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Carnet De Route   

Larmes de bonheur au Hellfest


Quand, il y a quelques mois, j’avais assisté depuis les tribunes au concert d’Ozzy Osbourne à Bercy, je m’étais juré une chose : la prochaine fois, je serai aux premiers rangs et je vais me prendre des seaux d’eau dans la tronche. Oh, oui, je le voulais !

Par conséquent, quand le soir de la prestation du Godfather of metal au Hellfest est arrivé, j’ai fait en sorte que cela advienne et j’ai commencé à faire ce qu’en général je ne supporte pas chez d’autres spectateurs : j’ai fait le forcing pour arriver au plus près de la scène.

A quelques mètres du but, j’étais bien obligé de reconnaître que ce ne serait pas forcément pour cette fois, la foule étant trop dense une fois parvenu à moins de dix mètres de mon objectif. Je me retrouvais donc à côté d’un très sympathique couple de genevois, Alessio et Claire, avec lequel j’entame la conversation. J’allais apprendre qu’ils ont deux enfants, que, vivant avec un seul salaire d’ouvrier, ce premier voyage au Hellfest a demandé quelques sacrifices, et que la femme est fan d’Ozzy depuis son adolescence et que c’est la première fois qu’elle va voir son idole. Conséquence : dès les premiers titres, elle ne peut retenir ses larmes.

Voici son histoire contée par elle-même…

« La première fois que j’ai entendu Ozzy, j’avais presque quinze ans. Le vendeur, défenseur farouche d’un metal beaucoup plus FM et glam, m’avait présenté l’album No Rest For The Wicked comme intéressant bien qu’un peu trop hard pour lui… La galette en poche, je rentrai chez moi pour l’écouter correctement et surtout en entier.

Mes espoirs furent confirmés lorsque « Breaking The Rules » et « Crazy Babies » s’imposèrent de façon naturel. Dans l’excitation de la première écoute que l’on ressent pour de nouveaux morceaux, je fis un brin de traduction des paroles et là tout devint clair : Ozzy Osbourne serait désormais comme un guide, un flambeau du metal pour ma petite personne.

Dès le lendemain, je me dépêchais, l’école finie, de retourner chez le disquaire sceptique afin de me renseigner sur les antécédents du Madman. N’écoutant que son sens commercial, le tenancier me fit alors découvrir une liste impressionnante des œuvres de l’anglais Sabbathien. Dès lors je n’eus de cesse de suivre scrupuleusement le parcours d’Ozzy. Je me suis également intéressée de près à ses musiciens et surtout à ses bassistes. Normal, je chatouille les quatre cordes depuis mon seizième anniversaire.

Allant de surprises en découvertes, j’eus l’agréable nouvelle d’un concert sur la tournée des « Monsters Of Rock » dont une date passait en Suisse. Ils avaient eu l’excellente idée de programmer le Grand Ozzy (aux côtés d’autres groupes, bien sûr, mais dont je ne me souviens même pas l’existence). Étant encore mineure, je dus me plier à l’autorité parentale et renoncer à aller voir mon idole. Comme si une gastro empêchait de voir Ozzy… Les parents ont de drôles d’idées parfois.

Des années passèrent ensuite, pendant lesquelles – et à bien trop de reprises – je défendis Ozzy Osbourne contre de nombreux détracteurs écoutant ou non du metal. Je n’avais malheureusement pas d’amis qui respectaient le maître !!! Pourtant le metal n’aurait pas le même visage sans Ozzy.

Puis un jour, une nouvelle fois, Ozzy devait jouer en Suisse pour la tournée « Black Rain ». Cette fois-ci, j’étais bien décidée à ne pas le rater, et ce quel qu’en soit le prix. Hélas, à mi-chemin je reçus l’annonce de l’annulation du concert car Ozzy était blessé à la cheville. J’étais déçue, bien entendue, mais je me suis fait plus de souci pour la santé de Mr Osbourne que pour l’avortement de mon projet.

Quelques années passèrent encore, j’ai eu des enfants qui ont entendu chanter Ozzy dans le liquide amniotique et encore après (ça va de soi).

Soudain, la nouvelle d’un festival fabuleux se produisant en France, vers Nantes, arriva jusqu’à nos contrées helvétiques. Bien entendu, l’attrait était fort mais le prix de l’expédition bien trop élevé pour notre petite bourse. Et ce fut à ce moment précis que la programmation du Hellfest décida d’inclure « The Fucking Great Ozzy Osbourne » dans ses grilles.

Le sentiment d’espoir que je ressentis à cet instant ne peut être que vécu et pas raconté… Ne dit-on pas : jamais deux sans trois ?

Il n’en fallut pas plus pour que je décide d’aller acclamer mon mentor et d’en faire profiter l’homme de ma vie, par la même occasion (y a pas d’mal à s’faire du bien). Nous décidâmes d’acheter les billets, même s’il fallait manger des patates pendant six mois.

Nous n’en avons pas eu besoin, rassurez-vous, nos meilleurs amis avaient pris les devant et nous ont offerts pour Noël les pass 3 jours du Hellfest et donc les pass vers OZZY.

L’émotion passée, un compte à rebours quasi quotidien s’en suivit (oui, oui, depuis Noël 2010).

Le grand jour arriva enfin. Je n’osais y croire de peur de casser la magie et, une fois encore, de rater le Madman. Heureusement, la malédiction était rompue et je le vis enfin pour la toute première fois depuis mes quinze ans – j’en aurai 36 en août – mon guide, mon mentor, mon idole, le maître du Metal !!! OZZY OSBOURNE !!!

