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Interview   

LAMB OF GOD : ENTRETIEN AVEC CHRIS ADLER





Radio Metal
: Sur votre site, il est indiqué que vous êtes un groupe de « metal American pure ». Peux-tu nous dire ce que cette expression signifie pour vous ?

Chris Adler (batterie) : Je ne pense pas que cela veut dire quelque chose de négatif par rapport au metal Européen ou Norvégien par exemple. On a un peu inventé ce terme. Je pense que ça vient sûrement des premières influences du groupe, comme le vieux thrash de Megadeth, Metallica ou encore Testament. Ces groupes ont vraiment été nos influences principales.

Peux-tu nous dire pourquoi vous allez jouer à Lyon ce soir quand vous aviez d’abord l’intention de jouer à Nîmes avec Mastodon et Metallica ( NDLR : les concerts de Metallica à Nîmes et Lamb Of God à Lyon avaient lieu le 7 juillet dernier) ?

Oui. Mastodon ne va pas jouer à Nîmes ce soir non plus. Premièrement, nous voulions vraiment jouer en France mais les Metallica sont en train de tourner un DVD et ils ne veulent que des groupes français sur cette tournée en particulier. Mais c’est cool parce qu’ils ne vont pas seulement sortir le DVD en France. On comprend ce choix mais c’est vrai qu’on est assez déçu parce que c’est un endroit vraiment magnifique et on avait hâte d’y jouer. Mais de toute façon, ce soir sera un meilleur exemple d’un concert de Lamb Of God. Et vu qu’on ne vient pas ici souvent, c’est important qu’on se donne à fond. La scène de Metallica est ronde et au centre, donc ça nous aurait empêcher de jouer de notre mieux…

Vous avez une relation spéciale avec Metallica. Vous êtes en tournée avec eux en ce moment et vous allez commencer une nouvelle tournée avec eux en septembre aux Etats Unis.

Oui. On a fait un concert en décembre dernier, là on fait le tour de l’Europe, ensuite on revient en Amérique en septembre et la tournée se terminera en 2010.

C’est un honneur pour vous.

Tout à fait. De savoir qu’ils savent qui nous sommes et qu’ils nous ont demandé de faire une tournée avec eux : c’est de la folie. Ils nous ont demandé en septembre mais nous avons refusé parce que ça faisait déjà deux ans que nous étions en tournée et tout le monde était crevé. On voulait se tirer une balle tellement ça nous ennuyait de dire non à Metallica ! C’est bien le groupe qu’on aime le plus et on voulait vraiment partir en tournée avec eux ! Mais ils ont continué à nous appeler et ils sont même venus nous voir jouer. On se disait que c’était un truc de fou ! Maintenant on est pote avec eux. Ils viennent nous voir tous les soirs et on se boit des bières ou on sort manger en ville. C’est vraiment cool parce que je me rappelle encore de mes premières cassettes de Metallica quand j’étais gosse. Ce sont mes idoles et pourtant maintenant ils nous regardent et pensent que ce qu’on fait est cool. c’est très flatteur.

Wrath est votre premier album avec Roadrunner ici en Europe. Est-ce que vous sentez une différence entre leur travail et celui de Epic ?

On a senti une différence immédiatement. On a eu tellement de problèmes avec Epic, et Wrath est quand même notre sixième album studio. Le travail que Sony (NDLR : Epic fait partie du groupe Sony) a fait en Europe était tellement mauvais que dans certains endroits, nos albums n’ont même pas été distribués ! Les gens qui voulaient nous interviewer n’avaient aucun moyen de joindre ni le label, ni le groupe. Donc maintenant, même si on a l’impression de recommencer à zéro parce que nos albums précédents n’ont pas été vendus ici et que le groupe est moins connu en Europe qu’aux Etats-Unis, c’est une bonne chose pour qu’on reste humble et qu’on se concentre sur notre nouveau but. Nous remarquons de plus en plus que les concerts que nous faisons, même sans Metallica, sont toujours pleins. Que ce soit un lundi ou mardi, dans une grande ou petite salle, les gens veulent toujours venir nous parler. Donc je pense que Roadrunner fait du très bon travail.

Ca ne vous gêne pas de devoir tout refaire du début ?

Non, pas du tout ! C’est plutôt marrant parce qu’on a tellement bien réussi aux States que c’est une période dangereuse pour nous en ce moment car on pourrait devenir paresseux. Tous les soirs on doit prouver des choses au public et leur faire voir pourquoi on est si connu là-bas. Je trouve que c’est un challenge assez cool.

Est-ce que vous avez vu votre masse de fans grandir ? Parce que Sacrament a été le premier album à être vendu partout en Europe et maintenant Wrath est aussi disponible pour le plus grand nombre. Donc est-ce que vous voyez qu’il y a de plus en plus de fans à chacun de vos concerts ?

Ouais et je vois que ça se produit plus rapidement ici, vu qu’aux Etats Unis ça nous a pris six ou sept albums avant de percer. En fait, on en est à notre deuxième opus en Europe et il a plus de succès que notre deuxième album en Amérique ! Peut-être que nos fans ont un fonctionnement de « bouche à oreille » encore plus fort ici qui aide le développement de notre popularité.


