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Interview   

La magie et l’aura de Kylesa


Quel parcours du combattant cela a été pour caler un entretien avec Laura Pleasants ! Pas que la demoiselle, qui officie en tant que guitariste et chanteuse/hurleuse chez Kylesa, soit totalement indisponible ou réfractaire aux interviews. Non, simplement de la malchance : premier rendez-vous avorté au bout de seulement quelques minutes à cause d’une liaison téléphonique abominable, rendez-vous finalement décalé par quatre fois (!) par notre correspondante pour diverses raisons indépendantes de nos volontés. Nous commencions sérieusement à nous demander si nous allions enfin parvenir à Kylesa ! (désolé, j’ai un quota à respecter…) Mais à Radio Metal, nous sommes des acharnés, tout particulièrement lorsqu’une interview s’annonce pleine de promesses. Et promesse il y avait car Static Tensions et Spiral Shadow, les deux derniers rejetons du combo de Savannah, sont de véritables chefs-d’œuvres et on sent – ne me demandez pas pourquoi ni comment – que derrière tout ça se cachent des musiciens particulièrement intelligents et passionnants. Notre flair ne nous a pas menti.

L’entretien a finalement eu lieu et c’est une Laura absolument charmante et volubile que nous avons eue au bout du fil. A n’en pas douter, les fans de cet ovni musical que représente Kylesa seront aux anges en lisant ses propos. Non seulement on en apprend beaucoup sur la dernière œuvre du groupe mais également sur de nombreux détails relatifs au passé du groupe, notamment sa genèse et le cheminement qui a amené celui-ci à accueillir deux batteurs en son sein. Et bien d’autres sujets…

Trêve de bavardage, laissons maintenant la parole à l’artiste.

« Notre politique a toujours été d’avancer et de ne pas regarder en arrière ou de ressasser nos erreurs. »

Radio Metal : Static Tensions est sorti l’an dernier et vous voilà déjà de retour avec un nouvel album. Vouliez-vous profiter de l’élan créé par Static Tensions ou étiez-vous seulement très inspirés ?

Laura Pleasants (chant/guitare) : C’était un mélange de plusieurs choses. Pour Static Tensions, nous sommes partis en tournée mais nous avons également dû changer de label. Pour recevoir un certain soutien de la part de la nouvelle maison de disques et pour véritablement lancer les choses, nous devions leur fournir un nouvel album. En plus, nous étions prêts à écrire de nouvelles chansons. Static Tensions est sorti en mars 2009 et nous l’avions écrit à la fin de l’hiver et au début du printemps 2008. Il y avait un moment que nous n’avions rien écrit et nous étions prêts à nous y remettre. Nous étions effectivement inspirés. À l’époque, j’avais vraiment hâte de me remettre à écrire.

Avec Static Tensions, le groupe a fait un grand pas en avant en termes de popularité. Considères-tu cet album comme une pierre angulaire de votre carrière ?

Oui, bien sûr. Je pense que nous avons gagné pas mal de nouveaux fans grâce à cet album et c’était une belle évolution par rapport au précédent. Je suis d’accord.

Le titre « Unknown Awareness » est devenu très populaire auprès des fans grâce à son côté accrocheur et à un grand sens de la mélodie. C’est également une chanson très hypnotique. À l’écoute de ce nouvel album, Spiral Shadow, j’ai l’impression que vous avez pris ce titre comme point de départ et développé cet aspect. « Unknown Awareness » était-elle une référence lorsque vous avez commencé à composer les nouvelles chansons ?

C’est intéressant que tu soulignes ce point. Peu de gens l’ont remarqué mais je pense que tu as en quelque sorte raison. Nous avons vraiment apprécié la façon dont sonnait « Unknown Awareness » mais c’était un peu un hasard. La chanson s’est presque mise en place toute seule. Au final, c’est l’un de mes titres préférés sur cet album. Je voulais vraiment que le nouveau matériel prenne une direction plus mélodique, psychédélique, presque trance. Donc oui, nous avons utilisé certaines idées issues de cette chanson et nous avons brodé à partir de ça sur le nouvel album.

Par rapport aux albums passés, le groupe a énormément développé son côté mélodique et psychédélique tout en mettant un peu de côté l’agressivité brute des précédents albums, surtout des premiers. Est-ce la maturité qui vous a poussés dans cette direction ?

