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Live Report   

Laibach en live : puissant et lunaire


Après un passage remarqué en 2017 au Trabendo pour promouvoir leur album concept Also Sprach Zarathustra, les membres de Laibach reviennent cette année à Paris avec de nouveaux dispositifs. Si les musiciens slovènes se sont déjà produits plusieurs fois dans cette même salle de concert, ils parviennent toujours à surprendre leur public en renouvelant constamment leur approche, tant dans la forme adoptée que dans les concepts proposés.

Les compositions, vidéos et interprétations des anciens titres, jusque dans la mise en scène orchestrée par Ivan Novak, attestent encore une fois de la façon dont la formation sort constamment de sa zone de confort pour présenter un set à la fois intense et ironique. Ce dernier point incarne bien l’esprit de Laibach et investit de part en part une nouvelle formule composée de deux actes.

Artiste : Laibach
Date : 25 mars 2019
Salle : Le Trabendo
Ville : Paris (75)

La première partie de ce concert est constituée essentiellement de reprises de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, deux compositeurs influents de la comédie musicale américaine des années 1940-1950. Ces auteurs avaient initié l’« âge d’or » du théâtre musical à Broadway avec leurs pièces à succès « Oklahoma! » (1943), « Carousel » (1945), « South Pacific » (1949), « The King and I » (1951) ou encore « The Sound Of Music » (1959). Cette comédie musicale est réinterprétée par Laibach tout au long de son dernier album au titre éponyme, ici présenté lors de cet acte surprenant, tant pour l’esthétique déployée que pour la façon dont Milan Fras et la chanteuse suédoise Marina Mårtensson (remplaçant Mina Špiler) se réapproprient ces grands standards. Le groupe est maître dans les reprises improbables : du tube « Live Is Life » d’Opus (transformé en « Life Is Life ») jusqu’à « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones.

C’est la raison pour laquelle c’est un véritable plaisir de voir une formation clé de la scène des musiques industrielles des années 1980 s’emparer de titres comme « Edelweiss », « My Favorite Things », « Climb Ev’ry Mountain », ou encore « Do-Re-Mi » et « The Sound Of Music ». À noter le morceau ironique « Maria/Korea » qui se réfère tant à la source d’inspiration de « La Mélodie Du bonheur (The Sound Of Music) » – provenant de la biographie familiale de Maria Augusta Trapp, la famille des chanteurs Trapp – qu’à la tournée de Laibach en Corée du Nord en 2015, faisant l’objet d’un documentaire intitulé Liberation Day, et d’un livre éponyme conçu par Valnoir et Morten Traavik, publié par l’éditeur français Timeless Edition. Seul regret pour cette première partie, l’absence du chanteur Boris Benko et de la troupe de jeunes choristes, qui apparaissent cependant dans les projections qui occupent l’ensemble du fond de la scène.

Après un intermezzo de quinze minutes, occupé par des bruits d’animaux (vaches) et des sons de cloches rappelant la culture alpine que les musiciens slovènes affectionnent tant, le groupe entame le second acte de leur concert. Une partie qui ravira les amateurs du Laibach des années 1980, avec une interprétation plutôt « accessible » des titres « Smrt Za Smrt » (1982), « Nova Akropola » (1985) et « Vier Personen » (1985), notamment. Mention spéciale pour le premier morceau de cet ensemble, « Mi Kujemo Bodočnost » (1983), qui pose d’emblée le contraste avec l’acte 1. L’intensité de ce titre, accompagné de sa vidéo aux motifs sobres et répétitifs, pose en effet une atmosphère plus sombre et sérieuse, rappelant les sonorités martiales et les attitudes militaristes du groupe.

Cet aspect amplifie le caractère expérimental des compositions de Laibach et valorise le travail élaboré des claviéristes postés des deux côtés de la scène. Si une partie du public a pu être sceptique quant à la première intervention du groupe, la seconde a eu le mérite de mettre tout le monde d’accord. Cela n’a pas empêché Milan Fras de revenir sur scène avec un Stetson sur la tête pour le dernier morceau du rappel, « Surfing Through The Galaxy ». Une composition country jouée à la guitare par Marina Mårtensson, sur un fond de scène occupé par une vidéo montrant une version retro-game de Milan sur une fusée, qui récolte des cœurs à travers l’espace. Une scène à l’image de ce concert, qui fut aussi puissant que lunaire.

Setlist :

Acte 1 :
The Sound Of Music (Rodgers & Hammerstein cover)
Climb Ev’ry Mountain (Rodgers & Hammerstein cover)
Do-Re-Mi (Rodgers & Hammerstein cover)
Edelweiss (Rodgers & Hammerstein cover)
My Favorite Things (Rodgers & Hammerstein cover)
The Lonely Goatherd (Rodgers & Hammerstein cover)
Sixteen Going on Seventeen (Rodgers & Hammerstein cover)
So Long, Farewell (Rodgers & Hammerstein cover)
Maria/Korea Play Video Arirang ([traditional] cover)
Intermission

Acte 2 :
Mi kujemo bodočnost
Smrt za Smrt
Nova Akropola
Vier Personen
Krvava Gruda – Plodna Zemlja
Ti, Ki Izzivaš

Rappels :
Sympathy For The Devil (The Rolling Stones cover)
Francia
The Coming Race
Surfing Through the Galaxy



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