(Chris Adler) : « On voulait se tirer une balle tellement ça nous ennuyait de dire non à Metallica ! C’est bien le groupe qu’on aime le plus et on voulait vraiment partir en tournée avec eux ! »

Wrath a certaines ressemblances avec Ashes Of The Wake et Sacrament à cause de son côté brutal et puissant mais aussi ses solos plutôt mélodiques. Est-ce que c’est quelque chose qui est venu naturellement ou est-ce que c’était fait exprès ? On note également un son plus live…

Quand on travaillait sur nos premiers albums, on n’avait ni l’argent ni le temps en studio que nous avons maintenant. Donc quand on finissait un album on était toujours un peu déçu de ne pas avoir pu lui donner le son exact qu’on voulait. Mais comme les gens aimaient ça, on se disait que le son était bon et qu’il s’améliorait. Pour Sacrament, on a eu plus d’argent et de temps, donc on s’est bien appliqué cette fois-ci pour arriver à faire un truc dont on avait toujours rêvé quand on était gosse. Par contre, le côté négatif de tout ça, c’est que l’album perd de la puissance et de la vie quand il est sur-produit. On s’était mis d’accord sur le fait qu’on allait écrire un album qui serait plus agressif que Sacrament pour Wrath mais aussi qu’on allait éviter de trop le travailler en studio pour, qu’au final, on ait un son plutôt live. Sur Sacrament, si le premier couplet n’avait pas la même rapidité que le second c’était une erreur, alors que sur Wrath ce n’était pas grave. C’est ça qui donne vie à un titre, quand ça bouge un peu et que c’est plus difficile a saisir… Alors quand tu dis que tu veux changer un peu les choses, c’est le producteur qui se met a stresser (rires).

Certains termes que vous utilisez comme « Messiah », « Wrath » ou « God » et certains de vos titres d’albums comme New American Gospel ou Sacrament sont tous reliés à la Bible. Est-ce que c’est une simple coïncidence ?

Je pense que ces termes sont reliés aux idées religieuses et à l’iconographie dont nous nous servons dans notre musique. Nos paroles ne critiquent pas et ne parlent pas de religion. Je pense que cette utilisation vient plutôt du fait que la musique heavy metal s’est toujours servi de la religion. Mais quand nous avons décidé de changer de nom, et de nous consacrer entièrement à notre musique, c’est un peu comme si notre musique était devenue notre religion à nous car nous sommes entièrement dévoués à elle. Ce sont des concepts qui collent bien à la manière dont on se sent vis-à-vis de notre groupe.

La chanson Reclamation parle également d’écologie. Beaucoup de gens attendent que le Président Obama ratifie le Protocole de Kyoto. Est-ce que tu penses qu’il arrivera à changer les choses ?

Je pense qu’il va essayer et qu’il a beaucoup de pression sur les épaules en ce moment. Les gens se sont intéressés à lui pour qu’il change les choses et pour qu’il fasse partie du début du procédé. Donc c’est une bonne chose d’avoir quelqu’un comme lui qui puisse faire avancer les choses. Je ne sais pas s’il pourra tout faire tout seul au début mais il parvient déjà à faire réfléchir les gens.

Revenons à la musique. N’hésite pas à me corriger mais j’ai lu quelque part que tu jouais du piano, du saxophone et de la guitare quand tu étais plus jeune. Comment se fait-il que tu aies choisi de devenir batteur ?

Pour le fun ! Tu as raison ces infos sont vraies et j’ai joué de la guitare pendant que j’étais au lycée jusqu’à mes vingt et un ans. J’ai aussi joué de la basse dans plusieurs groupes, mais à vingt et un ans j’ai décidé que je voulais vraiment jouer de la batterie. Notre groupe n’avait jamais eu comme but de voyager à travers le monde ou de vendre des millions d’albums… On voulait simplement s’éclater, mais maintenant on est ici en France ! (rires)

Tu joues de la batterie de manière rapide et agressive avec des blast beats à certains moments. Mais malgré tout ça tu arrives à garder la puissance et le groove…

J’étais très fier de mon travail en tant que musicien sur Ashes Of The Wake et Sacrament. Ils ont un style unique. Par contre, j’ai senti qu’ils étaient très proches l’un de l’autre et qu’il n’y avait pas vraiment eu de progression entre les deux albums. Donc sur celui-ci je voulais vraiment me forcer à faire un truc bien pour que, quand je serai plus vieux, je puisse me dire que je suis fier de moi-même. Sur Wrath je me suis focalisé sur les points faibles des albums précédents, qui étaient ma rapidité et le rythme de mes mains plutôt que de mes pieds. Je pense que mes points forts sont le groove et la puissance mais qu’il faut encore que je me pousse à mélanger rapidité et groove. Je pense que ça s’est bien passé sur Wrath.

On pourrait dire que la violence dans la scène metal fait partie d’un certain conformisme aujourd’hui. Chaque nouveau groupe prétend être le plus violent ou le plus hardcore etc. Est-ce que Wrath est une redéfinition de ce que le metal devrait être ?

Je ne dirai jamais à personne ce que le metal devrait être. Si les gens disent ça de cet album, alors nous en sommes flattés. Mais il y a tellement de différentes sortes de metal et les fans sont tellement puristes. Je veux seulement faire un bon album et de la musique dont je pourrai être fier quand je serais plus vieux. Je suis heureux qu’autant de personnes aiment notre musique comme nous parce que tout cela est vraiment une chance.

Une question difficile pour finir ! A ton avis, qui sont les vrais « lambs of god » (agneaux de dieu) prêts à être sacrifiés ? Les G.I. en Irak ou les gens à la rue qui n’ont plus de domicile fixe ?

Wow… (rires). Je pense qu’il y a plusieurs exemples dans le monde… Les deux que tu as mentionnés sont parfaits.

Et pour toi maintenant tout de suite, à Lyon ?

(rires) Je ne peux pas vraiment dire. Je ne sais pas. Vous me posez une colle là. Il se pourrait que le public de ce soir ait l’air d’avoir besoin d’être sacrifié après le concert ! (rires)

Interview réalisée en compagnie de TAPAGE NOCTURNE, l’émission metal de RAJE, le 7 juillet 2009 au Ninkasi de Lyon
MySpace Lamb Of God : myspace.com/lambofgod




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