Je pense que, lorsqu’on fait partie d’un groupe depuis longtemps et qu’on souhaite évoluer en tant qu’artiste et musicien, il faut se renouveler un peu. J’aime toujours la musique et les riffs agressifs mais, pour être honnête, j’écoute beaucoup plus de rock traditionnel et de rock psychédélique qu’avant. J’ai toujours aimé la musique psychédélique, depuis le collège où j’ai découvert Pink Floyd et Led Zeppelin. Nous ne voulons tout simplement pas écrire encore et encore les mêmes titres basés sur des riffs brutaux. Si on essayait de reproduire encore et encore notre premier album, le résultat ne serait pas très intéressant. Il faut évoluer et mélanger tout ça. Il y a toujours de bons riffs bien « dans ta face » sur le nouvel album. On ne voulait pas s’en débarrasser complètement, parce qu’on aime ça, et nos fans aussi. Par contre, on voulait se diversifier un peu.

Peut-on dire que l’aspect expérimental est mieux maîtrisé qu’avant ?

Absolument. Je pense que nous sommes de meilleurs compositeurs et que nous avons appris à composer avec nos influences plutôt que de les étaler partout sur l’album. Nos idées sont aujourd’hui plus concises et mieux organisées.

Spiral Shadow compte de nombreux moments paisibles et pleins d’espoir. Par exemple, « Don’t Look Back » est un titre très positif musicalement mais aussi au niveau des paroles du refrain où la phrase « Keep moving, don’t look back » est répétée à plusieurs reprises. Cela signifie-t-il que vous êtes désormais plus sages et prenez les choses avec plus de philosophie ?

(rires) Effectivement, je dirais que nous avons un peu plus de sagesse qu’à nos débuts. Nous avons beaucoup évolué en tant qu’individus et en tant que groupe. Nous avons abordé cet album d’un point de vue thématique ; en d’autres termes, Phil (Cope, guitare et chant) et moi avons discuté des paroles au préalable. Nous voulions écrire sur le thème de la distance, un thème qui a de nombreuses connotations différentes. Il y a la distance physique, la distance que nous avons parcourue entre 2001 et 2010 et la distance émotionnelle. C’est le résumé de tout ce que nous avons traversé en tant que personnes et en tant que groupe. Notre politique a toujours été d’avancer et de ne pas regarder en arrière ou de ressasser nos erreurs.

L’un des éléments frappants sur Spiral Shadow, c’est que tu chantes beaucoup plus que tu ne cries. C’est particulièrement audible dans le mixage et sur des titres comme « To Forget » ou « Tired Climb » où ton chant clair est beaucoup plus assuré qu’avant. Le chant mélodique est-il quelque chose que tu voulais développer et améliorer ?

Oui, c’était quelque chose que je voulais améliorer et développer. Je n’avais jamais beaucoup expérimenté avec ça auparavant. J’étais assez satisfaite en me contentant de hurler comme une malade. Nous avons fait une reprise de Pink Floyd il y a quelques années sur laquelle j’ai chanté et j’ai beaucoup aimé le résultat. Ça m’a ensuite donné des idées et apporté la confiance nécessaire pour chanter sur Static Tentions. En soi, c’était déjà une véritable expérience car je n’avais pas du tout travaillé le chant avant d’entrer en studio. Pour Spiral Shadow, j’avais réfléchi aux mélodies et travaillé les lignes vocales. Je suis avant tout guitariste et je ne me suis jamais vraiment considéré comme une chanteuse. Nous ne voulions pas avoir une personne qui soit mise en avant alors nous nous sommes toujours chargés du chant nous-mêmes. Cette fois, j’étais beaucoup plus sûre de moi à l’idée de chanter. Il faut savoir que nous développons les lignes vocales après avoir fini la musique et la chanson dicte généralement le type de chant nécessaire. Généralement, quand je chante, c’est que j’estime que les hurlements ne fonctionneraient pas.

As-tu pris des cours de chant pour être plus à l’aise ?

(Rires) Oui. Je n’avais jamais pris de cours de ma vie et là, j’en ai pris pendant environ une semaine. En fait, j’ai appris des exercices d’échauffement et la façon d’élargir mon étendue vocale. Ça m’a beaucoup aidée.

« Phil était sur le point de dissoudre son groupe Damad et il voulait en former un nouveau avec moi. Il m’a dit : « Pourquoi ne pas faire appel aux deux batteurs ? Ça pourrait devenir super heavy ». À ce moment-là, notre seule préoccupation c’était d’être heavy. »

Vous avez tourné une vidéo pour « Tired Climb », une vidéo très mystique et chamanique. Quelle était l’idée de base derrière cette vidéo ?

