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Interview   

La Klonosphère et son contexte


Le saviez-vous ? La Klonosphère, collectif artistique monté par Guillaume Bernard, guitariste de Klone, existe officiellement depuis le 11 septembre 2001. « Une date marketing » diront les plus cyniques. Exerçant des activités de promotion et d’organisation de concerts, la Klonosphère fait partie des structures et des réseaux montants alternatifs aux maisons de disque, dont sont de plus en plus friands les artistes, ce que nous confirmait d’ailleurs Trepalium la semaine dernière.

En quoi le fonctionnement de la Klonosphère est-il foncièrement différent de celui d’un label ? Quelle est l’alternative proposée et quelle en est la portée ? Peut-on rentrer dans ce collectif ? Guillaume Bernard a été notre invité téléphonique le 22 mai dernier à l’antenne d’Anarchy X, pour une soirée spéciale Klonosphère au cours de laquelle nous avions diffusés les groupes défendus par cette structure.

Nous n’avons pas non plus manqué d’évoquer l’actualité de Klone : sa prochaine tournée avec Hacride et Trepalium, ainsi que l’avancée de leur prochain album.

Réécouter l’interview :

[audio:interviews/Interview Klonosphère.mp3|titles=Interview Guillaume Bernard (La Klonosphère)]

« Quand j’entends de la bonne musique, ça me motive car je me dis qu’ils peuvent y arriver alors j’essaie de leur donner de bons conseils pour leur éviter de faire les erreurs qu’on aurait pu ou que l’on a faites par le passé. »

Radio Metal : Comment vas-tu ?

Guillaume Bernard : Ça va très bien.

Quoi de neuf ?

Je vais faire un point sur les sorties Klonosphère et vous présenter les nouveaux groupes qui sont sortis à partir du mois d’avril qui est une période assez remplie. Dernièrement, vous avez reçu Trepalium, leur album va sortir le 4 juin. L’album du groupe Pictured sera, quant à lui, disponible dans les bacs le 25 mai. Il s’agît d’un groupe breton qui a un côté un poil épique et qui est une sorte de mélange entre Carcass et d’une petite touche venant des anciens albums de Coroner. C’est un album que je conseille vivement. Je vous recommande également le nouveau disque de Jenx, dont le clip du titre « Enuma Elish » vient d’être mis en ligne sur le site de la Klonosphère, n’hésitez pas à aller le regarder car il y a eu un super boulot de fait dessus. Nous avons aussi des sorties autres comme le Jumpink Jack.

Nous sommes très friands de ce groupe.

C’est un excellent groupe et je conseille d’aller les voir en concert car c’est vraiment en live que leur musique prend toute son ampleur. En parallèle, il y a le Memories Of A Dead Man qui est sorti mais aussi le V.I.T.R.I.O.L. sur lequel on commence à avoir de très bons retours. Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion d’écouter mais c’est un metal un peu plus post-hardcore. Vous en trouverez un extrait sur la compile Klonosphère. Le refrain entre très bien dans la tête et c’est très bien produit. Si vous cherchez bien sur Internet, vous pourrez écouter le disque dans son intégralité.

Tu disais que ces groupes avaient sorti des albums chez Season of Mist peux-tu clarifier la situation ? Travaillez-vous main dans la main avec eux ? Existe-t-il un partenariat ? Comment les rôles sont-ils répartis entre les deux structures ?

Entre la Klonosphère et Season Of Mist, il existe un contrat pour la distribution pour être dans les bacs et référencé sur les réseaux Fnac, Leclerc, Saturn soit chez un peu tous les disquaires qui font partie du réseau habituel de Season Of Mist. Cela permet donc de référencer le groupe partout. Nous avons aussi un autre contrat, toujours en passant par Season Of Mist, avec Deezer qui est le distributeur numérique et qui concerne le monde. En revanche, le CD n’est pour l’instant distribué qu’en France par Season Of Mist. Je n’ai pas de deal ailleurs mais cela n’empêche pas les gens de commander en direct les albums quand ils sortent, donc il n’y a pas de problème le circuit est bien rôdé.

Avais-tu fais d’autres propositions à d’autres labels ou t’étais-tu tourné directement vers Season Of Mist ?

Je suis directement allé vers eux. J’avais déjà travaillé avec un distributeur qui s’appelait Musicast sur les deux premiers disques de Klone. En ce qui concerne Season Of Mist, nous avions aussi déjà travaillé avec eux. On sait qu’ils peuvent faire de la bonne mise en bacs et c’est toujours cool d’avoir des vendeurs qui vont présenter ton disque en magasin et qui connaissent vraiment la musique parce que ça n’est pas vraiment le cas quand tu bosses avec des majors où tu es un peu noyé dans la masse. Il y a beaucoup de sorties qui se font chez Season. Au moins les commerciaux qui démarchent les magasins s’y connaissent plutôt bien et ça fait plaisir d’avoir des gens qui ont l’oreille car je pense que c’est également le cas de certains vendeurs alors cela permet d’avoir des échanges plus intéressants.

« Lorsque tu es en licence avec un label, tu es ensuite obligé de racheter le disque pour pouvoir le vendre sur les concerts. Par conséquent, c’est parfois plus intéressant pour le groupe de se débrouiller pour financer le pressage. »

Comment peut-on faire partie du collectif Klonosphère ?

