ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

La musique que Nina Treml-Vetterli a toujours voulu faire


N’ayant pas grand chose à se mettre sous la dent de la part de Coroner, il est assez logique que la presse et les fans se soient intéressés à 69 Chambers, groupe de rock/metal dont le premier album fut produit par le mari de la chanteuse Nina Treml, le guitariste de Coroner Tommy Vetterli, avant que celui-ci n’intègre finalement la formation. Ce serait néanmoins une erreur d’y chercher un quelconque lien musical avec Coroner.

69 Chambers est avant tout le groupe de Nina, ce que son époux a souhaité respecter en évitant, par conséquent, de trop s’impliquer dans la composition afin, également, de garder son recul nécessaire de producteur. Le registre est par conséquent différent. Si le premier album avait des accents grunge prononcés, ce Torque correspond, selon ses propres dires, à la musique que Nina a toujours voulu jouer, ce qu’une nouvelle équipe de musiciens plus portés sur le metal que la précédente a rendu possible. En résulte donc un disque bien plus metal que le précédent, gardant les accents rock et pop qui avaient fait l’identité du groupe.

Nous nous sommes entretenus avec la très élégante Nina à propos de cette évolution musicale et de l’apport, tant médiatique que musical, de Tommy Vetterli.

« Torque est l’album que j’ai toujours voulu faire. »

Radio Metal : Votre précédent album, War On The Inside, était plus orienté grunge, mais ce nouveau disque comporte davantage d’éléments metal. D’où vient ce son metal ?

Nina Vetterli (chant) : Pour être honnête, c’est la musique que j’ai toujours voulu jouer. Mais, sur l’album précédent, j’avais un line-up différent et mon batteur de l’époque, en particulier, n’était pas très metal. Ça a eu une influence sur ma façon d’écrire. Je pense que j’ai aussi écouté plus de metal ces deux dernières années. Torque est l’album que j’ai toujours voulu faire.

Étais-tu frustrée de ne pas pouvoir jouer la musique que tu voulais jouer avec l’album précédent ?

Je ne dirais pas que j’étais frustrée parce que ça reste de la musique que j’aime. Ce n’est pas comme si je m’étais trahie. Mais je suis ravie d’avoir trouvé un line-up avec lequel je peux faire exactement ce que je veux. J’ai le soutien des membres du groupe, qui sont d’excellents musiciens. Ils ont leur propres idées qu’ils injectent dans la musique. Je suis très heureuse que les choses aient tourné comme elles l’ont fait, mais je ne suis pas frustrée par le premier album. C’est toujours de la musique que j’aime, personnellement.

« Tommy voulait conserver une certaine distance parce qu’il reste le producteur du groupe. S’il s’implique trop, il n’a plus la distance nécessaire pour dire si la chanson est bonne, ou ce dont elle a besoin en matière de production. »

Comment ton mari, Tommy Vetterli, s’est-il impliqué dans l’écriture de ce disque ? A-t-il contribué à apporter cette orientation metal au groupe ?

Pas vraiment. J’ai lu beaucoup de critiques qui affirmaient que la musique était très influencée par Coroner, mais ce n’est pas vrai. C’est moi qui écrit la plupart des chansons, j’écris par moi-même. Tommy voulait conserver une certaine distance parce qu’il reste le producteur du groupe. S’il s’implique trop, il n’a plus la distance nécessaire pour dire si la chanson est bonne ou ce dont elle a besoin en matière de production. J’ai donc commencé par travailler toute seule, puis avec Diego [Rapacchietti], qui a apporté beaucoup d’idées en termes de batterie. Quand j’avais une idée générale de la chanson, je la présentais à Tommy et on discutait de tous les détails. Son influence a été énorme du point de vue de la production et de l’attention aux détails. Et il a apporté ses propres solos, bien sûr. Mais il y a un titre sur l’album, « And Then There Was Silence », pour laquelle il a eu l’idée des riffs de guitare. C’est la seule chanson qu’il ait écrite.

Quel est son statut dans le groupe ? Est-il simplement un guitariste, un membre important du groupe, le producteur ?