Nous avions quelques idées et un script de base que nous voulions utiliser. Nous les avons confiés à notre ami le réalisateur David Brodsky. Il a tourné la vidéo lorsque nous étions en Europe et le résultat est assez proche de ce que nous lui avions demandé. Il y a mis sa propre patte artistique et, par conséquent, ce n’était pas exactement ce que nous avions prévu. Mais le résultat est plutôt cool. Nous voulions absolument avoir ces filles bizarres et complètement nues au milieu de la forêt. (Rires) Nous voulions quelque chose de très psychédélique. L’idée était de faire se rencontrer deux personnes qui ont pu se connaître à une certaine époque mais sans s’être jamais vues.

Kylesa connaît un vrai ballet de batteurs. Cette année, Tyler Newberry a remplacé Eric Hernandez. Que s’est-il passé avec Eric ?

Eric ne devait être qu’un remplaçant ; mais nous avons été très occupés cette année-là et il n’avait pas d’autres obligations alors il a décidé de partir en tournée avec nous. Par la suite, nous lui avons demandé d’enregistrer l’album, et il a accepté. Il a donc été avec nous beaucoup plus longtemps que prévu. C’était très sympa mais après environ un an et demi, il a décidé de reprendre ses études. Il ne voulait pas tourner autant que nous le souhaitions. Nous connaissons Tyler depuis des années. Tyler et Carl (McGinley) se connaissent depuis l’âge de quatorze ans. Tyler a participé à quelques tournées avec nous en 2007 en tant que remplaçant et il nous a envoyé un e-mail au moment où Eric a voulu partir. C’était un super timing. Il disait qu’il n’avait pas grand-chose à faire et qu’il voulait jammer avec nous à nouveau si ça nous intéressait. Il vivait dans une autre ville à l’époque mais nous l’avons appelé et lui avons demandé de revenir à Savannah pour pouvoir tourner avec nous. Les tournées se sont très bien passées et nous avons décidé de le faire participer à l’album. Il a été excellent. Je le connais depuis des années et c’est bon d’avoir quelqu’un que l’on connaît depuis longtemps dans un groupe.

Kylesa est l’un des rares groupes à faire appel à deux batteurs. C’est le cas depuis l’album Time Will Fuse Its Worth. Comment vous est venue l’idée d’avoir deux batteurs ?

L’idée est venue alors que Phil et moi discutions dans son jardin, en 2000. Il était toujours avec son ancien groupe mais nous jammions malgré tout, tous les deux. En fait, à l’époque, je jammais avec Tyler et occasionnellement Philip. En résumé, Phil était sur le point de dissoudre son groupe Damad et il voulait en former un nouveau avec moi. Il m’a dit : « Pourquoi ne pas faire appel aux deux batteurs ? Ça pourrait devenir super heavy ». À ce moment-là, notre seule préoccupation, c’était d’être heavy. On a alors demandé à Tyler et Christian de rejoindre le groupe. Christian a accepté mais Tyler n’était pas très motivé. En plus, il était occupé avec un autre groupe. Nous avons alors mis l’idée de côté et nous avons commencé avec un seul batteur, Christian. Ce n’est qu’en 2005 que nous avons commencé à voir tous ces batteurs aller et venir. Lorsque notre deuxième batteur a quitté le groupe, nous avons dû en chercher un autre. À l’époque, nous jammions avec Carl. Il faisait déjà partie d’un groupe, Unpersons, et il allait également à la fac. Étant donné qu’il ne pouvait pas tourner avec nous à cause de ses études, nous ne faisions que jammer avec lui. Pendant ce temps-là, nous pouvions continuer à écrire et auditionner des batteurs. Ceux-ci venaient principalement d’autres villes parce que le coin comptait peu de batteurs. Jeff (Porter) est venu de Detroit et il nous semblait être le meilleur. Nous voulions que Carl fasse partie du groupe mais il avait déjà énormément d’engagements. Nous avons pensé qu’il pourrait partir en tournée avec nous quand il n’était pas occupé avec ses études et assurer les percussions sur des samples, ce qu’il a accepté. Nous avons ensuite fait venir Jeff et c’est à peu près à ce moment-là que Carl a décidé qu’il voulait faire partie du groupe. (Rires) On leur a dit : « D’accord, on vous prend tous les deux et on verra bien comment ça se passe ». Nous avions deux kits dans notre local de répétition et nous avons fait des essais sur quelques titres avec deux batteurs. C’était super extra heavy, carrément assourdissant, et c’est à ce moment là qu’on a décidé de les engager tous les deux ! (rires)

À l’époque, étiez-vous sûrs que deux batteurs allaient s’avérer utiles d’un point de vue créatif ?

