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Live Report   

La pièce de théâtre d’Alice Cooper


Ce vendredi 1er décembre 2017 vers 15H30, une petite foule est déjà rassemblée devant l’Amphithéâtre de Lyon. Grelottante, sautillante sur place mais belle et bien là pour faire partie des premières personnes à apercevoir une légende. Alice Cooper de passage à Lyon, en tournée et ayant pour accroche « Spend the night with Alice Cooper » : qui pourrait refuser une telle invitation surtout dans le cadre magnifique qu’est l’Amphithéâtre ? L’arène rougeâtre ne peut que mettre en valeur les représentations mythiques d’Alice Cooper accompagné ce soir-là du groupe lyonnais Revenge en première partie.

Des briscards qu’on n’avait plus vu sur scène depuis un moment, annoncés via leur backdrop avec une typographie en flammes et effet acier. Le message est plutôt clair, les codes du hard rock et du heavy sont respectés, ainsi lorsque le groupe débarque sur scène en clamant son amour du rock’n roll dans tous ses morceaux ponctués de solos aigus, personne n’est surpris.

Artistes : Alice Cooper – Revenge
Date : 1er décembre 2017
Salle : Salle 3000
Ville : Lyon [69]

Revenge

Il n’y a aucun étonnement face au style du groupe mais une succession de surprises plus incongrues. Leur âge trahit par leur cheveux devenus grisonnants, il faut l’avouer, en fait partie. Alice Cooper rassemble un vaste public, allant des fans de la première heure aussi âgé que lui, aux adolescents admirant un pionnier de leur genre préféré. Devant un public aussi diversifié, Revenge provoque différentes réactions. De l’ébahissement pour les plus jeunes, qui constatent leur énergie folle et l’effet de la musique semblant être la meilleure des cures de remise en forme. De la fierté pour les plus âgés, qui prennent une énorme satisfaction à se faire taquiner à coups de « respectez les aînés », « les vieux, ils envoient pas vrai ?! », etc.

Effectivement, force est de constater que Revenge déborde de vitalité. Les guitaristes courent partout sur scène se lançant dans des courses poursuites ; le chanteur P’tit Joe, avec un faux air de Billy Idol, explose de rire aussi souvent qu’il prononce le mot « rock » ; le batteur secoue ses cheveux à la Ralph Saenz. Cette joyeuse bande anime l’Amphithéâtre de Lyon de manière remarquable en faisant participer la foule et en communiquant leur bonne humeur. Ce tour de chauffe avec Revenge est nécessaire aux membres du public qui se rappellent qui ils sont tous venus voir lorsque un énorme backdrop se dresse sur scène.

Le maître de cérémonie

Dessus, des yeux inquisiteurs, aux pupilles araignées, braqués sur une foule devenue minuscule face au regard d’Alice Cooper. Le tout défiant le public d’imaginer le décor se cachant derrière, d’imaginer le spectacle qui a été préparé. Au moment où ce barrage de tissu cède enfin, les musiciens s’élancent tous ensemble vers le bord de la scène entamant « Brutal Planet ». Sous les feux d’artifices, Alice Cooper drapé d’une cape noire s’avance et la rejette majestueusement en arrière marquant ainsi le début de son show. Un show à la hauteur de la réputation du frontman, qui capte toute une foule depuis des décennies sans jamais faillir et il le prouve encore ce soir. Capable de captiver l’audience tout en menant à la baguette ses musiciens et son public avec différents accessoires qu’il puise dans un énorme coffre à jouet en arrière de la scène.

Changer de canne, de baguette, de veste, de chapeau (qu’il balance dans le public) à chaque morceau nécessite l’aide d’une assistante cachée dans le coffre. Cette assistante faisant partie d’une large équipe de personnes animant toute cette machination, une équipe qui, suivant les morceaux, est plus ou moins amicale avec Alice Cooper. Cet escadron de « minions » installe au milieu de la scène, une énorme plaque en fer, sur laquelle Alice Cooper se précipite vêtu d’une blouse blanche dégoulinante de sang et d’un masque a gaz. Attaché, il est peu à peu englouti par de la fumée blanche se dégageant de la machine infernale. Des cris ignobles se font entendre dans tous l’amphithéâtre, l’électrocution est lente, des feux d’artifices explosent au fond de la scène pour marquer cet événement.