On me le demande souvent. Plus on a d’artistes qui sortent plus j’ai de demandes derrière. Ce sont souvent des groupes qui me proposent de la musique. Je les écoute, je jette une oreille dessus, je vois ce que ça donne et me renseigne sur leur parcours. J’essaie de voir s’il y a ou non un potentiel et si c’est un groupe qui peut durer. Tu sens tout de suite chez certains que ça n’ira pas très loin tandis que d’autres ont vraiment un potentiel et ça donne envie de les aider. A la base, le collectif n’est vraiment composé que de trois groupes : Hacride, Trepalium et Klone. Les autres groupes sur lesquels je travaille sont aussi dans Klonosphère mais c’est vraiment pour du développement promotionnel le but étant au moins de réussir à les faire arriver au même niveau que nous avec ces trois groupes. Ce n’est pas évident. Quand j’entends de la bonne musique, ça me motive car je me dis qu’ils peuvent y arriver alors j’essaie de leur donner de bons conseils pour leur éviter de faire les erreurs qu’on aurait pu ou que l’on a faites par le passé. Donc le travail de la Klonosphere consiste à leur donner beaucoup de conseils, de bons plans notamment financiers afin d’obtenir des tarifs intéressants vu que lorsque tu es dans un groupe tu as beaucoup de dépenses à faire. Ainsi j’essaie de regrouper les gens avec qui je travaille pour que derrière les groupes qui passent puissent avoir des réductions.

Est-ce-que, au jour d’aujourd’hui, tu fais toujours une distinction entre Klonosphère le label et Klonosphère le collectif ?

Un peu car avec le collectif nous travaillons sur certains groupes depuis dix ans. Certains d’entre eux en sont à leur troisième, quatrième ou cinquième album. Les projets sur lesquels je travaille actuellement concernent les premiers ou deuxièmes albums, c’est notamment le cas de Jenx qui en est à son deuxième. Memories Of A Dead Man en sont, quant à eux, à leur troisième. Il faut y aller progressivement. De toute façon, tous les groupes sont sous cette étiquette. Je ne me suis jamais vraiment posé la question de la distinction. Il y a un projet à la base et si nous sommes peut-être un peu plus soudés avec Klone, Hacride et Trepalium, cela vient du fait que nous nous connaissons plus entre nous puisque que nous sommes voisins. On habite à cinq cents ou six cents mètres les uns des autres, ça n’est donc pas trop le même délire. Ainsi, il y a les groupes historiques et les nouveaux groupes qui arrivent et on espère que ça se passera pour le mieux pour eux.

Quelle est la différence entre le fait d’être un groupe du collectif et un groupe du label ?

Il n’y en a pas. C’est simplement que pour les groupes comme Klone et Hacride nous avions déjà des labels qui travaillaient sur des sorties, donc je n’avais pas à intervenir. C’était vraiment un collectif d’amis, d’entraide qui nous a surtout permis, au début, de développer notre réseau. Aujourd’hui, nous sommes toujours potes, on fait des choses ensemble, il y a des projets sur lesquels on peut se mettre en commun. Nous avons une tournée qui se monte avec ces trois groupes présents depuis dix ans, ce sera au moins d’octobre. Elle sera composée de quinze à vingt dates et passera par toute la France. On a réussi à faire un projet où tout le monde est dessus par le biais de la compil’ Klonosphère qui peut être téléchargée gratuitement mais que l’on a aussi pressée à dix mille exemplaires pour la distribuer un peu partout. C’est motivant car j’ai de bons retours dessus et c’est de la bonne pub pour tout le monde. Le but est aussi d’essayer de parler des groupes et de les placer éventuellement sur certaines dates quand on a la possibilité de choisir le groupe avec qui l’on joue. Cependant, c’est un peu du cas par cas, tout est compliqué, je ne peux pas faire un discours général sur tout ça, ce n’est vraiment pas possible.

D’où sont originaires les Jumping Jack ?

Ils viennent de Nantes. Ils jouent un rock un peu metal ayant un petit côté stoner.

Jumping Jack est souvent classé dans le stoner mais il y a quand même un côté très grunge dans leur musique.

Certaines chroniques parlent également d’un côté un peu psyché hard rock 80. En revanche, quand on les voit en concert, c’est surtout le côté grunge qui ressort, un peu à la Alice In Chains.

Ils assurent énormément, ne serait-ce que le chanteur, il a une voix incroyable.

Le chanteur est vraiment très bon et en live ça déroute pas mal. Le batteur est aussi impressionnant à voir jouer car il met vraiment tout son corps au service de l’instrument et c’est vraiment plaisant à regarder.

Que peux-tu nous dire de Jenx et connais-tu la signification du titre ‘RFID’ ?

Ils sont de Bordeaux. Au sujet du titre, c’est une très bonne question, il faudrait les interviewer car je n’ai pas le détail des paroles.

Tu ne connais pas toute l’histoire de tes groupes ni tous les détails de chaque chanson ? [Rires]

Si, je peux te parler des principaux sujets abordés à travers l’album mais pas du détail des textes, ce n’est pas mon boulot. Je pense cependant que Xavier, le chanteur, se fera un plaisir de répondre à tes questions.

Sans le dire directement, les membres du groupe Trepalium nous confiaient qu’ils trouvaient que la démarche de la Klonosphère était peut-être plus adaptée aujourd’hui aux besoins des groupes, notamment en termes de promotion, que le travail des labels eux-mêmes. Qu’en penses-tu ?