Oui, nous en avions parlé avant. Pour nous, c’est un peu comme avoir deux guitaristes. Ils peuvent assurer la rythmique tous les deux ou alterner. Nous avions énormément d’idées. Nous avons pensé qu’il serait cool de les mettre en pratique ; après tout, nous sommes un groupe qui a toujours aimé la nouveauté. Nous voulions vraiment essayer ce line-up sur un album. J’adore jouer avec deux batteurs.

Penses-tu qu’aujourd’hui, vous soyez parvenus à utiliser plus efficacement cet avantage ? Sur Time Will Fuse Its Worth, il était plus difficile de dissocier les deux batteurs que sur Static Tensions. Penses-tu que vous êtes parvenus à mieux maîtriser l’utilisation des deux batteries ?

Oui, absolument. Ça a été un long processus d’apprentissage. Nous avons vraiment compris avec Static Tensions comment ça devait fonctionner et sur Spiral Shadow on a continué à faire évoluer cette spécificité. J’ai écrit des parties entières dans les chansons pour que les batteurs puissent faire leurs trucs. Je garde toujours ça à l’esprit.

Kylesa compte deux batteurs, et deux guitaristes qui officient également en tant que chanteurs. Avez-vous déjà pensé à faire appel à deux bassistes ?

(Rires) C’est une plaisanterie qu’on a déjà entendue. Je pense que si nous avions deux bassistes, le son deviendrait complètement boueux et il y aurait trop de monde sur scène.

« Lorsqu’un genre obtient la reconnaissance et devient populaire, il y a toujours le risque qu’une vague de groupes débarque pour l’user et le rendre inintéressant. On verra bien. »

Rick Smith de Torche m’a affirmé que votre emploi du temps était plein à craquer avec les tournées et les enregistrements et que vous passiez tout votre temps sur la route. Est-ce vrai ?

Pas complètement. Nous avons énormément tourné l’an dernier et nous allons faire la même chose en 2011 mais, après ça, nous allons sans doute ralentir un peu.

Lorsqu’on est artiste, le fait d’être loin de chez soi toute l’année est-il le prix à payer pour accéder à une certaine reconnaissance ?

Oh, oui. Ce qu’on fait est un énorme sacrifice. Les gens nous disent souvent : « Oh, votre vie doit être tellement géniale, ce que vous faites est extra ! » Par bien des aspects, c’est le cas, mais pour faire ce qu’on fait, il faut renoncer à avoir ce que l’on appelle une « vie normale ». Il y a énormément de choses que je ne connais pas et que les autres gens connaissent car je suis sur la route en permanence.

J’ai demandé à Rick s’il aurait souhaité mettre en place une collaboration entre Torche et Kylesa. En résumé, sa réponse a été que vous étiez toujours occupés et difficiles à attraper. De ton point de vue, serait-ce une expérience intéressante, dans la mesure où ils donnent aussi beaucoup dans l’expérimentation ?

Oui. J’adore ces gars. Nous avons sans doute tourné avec eux bien plus qu’avec n’importe quel autre groupe. J’adore leur musique et je les adore en tant qu’individus. Ce sont de très bons amis. Il a raison, je doute qu’on ait un jour le temps de collaborer. Mais si on le trouvait, je pense que le résultat déchirerait complètement ! (rires)

Il semblerait qu’une certaine scène sludge psychédélique très créative se soit implantée il y a quelques années et commence à obtenir une belle reconnaissance. Je pense à des groupes comme Baroness, Torche, Black Tusk et, bien sûr, Kylesa. Comment vois-tu les choses ?

C’est intéressant parce que nous faisons ça depuis presque dix ans et Torche a rejoint la scène il y a un bout de temps. Baroness est également là depuis un petit moment, même si ça ne fait pas aussi longtemps. C’est la même chose pour Black Tusk. Nous sommes tous là depuis des années. Je ne sais pas trop quoi dire à propos de cette reconnaissance. Je pense que c’est très bénéfique pour nous mais, d’un autre côté, je crains un retour de bâton. C’est toujours dans ces cas-là que les problèmes arrivent. Lorsqu’un genre obtient la reconnaissance et devient populaire, il y a toujours le risque qu’une vague de groupes débarque pour l’user et le rendre inintéressant. On verra bien.

