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Chronique   

Lamb Of God – Omens


Lamb Of God peut indéniablement être considéré comme l’un des groupes de metal contemporain les plus populaires, l’un de ceux qui pourraient prendre la relève des mastodontes disparus à l’instar de Slayer. Ce serait oublier que la formation a déjà pratiquement trente ans de carrière et que « remplacer » n’est aucunement à l’ordre du jour pour la bande emmenée par Randy Blythe. Depuis Burn The Priest (1999), Lamb Of God ne cesse d’accumuler les titres cultes et de prouver sa dévotion à l’art du riff, quitte à parfois se répéter. Avec Lamb Of God (2020), la formation prône un retour à un état d’esprit plus collectif en lien avec le plaisir de jouer tous ensemble dans la même pièce. Leur nouvel effort, Omens, accentue ce processus. Omens est la réalisation d’un groupe heureux de jouer et de composer ensemble. La condition nécessaire pour immortaliser l’énergie d’un titre. Omens le fait sur ses dix parties et présente un Lamb Of God ô combien affûté.

Lamb Of God a de nouveau sollicité les services du producteur Josh Wilbur (Korn, Trivium, Megadeth…) pour forger un son pachydermique. Le groupe a enregistré aux mythiques Henson Recording Studios fondés par Charlie Chaplin en 1917, là où des grands noms comme les Doors, Pink Floyd ou encore Soundgarden se sont illustrés. Toutes les compositions ont été enregistrées en live, y compris pour le chant (sauf une par manque de temps), fait rarissime. Lamb Of God voulait évidemment reproduire l’entrain provoqué par le live, ce qui a permis à Randy de mieux calibrer ses parties vocales en vue des futures prestations. L’ouverture « Nevermore » laisse d’ailleurs apprécier son timbre clair utilisé parcimonieusement. Pour le reste, Randy est tout simplement habité. De quoi rejoindre ses dires lorsqu’il évoque un « album enragé ». Omens est la réponse de Lamb Of God à un monde en déliquescence, rien de plus compliqué. « Nevermore » multiplie les enchevêtrements de structure et le duo Willie Adler/Mark Morton enchaîne les riffs avec une fluidité rarement atteinte. « Vanishing » témoigne à nouveau de cet affect pour les petites articulations qui font le sel de Lamb Of God depuis toujours. Si on les connaît par cœur, elles semblent cette fois-ci plus convaincantes, plus viscérales même. Art Cruz multiplie les idées rythmiques téléphonées : c’est parfait car l’auditeur n’attend pas autre chose et s’en délecte. « To The Grave » délaisse les élancées pour en revenir à un riffing plus frontal. Omens présente tout simplement plusieurs manières de fracasser la même plaque de béton armé. Le travail rythmique de « Gomorrah » qui se heurte volontairement à une mélodie orientale est à ce titre un plaisir presque coupable.

Omens est une invitation constante à se déchaîner et à suer qui bénéficie grandement de la concision de son propos. Si Lamb Of God ne lève jamais le pied, chaque titre contient suffisamment de riffs différents et de plages vocales déchirées pour éviter la lassitude trop souvent présente dans la discographie du groupe. « Grayscale » embrasse d’ailleurs le vocabulaire de Slayer et « Denial Mechanism » a des relents de punk hardcore. Seul « September Song » s’accorde le loisir de dessiner une atmosphère plus nuancée à travers une introduction éthérée et des arrangements de cordes. Lamb Of God a voulu clore son propos par une partition grandiloquente et là où auparavant il aurait pu perdre en efficacité, il ne se montre pas fébrile sur Omens. Justement parce que le groupe est plus libre dans ses structures et que s’il faut terminer sur des chœurs martiaux et des tensions au violon, il le fera.

Lamb Of God ne change pas de registre ni de formule. Il reprend même en partie la manière de travailler utilisée sur son œuvre précédente. De quoi a priori inquiéter sur la livraison, trop souvent victime d’une homogénéité excessive. Pourtant, Omens sonne juste à chaque fois. Comme si Lamb Of God avait réussi à vraiment communiquer sa rage et son plaisir de se servir du riff comme catharsis ultime. Le moindre coup de médiator est galvanisant, le moindre cri électrisant. Le même poing que d’habitude avec des phalanges qui cette fois impriment.

Clip vidéo de la chanson « Omens » :

Clip vidéo de la chanson « Nevermore » :

Album Omens, sortie le 7 octobre 2022 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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