Ryan Roxie & Nita Strauss

Evidemment, le show ne peut pas se terminer là. Cooper est comparable à Freddy, peuplant nos cauchemars et revenant pour au moins huit volets (ne parlons même pas des remakes). Une séquence de tendresse et de beauté s’insinue au milieu de ces enchaînements de violence. Sa femme, Sheryl, sous les traits d’une danseuse vêtue et maquillée à la façon d’une poupée commence un ballet, tentant d’attirer l’attention d’Alice, de le séduire. En vain puisqu’il finit par brandir une vraie poupée cette fois et la jeter violemment, la rejetant symboliquement. Alice Cooper devenu fou pendant « Paranoiac Personnality » tentant de poignarder les personnes sur scène et se faisant entraver par une camisole annonçant le fameux morceau « Ballad Of Dwight Fry ». Morceau, orchestré par Sheryl, devenue une infirmière maléfique plantant une seringue plus grande que son bras dans le dos d’Alice Cooper. Tout cela sous les yeux de ses musiciens impassibles. Impassibles même lorsqu’un monstre de Frankenstein géant arpente la scène lors du mythique morceau « Feed My Frankenstein » ou qu’un bourreau présente sous leur nez la tête décapitée à la guillotine d’Alice.

D’ailleurs, Alice Cooper met bien en avant ses musiciens à la technique impressionnante, en leur permettant à intervalles réguliers de démontrer leur talent. Nita Strauss, sa guitariste et la plus jeune du groupe, accomplit un solo provoquant qui agite les hommes et attise la jalousie des femmes présents dans l’Amphithéâtre. Son charisme, doublé d’un dynamisme et de contorsions quasi-acrobatiques, est remarquable et apporte une vraie bouffée d’air frais sur scène aux côtés de Tommy Henriksen un immense sourire aux lèvres et ne cessant d’envoyer des mediators dans le public. Toute cette agitation scénique et ces morceaux cultes comme « Poison », « No More Mr Nice Guy », « Department Of Youth » laissent parfois place à des moments plus doux et poignants comme lorsqu’Alice Cooper interprète « Only Women Bleed ». Les guitaristes s’assoient et c’est comme si le public avait un aperçu de leurs intimités, répétant assis et calmes loin de leurs images provocantes.

Alice et son crew

Ces soudaines pauses enrichissent la prestation d’Alice Cooper qui, égale à une pièce de théâtre, fait ressentir tout un panel d’émotions aux personnes présentes, réagissant aux péripéties et aux agressions d’Alice Cooper. Mais ce qui est palpable, c’est le rapprochement de la foule qui entonne « School’s Out », dernier morceau de la soirée, mixé avec « Another Brick In The Wall Part 2 » de Pink Floyd, pendant que des bulles de savons scintillent dans les airs et que des ballons gigantesques sont ballottés et percés, répandant des confettis un peu partout. Ce qui achève véritablement le show est le maître de cérémonie qui présente la troupe et déclare en français, dans le rôle d’Alice Cooper, « moi Vincent Furnier ! » Un grand moment de classe et de partage.

Setlist :

Brutal Planet
No More Mr. Nice Guy
Under My Wheels
Department Of Youth
Pain
Billion Dollar Babies
The World Needs Guts
Woman Of Mass Distraction
Poison
Halo Of Flies
Feed My Frankenstein
Cold Ethyl
Only Women Bleed
Paranoiac Personality
Ballad Of Dwight Fry
Killer
I Love The Dead
I’m Eighteen
School’s Out (avec des extraits de Another Brick In The Wall Part 2)

Report : Laura Bagnara.
Photos : Nicolas Gricourt.

A voir également :

Galerie photos Alice Cooper.
Galerie photos Revenge.



Laisser un commentaire

  • La guitariste ne serait pas plutôt Orianthi ?

    [Reply]

    Mr Claude

    Et non, elle est parti jouer de la guitare avec son mec ex-Bon Jovi.
    Du coup c’est une autre blonde qui la remplace. Elle (j’ai mangé son nom) joue sur Ibanez, et pas Paul Reed Smith.

    Ca avait l’air bien ce concert, surtout avec Revenge en première partie!

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