Par mon expérience au sein de Klone, on sait qu’aujourd’hui on a tout intérêt à devenir de plus en plus autonome et de travailler directement avec le public qui nous achète des disques et qui vient à nos concerts. C’est un peu l’optique que l’on a pris avec Trepalium et c’est aussi l’optique qu’ont pris les autres groupes avec lesquels je travaille. C’est au groupe de développer sa fan-base, de se débrouiller pour se faire connaître dans le milieu et d’avoir un maximum de concerts. Nous sommes dans une période de transition où le disque se vend beaucoup moins qu’avant mais se vend encore un peu et il faut vraiment essayer de s’adapter. A l’heure actuelle, on a éventuellement besoin d’un label pour payer le pressage des disques, cependant il faut savoir que lorsque tu es en licence avec un label, tu es ensuite obligé de racheter le disque pour pouvoir le vendre sur les concerts. Par conséquent, c’est parfois plus intéressant pour le groupe de se débrouiller pour financer le pressage. Souvent sur Trepalium nous effectuons des pré-ventes de l’album et ça se passe très bien puisque l’on a déjà remboursé le pressage du disque et d’autres dépenses que l’on a aussi eu à faire pour cette sortie. Finalement, une fois que le groupe est remboursé de ses frais, il peut bosser sur ses concerts, il a du merchandising à vendre, c’est son matériel et, aujourd’hui, c’est le seul moyen que le groupe a en sa possession pour faire entrer de l’argent donc c’est très important que ça lui appartienne.

« J’aime bien la musique et quand je découvre un truc qui me plaît musicalement j’en parle, c’est un processus qui me paraît naturel. S’il y a un groupe dont je n’aime pas la musique et avec qui ça ne se passe pas bien humainement il est sûr et certain que je ne bosserais pas avec eux. »

Tu es plus ou moins en train de dire que l’avantage de la Klonosphère est d’être un intermédiaire plus transparent que peut l’être un label classique.

Il y a plus ou moins un côté auto-production mais qui, derrière, est assuré par d’assez gros moyens de promotion. Le but, c’est que tout le monde puisse s’y retrouver. Ça a éventuellement un certain coût mais quand tu as un groupe il faut souvent que tu te démerdes, il faut te développer avec les fans que tu as sur ta ville pour pouvoir financer certains projets mais aussi essayer de voir un peu plus loin. Il y a toujours une possibilité d’obtenir des subventions dans les mairies. A notre niveau, la région Poitou-Charente finance beaucoup de choses. Dans chaque région de France, il y a toujours des gens qui sont là avec de l’argent mis à disposition pour aider les groupes qui débutent.

Est-ce-que tu aides les groupes dans ces démarches ?

Ça dépend, certains groupes sont débrouillards, d’autres non. Cela dépend de la demande que j’ai derrière. C’est compliqué car je suis implanté dans le Poitou-Charente alors, par exemple, pour un groupe qui est sur Toulouse, je ne connais ni son réseau local ni les élus locaux de sa région qui bossent sur la culture. Il vaut mieux être du terrain pour travailler ça. En France, tu as des personnes salariées pour travailler sur les musiques actuelles. Il existe des pôles régionaux qui sont là pour aider à développer des groupes, donc ce sont vraiment ces personnes-là qu’il faut aller voir directement, ils sont les mieux placer pour savoir.

Comment vois-tu aujourd’hui l’évolution de la Klonosphère ? Quelles sont tes perspectives d’avenir ?

Nous y allons progressivement. La première année nous avons commencé par travailler uniquement sur la France, on a eu le temps de se faire un bon réseau où maintenant tous les médias couvrent nos sorties. Depuis mars-avril on a commencé à travailler l’étranger en promotion. C’est une personne qui travaille avec moi qui s’en occupe. Nous promouvons Memories Of A Dead Man à l’étranger, tout comme l’album de JENX mais également celui de Step In Fluid. Nous sommes d’ailleurs super contents car nous avons reçu de très bonnes notes à l’étranger, elles sont même parfois meilleures qu’en France. C’est notamment assez flagrant sur le dernier album d’Hypno5e qui est vraiment très bon et sur lequel nous n’avons pratiquement que des neuf ou neuf et demi sur dix voire même, dans certaines chroniques, des dix sur dix. Le monde Klonosphère fait que l’on commence à bien tourner à l’étranger et c’est vraiment l’objectif de cette année car on ne peut pas se réduire à travailler les promotions des groupes uniquement sur la France. Il y a certes des metalleux qui sont là et qui sont motivés mais il n’y a pas un gros public en France comparé à d’autres pays comme l’Angleterre ou les États-Unis où il y a vraiment une autre culture musicale. Le but est donc pour nous de développer davantage les groupes aussi à l’étranger et pour l’instant ça se passe très bien. Les premiers retours sont bons donc je pense que cela va se mettre progressivement en place. L’autre objectif serait, éventuellement, de trouver des distributeurs mais ça c’est encore une autre affaire. Il faut en effet d’abord faire ses preuves en promo pour que cela soit intéressant pour des distributeurs. Ce n’est pas évident car quand le groupe ne tourne pas dans la ville ou dans le pays en question, c’est compliqué d’avoir des disques en bacs. Pour l’instant, les gens peuvent commander. Même s’il y a des frais de port un peu plus chers, on reste toujours dans cette logique de direct entre le groupe et le public.

