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CR De Festival    Live Report   

L’Alcatraz : la prison dont on ne veut plus sortir


Dixième édition pour l’Alcatraz ! Situé dans la région flamande, cet événement qui se déroule dans la ville de Courtrai a l’habitude de proposer du lourd avec par exemple Marilyn Manson en 2014, Nightwish en 2015 ou le dernier show de Twisted Sister en 2016. Le festival pour ses dix ans avait pour objectif de nous fournir une belle affiche pour fêter tout cela. Et avec Saxon, Amon Amarth, Ghost, Korn etc., force est de constater qu’on a été servi. Il est à noter que pour la première fois en dix ans, le festival s’est déroulé sur trois jours. Mais dans un premier temps, parlons des groupes qui ont joué le vendredi soir pour mettre l’eau à la bouche des premiers festivaliers.

Une soirée placée sous le signe du heavy metal avec des groupes plus marquants que d’autres mais avec une qualité globale au rendez-vous. On retiendra surtout de ce début de festival quelques noms. Comme Evil Invaders, des Belges jouant du thrash comme on pouvait en faire dans les années 80. Une attitude clichée à souhait avec au menu cheveux longs, guitares en V, moustache et chaines sur scènes : bref tous les ingrédients pour vous faire remonter le temps.

Evénement : Alcatraz Music
Date : 11-13 août 2017
Ville : Courtrai (Belgique)

Hell

Evil Invaders a un agenda très chargé, entre son passage au Metaldays, au Motocultor, cet Alcatraz sans oublier le reste des festivals mais il est en tout cas décidé à en découdre. Même show visuel à chaque concert et même attitude dynamique, le groupe a bien compris ce que demandait la fosse. Rien de mieux pour ouvrir le bal dans cette scène qu’est la Swamp. Semblable à ce que vous trouverez au Motocultor, la scène se situe sous la tente et a pour vocation d’accueillir vos groupes favoris de black metal, crossover thrash, death metal, stoner…

Mais qui est ce chanteur à la couronne d’épines ?! C’est Hell ! Une vraie mise en scène Shakespearienne dans l’accoutrement du frontman, rappelant des mises en scènes de Richard III à la Comédie Française. Excepté que ce chanteur sortira des sentiers battus du frontman traditionnel. Complètement libre de ses mouvements grâce à un micro oreillette, il fait penser à un acteur dont la puissance d’interprétation peut se lire dans les yeux. Sont présents une couronne d’épines, du maquillage blanc, et des habits chics qu’il enlèvera vite pour se flageller par la suite avec un martinet. Et changement total de style lorsqu’il viendra sur scène avec d’immenses cornes sur la tête ainsi que des échasses en formes de pâtes de bouc… une vraie créature mythologique.

Ghost

Krokus, Denner Schermann ou Dyscrodia offriront pour leur part de très bons shows à l’Alcatraz, mais sans réel engouement supplémentaire les démarquant véritablement du reste de l’affiche. Surtout comparé à la tête d’affiche du soir : Ghost. On ne cesse de les voir monter, évoluer, changer et propager leur idée de l’Église dans le monde du metal. Affichant complet sur de nombreuses dates de sa tournée, ce groupe a fait beaucoup de chemin grâce à son dernier album. Comme à l’Olympia, les lumières sont toujours aussi grandioses et évidemment toute l’attention est donnée à Papa Emeritus qui recevra un chaleureux accueil du public. Un public qui a bien changé depuis Opus Eponymus, comme le prouve cette collection de cris suraigus qui montre que Ghost est véritablement devenue une icône du metal. On peut toutefois noter certaines difficultés pour Papa Emeritus lorsqu’il s’agit de tenir la note sur les aigus. En tout cas, ça bouge et le public est là pour savourer ces morceaux si efficaces et ce show spectaculaire où la pyrotechnie est présente. Le show est toujours le même, les mêmes phrases, les mêmes changements de costumes, les mêmes décors, la même setlist. Malgré cela, le public vient toujours aussi nombreux et saute toujours autant aux rythmes des titres de Meliora, cet album qui aura propulsé le groupe aux yeux du grand public (metal et autres).

