons simplement ce qui nous semble bien, sans nous demander si c’est accessible ou pas.

On ressent une atmosphère à la Tool sur cet album, au niveau des structures, du tempo et du chant, comme c’était le cas sur Sound Awake. Acceptez-vous la comparaison de la part des observateurs ou est-ce qu’elle vous agace ?

Tool est un groupe génial. Ça a été une grande influence à nos débuts. Je dirais que je me suis énormément retrouvé dans l’album Aenima. Ça m’a beaucoup intrigué. Ils nous ont ouvert la voie, en ce sens que, pour un groupe, ce n’est pas conventionnel d’écrire ce type de chansons épiques qui ne répondent à aucune formule, à aucune structure établie. Les idées ésotériques dont ils traitaient, ce côté sombre, ça nous a intrigués. Tool a joué un rôle important et nous a permis de nous lancer dans une direction précise, mais ces derniers temps, ils ne nous ont pas tellement influencés. Ce qui s’est passé avec Tool, c’était il y a longtemps. Cela dit, j’aurai toujours une place dans mon cœur pour ce groupe. Peut-être pas pour 10,000 Days, je n’ai pas trop accroché à ce disque. Mais pour Lateralus et tout ce qu’ils ont fait avant, c’est certain.

« Je me souviens du moment précis qui m’a donné envie de faire de la musique. […] C’est quand j’ai entendu Nirvana pour la première fois, quand j’étais ado. J’ai entendu ‘Smells Like Teen Spirit’ et je me suis dit : ‘Voilà ce que je veux faire !’. »

Y a-t-il un élément déclencheur ou un événement spécifique qui a conduit le groupe dans une direction progressive ? Qu’est-ce qui a provoqué une telle évolution musicale ?

Il n’y a pas eu de groupe ou de moment particulier. C’est une évolution constante. Je me souviens du moment précis qui m’a donné envie de faire de la musique ou, en tous cas, qui a fait naître mon intérêt pour la musique. C’est quand j’ai entendu Nirvana pour la première fois, quand j’étais ado. J’ai entendu « Smells Like Teen Spirit » et je me suis dit : « Voilà ce que je veux faire ! » Tout s’est enchaîné à partir de là. J’ai toujours été intéressé par des modes de pensée alternatifs ou par certaines idées que notre mode de vie dissimule. Il y a eu tellement de groupes, tellement d’expériences qui ont contribué à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui, à nous mener dans la direction que nous avons prise. C’est valable pour tous les membres du groupe. Nous avons vécu énormément d’expériences musicales. Mises bout à bout, elles ont créé ce qu’est Karnivool aujourd’hui. C’est aussi le résultat de nos expériences en tant que personnes. Les tournées, la vie et l’amour, ce genre de choses… Il n’y a pas eu de moment précis.

Comment expliques-tu la grande disparité au niveau du succès que vous rencontrez dans différentes parties du monde ? Pourquoi est-il plus difficile pour vous de devenir un grand groupe en Europe et de remplir de salles plus grandes sur ce continent ?