Aujourd’hui nous sommes dans une époque où le CD et la musique en général ont de plus en plus de mal à se vendre et où le nombre de groupes ne cesse de s’accroître. A Radio Metal, par exemple, nous recevons un nombre d’albums vraiment impressionnant, c’est physiquement impossible de tout écouter. Comment en tant que label arrives-tu à gérer cette multitude ? Comment arrives-tu à mettre en avant tes groupes sachant qu’en face de toi tu as souvent des interlocuteurs presque submergés de musique ? Quelle est ta démarche ?

Je fais très attention avec les groupes avec lesquels je travaille. J’essaie vraiment qu’ils soient dans un mode de professionnalisation. Tu sens vraiment quand les gens sont passionnés ou ne le sont pas. Je pense que si l’on arrive à accrocher pas mal de presses, c’est que les groupes sont de qualité, c’est vérifié et, en général, quand sur un disque tu as 80-90% des chroniques qui sont très bonnes, c’est considéré comme un gage de qualité. Quand j’ai commencé, ils ont tout de suite vu que les gens avec qui je bossais étaient très bons et j’ai souvent d’excellents retours. Lorsque je vais sur les sites de promo, je lis souvent des commentaires du style « C’est cool », « Bonne pioche, je ne connaissais pas, tu as bien fouiné ». Il y a aussi un peu de hasard dans ce que je fouine, parfois ce sont des groupes en direct, d’autres dont on me parle, ou encore sur lesquels je tombe en fouinant un peu à droite à gauche sur les différents médias. Comme tu le disais tout à l’heure, il y a effectivement de plus en plus de demandes parce qu’il y a de plus en plus de groupes. De nos jours l’enregistrement devient de moins en moins coûteux puisque l’on peut faire des choses de très bonne qualité à la maison. Le souci est de réussir à faire du tri dans toute cette multitude et d’essayer de voir ceux qui sont vraiment bons. Il arrive souvent que la musique de certains groupes sonne à la perfection sur le disque mais que lorsque tu arrives en concert tu te rendes compte que finalement le batteur n’arrive pas aussi bien à utiliser la double pédales ou que la qualité des grattes ou des voix n’est pas la même.

« Il y a plus ou moins un côté auto-production mais qui, derrière, est assuré par d’assez gros moyens de promotion. Le but, c’est que tout le monde puisse s’y retrouver. »

Vas-tu systématiquement voir les groupes en concert avant de les signer ?

Ça peut arriver si j’en ai l’occasion mais pas systématiquement. Aujourd’hui, grâce à YouTube, il y a beaucoup de vidéos filmées à l’arrache par des potes. Je trouve que même si c’est un peu brouillon, on se rend compte de ce que le groupe dégage et vu que je suis un peu musicien, j’entends aussi les différents problèmes s’il y en a. Pour l’instant, même si je n’ai pas vu tous les groupes avec qui je travaille en live, ça se passe très bien. J’ai le souvenir de DWAIL qui est passé à Poitiers, de Nephalokia ou encore de Jumping Jack, je n’ai pas été déçu, j’ai même trouvé que les groupes sonnaient mieux en live que sur le disque alors que parfois, quand tu arrives sur certains projets assez neufs, c’est plutôt l’inverse. Je me rends compte que le niveau est très bon et c’est super valorisant car le niveau technique est très élevé et les compositions sont de mieux en mieux, alors on n’a pas à se plaindre. C’est fou en fait, quand j’ai commencé avec le heavy metal dans les années 95-96, je voyais ce qui sortait en musique et le peu de groupes qu’il y avait. On était facilement content de ce que l’on proposait. Aujourd’hui, le niveau est cent fois meilleur qu’avant et ce sur tout les niveaux, que ce soit la production ou les compositions, tout le monde arrive à faire des disques qui ont plus ou moins de la gueule.

Est-ce que tu acceptes de travailler avec des groupes que tu n’aimes pas mais chez qui tu sens malgré tout un potentiel ?

J’évite. J’ai dit non à pas mal de groupes qui ont proposé des choses soit parce que je ne le sentais pas, soit parce que le style ne me parlait vraiment pas. J’essaie cependant d’éviter ce genre de barrière. Je ne suis par exemple pas spécialement friand de metal épique mais lorsque j’ai reçu l’album de Pictured et que je l’ai écouté, je l’ai trouvé vraiment super bien composé. Quand tu écoutes de la musique, tu sais reconnaître quand il y a quelque chose qui se passe, même si ce n’est pas un style qui va te parler plus que ça parce que tu évolues au fur et à mesure. Aujourd’hui, ça peut m’arriver d’écouter plus de chansons françaises ou des styles qui n’ont rien à voir ou de la musique classique. J’ai écouté beaucoup de Ravel hier soir et pourtant j’écoute plein d’autres choses à côté mais je sais reconnaître le potentiel d’un groupe dans n’importe quel créneau musical qui touche un peu au metal. Tu sens quand c’est bon et quand ça peut devenir encore meilleur par la suite. Je pense avoir le nez pour ça.