Papa Emeritus

Setlist Ghost :

Square Hammer
From The Pinnacle To The Pit
Con Clavi Con Dio
Per Aspera Ad Inferi
Body And Blood
Devil Church
Cirice
Year Zero
He Is
Absolution
Mummy Dust
Ghuleh/Zombie Queen
Ritual
Monstrance Clock

Pour ceux n’accrochant pas avec Ghost, Dirkschneider, le petit général bien connu des fans de heavy metal, est là pour envoyer la sauce. L’homme n’est autre que le fondateur d’U.D.O mais est surtout connu pour avoir été le frontman d’Accept. C’est d’ailleurs dans ce cadre que l’homme au physique bourru parcourt les festivals pour faire résonner un best-of des titres favoris des nostalgiques. Sous une tente en mode « ambiance de feu », le public chantera en cœur les tubes d’Accept que sont « Fast As A Shark » ou « Metal Heart ». Et grâce à lui, à chaque détour du festival on entendra toujours quelqu’un scander « Balls To The Wall », le poing levé.

Dirkschneider

Après un avant-gout fort musclé, il est temps d’attaquer le samedi, et avant de laisser place sur la MainStage à ces légendes anglaises que sont Saxon, plusieurs groupes ont leur mots à dire. On commence de manière efficace avec Rage. Affrontant tout de même la pluie, ils auront le mérite d’afficher une bonne humeur face à une foule assez nombreuse, malgré quelques récalcitrants préférant s’abriter. Mais avec la sortie de leur tout nouvel album, Seasons Of The Black, les Allemands ont de nouveaux titres à défendre. Ceux se réfugiant sous la tente auront le bon goût d’assister à la performance de King Hiss, l’un des nombreux groupes belges présents sur le festival. La pluie permettant ainsi à certains de découvrir cette excellente formation de stoner survolté. Quelques fans connaissent les paroles par cœur mais on aimerait avoir du nouveau contenu de la part du groupe, proposant deux albums très réussis mais dont il faudra plus pour remplir la tente de bon matin.

Même si Sweet Savage fait des efforts visuellement pour plaire aux photographes, le vide de la scène se fait grandement ressentir. Trois musiciens et aucun backdrop sur une MainStage renforce le manque de prestance du groupe. Pourtant la musique est énergique mais son côté répétitif, au cours de cinquante minutes de set, fera paraître le temps assez long. On est loin du temps où le groupe ouvrait pour Thin Lizzy, Motörhead ou même Ozzy Osbourne. Heureusement que les Suisses de Monkey3 offrent à l’Alcatraz un set bien plus intéressant en interprétant leur second album dans son intégralité, 39 Laps. Après quelques bouffées de leur cigarette électronique, ils prennent leurs instruments et se lancent dans plus de quarante minutes de stoner expérimental qui nous prouvent encore une fois le talent de ce groupe qui n’arrête pas de monter. Le combo termine son set avec une reprise du thème d’ « Il Était Une Fois Dans L’Ouest », d’Ennio Morricone. Plutôt cocasse lorsque l’on sait, que leur prochaine date à Paris (le jeudi 21 septembre) était prévu le même jour que le concert du maestro italien à l’AccorHotels Arena.

Monkey3

Afin de finir sa tournée des festivals cet été, Death Angel s’arrête à l’Alcatraz. Un festival qu’ils connaissent bien car il s’agit de la quatrième fois que le groupe s’y produit. Le groupe tourne en défendant son nouvel album The Evil Divide. Rien de changeant par rapport à leur prestation du Metaldays, Death Angel démarre toujours de manière explosive avec « The Ultra-Violence ». Le discours de Mark Osegueda sur le metal, sa communauté et tout ce que l’on à l’habitude d’entendre dans un festival de metal, devient par ailleurs vite répétitif alors que d’autres groupes, comme High On Fire se contentent simplement de jouer d’excellents titres, en bons fans de stoner qu’ils sont. Leur participation à la tournée de Meshuggah l’année dernière en avait surpris plus d’un, mais rien de tel que ce trio pour déboucher les oreilles et faire bouger un public s’endormant. La prestation est on ne peut plus classique, avec de sombres lumières, peu de communication avec le public mais on ne demande pas à High On Fire des discours convenus sur la fraternité, car on veut se dévisser la tête dans une fosse sentant la bière et si on sent que ça bouscule près de nous, on prend part avec un esprit désinhibé.

