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Live Report   

L’avant-garde de Magma


Peut-être que si l’on vous dit Magma, vous ne pensez pas directement au dernier album de Gojira. Peut-être que vous avez en tête un groupe français, très avant-garde dans sa manière d’approcher le rock progressif. Actif depuis 1969, le groupe des Vander (le batteur et fondateur, Christian, et une des chanteuses, Stella, son épouse) est toujours présent.

Et avant de partir en tournée, ils ont décidé de faire un petit tour à Paris pour deux concerts à l’Olympia, pour deux sets, avec en sous-titre de l’affiche le « Mëtalïk Orkestraah », chose bien curieuse. Et là où on pourrait penser que le groupe est tombé aux oubliettes car beaucoup trop marginal, il ramène tout de même beaucoup de monde pour un Olympia qui se retrouve quasi complet.

Artiste : Magma
Date : 2 février 2017
Salle : Olympia
Ville : Paris [75]

Lorsque le concert commence, le rideau rouge se lève et on retrouve les huit membres de Magma. Hervé Aknin au chant, accompagné d’Isabelle Feuillebois et de Stella Vander. Nos trois héros de ce fameux « kobaïen », dialecte si particulier et propre à Magma ; oui, chanter en français ou en anglais, c’est surfait, mieux vaut inventer un langage. Et pour accompagner ces voix : un clavier, une basse, une guitare, un vibraphone, et évidemment Christian Vander derrière la batterie.

Le premier set se déroule très sobrement, peut-être même trop. On retrouve des morceaux que l’on connait et le public réservera même une standing ovation après les trois premiers titres du concert, soit environ après trois quarts d’heure pour les béotiens du groupe. Il n’est pas aisé d’apprécier comme il se doit Magma, car c’est un groupe difficilement abordable, qui n’a d’ailleurs jamais fait d’efforts en ce sens. Et même malgré le côté relativement hermétique et élitiste de leur musique, certaines personnes du public arrivent à crier entre les chansons des paroles en kobaïen, ce qui dénote bien la dévotion de leurs fans.

Pourtant la prestation est très statique de la part des chanteurs. La musique qu’ils jouent ne se prête pas à beaucoup de mouvement il faut dire, et ils sont donc principalement cantonnés devant leur pied de micro. La lumière n’est également pas des plus dynamiques et consiste essentiellement en cinq gros spots pour baigner la scène de rouge ou de bleu.

Et pourtant la sauce prend, malgré les morceaux de quinze minutes, le chant différent, la multitude d’instruments, et l’immobilité totale du concert. Et c’est cela qui restera un grand mystère dans Magma : comment un groupe qui reste toujours autant avant-gardiste et anti-conformiste dans sa manière d’approcher la musique et les concerts arrive-t-il, après près d’un demi-siècle d’existence, à remplir deux Olympia de suite ? Et ce n’est pas seulement de la nostalgie de la part du public, ou bien un effet « culte », les applaudissements sont vigoureux et sincères : au total, ce sont pas moins de quatre standing-ovations que le public aura offert à Magma durant toute la soirée.

Vient alors la seconde partie, après un entracte de vingt minutes. Le rideau se lève de nouveau et apparaît un orchestre d’une cinquante de musiciens classiques – c’est le fameux Mëtalïk Orkestraah de l’affiche – pour interpréter plusieurs titres, dans des versions qui vont gagner en grandeur, on pourrait même dire en grandiloquence. Ces moments sont l’occasion de voir apparaître sur scène une très bonne connaissance du groupe, ayant participé à de nombreux albums, avec lui : Didier Lockwood, qui arrive tout énergique avec un solo de violon, et s’agite dans tous les sens, permettant enfin d’ajouter un peu de vie sur scène.

Car, en effet, malgré la présence d’un orchestre qui rend le cadre un peu plus imposant et des lumières plus unifiées et harmonieuses, le statisme de la prestation se voit renforcé. Le groupe, Magma, est enfermé derrière des vitres, derrière l’orchestre, lequel est mis en avant sur la scène. Quelques fois, les chanteurs sortent de ce cadre afin de se montrer au public, et c’est même Christian Vander qui dirige l’orchestre lors des premières secondes.

Voilà une semaine très chargée en musique progressive pour Paris avec Devin Townsend, The Pineapple Thief et donc Magma. Mais c’est bien dans cet Olympia que l’on a trouvé la perle rare, ce groupe qui bouleverse les codes et nous invite dans un monde sans équivalent. Un concert pour le moins intéressant ; les fans, en tout cas, eux, n’ont visiblement pas été déçus. Peut-être aurons-nous un nouvel album de la formation des huit musiciens dans les années à venir, mais il faudra au moins attendre la fin de cette nouvelle tournée qui débute à peine.

Cela reste un plaisir de voir qu’un tel groupe a su rester dans le cœur et dans l’esprit des gens, et que la salle se soit retrouvée pleine de passionnés et aussi de nostalgiques d’un temps où la musique du groupe possédait cette aura des plus énigmatique. Mais qu’ils se rassurent, c’est toujours le cas, et le son de Magma ne sera sans doute jamais réellement compris, parfois copié dans ce style qu’est le Zheul, mais jamais égalé. A ne pas mettre entre toutes les oreilles, définitivement. Mais en concert, les initiés se sont retrouvés dans cette communion et cet amour du prog avant-gardiste.

Setlist :

1er set :

01. Köhntarkösz PT 1
02. Kobaïa
03. Theusz Hamtaahk

2nd set – avec le Metalïk Orkestraah :

01. Ëmëhntëhtt-Ré
02. Ëmëhntëhtt-Ré II
03. Ëmëhntëhtt-Ré III
04. Ëmëhntëhtt-Ré IV
05. Slag Tanz
06. Kreühn Köhrmahn Iss De Hündïn

07. Ehn Deïss



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