Finalement, tu essaies, pour te démarquer, de créer un label de qualité et de prestige un peu à la Season Of Mist. Il est vrai qu’à l’heure actuelle lorsque ce label signe un groupe même peu connu, on sait que derrière il y a une véritable recherche de qualité là où d’autres signent un peu n’importe quoi…

Avec Season, même si tu n’aimes pas forcément tous les styles représentés, tu vois qu’il y a toujours une image et une espèce d’atmosphère qui sont dégagées par le groupe. C’est important d’avoir des groupes qui arrivent à avoir une identité propre ou alors où tu sens qu’il peut encore y avoir une trace des influences mais qu’il y a quelque chose qui promet pour la suite. Cela m’intéresse de tendre vers cela mais je pense le faire un peu naturellement, je ne me suis pas posé de questions stratégiques à ce sujet. J’aime bien la musique et quand je découvre un truc qui me plaît musicalement j’en parle, c’est un processus qui me paraît naturel. S’il y a un groupe dont je n’aime pas la musique et avec qui ça ne se passe pas bien humainement il est sûr et certain que je ne bosserais pas avec eux.

Tu nous a parlé de Memories Of A Dead Man. Qu’est-ce qui t’as convaincu dans cet album ?

Le premier morceau a, dès l’entrée en matière, une espèce de grosse montée où il peut y avoir un côté un peu incisif. Le travail sur les voix m’a plu aussi. Le refrain accroche et l’atmosphère te fait vraiment sentir que la musique raconte une histoire. Même si tu ne cherches pas à comprendre le texte, tu sens avec les voix qu’il y a quelque chose qui se passe derrière. Le titre s’intitule « Tomorrow At Down » Il en existe une version longue et une version edit plus courte présente sur la compile Klonosphère, ce qui est dommage car l’intro est intéressante.
En ce qui concerne les autres groupes, je sais que quelqu’un de chez vous avait beaucoup aimé Hyperdump. Ils ont des titres assez accrocheurs et sont plutôt bons pour faire des refrains efficaces qui entrent bien en tête.

Quel est le tube de l’album chez Hyperdumb ?

Il y a deux titres qui ressortent, personnellement j’aime bien les morceaux ‘Hatred’ et ‘My Confusion’.

« Ça fait un bout de temps que l’on en parle, que l’on essaie de voir à quelle période ça peut tous nous arranger car il y a des périodes où Trepalium est en studio, il en est de même pour nous, Hacride va également l’être très prochainement. Ce n’était donc pas évident à mettre en place. »

On va rappeler les dates de la tournée Klonosphère qui réuniront trois supers groupes français : Klone, Hacride et Trepalium. Est-ce la première fois que vous organisez une tournée Klonosphère ?

Nous avions une fois une date avec ces trois groupes historiques, c’était en Bretagne avec deux autres groupes bretons qui ouvraient et il y avait ensuite, dans l’ordre, Klone, Hacride et Trepalium. Je crois que c’est suite à cette date-là que l’on s’est dit que ça pourrait le faire plus tard si on arrivait à caler les plannings de tout le monde et c’est ce qui s’est passé. Ça fait un bout de temps que l’on en parle, que l’on essaie de voir à quelle période ça peut tous nous arranger car il y a des périodes où Trepalium est en studio, il en est de même pour nous, Hacride va également l’être très prochainement. Ce n’était donc pas évident à mettre en place mais nous avons finalement réussi à trouver une période sur laquelle on va pouvoir faire entre quinze et vingt dates. Je ne les ai plus toutes en tête mais ça passe un peu partout, il y en a encore d’autres qui ne sont pas annoncées mais qui devraient être confirmées d’ici la mi-juin.

Quel sera l’ordre de passage des groupes ?

On est un peu en co-headlining alors ça changera un peu en fonction des villes, tout n’est pas encore défini.

Vous allez donc tourner en fonction des dates.

Oui, c’est ça. On essaye de trouver une solution équilibrée pour que tout le monde puisse jouer en première, deuxième et troisième position. Tout en sachant qu’il faut aussi prendre en considération le fait que le batteur d’Hacride, Florent Marcadet, joue aussi dans Klone. Nous sommes donc un peu obligés de faire un ordre spécifique en fonction de cela afin d’éviter d’avoir un changement de plateau difficile puisque Florent jouera deux fois et certainement sur la même batterie. C’est le seul élément qui fait que l’ordre change mais, sinon, je pense que ça sera relativement bien équilibré. Je n’ai pas le détail de tout ça, ça va également se faire prochainement. Je pense que nous ferons les annonces en fonction des dates. Les infos seront donc plutôt disponibles à partir de septembre. Cela sera à suivre au cas par cas, on communiquera aussi sur les horaires pour que les gens sachent quand les groupes passent et que tout le monde s’y retrouve. Les sets seront équilibrés pour que tout le monde joue le même temps, je pense qu’il y aura une bonne ambiance.

Allez-vous passer à Lyon ?

Ce n’est pas si évident de faire des dates sur Lyon, je sais que certaines choses étaient en discussion mais il n’y a rien de confirmé. Si jamais vous connaissez des gens sur Lyon qui peuvent mettre un petit moyen de pression pour pousser à programmer cette date, ça serait gentil. Nous avions joué avec Klone au Ninkasi Kao, vous avez de bonnes salles qui permettent de faire des supers concerts. Par conséquent, si jamais un organisateur de Lyon se dit qu’il pourrait faire le plateau, qu’il y pense. [Rires]

A propos du prochain album de Klone : « Ce n’est pas du Black Days. […] C’est plutôt la sortie de Black Days car nous sommes actuellement plutôt dans une bonne période. Il y a donc un côté un peu optimiste qui ressort sur ce disque, il y a de l’espoir, chose qu’il y avait un peu moins sur Black Days. »

Peux-tu nous dire ce qu’il se passe en ce moment autour du groupe Klone ?