Avant de retrouver plus tard dans la journée le frontman pour Sleep, on part vers la MainStage pour un coup de nostalgie. On connait tous le noms et les tubes de Ronnie James Dio. Que ce soit dans Elf, Rainbow, Black Sabbath et Dio : on ne compte plus les tubes chantés par la légende du heavy nous ayant quitté il y a quelques années. En 2012 se forme Last In Line comprenant des membres originaux du groupe Dio. Mais à la suite du départ en 2015 du claviériste Claude Schnell et le décès l’an dernier du bassiste Jimmy Bain, Vinny Appice et Vivian Campbell ne sont plus que tous les deux du line-up originel de Dio. Malgré l’engouement du public fans de heavy et des autres voulant entendre les classiques tels que « Holy Diver », force est de reconnaître que mis à part vouloir jouer sur la nostalgie, le groupe n’apporte pas davantage. À part quelques compositions originales, la formation ne se démarque que par ses reprises telles que « Stand Up And Shout », « Rainbow In The Dark », « We Rock », etc. Même le chanteur n’arrive pas à reproduire la générosité d’un Ronnie James Dio et ne sourit jamais durant son set.

High On Fire

Si la programmation de la Swamp n’est pas sans rappeler les Altar, Temple et autre Valley du Hellfest, il est en tout cas temps d’y retrouver les senteurs. Brant Bjork ne nous fera pas attendre longtemps avant de libérer les odeurs de « marie jeanne ». Et à juste titre étant donné le logo en forme de feuille de cannabis, on ne pouvait s’attendre à d’autres ambiances. Du stoner psyché, un bandeau dans les cheveux, barbes et cheveux hirsutes : on est presque devant un cliché du genre. Et même si le stoner est toujours agréable, l’odeur d’herbe en abondance l’est moins et très vite la musique tourne en rond.

On s’éloigne pour se préparer à Iced Earth, un groupe que l’on appréciera toujours en live mais dont les shows peuvent s’avérer répétitifs. Malgré les nouveaux titres de son nouvel album Incorruptible, il n’y a que le charisme de Jon Schaffer que l’on remarque toujours. Les mêmes mots au public, le même concert encore et encore. Malgré le fait que le groupe soit efficace, et que voir une foule entière chanter « Watching Over Me » est un moment touchant, on attend un renouvellement aussi bien scénique que musical. On pourrait dire la même chose pour le groupe qui suit à la Swamp : Obituary. Mais leur aspect répétitif est tout de même compensé par leur énergie. Des fans de death faisant une musique qui leur plait, sans chorégraphie et avec une force viscérale dans la voix de John Tardy. Là où le son gras des débuts sonne redondant (avec un mixage rendant moins agréable l’apocalypse musicale), le live donne sa vraie dimension à Obituary.

Contrairement au prochain groupe qui à toujours sonner comme il fallait en studio comme en live : Testament. Sur les côtés de la scène, les membres du groupe s’amusent des motos qui y ont été disposées, le festival étant partenaire avec Harley Davidson. Dernière date européenne pour le cinquième membre du big four avant de s’envoler en Amérique du Sud. Même si on aura le droit à quelques discours comme Death Angel sur le metal et sa communauté, Testament à l’avantage d’être efficace sur la totalité de son set. « Into The Pit », « Dark Roots Of Earth », « Stronghold », « Over The Wall », les tubes s’enchaînent. Chuck Billy tire la langue à son public et fait du air-guitar sur son manche de micro. Skolnick et Peterson enchaînent les solos, et Gene Holgan se fait toujours aussi bien accueillir par le public lorsqu’il s’installe derrière sa batterie. La prochaine fois qu’on verra le groupe en France sera dans quelques semaines avec Death Angel et Annihilator. Alors chers fans de thrash, réservez vos places car vous ne perdrez pas votre temps !

Testament

Après être venu réveiller les foules avec High On Fire, Matt Pike revient nous endormir. Sleep est une formation phare dans le paysage doom/stoner. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de nouvelles du projet, et enfin les voici. Même si cela fait quatorze ans que Dopesmoker est sorti, cela n’empêchera pas les fans de venir prendre leur dose, et de partir loin en transe. Une seule couleur, le violet, difficile dans ces circonstances d’accrocher à l’univers visuel du groupe. Mais c’est pour le son qu’on est venu : lent, gras. Comme High On Fire, pas de communication verbale avec le public, juste une musique aux riffs d’une lourdeur dont peu de groupes sont capables. Cela ne plaira pas à tout le monde car si Sleep fait partie des groupes légende dans leur style, leur musique reste difficile d’accès. Leur rareté fera notre bonheur et suffira à les applaudir, le groupe se contentant de jouer ce qui fera plaisir au public.