C’est un membre important du groupe. Au début, il jouait simplement le rôle de deuxième guitariste sur scène. Évidemment, son groupe à lui, c’est Coroner ; 69 Chambers, c’est plus le mien. Mais il a malgré tout une grande influence maintenant qu’il est devenu membre à part entière. On verra ce qui se passera pour le troisième album.

« Si l’un de nous fait un erreur, on l’entend beaucoup mieux qu’avec deux guitares. Les deux guitares dissimulent beaucoup d’erreurs. »

69 Chambers se composait de quatre membres. Il n’y en a plus que trois aujourd’hui. Penses-tu que ce soit le line-up optimal, pour vous ?

En fait, 69 Chambers a toujours compté trois membres, jusqu’à il y a un an et demi, quand Tommy a commencé à assurer la deuxième guitare sur scène. Nous n’avions pas l’intention de redevenir un trio. En fait, nous étions même déterminés à trouver un nouveau bassiste quand Maddy [Madarasz] a quitté le groupe. Mais, au final, nous n’avons pas trouvé de bassiste convaincant. Nous avons donc décidé de continuer à trois. Nous étions très sceptiques au départ, mais nous avons tenté le coup et ça s’est très bien passé. Je ne crois pas que la musique ait perdu de ses couilles pour autant. C’est plus brut, maintenant. Pour nous, c’est vraiment le line-up optimal et nous n’avons pas l’intention d’en changer.

Tu as déclaré dans une interview que lorsque vous aviez commencé à répéter en trio, vous aviez été surpris de constater que la musique était plus heavy qu’avec un quatuor. Penses-tu que le fait d’être trois vous encourage à donner le meilleur de vous-mêmes ?

Tout à fait. C’est beaucoup plus transparent, aujourd’hui. Si l’un de nous fait un erreur, on l’entend beaucoup mieux qu’avec deux guitares. Les deux guitares dissimulent beaucoup d’erreurs. Mais, en même temps, quand nous sommes bien cadrés, c’est dans-ta-face.

« Diego a dit une fois qu’un CD, c’était comme un film, et qu’un concert était un théâtre. J’aime cette idée. […] Je pense que la différence est une bonne chose ; le public s’ennuie quand un groupe a le même son sur scène et sur CD. »

Tommy et Diego ont déclaré que cet album était très difficile à jouer en raison de son côté technique. J’imagine que vous allez travailler dur pour assurer les titres sur scène…

Oui, tout à fait. C’est très difficile de jouer des titres que nous n’avions jamais joués ensemble avant d’entrer en studio. Avant aujourd’hui, c’était du travail en studio. C’est difficile de faire tout ce qu’il faut, surtout pour moi, qui dois jouer et chanter en même temps. Évidemment, sur le disque, il y a beaucoup de guitares et de chant et il faut réfléchir à la façon de les transposer sur scène. Mais je suis certaine que ça va très bien fonctionner. Diego a dit une fois qu’un CD, c’était comme un film, et qu’un concert était un théâtre. J’aime cette idée. C’est vrai que c’est quelque chose de complètement différent, mais il y a toujours de l’énergie lorsqu’on joue en live. Je pense que la différence est une bonne chose ; le public s’ennuie quand un groupe a le même son sur scène et sur CD. Ça ne vaut pas la peine d’aller voir le groupe, dans ce cas.

Les deux autres n’ont-ils pas peur de ne pas réussir à jouer les titres correctement ?

Non, je ne pense pas. Nous les avons déjà joués, pendant la fête à l’occasion de la sortie de l’album. Bien sûr, plus on les jouera en live, mieux ce sera. Mais c’est tout à fait possible. Ce n’est pas difficile ou technique à ce point. Ça va le faire.

Avoir fait appel au chanteur d’un groupe de folk metal, Eluveitie, est une initiative inattendue. Comment vous est venue l’idée ?

Tommy a produit le dernier album d’Eluveitie. Pendant qu’ils étaient en studio, nous travaillions sur la pré-production, et Chrigel Glanzmann a entendu certaines des nouvelles chansons, qu’il a beaucoup aimées. Voilà comment est venue l’idée de lui demander de me rejoindre sur une chanson. Pour moi, c’est un chanteur génial. Évidemment, Eluveitie joue un style de musique totalement différent mais c’est un groupe suisse dont on peut être fiers. Je trouve que c’est une très bonne association, c’est un honneur de l’avoir sur l’album. Ce n’est pas comme si nous avions incorporé des éléments folk à la Eluveitie dans la chanson ! Je dirais que ça fonctionne.

