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Nouvelles Du Front   

Le Club des 27 fait son cinéma


Connaissez-vous Anthony Mackie ? Qui ? Le type sur la photo, juste à côté ! Il est le nouvel espoir du cinéma américain, catégorie afro-américain. Pas forcément dans le genre black cool et rigolard comme Eddy Murphy (quand il était encore drôle) ou Will Smith dans les années 90. Non, ces dernières années il a surtout été remarqué dans quelques pépites du cinoche d’Outre-Atlantique comme Million Dollar Baby (Clint Eastwood, 2004) ou l’Oscar du meilleur film de 2010 : Démineur de Kathryn Bigelow.

Et si nous devions parler musique avec Anthony, nous devrions d’abord parler rap puisqu’il joua en 2002 dans 8 Miles avec Eminem puis, en 2009, il interpréta l’une des icônes du rap US, Tupac Shakur, dans le drame Notorious relatant l’assassinat du Gros de la East Coast. Mais nous pourrions aussi parler avec lui d’un rôle qu’il n’interprétera pas de sitôt : le Voodoo Child, Jimi Hendrix.

Nous vous parlions il y a un mois de Experience Hendrix, la société chargée de gérer l’héritage du dieu électrique et dirigée par sa sœur Janie Hendrix. C’est grâce à cette société que nous pouvons voir ré-émerger chaque année quelques perles perdues de l’œuvre du musicien. Mais c’est aussi grâce à elle que nous ne sommes pas prêts de voir apparaître sur grand écran un biopic fidèle à l’histoire vraie de Jimi.

Cole Abaius du site Filmschoolrejects.com nous explique que le film que Paul Greengrass (Bloody Sunday, les deux derniers films de la « trilogie Jason Bourne ») projetait de réaliser avec Anthony Mackie dans le rôle principal n’a pas reçu l’aval d’Experience Hendrix ou, plus précisément, il n’a pas pu obtenir les droits d’utilisation de la musique de Jimi pour ce film ; ce qui est particulièrement gênant pour un biopic consacré à un homme qui ne vivait que pour sa musique. Refus officiel. L’explication avancée par la société : ils craignent que le film nuise aux ventes du catalogue musical de l’artiste.

Une raison à laquelle Cole Abaius ne croit pas un instant et il n’a sans doute pas tort. Qui dit film, dit bien évidemment bande originale, donc CD, donc ventes de CDs, donc bénéfices pour Experience Hendrix. Le journaliste soupçonne plutôt la société de craindre que le film ternisse l’image de la fierté de la famille, tout particulièrement en mettant en image la forte consommation de drogues à laquelle s’adonnait Hendrix. Mais que la famille Hendrix ne se fasse pas de souci : le monde entier sait déjà que le génie était complètement défoncé, au moins de 1965 à 1970. Il n’y a donc pas de quoi craindre pour l’image du guitariste. Espérons donc que la société Experience Hendrix retrouve un peu de bon sens pour qu’un jour le film de Paul Greengrass voie la lumière des projecteurs.

Évidemment, s’il pouvait se passer de la musique de Jimi, il pourrait faire comme Robert Saytzik. Ce réalisateur, représentant du cinéma indépendant américain, lauréat en 2009 du Prix Spécial du Jury au Festival CineVegas pour son film Godspeed, emploie la même méthode que Gus Van Sant en 2005 avec son film Last Days : ne pas user du vrai nom de son personnage principal ni de sa musique. Robert Saytzik commencera au printemps prochain, à Paris, le tournage de son film The Last Beat inspiré de la dernière période de la vie de Jim Morrison, au temps où il vécut – et mourut – à Paris, poursuivant son fantasme rimbaldien d’une vie d’écrivain bohème dans la ville la plus romantique du monde.

Et pour ne pas trop avoir à se battre pour des histoires de droit, son personnage principal, « star du rock américain des années 1970 installée à Paris », est renommé Jay Douglas. Il sera interprété par Shawn Andrews qui avait déjà travaillé avec ce réalisateur en 2001 sur le film (que vous avez tous vu, bien sûr ; moi le dernier) After The Flood et vivra une romance avec notre Virginie Ledoyen nationale qui incarnera ainsi le charme français fait femme qui aura séduit la rock star. Résultat dans les salles obscures en 2012.

Comme promis, un cliché de la tombe de Jim Morrison au Père Lachaise
pris par mes soins le 24 avril 2010.

Et voici pour les nouveaux-nés du monde du rock une leçon sur le morbidement célèbre Club des 27 qui n’a rien à voir avec le Club des Cinq, les Quatre Fantastiques, les Sept Mercenaires ou les Dix Petits Nègres. Ce club réunit toutes ces rock stars mortes tragiquement à l’âge de vingt-sept ans, principalement des causes de leurs addictions diverses. On y trouve bien évidemment Jimi Hendrix, mort le 18 septembre 1970, Janis Joplin, morte le 4 octobre 1970 (fichue année !) ou encore Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones, retrouvé noyé dans sa piscine, le 3 juillet 1969.

Sans oublier Kurt Cobain dont les derniers jours sont relatés (sans volonté d’être absolument juste) dans le film Last Days de Gus Van Sant. Quant à Jim Morrison, retrouvé mort dans son bain, le 3 juillet 1971, à Paris, il repose aujourd’hui au cimetière parisien du Père Lachaise (comme promis récemment, vous pouvez voir sa tombe sur la photo illustrant cet article et prise par mes soins le 24 avril dernier), à un jet de pierre de Frédéric Chopin (compositeur), Michel Petrucciani (pianiste virtuose) et d’un autre grand agitateur de mots qui n’avait pas sa langue dans sa poche : Pierre Desproges.



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