Un autre coup de nostalgie nous attend sur la MainStage juste après Sleep, mais bien plus énergique. Ainsi, pendant que les membres de Venom Inc. reviennent sur le devant de la scène avec un nouvel album, la formation originelle est toujours debout. Le Venom originel est bel et bien vivant. Et histoire de se mettre un avant-gout du Fall Of Summer, on les voit débarquer sur la MainStage, avec flammes et autres artifices. « The Death Of Rock ‘n’ Roll », « Welcome To Hell », « Black Metal », « Countess Bathory » : tant de tubes qui raisonneront à grands coups d’explosifs. Ce sont des légendes qui se dressent devant nous, avec un Cronos en forme. Le son est fort avec une batterie bien rock’n’roll. Le show dynamique fait plaisir à voir.

Venom

Abbath, après avoir joué dans ce festival en 2012 avec Immortal, revient sous la tente avec son fameux projet « solo ». Arrivant sur scène sur la musique de Conan et crachant des flammes, tout cela est bien explosif. Après ses galipettes au Metaldays, le légendaire frontman semble être bien sur ses pattes. Ainsi, il n’hésite pas à alterner entre les titres de son dernier album solo, les classiques d’Immortal et une reprise de I, « Warrior ». Ponctuez tout cela d’une large fumée aux lumières bleues et des habituelles mimiques du personnage, et vous obtenez un set qui ne surprend pas. Malgré l’habitude que l’on prend devant Abbath, c’est toujours autant de plaisir d’autant plus que, cette fois-ci, le son est à la hauteur de sa performance. Pas de fantaisie particulière de la part du groupe, et Abbath semble toujours avoir du mal à jouer ses ponts mélodiques, mais voir sur scène cet icône du metal est toujours appréciable pour ceux n’ayant jamais vu Immortal en concert.

Abbath

Saxon est un groupe de légende du heavy metal. Et bien que souvent la place de tête d’affiche ne lui est pas réservée, cette fois-ci on s’attend à un show grandiose de leur part. Un show complet de Saxon avec toutes leurs lumières : ça ne se refuse pas. D’autant plus que les fans de heavy sont évidemment présents, prêts à lever le poing au son de « Power And The Glory », « Strong Arm Of The Law », « Wheels Of Steel », « Let Me Feel Your Power »… un feu d’artifice final… Bref un concert de heavy metal XXL qui fera vibrer bons nombres de fans présents. Même si on ne peut discuter du statut du groupe, on sent une certaine fierté dans la voix du chanteur. Même s’il voit une pancarte demandant de faire monter une jeune mariée sur scène, il l’a snobera. Et lorsqu’il demandera d’où vient le public, qu’il vienne de France, de Hollande, d’Allemagne, de Belgique, il ne réagira que lorsqu’il verra que peu d’Anglais sont présents. La voix est toujours là, les lumières sont d’une rare efficacité, et les musiciens arrivent tout de même à se démarquer du frontman. Notamment sur « Motorcycle Man » lorsqu’un des guitaristes viendra faire son solo sur l’une des Harley Davidson sur les côtés de la scène. Le temps semble ne pas avoir fait son office sur Saxon. Peut-être manque-t-il d’une touche moderne, de flammes ou d’une mise en scène plus poussée ?

Saxon

Setlist Saxon :

Battering Ram
Let Me Feel Your Power
Sacrifice
Motorcycle Man
Power And The Glory
Solid Ball Of Rock
And The Bands Played On
20,000 Ft
Dallas 1 PM
Dogs Of War
747 (Strangers In The Night)
Strong Arm Of The Law
Heavy Metal Thunder
Princess Of The Night
Wheels Of Steel
Crusader
Denim And Leather

Wolves In The Throne Room est désormais un groupe phare de la scène black metal atmosphérique. Trois ans après Celestite, Thrice Woven est enfin sorti et confirme le talent de ce groupe. Très sombre, avec peu de variété dans les couleurs, une faible fumée et des musiciens contenus dans leurs gestes : rien ne surprend si l’on est habitué aux concerts de black metal. Ce qui fait le charme principal de Wolves In The Throne Room est l’ajout de sonorités au clavier donnant un ton calme et glaçant à l’atmosphère du groupe. Mais était-ce vraiment nécessaire lorsque celui-ci passe à deux heures du matin dans un nuit frigorifiante ? Le 8 décembre à Paris, on aura la chance de revoir WITTR (au chaud) accompagné de Aluk Todolo pour se replonger encore une fois dans l’univers unique des Américains.