Actuellement, nous sommes toujours en mode enregistrement de l’album. Nous terminons les prises de voix du disque. On a quasiment achevé sept morceaux sur les dix qui vont finir sur le disque, ça se présente bien. J’ai vraiment du mal à avoir du recul. On s’est bien fait plaisir, j’ai l’impression que le disque va être très varié et que l’on a réussi à toucher une palette assez large d’émotions. Je pense que l’on a encore plus bossé que sur Black Days et que le processus a été encore plus long. Je ne sais pas comment définir le disque dans son ensemble puisque il est varié, il y a une âme très forte imprégnée sur ce disque. Nous n’avons pas encore le titre de l’album ni la pochette mais j’arrive mieux à voir où cela tend et je suis confiant. Je ne pourrais cependant pas vous donner plus de détails pour l’instant. J’attends d’avoir le disque final parce qu’il manque encore quelques éléments importants dans l’esprit Klone qui vont aussi donner une aura différente.

Ressens-tu déjà des nouveautés par rapport à l’album précédent ? Y a-t-il des choses nouvelles que vous n’auriez pas forcément faites avant ?

Ce n’est pas du Black Days. Il y aura peut être sur un ou deux morceaux quelques passages et tempos qui pourront s’en approcher mais c’est plutôt la sortie de Black Days car nous sommes actuellement plutôt dans une bonne période. Il y a donc un côté un peu optimiste qui ressort sur ce disque, il y a de l’espoir, chose qu’il y avait un peu moins sur Black Days.

Vous avez évolué vocalement vers quelque chose de plus léger alors qu’avant ça braillait un peu plus. Allez-vous rester dans cette veine à la Black Days ou votre chanteur poussera-t-il un peu plus de gueulantes ?

J’aurais pensé qu’il pousserait un peu plus de gueulantes et, au final, je pense que, au niveau des voix, c’est d’une manière générale plus mélodique, des mélodies assez sombres. Quand on a essayé de faire certaines parties avec des gueulantes, ça n’avait pas de sens, c’était vraiment gueuler pour gueuler, alors nous nous sommes remis en question sur certains morceaux. Il doit y avoir deux morceaux vraiment riches très rentre-dedans où il y a des voix qui gueulent mais il faut garder en tête la voix qu’il y a sur Black Days qui est un peu plus développée, peut-être plus arrangée parfois avec des parties plus progressives. Je pense qu’il y a aussi une certaine part de prise de risques sur certains choix mélodiques.

Il vaut mieux s’attendre à ce que vous alliez de l’avant plutôt que de retourner à vos origines ?

Au début, j’étais un peu mal placé pour te parler de ça mais les deux ou trois personnes à qui j’ai passé des morceaux nous ont dit que c’était bien, que l’on ne faisait pas du surplace, que l’on allait ailleurs et ça faisait du bien. Ce sont des personnes de confiance qui connaissent bien Klone et quand on a leur feu vert c’est plutôt bon signe.

Ressens-tu une attente de la part de la scène metal en règle général par rapport à cet album ? Black Days avait été très bien reçu et on voit bien qu’à chaque album vous passez une étape. Par conséquent, est-ce-qu’aujourd’hui vous ressentez une sorte de pression vis à vis de ces attentes ?

On ne se met vraiment pas la pression. On prend le temps de faire cela comme on en a envie. On a encore vu ce matin Franck Huesco avec qui nous avons travaillé sur le mix de l’album et on s’est dit que s’il y avait des choses sur lesquelles on se posait trop de questions, on n’hésiterait pas à les retravailler. Quand on bosse sur les morceaux, certains peuvent avoir des allures complètement différentes, c’est une question de choix et de goûts. Nous aimons plus ou moins toutes les idées que l’on a en tête mais il faut définir la couleur du disque. En ce qui concerne l’attente des gens par rapport à ce disque, je la ressens car je reçois parfois des messages d’encouragement des gens ainsi que des commandes régulières de Black Days sur le Net même si cela fait déjà quelques temps que l’album est sorti. On fera ce que l’on peut. Nous nous mettons déjà la pression nous-mêmes parce qu’on a envie de faire un meilleur disque à chaque fois. Cela vient de quelque part, ça ne vient pas des gens autour mais de nous, dans ce que l’on a envie de faire et surtout retranscrire ce que l’on a en tête. Cela fait malgré tout un moment que l’on bosse sur ce disque. J’y repensais en parlant l’autre jour avec Étienne, le chanteur. Nous avons travaillé pendant un mois dessus pour mettre les structures en place et aujourd’hui encore nous sommes en train de remodeler des choses, de développer des parties, de raccourcir certains plans, de remettre en question des choix que l’on a fait. Ça ne s’arrête jamais, ça fait peur des fois.

As-tu un calendrier en tête par rapport à ça ?