Je ne sais pas… C’est à la sortie de Sound Awake que les choses ont commencé à bouger pour nous à l’international. Nous avons tourné un peu aux États-Unis pour Themata, mais pas beaucoup. Sound Awake est l’album qui a fait se dresser les oreilles dans le monde. Pourquoi est-ce que ça fonctionne dans certaines régions et pas dans d’autres, je n’en sais rien. Les choses ont l’air de très bien marcher pour nous en Europe : nous y avons passé beaucoup de temps, et nous avons bien l’intention de continuer. Traditionnellement, l’Australie n’est pas du tout un pays pour notre musique ; du moins, c’est ce qu’on nous avait dit. Et puis Tool est venu donner des concerts dans des stades, et j’ai su que ce n’était pas vrai. Il y avait bien un marché pour ce type de musique en Australie. Et puis il y a eu Cog, nous avons tourné avec eux à nos débuts et maintenant ils donnent de gros concerts. Nous avons sorti l’album Themata à l’époque où ils ont commencé à exploser. Avec eux, nous avons prouvé qu’il y avait bien une scène heavy progressive en Australie. L’Inde a été une énorme surprise, pour être honnête. Nous ne nous attendions pas à trouver notre public là-bas. Avant, peu de groupes australiens tournaient en Inde. Il y avait bien quatre ou cinq ans que personne n’était allé là-bas, en dehors de quelques groupes de temps en temps. C’est incroyable. C’est sans doute l’un de nos concerts les plus mémorables. L’un des trois concerts les plus inoubliables de notre carrière était le concert à Bombay. Nous étions dans une ville que nous n’avions encore jamais vue, nous n’avions jamais sorti d’album là-bas, et 10 000 personnes se sont pointées et ont chanté avec nous. C’était fou. Donc oui, voilà ce que nous voulons faire : continuer à visiter de nouveaux endroits, voir le monde, rencontrer de nouvelles personnes et partager l’expérience live avec eux.

Comment expliques-tu votre succès en Inde, alors que le premier concert que vous ayez donné là-bas date de 2010 ? Penses-tu qu’il y ait un lien en raison de votre nationalité australienne ?

Je pense que le lien est musical. Je ne sais vraiment pas pourquoi le groupe marche si bien en Inde. Ce dont nous sommes sûr, c’est que la musique rassemble les gens quelle que soit leur culture. C’est une chose sur laquelle le monde entier peut se mettre d’accord, c’est un langage universel. Les gens que nous avons rencontré en Inde à travers notre musique, c’était… On ne se dit pas qu’on vient de pays différents, on se dit qu’on est pareil. On a quelque chose en commun : les chansons et la musique. C’est tout ce qui compte. Notre expérience en Inde a vraiment été formidable. Il faut absolument que nous y retournions, que nous donnions des concerts dans tout le pays, dans des villes où nous ne sommes pas encore allés. Nous avons rencontré des gens formidables en Inde. On n’a pas que le criquet en commun, il y a aussi Karnivool ! (rires)

Comment décrirais-tu la scène rock et metal australienne actuelle ? Penses-tu qu’il y ait du potentiel chez les jeunes groupes australiens ?

Oui, tout à fait. Je sais que Dead Letter Circus est allé faire des concerts en Inde. Ils ont aussi parcouru l’Europe et les États-Unis. Une grosse scène est en train de se former, tout devient possible. De façon générale, la scène musicale ici est très active. La musique est une part importante de notre culture, comme dans d’autres régions du monde. Oui, il y a un gros potentiel. J’espère voir plus de groupes sortir de l’ombre et attirer l’attention.

Sur la scène rock internationale, dirais-tu qu’être australien est un atout ou un handicap ?

(Rires) Sans doute un peu des deux, je ne sais pas ! J’ai envie de le voir comme un atout. Nous essayons de faire de notre mieux, mais nous ne serions pas nous-mêmes si nous n’étions pas des sortes de petits plaisantins australiens. Je pense que ça peut être un handicap de ce point de vue. Nous aimons à penser que nous sommes… Quand on représente l’Australie à l’étranger, nous sommes les seuls Australiens que certaines personnes rencontreront jamais. Nous voulons laisser une bonne impression. (Rires)

Interview réalisée par téléphone le 9 août 2013 par Metal’O Phil.
Fiche de questions : Amphisbaena.
Introduction : Spaceman.
Retranscription et traduction : Saff’

Site internet officiel de Karnivool : www.karnivool.com.au

Album Asymmetry, sorti le 19 juillet 2013 chez Density Records



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  • tchocramouk dit :

    Excellente interview. J’adore ce groupe, vu au Sonisphere, pas le cadre approprié pour voir ce groupe à mon avis. J’me sentais un peu seul à bouger devant… En même temps c’était après l’apéro…

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