Wolves In The Throne Room

Le heavy est une valeur sûre en festival, pour démarrer un bon dimanche ensoleillé et laisser passer cette bière que l’on a dans la main. Le dernier jour du festival s’ouvre sur Raven, bien connu des amateurs du genre. Là ou Sweet Savage laissait un vide sur la scène, les frères Gallagher sont bien souvent au devant de la scène pour offrir un set vraiment dynamique, chose que le heavy avait tendance à oublier sur ce festival. Les fans du groupe ont répondu présents dès les dix heures du matin, ce qui laisse augurer une belle fin de festival. Et le micro du chanteur étant directement près de sa bouche, il peut se permettre d’être constamment en mouvement.

Mais on manquait de violence dans ce festival. De la brutalité pure, sanglante et qui fait bouger les foules. Les Belges de Carnation sont donc les heureux élus pour faire bouger les choses avec un death metal faisant beaucoup de bien dans la programmation, avec un chanteur vêtu de chaines et complètement couvert de peinture rouge. Ce groupe ne manque d’ailleurs pas d’éléments visuels pour le public, avec ses nombreux jets de fumées. Un groupe rare qui plaira au festivalier recherchant la diversité.

Carnation

On connait tous « Doctor Doctor », passant au début de chaque concert d’Iron Maiden. « Rock Bottom » est également l’un des titres phares du groupe mais lorsque l’on se plonge davantage dans la discographie de UFO, on tombe sur des merveilles. Le groupe méritait sûrement de passer plus tard, mais les années passant, force est d’avouer qu’UFO a malheureusement perdu de sa notoriété. Reste que beaucoup attendaient ce concert des Anglais et on ne peut que se réjouir de les avoir vu une fois. Ce ne fut pourtant pas pas un grand show, pas de réelle communication entre les membres jouant chacun dans son coin, la voix n’est plus aussi forte et le groupe joue uniquement sur la corde nostalgique. On peut d’ailleurs parler de déception lorsque l’on a l’impression que le groupe arrive sur scène et semble juste vouloir repartir. Pour l’un des meilleurs groupes rock des années 70, cela fait mal de faire ce constat. On se replongera donc dans leurs albums, en ayant l’impression d’avoir loupé une époque. Là où Iron Maiden à toujours su garder le vent frais dans sa mise en scène et un attrait en live, UFO est bien moins mobile. Mais on a enfin pu chanter en chœur « Doctor Doctor » avec le groupe, ce qui fut un vrai plaisir.

U.F.O

Ça manquait de crossover thrash non ? Chose réparée pour cette dernière journée avec les Suédois de Dr. Living Dead. Ils ont leurs masques en forme de têtes de morts et leurs bandanas et sont prêts à remuer tout cela. Oui très vite l’imagerie rappelle les légendes que sont Suicidal Tendencies. Entre Municipal Waste, Insanity Alert, on ne compte plus les enfants des Californiens aux bandanas et à la casquette. Alors emmenons enfin les slams dans ce festival bien sage, et faisons trembler le sol par les circles pits ! Les Suédois sont en forme et nous demandent de profiter du concert car on ne les reverra pas avant un long moment sur scène. Ils bougent de partout, sont difficile à suivre, notamment ce guitariste qui tire la langue. Le chanteur montre ses biceps et on assiste à un set en forme de grosse pilule d’énergie et de fun pour un genre sous-représenté à ce festival. Le groupe se faisant assez rare dans nos festivals français, quand ils passent à deux heures de Paris, quarante minutes de thrash font du bien.