Baroness, Black Tusk et Kylesa viennent tous de la même ville, Savannah. Qu’y a-t-il de si extraordinaire dans cette ville pour que tant de groupes de sludge psychédélique se forment là-bas ?

Je ne sais pas. Il y a quelque chose dans l’eau !

Penses-tu que ces groupes aient une véritable créativité, quelque chose qui a été un peu perdu dans les autres styles de metal, bien que ça n’ait rien de commercial ?

La musique heavy existe depuis plus de trente ans et elle a été poussée à tous les extrêmes auxquels on peut penser. En tant que mélomane, guitariste et chanteuse, je veux que cette musique reste unique et toujours intéressante. Je n’ai pas envie de copier les autres groupes ou d’avoir le même son qu’eux. Je veux présenter quelque chose d’original, quelque chose qui provoque des sentiments chez l’auditeur. C’est difficile. J’ai toujours eu l’impression que nous avions quelque chose de spécial, surtout à nos débuts. Personne ne faisait de metal associé à de la musique psychédélique, à du punk ou à ce genre de choses. Nous étions assez uniques et beaucoup de gens ont été troublés par ce que nous faisions. C’était trop punk, trop metal ou trop bizarre, trop ceci ou trop cela. Ça ne tombait pas dans une catégorie spécifique. Maintenant, il y a une certaine contamination croisée avec d’autres groupes. D’un côté, c’est cool, mais rester intéressants va devenir un défi. Comme tous les types de musique quand un million de groupes commencent à faire la même chose, ça devient un peu éculé.

« Nous avons un côté très noir mais nous essayons toujours de trouver la paix et l’équilibre en nous comme dans notre musique. »

J’ai entendu dire qu’à une certaine époque, vous viviez tous ensemble, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Cela a-t-il affecté votre relation ?

Quand on a commencé à tourner, Corey, Philip et moi avons vécu ensemble pendant quelques années. Puis nous avons été rejoints par quelques batteurs. Ces années ont été très sympas. Nous avions une très grande maison, très bon marché. Nous avions une pièce pleine de disques et de matériel musical où on entendait toujours de la musique. C’était un environnement très créatif. Mais personne ne veut vivre avec ses collègues jusqu’à la fin de ses jours, sinon c’est à devenir fou. Nous avons déménagé après quelques années. Mais c’était une époque sympa et j’en ai de très bons souvenirs.

Penses-tu que le fait de ne plus vous trouver dans ce type d’environnement a eu un impact, bon ou mauvais, sur la musique de Kylesa ?

Nous ne pourrions plus vivre ensemble aujourd’hui, donc je pense que cet impact est positif.

Le nom « Kylesa » vient d’un terme bouddhiste. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Ça vient de « kilesa mara ». Les « maras » sont les démons du Bouddhisme, et les « kilesa maras » sont les démons de la souillure : avidité, aversion, tromperie, ignorance… Ce sont des choses auxquelles on peut faire obstacle en atteignant un état d’équilibre ou de connaissance. Je trouve que ça correspond très bien à notre musique : nous avons un côté très noir mais nous essayons toujours de trouver la paix et l’équilibre en nous comme dans notre musique.

Le Bouddhisme est-il une philosophie qui vous attire ?

Aucun d’entre nous n’est religieux. Si je devais rejoindre une religion, je pense que le Bouddhisme serait celle qui me correspondrait le mieux. Mais nous trouvions surtout que le sens de ce nom était intéressant, nous ne l’avons pas choisi pour des raisons religieuses.

Penses-tu que la musique permette d’atteindre une certaine édification spirituelle ?

Tout à fait. Ça m’a beaucoup aidée au fil des années.

Spiral Shadow est votre cinquième album et vous êtes un excellent groupe de scène. Ne pensez-vous pas que ce soit le bon moment pour sortir un album live ?

Oui. Nous allons faire de notre mieux pour en enregistrer un en 2011. C’est notre première préoccupation. Nous en avons déjà discuté et nous allons essayer de concrétiser l’idée cette année.

Interview réalisée en octobre 2010 par phoner
Traduction : Isere et Saff



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  • Jeanguydutaudis dit :

    Radio Metal, tu me fais jouir

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