Je pense que la sortie de ce disque va se faire avant la tournée au mois d’octobre. C’est un peu chaud mais on est libre pour faire un peu ce que l’on veut par rapport au label. On risque d’avoir une période très courte pour pouvoir démarcher des labels qui pourraient nous intéresser. Je ne sais pas ce qui va se passer. Si nous n’avons pas le temps, nous sortirons le disque en direct par Klonosphère et si nous n’avons vraiment pas un label qui veut investir sur le groupe, je pense que l’on aura intérêt de le faire comme nous avons sorti le disque de Trepalium et comme sortent tous nos disques Klonosphère. L’avantage est que s’il y a un souci, on sait à qui en vouloir et, de notre côté, nous ferons tout ce qu’il faut pour que les retours autour du disque soient au maximum positifs.

Le but est donc de sortir le disque avant le mois d’octobre.

Oui, dans tous les cas il faut qu’il soit disponible pour la tournée.

A propos du prochain album de Klone : « On est donc dans cette optique de fusée qui décolle et c’est cette image que l’on essaie de retranscrire dans certains arrangements dans le but d’avoir un effet de quelque chose qui pousse vers le haut. Vous verrez le résultat. »

Es-tu confiant en ce qui concerne l’avancement du disque ?

Oui, la période de doutes est là quand tu as une batterie qui n’est pas mixée, toute sèche et une guitare seule et où tu ne fais que la base de la musique. La musique de Klone est pas mal arrangée alors, au fur et à mesure que tu avances dans la production du disque, tu as tous les éléments qui se rajoutent. Tu finis par te demander comment tout cela va s’intégrer mais on arrive toujours à faire en sorte qu’il y ait de la place pour tout le monde. Nous en sommes actuellement à la phase où il y a quasiment toutes les voix. Il reste encore des petits arrangements à faire et surtout le travail de Mathieu avec les saxophones et les ambiances très « space ». Nous avons réalisé des petits effets avec une espèce de vieux synthé très typé années soixante-dix avec du son qui décolle. La seule chose que je puis dire sur le disque pour l’instant est que depuis le début, nous avions en tête l’image d’une fusée qui décolle. En outre l’espèce d’endroit dans lequel on enregistre les voix et une partie des guitares et de la basse s’appelle La Fusée. On est donc dans cette optique de fusée qui décolle et c’est cette image que l’on essaie de retranscrire dans certains arrangements dans le but d’avoir un effet de quelque chose qui pousse vers le haut. Vous verrez le résultat.

On a hâte que tu nous emmènes sur la Lune !

Nous travaillons pour, il reste un peu de place dans la fusée si vous voulez passer mais on ne pourra pas partir avec trop de monde. C’est un endroit qui doit faire dix mètres sur deux. On est souvent enfermé là-dedans quand on bosse, c’est un peu étrange, il ne faut pas être claustrophobe. Le groupe Klone a aussi rencontré un changement de line-up. Mika, notre ancien guitariste est aujourd’hui papa et, par son esprit de famille, n’a plus tellement le temps de se consacrer à fond dans la musique. Ainsi c’est Aldrick Guadagnino qui le remplace, ce guitariste a notamment réalisé les soli dans Step In Fluid et joue également dans le groupe Sinscale. Tout ça pour dire que la fusée nous donne un peu l’impression d’être dans les chiottes. Lorsque tu te retrouves à quatre ou cinq dans cet endroit super serré cela devient vite étouffant, il y a une atmosphère étrange qui règne. Peut-être que cela se sentira sur le disque, je ne sais pas.

Avant l’enregistrement de Black Days, vous aviez fait une scène de pré-commande pour financer l’album. Ce n’est pas quelque chose que tu as souhaité réitérer cette fois-ci ?

Si, nous allons procéder exactement de la même manière. Nous allons essayer de proposer des packs qui puissent être accessibles à tous comme on l’avait fait avec les places de concerts. Il y aura aussi éventuellement une compile et des packs avec des T-shirts. Nous avons tout intérêt à faire cela. Et puis les gens qui nous suivaient étaient très contents de ce que l’on avait fait car cela leur avait permis d’avoir un contact direct et c’était plus intéressant que d’aller dans une FNAC récupérer un disque et passer en caisse. Il y avait un échange intéressant derrière, donc on va continuer comme on l’a fait avec Trepalium et comme on incite beaucoup de groupes à le faire. Personnellement, je n’aime pas l’idée qu’un groupe puisse être bloqué dans la musique à cause d’un problème d’argent. J’ai toujours fonctionné comme ça, même dans ma vie personnelle. L’argent, c’est un endroit, un truc sur un compte épargne, quelque chose que l’on ne touche pas, que l’on n’a pas forcément dans les mains. Il y a toujours la possibilité de trouver des solutions, même sans argent, pour te faire avancer sur un projet. L’important est d’y croire et de faire en sorte que cela se développe.

J’ai cru comprendre que la Klonospère existait officiellement depuis le 11 septembre 2001. Comment as-tu vécu le fait que les attentas du 11 septembre aient eu lieu le jour de la création de ta boîte ?

Je m’en suis rendu compte assez longtemps après car tu déposes tes papiers et c’est seulement après que tu as la date de parution dans le journal officiel. Quand tu cherches sur internet, tu trouveras un site référençant la date du 11 septembre comme date de création de la Klonosphère. Je trouve ça intéressant.

Au moins, tout le monde s’en rappelle

Ce n’était pas évident à prévoir, j’avoue que nous avons fait fort. Du coup, nous avons un petit côté « terroristes de la musique » que je trouve intéressant.