Dr.Living Dead

L’équipe de Sacred Reich est souriante et malgré le temps sympathique passé devant, il est temps de bouger sous la tente. Asphyx est l’un des groupes les plus aimés par les fans de death metal. Un t-shirt qui s’affiche partout et qui suscite donc l’intérêt du néophyte qui voit enfin ce groupe sur scène ! Asphyx plane à l’Alcatraz sur un succès d’estime avec des albums studios efficaces et donnant de l’espoir quant au live. Mais une fois devant ces fameux Hollandais, on est forcés de reconnaître qu’Asphyx sonne ici bien moins efficace. Les musiciens font le travail mais l’énergie sur scène est bien moindre par rapport à ce que nous à habitué le groupe. Alors on quitte Asphyx pour un concert événement sur la MainStage. Un chanteur devenu chanteuse, des années sans albums, mais ça y est, Life Of Agony est sur pied, plus en forme que jamais. Ovationné, Mina Caputo veut faire remarquer son changement. Elle soulève ses vêtements, montrant ses nouveaux seins, et partageant avec son public le show au plus près, Mina venant dans le public lors de nombreux morceaux. Des discours sur la société, l’acceptation de soi qui seront chaudement applaudis, et une force dans ces titres qui respirent toujours autant les années 90. Life Of Agony était attendu depuis tellement de temps et on aura savouré ces moments plein de chaleur.

Life Of Agony

Une tradition bien particulière dans ce festival est l’organisateur avec sa charmante compagne annonçant tous les groupes sur les scènes. Tout en flamand malheureusement, mais on comprend que le groupe arrivant sur la scène fait du black progressif viking et vient de Norvège. Cela ne peut vouloir dire qu’une chose : Enslaved est là. Le groupe nous présentera son tout nouveau claviériste succédant à Herbrand Larsen, dans le groupe depuis douze ans. Ce nouveau membre bien que talentueux ne montre pour l’instant pas une voix à la hauteur des albums. Mais laissons lui le temps de prendre ses marques et également d’entendre leur nouvel album E. Les musiciens sont énergiques sur scène, pourtant le groupe ne semble pas vraiment à son aise sur un festival. Quand on se souvient de leur dernière date au Divan du Monde à Paris, on se remémore un groupe souriant et des fans ravis d’entendre aussi bien « One Thousand Years Of Rain » que « Roots Of The Mountain ». En fait, le public de l’Alcatraz semble être davantage présent par curiosité.

Enslaved

Mais qui est ce jeune homme qui tire la langue sur la MainStage là-bas ? Mais oui, il s’agit de Matt Heafy de Trivium ! On apprécie la communication généreuse avec le public, même si sur scène il ne se passe, en fin de compte, pas grand-chose. Morbid Angel, pour des soucis de visas, n’a pas pu honorer les différents concerts de prévus en festivals. Au Sylak c’est Abbath qui les remplaça. Au Brutal Assault c’est Carcass qui assurera le show. Et l’Alcatraz a eu probablement la meilleure idée de toute : faire jouer I Am Morbid. David Vincent, ancien frontman emblématique de Morbid Angel, n’a pas apprécié être écarté du groupe. S’en est donc suivi récemment, la création d’I Am Morbid, ne reprenant que les quatre premiers albums de Morbid Angel. Les Fans d’Altar Of Madness peuvent donc se réjouir de voir Morbid Angel se faire remplacer par un groupe qui s’en rapproche plus ou moins.

Trivium

Pendant ce temps, tous les fans de heavy sont présents (surtout les plus anciens) aux premiers rangs pour assister au concert de la fameuse Doro. Une Doro heureuse d’être là qui chante à forte voix, les cornes bien dressées dans le ciel. Le public aussi a le poing levé et chante les titres de Warlock, Doro, mais aussi quelques reprises. Dont le fameux « Breaking The Law » de Judas Priest qui parlera à un plus large public fan de heavy. La tenancière de la scène enchaîne avec un « All We Are » chanté en boucle par tout le festival. C’est aussi ce qui est beau dans le heavy metal, cet esprit de communauté. Par contre, on notera un des points faibles du festival : sa propreté. Même si le fest se déroule bien, sans retard, la vision que l’on aura du festival est celle d’un sol entaché par les emballages alimentaires. Verres, plastiques, bouteilles, fourchettes et assiettes : tout traîne par terre.