Pourrait-il vous rejoindre sur certains de vos concerts, pour chanter avec toi ?

Il l’a déjà fait, à l’occasion de la fête de sortie de l’album, le 1er mai, à Zurich. Il nous a rejoints sur le titre. Mais il ne pourra évidemment pas le faire sur tous les concerts, parce qu’il a son propre groupe et qu’ils tournent beaucoup. Je ne pense pas qu’il aura l’occasion de nous rejoindre souvent.

Dans la vidéo de « The Peep Hole », on voit un percussionniste jouer sur un baril. Est-il important pour vous d’expérimenter différentes façons de faire de la musique ?

Tout à fait. À ce propos, l’un des percussionnistes est Merlin, le batteur d’Eluveitie, qui est également notre manager. L’idée était d’organiser une fête pour la sortie de l’album avec des invités et des éléments de show que nous ne pourrons pas nous permettre d’avoir pour tous les concerts. Nous voulions faire quelque chose de spécial. C’est pour cela que nous avions un piano, des percussions, Chrigel, ce genre de choses.

Avez-vous l’intention de tenter d’autres expériences musicales de ce type ?

C’était vraiment plus pour la fête de sortie, ce n’est pas quelque chose que nous allons organiser pour tous les concerts. Mais nous pensons que, de temps en temps, il est important d’avoir des éléments en plus, et pas seulement des musiciens qui se contentent de jouer la musique du CD.

« Parfois, ce n’est pas bon d’avoir les mauvaises attentes. Je ne pense pas que le fait que Tommy soit un membre du groupe nous ait apporté des fans. Il faut les chercher dans une niche différente de celle où se situe Coroner. »

Le fait que Tommy a rejoint le groupe a-t-il apporté davantage d’attention à 69 Chambers ?

Oui et non. Je pense effectivement que certains journalistes ont écouté le groupe grâce à Tommy mais je pense aussi qu’ils avaient des attentes erronées. Ce n’est pas le son de Coroner. Je crois que ces gens s’attendent à de la musique avec des guitares techniques, quelque chose de très heavy. Parfois, ce n’est pas bon d’avoir les mauvaises attentes. Je ne pense pas que le fait que Tommy soit un membre du groupe nous ait apporté des fans. Il faut les chercher dans une niche différente de celle où se situe Coroner.

Penses-tu que votre musique soit appréciée par les fans de Coroner ?

Je ne crois pas, non ! Il y en a certainement quelques-uns qui sont ouverts à différents styles de musique, mais le fan de Coroner de base est assez conservateur en ce qui concerne le thrash metal, ou la musique heavy en général. Ils ne veulent pas écouter une nana chanter, ou de la musique mélodieuse ! Donc je dirais que non !

À ce propos, peux-tu nous dire sur quoi travaille Tommy à l’heure actuelle, et ce sur quoi il travaillera pendant les mois à venir ?

Je sais qu’il y a un groupe, quelque chose de complètement différent, un groupe de rock suisse. Ils ne sont pas encore très connus. Je ne suis même pas sûre d’avoir le droit de parler de ses autres projets, je ne sais pas si c’est un secret ou non ! Tu devras lui poser la question !

Il semblerait que Tommy soit quelqu’un de très éclectique. J’étais très surpris de le voir produire un groupe comme Eluveitie, par exemple.

Tommy n’est pas l’homme qu’on imagine, qui n’écouterait qu’un seul style de musique. Il est ouvert à tout, surtout en studio. C’est tout simplement un excellent musicien. Il a également joué avec Stephan Eicher, encore quelque chose de totalement différent. Il est très sous-estimé en tant que producteur, il peut faire des choses très différentes de Coroner.

As-tu des nouvelles concernant le futur de Coroner ?

Ça, c’est également une question que tu devras poser à Tommy !

Interview réalisée le 25 mai 2012 par téléphone

Retranscription de traduction : Saff’

Site Internet de 69 Chambers : www.69chambers.com



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3