Je ne vous cacherai pas que pendant les deux premiers morceaux « I Don’t Know » et « Mr. Crowley », mes larmes, des larmes de joies, ont coulées sur mon visage. Je ne pense pas avoir ressenti, ni regardé avec autant d’intensité un concert. Au point que l’heure et demie de show m’a semblé durer dix minutes. Cadeau bonus : cet instant inoubliable que nous avons partagé restera une anecdote de famille. Et en plus une belle leçon de vie s’est imposée depuis à moi : il ne sert à rien de renoncer ou de se lamenter sur son sort. Chaque événement que nous devons vivre vient tôt ou tard, mais pas toujours de la manière que l’on pense. L’espoir fait vivre et c’est tant mieux…

We all love you Ozzy. »

Claire.

Cette rencontre était parfaitement inattendue et est la conséquence de mon désir de voir de plus près le Madman et du sien de le voir pour la première fois. Elle m’a dit qu’il n’y a pas de hasard, que c’est le destin. Je laisse aux métaphysiciens le soin de débattre sur ces concepts. Moi, simplement réaliste, je vois surtout que le Hellfest a apporté du bonheur et permis de réaliser le rêve d’au moins une personne.

Alessio et Claire après le concert d’Ozzy Osbourne au Hellfest

Crédit photo : Mathieu Ezan



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  • Et merde, et dire que je le rate au Graspop ce soir…
    et que j’y retourne demain…

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  • voilà un article très émouvant et tellement réel!
    je n’ai pas trop aimé la performance vocale du Madman que je n’ai écouté que depuis le camping, mais pour l’image je me rattraperai au Wacken!

    en tout cas, cet article est de loin le plus intéressant que j’ai put lire sur le Hellfest (indirectement) pour l’instant

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  • Bonjour une semaine après le Hellfest je ne m’en suis toujours pas remis j’ai 51 ans et je suis allez le dimanche que pour voir le plus grand de tous OZZY rassurez vous Claire l’émotion était intense a l’entrée en scène du Prince of darkness.Merci au organisateurs.

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  • Je suis allez voir Ozzy à Bercy, et j’étais au prmeier rang. Au Hellfest, j’étais également au prmeier rang, et putin quelle émotion… Vive le Madman, envers qui j’ia une sacré dette!

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  • C’est la où voit que le metal est plus qu’une musique

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    Samuel

    non, je suis pas d’accord avec toi shouks, ce n’est pas une question de « metal », ça aurait pu avoir lieu avec n’importe quel autre genre de musique, c’est juste une question d’être « fan » d’un artiste. Par exemple, ce qu’elle nous raconte pour Ozzy, il y en a pleins qui doivent le vivre avec Johny Halliday, Celine Dion (je ne sais pas si le terme artiste convient pour eux…) ou je ne sais qui. Ce qui compte c’est que l’artiste ait de l’importance pour le « fan ».

    kinchaos

    moi je suis d’accord avec Shouks, le métal est une musique qui rassemble les gens et qui exprime les sentiments. c’est plus qu’une musique c’est un moyen d’expression, un code vestimentaire, une culture, voir mm des croyances… et comme toute croyance, il faut un ou des leaders, des protecteurs, des défenseurs, des partisans. On peut être considéré comme une secte mais c’est ainsi et c’est sans doute vrai. Personnellement le métal à contribué et contribue encore à mon épanouissement personnel, et pour certains des métalleux cette musique est un refuge pour les rejetés de la société, les dépressifs, et aussi une partie des adolescents en pleine révolte.

  • J’ai eu un immense plaisir à voir le même artiste ce 17 Juin au Luxembourg.
    Je ne m’attendais pas à le trouver en si grande forme.
    Elles sont loin les vidéos où il n’était plus que l’ombre de lui-même.
    Un concert proche de la perfection (quelques ballades auraient pu être avantageusement remplacées par le monumental « No more tears »).

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  • Une très belle histoire !
    Le lien entre cette fan et son idole dépassent de loin le registre de la musique, le moment a vraiment dû être magique pour elle. 😉

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  • rockanddom dit :

    C’est une belle histoire, tout simplement beau.
    Moi même j’ai connu cet évènement il y a bien longtemps.

    C’était en septembre 1980 à Paris une soirée magique
    qui reste graver dans ma mémoire.
    J’avais 16 ans et je voyais mes idoles le groupe qui m’a donné ce bonheur d’aimer le hard rock.

    Je vous voit réfléchir et voilà ce groupe c’est KISS
    J’ai rencontré ce soir un grand KISS avec le regretté ERIC CARR
    et un inoubliable IRON MAIDEN avec PAUL DIANNO comme chanteur.

    Un show MAGIQUE que je n’oublierais JAMAIS.

    [Reply]

    Andrew

    J’ai également croisée une jeune fille au concert de Scorpions qui pleurait quand ils ont joués Holiday et qui était apparemment en conversation téléphonique avec quelqu’un , sa main tremblait incroyablement j’ai cru qu’elle allait s’évanouir .

    A la fin d concert, je le l’ai croisée assisse à côte du stand des VIP et je lui ai demandé pourquoi elle était dans un tel état à cette musique.

    Elle m’a expliquée que c’était la musique de rencontre avec son fiancé, (c’était d’ailleurs lui qu’elle avait appelée) qui gravement malade, ne pouvait pas venir ni d’ailleurs même ne faire aucun festival et que c’était la première fois de sa vie qu’elle pouvait voir Scorpions..

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