Mais peu importe, les fans de dark/doom baignés par les années 90 sont servis. D’un côté Moonspell avec ses sombres lumières et ses effets de lasers fait plonger l’Alcatraz dans un vent de nostalgie. Mais ceux qui sortent de la scène sont les Anglais de Paradise Lost. Medusa, leur dernier album, vient de voir le jour et voilà un groupe qui a toujours eu une place de choix dans le cœur des fans. Une musique mélancolique portée par des musiciens talentueux, avec Greg Mackintosh à la guitare et Nick Holmes au chant. Bien que le guitariste soit pris par Vallenfyre, et le chanteur par Bloodbath, on a la chance de pouvoir profiter des sets de Paradise Lost avec un Holmes en forme qui nous transportera de « No Hope In Sight » jusqu’à « The Last Time » en passant par « The Enemy », « Embers Fire », « The Longest Winter »… Si Moonspell a ce côté mélancolique, Paradise Lost gagne en puissance.

Paradise Lost

On commence à être habitué aux concerts d’Amon Amarth. Même mise en scène, même speech avec le public mais tout cela est toujours aussi efficace. Ces guerriers arrivent sur scène pour se battre pendant que le groupe joue ses tubes. Mais pour ceux enchaînant les festivals, on aura le droit aux mêmes discours, aux mêmes effets, aux mêmes guerriers. Ce qui n’est pas forcément un mal : Amon Amarth dispose d’une solide discographie et jouera ses grands tubes « Destroyer Of The Universe », « As Loke Falls », « Twilight Of The Thunder God », etc. Une setlist que l’on connait par cœur mais qui fait lever le poing et couler la bière à flot. Les Suédois font plus qu’un concert, mais un véritable show, abordable pour tous, avec un vrai intérêt visuel. Tout est mis de leur côté pour renforcer la force de leur musique. Bien que critiqué par beaucoup pour rendre le milieu viking trop accessible, l’ambition du groupe n’est jamais allée plus loin que de vouloir apporter du divertissement à son public. Ainsi, rien n’empêchera les milliers de chevelus présents de lever le poings et chanter. Les choppent trinquent pendant « Raise Your Horns » avant que le folie du pit ne revienne.

Amon Amarth

Le festival se termine sur un concert de Korn. Probablement l’un des groupes les plus importants en ce qui concerne l’évolution du metal dans les années 90. Il n’est pas rare de croiser le chemin de ces dreadeux, mais on se déplace toujours en nombre. Toujours à la hauteur des attentes des fans, même après leur passage au Zénith de Paris en début d’année, le groupe continuera encore à surprendre. Que se soit la gentillesse du groupe avec son public et son énergie sur scène, les riffs des Américains renvoient toujours à autant de libération. Un sentiment de bien-être qui se dégage de cette rage, et fait du bien au spectateur. Et même si le groupe n’en est pas au point de changer sa setlist chaque soir comme le fait Metallica, on ne se retrouvera jamais devant le même concert en fonction des tournées. Chanter du Queen durant « Coming Undone » en fera sauter plus d’un, jouer « Falling Away From Me » dès le second morceau déchaînera les foules, et le rare « 4U » aura de quoi rendre nostalgique bien des membres de la foule. Le show de Korn ne change pas par rapport à leur concert au Zénith de Paris, et on aura en fait le même spectacle, comme la cornemuse de Jonathan Davis pour « Shoots And Ladders » et l’habituel solo de batterie avant « Blind ». L’un des rares groupes qui restera après le concert pour distribuer au public les habituels médiators.

Korn

Setlist Korn :

Rotting In Vain
Falling Away From Me
Here To Stay
Y’All Want A Single
Clown
Black Is The Soul
Did My Time
Shoots And Ladders
Twist
Got The Life
Coming Undone
Insane
Make Me Bad
Somebody Someone
4 U
Blind
Freak On A Leash

Quoi de plus marquants pour un festival de finir sa dixième édition par une demande en mariage ? À la fin du set de Korn, après un gigantesque feu d’artifice, lorsque tout se calmera, le groupe fera venir un ami pour une demande en mariage devant des milliers de personnes. Et ce n’est autres que l’un des guitaristes de I Am Morbid qui aura ce privilège de demander la main de sa dulcinée. L’Alcatraz est en tout cas devenu l’un des événements incontournables d’Europe avec l’une des meilleures affiches de festivals. Chaque année le festival arrive à nous surprendre par sa programmation et on a hâte d’y revenir.

Reportage : Matthis Van Der Meulen.



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