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Chronique   

Last In Line – Heavy Crown


Last In Line - Heavy CrownLes relations entre le guitariste Vivian Campbell et Ronnie James Dio n’ont jamais été très bonnes, ce n’est un secret pour personne, notamment par la façon amère dont le premier a vécu son départ du groupe du second. Mais « même quand on était ensemble dans le groupe à l’époque, nous n’avons jamais été très proches, » nous avouait Campbell en 2011. « Ce qui nous rapprochait, c’était d’être sur scène ensemble, d’écrire et d’enregistrer des chansons. » Et peut-être que si le groupe Last In Line, rassemblant les musiciens de Dio de 1982 à 1986, s’était fait avant la mort du vénérable leader, cela n’aurait malheureusement que ravivé les vieilles tensions et rancœurs. Car la démarche de Last In Line n’a rien d’un hommage. C’est avant tout un groupe de musicien qui a voulu retrouver une alchimie vieille de trente ans, tant qu’il en était encore temps.

Lorsque l’on voit la courte carrière de ce line-up, ses réussites tiennent en deux albums: Holy Diver et The Last In Line – mettons de côté Sacred Heart qui représentait le début de la fin. Et quels albums ! Toute discographie heavy metal qui se respecte se doit de faire figurer ces deux pièces maîtresses du genre. A partir de là, évidemment, Last In Line est allé en studio avec un sacré poids sur le dos, l’ombre de deux disques dont eux-mêmes ne pourront probablement jamais égaler les sommets et la fraîcheur. Les temps changent, les personnes changent, le contexte n’a plus rien à voir avec celui qui avait engendré les « Rainbow In The Dark », « The Last In Line » et autre « Egypt (The Chains Are On) ». D’ailleurs ce premier opus, Heavy Crown, émane davantage du souvenir d’une belle histoire commune que de la volonté de la faire revivre artificiellement. Et c’est une bonne chose que les musiciens aient fait appel à Andrew Freeman pour compléter le line-up. Un chanteur-guitariste qui a jusque-là surtout joué les seconds couteaux (en tournée avec The Offspring ou Lynch Mob) et qui, on s’en rend bien compte à l’écoute du disque, méritait une tribune digne de ce nom pour sa voix. Surtout, Freeman n’est pas Ronnie James Dio, dans le bon sens. Last In Line aurait très bien pu s’adjoindre les services d’un chanteur comme Jorn Lande, l’illusion eut été parfaite. De facto, Last In Line se démarque, montre qu’il ne capitalise pas (que) sur le passé et évite l’écueil de la comparaison.

Oh, si on cherche bien, forcément on lèvera des similitudes. Comme lorsque Freeman pousse sur ses cordes vocales, on pourra être mauvaise langue et le soupçonner d’essayer de se mesurer à son intouchable prédécesseur. Et évidemment qu’on peut imaginer la rock n’ roll « I Am Revolution » ou la plus Sabbathienne « Blame It On Me » chantées par Dio. Et oui, ce riff dans « Already Dead » peut faire penser à « Stand Up And Shout ». Après tout, les compositeurs sont les mêmes. Mais ce sera surtout parce qu’on ne pourra s’empêcher de passer nos premières écoutes à extrapoler. Si on cherche expressément Dio, on le trouvera. Mais là n’est pas vraiment le but, ni du groupe, ni celui que devrait se donner l’auditeur, au risque de passer à côté du disque. Dans les faits, la musique de Last In Line prend une tournure plus classic hard rock (l’ouverture efficace « Devil In Me » avec ses accords aux sonorités dramatiques qui rappelleront Def Leppard , « Orange Glow », « Burn This House Down ») voire, par moments, sensiblement grungy (le moderne « Curse The Day ») que le heavy metal qu’ils pratiquaient au début des années 80. L’absence de clavier va d’ailleurs dans ce sens d’un album hard plutôt brut. C’est même en raison de cette volonté de se recentrer sur le rapport guitare, basse et batterie que le claviériste Claude Schnell a fini par être remercié.

Et l’essentiel est là : les musiciens se font plaisir, comme sur l’urgent « Martyr » où le duo grosse caisse/caisse claire de Vinnie Appice fouette les oreilles et Campbell – qui s’en donne à cœur joie sur tout l’album – rappelle le shreddeur qu’il fut à l’origine. D’autres chansons plus posées et lourdes, comme l’ambiancée « Starmaker » ou « Heavy Crown », sont l’occasion d’apprécier les solides parties de basse au joli grain rocailleux du regretté Jimmy Bain. Et l’album dans son ensemble s’avère être une belle vitrine pour un chanteur de talent, autant capable de puissance que d’émotion, comme sur « The Sickness » et son final cathartique. Il n’y a pas d’illusion à se faire, Heavy Crown est un album sans prétention mais qui porte la marque des vétérans. En espérant tout de même que ce premier essai ne sera pas aussi le dernier et qu’il en appellera d’autres.

La lyric vidéo de la chanson « Blame It On Me » :

Les clips vidéos des chansons « Starmaker » et « Devil In Me » :

La chanson « Martyr » :

Album Heavy Crown, sortie le 19 février 2016 via Frontiers Music Srl.



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