Nous avons passé à l’antenne le titre « Another » de Pictured, que nous proposerais-tu d’autres à écouter ?

Je t’aurais bien proposé un extrait de WILD et de l’album Agony Of Indecision, ça fera un peu de poésie dans ce monde de brutes. Je plaisante car le titre ‘Agony Of Indecision’ est un morceau assez bourrin, ça a un petit côté « old school » mais aussi death thrash metal.

Les membres du groupe WILD sont les anciens Wild Carnivor ?

Exactement.

Que s’est-il passé ? Ont-ils splitté ou simplement changé de nom ?

Ils n’ont pas splitté. Je sais qu’il y a eu dans ce groupe des histoires un peu tristes au niveau du line-up. Ils ont choisi de raccourcir le nom du groupe, peut-être parce qu’ils avaient peur que cela fasse un peu trop typé. Je pense que cet album présente une ouverture au niveau du style de musique. C’est super intéressant, si vous avez l’occasion d’écouter les vieux albums vous pourrez y trouver du saxophone.

Sur l’album de 2008 il y avait déjà ce côté saxophone qui était assez intéressant.

Il y a quelques prises de risques mais aussi un côté metal à l’ancienne avec de très bons riffs, très efficaces et une voix super bourrine, rentre-dedans très typée death metal. D’ailleurs, je vous conseillerais peut-être davantage le titre ‘Wake Initiated Lucid Dream’ que vous pourrez également retrouver en clip. Il est plutôt bien fait alors n’hésitez pas à prendre le temps d’aller le voir sur YouTube. Le riff qui débute le morceau est vraiment très efficace.

Comment cela se passe-t-il au niveau des clips ? Parviens-tu à trouver des financements ou ce sont les groupes eux-mêmes qui s’en occupent ?

Chacun se débrouille car aujourd’hui on a la chance d’avoir la technologie à porter de main. Certains appareils photos de type Canon fonctionnent vraiment très bien pour faire ce genre de chose. En général, chaque groupe connaît quelqu’un qui fait de la vidéo ou des personnes qui sont dans une école et qui ont pour but de développer leur activité dans cette branche. Nous avons Thibault Chaumont qui travaille sur le son live, les photos promo, etc. Pour Trepalium il a bossé sur le clip, sur le live, le studio, le mastering et les photos du groupe. Il est un peu touche à tout et fait ça plutôt très bien. JENX ont, quant à eux, bossé avec Julien Rodrigues, un mec de Bordeaux, c’est son premier clip mais il est vraiment très bien réalisé. Ainsi j’ai des diffusions qui commencent à tourner au fur et à mesure que j’ai des clips qui sont de plus ou moins bonne qualité. Les clips de WILD et de JENX vont, par exemple, être diffusés sur NoLife et Direct Star.

Est-ce qu’un clip pour un groupe de metal aujourd’hui reste quelque chose que tu conseillerais de faire ? Les retombées sont-elles suffisamment importantes pour rentabiliser l’investissement que cela représente ?

Je pense que c’est super important de le faire dès le début et surtout dans le metal car le clip peut parfois aider à entrer dans la musique. Si tu fais un truc bien tape à l’œil où tu arrives à créer un univers en vidéo qui va s’accorder à ton univers musical, cela donne vraiment la possibilité d’accrocher plus de gens. J’ai l’impression que cela fait aussi plus professionnel, donc je conseille à mes groupes de le faire. Je les oriente et leur conseille des personnes sur qui j’ai de bons retours. Il ne faut pas hésiter car un clip fonctionne comme une carte de visite. Quand tu sors un premier album, tu as intérêt à marquer des points et faire les choses le plus professionnellement possible pour que, derrière, il y ait des gens qui suivent. Au début, j’étais plus dans l’optique de faire des vidéos live, je me disais que les gens allaient préférer car cela permet de voir ce qu’est vraiment le groupe, comment il joue en vrai, etc. Cependant, au vu des vues sur les liens YouTube, on constate que les auditeurs préfèrent regarder un clip plutôt que d’écouter du son live car ils y retrouvent une certaine perfection.

Interview réalisée le 22 mai 2012 par téléphone en direct dans l’émission Anarchy X
Questions : Spaceman et Metal’O Phil
Retranscriprion : Isa

Site officiel de Klone : www.kloneband.com
Site officiel de la Klonosphère : www.klonosphere.com



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  • HYPNO5E dépasse tout ce qu’il y’a dans cet album, paix à leurs âmes…
    Je vous conseil vivement d’écouter les albums!

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  • Ce qui serait cool, s’il vous plaît, c’est d’indiquer la longueur de l’ITW une fois fini (avec un « edit », « update ») histoire de savoir dans quelle échelle de temps on s’engage = )

    Et un lecteur dans lequel on pourrait se déplacer, quand j’ai écris ce post, j’ai voulu le publier et la page s’est rechargé (j’avais pas renseigné mon mail), et du coup j’écouterais jamais la fin de cet ITW…

    Bref, changez tout = )

    [Reply]

    Spaceman

    Tu peux te déplacer dans l’audio avec le lecteur. Il suffit de cliquer dans la barre de progression.

  • bloodydoll dit :

    et voila j’ai raté un interview important 🙁

    [Reply]

  • Podcast de l’interview intégré à l’article. Bonne (ré)écoute !

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  • Ah, voila qui est interessant x)

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